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Magie et métal

Sorti le 06/05/2009, compilé dans le Volume 11

Histoire :

Un mouvement de panique s’élève dans la garnison de soldats d’élite au moment où la tête de l’un d’entre eux vole en éclats, les recouvrant de son sanglant contenu. Le chef de l’unité essaye d’appeler au calme et à l’ordre pour réorganiser ses troupes tandis qu’Oy plante sa patte mécanique au travers de l’un des hommes, le transperçant de part en part. La patte se met alors à tourner à une vitesse ahurissante sur elle-même en une véritable centrifugeuse qui envoi le corps malmené s’étaler en morceaux partout aux alentours. Engal serre les poings face à ce spectacle morbide et a juste le temps d’entendre crisser une lame pour s’écarter de justesse de la faux de Sphinx qui s’abat dans le sol à quelques centimètres de lui.

(Sphinx) : Raté !

Engal, se tenant toujours les cotes d’une main, essaye de garder son équilibre tout en brandissant son épée, mais il a du mal à retrouver son équilibre, la douleur le paralysant à moitié. Sphinx affiche un grand sourire tandis qu’une nouvelle tête explose quelque part sur le côté, le recouvrant d’une pluie de sang. Le tueur de l’Ordo Arakis brandit son arme, prêt à l’abattre sur sa victime, mais une main assurée le saisit sous le bras, retenant son coup. Sphinx tourne un visage agacé vers Raven qui maintient fermement son emprise sur lui.

(Raven) : Arrête. L’heure n’est plus à la bagarre.

(Sphinx) : Ah ouai ? Et depuis quand c’est toi qui en décide ?

Sphinx se dégage d’un mouvement brusque du bras, et alors qu’il se retourne vers Engal, l’énorme patte mécanique d’Oy s’abat vers le trio. Raven se jette avec Sphinx sur le côté, esquivant de justesse le coup tandis qu’Engal est éjecté vers l’arrière par l’onde de choc.
De l’autre côté, le Gradé arrive finalement à faire retrouver un peu de sens commun à la dizaine de soldats qu’il lui reste. Figés au milieu des entrailles de leurs amis, ceux-ci sont tétanisés, pointant leurs armes vers la machine qui se déchaîne quelques mètres plus loin, aussi le chef ne perd pas de temps pour donner ses ordres.


(Gradé) : Réfugiez vous tous à l’intérieur !! Ne restez pas à portée !!

Il n’en faut pas plus pour que le mouvement s’accélère. Les troupes ne demandent pas leur reste et traversent le porche à la vitesse de l’éclair, s’engouffrant à l’intérieur du bâtiment aux portes béantes. Il ne reste plus à l’extérieur que le trio de l’Ordo Arakis, Engal et la machine tueuse, Oy-01. Sphinx se redresse sur ses jambes en voyant la fuite organisée des soldats de l’ADT, et empoigne sa faux, prêt à se lancer à leur poursuite.

(Raven) : Sphinx, attention !!!

L’énorme patte d’Oy s’abat à toute vitesse sur le psychopathe, véritable pieu tranchant prêt à le transformer en brochette humaine. Sphinx n’a que le temps de faire un pas en avant, mais le tranchant de cet assaut lui fait une large entaille au travers du dos, déchirant ses vêtements et faisant gicler une grosse volute de sang. Sphinx n’a pas le temps de s’éloigner ni même de s’apercevoir de la douleur que la patte effectue un moulinet pour s’abattre violemment dans son ventre et l’envoyer voler une dizaine de mètres plus loin comme un vulgaire fétu de paille.

(Raven) : Sphinx !!

Ce sont à présent les mitrailleuses latérales d’Oy qui se mettent en branle en direction du samurai, faisant vrombir leurs doubles canons sciés. Raven esquive la salve d’un large bond sur la droite, empoignant Engal par le col de sa veste pour le mener avec lui hors de portée de tir. Le samurai dépose sa prise, complètement hagarde par la douleur, aux pieds de Vulcan, qui lance un regard dubitatif à l’attention de son co-équipier.

(Vulcan) : Qu’est ce que cela signifie ?

(Raven) : Érige un mur de flammes protectrices autour de nous, Vulcan… ET NE DISCUTE PAS !

Hochant calmement la tête pour témoigner son accord à son acolyte, Vulcan concentre sa magie dans la paume de son énorme main et la libère en une vague de flammèches qui se placent en cercle tout autour d’eux. Immédiatement, le colosse redresse la paume de sa main vers le ciel et les flammèches suivent ce mouvement, s’élevant en véritables colonnes de flammes. Au même moment, les tirs de mitrailleuses d’Oy s’abattent sur eux, mais sont aspirés par le feu sacré de Vulcan. Celui-ci abaisse sa main et pousse un soupir de soulagement.

