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Point faible

Sorti le 16/04/2009, compilé dans le Volume 11

Histoire :

La lame d’Almee fend l’air, soulevant une épaisse couche de poussière du sol décrépis et en ruines du bunker désaffecté de l’ancien CREAE. Vladimir écarquille les yeux, s’attendant à quitter ce monde pour de bon. Le choc est rude et violent, le professeur est projeté cinq mètres plus loin et atterrit au sol, la tête renversée. Samantha se retourne vers Almee avec des yeux énormes emplis de fureur. Son électrodague à la main, elle se jette à l’encontre du réploïde dans un hurlement de rage.

(Almee) : Tu devrais te calmer, toi aussi.

Almee évite le coup qui le vise à la gorge en se penchant légèrement en arrière, puis saisit le bras de Samantha, le plie violemment et ramène le poignard bardé d’électricité sous la gorge de cette-dernière. La jeune-femme avale à sec, mais lance toujours le même regard furieux à son adversaire.

(Samantha) : Qu’est ce que tu as attends pour me tuer ?

(Almee) : Tu n’as encore rien compris…

Derrière elle, un souffle roque se fait entendre. Du coin des yeux, elle peut voir Vladimir se redresser sur son séant, le visage fermé, encore blême de terreur. Il se tient le ventre de la main, là où la lame l’a frappé. Ses yeux se redressent vers Almee, mais ils sont plus chargés d’incompréhension que de colère.

(