(Vulcan) : Elle ne pourra plus nous atteindre à présent.

(Engal) : Ce n’est pas entièrement vrai…

Vulcan tourne un visage mi-agacé, mi-inquiet en direction du mage qui se redresse en grimaçant, soutenu par Raven.

(Vulcan) : Tu vas m’expliquer à quoi tu joue, Raven ? Quelle est cette infamie ? Tu pactise avec l’ennemi ? 

(Raven) : Les seuls ennemis réels que nous avons ici, c’est cette machine infernale… et votre entêtement à vouloir tuer tout ce qui bouge. Tous ces soldats étaient censés rester neutre dans cette prise d’otage. Rufus avait dit qu’il n’y aurait pas de victimes civiles…

(Vulcan) : C’est eux qui ont ouvert le feu !! Ils méritent ce châtiment !

(Raven) : Ce monstre d’acier ne fait pas partie de leurs troupes !! Il les a attaqués aussi, tu n’as pas encore compris ce qui se passe ? Tout ceci n’est qu’un horrible… malentendu…

Vulcan se dresse de toute sa hauteur, le rendant encore plus imposant. Les flammes qui lèchent son corps créées des ombres menaçantes qui transforment son visage en celui d’un véritable démon. Engal sent la tension entre les deux hommes, et se décide à intervenir, plaçant une main calme sur le buste de Vulcan tout en se maintenant à l’épaule de Raven.

(Engal) : Nous ne sommes pas encore à l’abri… cette chose… peut faire exploser nos têtes à distance, malgré ce mur de flammes.

(Raven) : Et qu’est ce que tu propose alors ?

Engal jette un œil à l’arme de Vulcan, encore fumante de l’assaut électrique qu’elle a subit plus tôt au court de la bataille.

(Engal) : Cette chose là, à ton bras… c’est bien une sorte de convertisseur d’énergie magique ?

De l’autre côté des flammes, Oy analyse avec prudence les données de la magie de feu qui se dresse entre elle et ses proies. Les calculs opérés par son œil sont suffisamment rapides pour que la machine comprenne quasi instantanément que si ses adversaires sont à l’abri de ses tirs et de ses coups, il n’en va pas de même pour ses attaques ioniques. Son espèce de museau d’acier s’ouvre alors légèrement en deux pour laisser apparaître la sorte de pointe effilée, bardée de capteurs, qui se trouve être le terrible canon ionique.
Raven redresse immédiatement la tête, portant sa main au niveau de son oreille.


(Raven) : Une sorte… de sifflement…

(Engal) : Merde !! C’est son attaque !!

Alors qu’Engal s’attend à voir la tête de Raven voler en éclat, le sifflement s’arrête brutalement, coupé net par des bruits de lutte, d’entrechoquement de métal avec du métal, et de rires fous, mêlant plaisir et violence.
Sphinx se tient debout sur le dos d’Oy, tailladant sa coque à coups de faux, riant aux éclats. Il a arraché le haut de ses vêtements, et torse nu il se bat comme un diable déchaîné, son expression encore plus folle et terrifiante qu’à l’accoutumée. La blessure qui lui barre le dos saigne abondamment, mais il ne semble même pas la sentir.


(Sphinx) : Bwahahahahaha !!! Alors, grosse merde de métal, tu croyais en avoir fini avec moi ?! Héhéhéhé !!

Des étincelles volent de partout là où la faux tranche, traversant l’alliage pour couper des circuits et autres câbles internes. Oy se débat comme elle peut en hurlant de rage, mais ses pattes ne peuvent atteindre son dos, et ses mitrailleuses ne se tournent pas dans cette direction. Elle tambourine violemment sur le sol, tentant de déloger son téméraire adversaire par des boutades et des chocs violents. Mais Sphinx maintient un équilibre parfait, sans même chercher pourtant à le conserver, ni même à s’accrocher : ce rodéo violent et puissant ne le déstabilise pas une seule seconde. Il est comme vissé sur le dos du monstre mécanique, un véritable génie de l’équilibre.

(Engal) : C’est le moment où jamais !!

Vulcan redresse son bras droit devant lui, campant ses pieds dans le sol. Son arme, complètement détruite, est pointée droit vers Oy au travers du mur de flammes. Engal place ses deux mains autour de l’appareil et ferme les yeux.

(Engal) : Pourvu que ça marche… SHAROZ’LEONA, LA FOUDRE BLANCHE !!

Il injecte alors tout ce qu’il lui reste d’énergie magique dans l’arme de Vulcan, y transférant une énorme quantité d’électricité qui crépite abondamment tout le long de son armature avant d’en suivre le dispositif et les rainures jusqu’à atteindre le canon autour duquel elle s’enroule et se love comme un serpent blanc. Une ultime concentration se forme alors avant d’exploser en une véritable vague, confondant l’énergie magie d’Engal et de Vulcan poussées à plein régime. La puissance libérée fait voler toutes les vitres du CREAE et des bâtiments alentours en éclats et le sol tremble littéralement dans tout le quartier. L’attaque prend la forme d’un rayon tourbillonnant sur lui-même avec une envergure si impressionnante qu’il pourrait bien submerger Oy tout entière sans pour autant être comblé. Des cursives électriques et enflammées tournoient autour du tube principal en une sorte de ballai magique et mystique : le tout ressemble à une énorme perceuse dont les stries crépiteraient d’une énergie explosive. Voyant arriver l’assaut qui balaie littéralement le sol sur son passage, Sphinx prend l’heureuse initiative de descendre de lui-même du dos d’Oy pour se jeter le plus loin possible. La machine tente d’esquiver le rayon, mais sa portée est tellement large qu’il lui fauche toute la moitié droite du corps, l’aspirant littéralement à l’intérieur du cône. Le hurlement poussé par la machine mortelle à ce moment là est si horrible qu’on dirait que quelqu’un est en train d’égorger cent femmes en même temps. Raven porte ses mains à ses oreilles tandis qu’à côté de lui, Vulcan s’est carrément enfoncé de près de vingt centimètres dans le sol sous la force de la poussée de l’attaque. Le rayon continue à tourbillonner, contenant Oy dans son sillage et poursuit sa route en direction de l’aile droite du CREAE.

(Engal) : Euh… oups.

L’explosion qui retentit alors est au moins tout aussi impressionnante que l’attaque qui vient de la causer. Le bâtiment est traversé de part en part comme un vulgaire bout de carton et une tonne de débris s’abattent de chaque côté en une véritable pluie de flammes. Tous les militaires qui observaient jusqu’à présent l’affrontement depuis le QG de l’ADT restent bouche-bée : on dirait que quelqu’un vient de creuser un tunnel en forme de tube au travers de cette partie du CREAE, qui est complètement ravagée et libère une trombe de fumée par les deux orifices qui la transpercent à présent. Oy a complètement disparu à la vue des combattants. Engal, vidé de son énergie, se laisse retomber assit aux côtés de Vulcan. Ce-dernier, les yeux écarquillés, reste figé dans sa position de tir.

(Vulcan) : Dieu tout puissant… c’est encore plus destructeur que mon Jugement Dernier…

(Raven) : Vous y êtes peut être allé un peu fort, non ?

Un petit sourire satisfait se dessine sur le visage d’Engal qui abaisse aussi légèrement la tête, un peu honteux de ce qu’il vient de faire.

(Engal) : Eh ben ça, ça vaut encore mieux qu’une exécution publique pour traumatiser les technopartisans…

Raven se retourne vivement vers Vulcan, qui est encore complètement abasourdi par ce qu’il vient de faire à l’aide d’Engal. Le samurai est visiblement inquiet.

(Raven) : J’espère qu’on a blessé personne en faisant ça !!

(Vulcan) : Cendar et Blackheart étaient dans cette section du bâtiment !!

(Raven) : Il faut vite y aller !! Ils sont peut être blessés !

Vulcan et Raven s’éloignent alors d’un même pas rapide, abandonnant Engal au sol comme s’ils avaient complètement oublié qu’ils venaient de faire équipe. Au passage, Vulcan ramasse Sphinx d’une main leste et rapide, le calant sous son bras comme une vulgaire valise. Le regard blasé et décomposé de Sphinx laisse augurer de son appréciation de la situation. Mais Engal n’a pas le temps d’en juger d’avantage qu’ils ont déjà disparu à l’intérieur du bâtiment au travers de l’ouverture créée par leur attaque explosive. Engal se redresse à son tour, tout chancelant, vidé d’énergie, ses multiples blessures lui faisant souffrir le martyr… mais malgré cela, il tourne un visage assuré vers l’entrée du porche, par laquelle se sont engouffrés les soldats d’élite quelques instants plus tôt.

(Engal) : Tenez bon, Samantha… Vladimir… J’arrive.

Ayant lâché ses mots, il pénètre à son tour dans le bâtiment, semblant retrouver des forces à l’idée de venir en aide à ses amis…
De l’autre côté de la place, Berg est tétanisé devant ce qu’il vient de voir. Il tombe assit sur un coffre d’armes, le regard vide, les yeux écarquillés et les bras ballants.


(Berg) : Cette mission… est une véritable catastrophe…

Chapitre 98 Chapitre 100

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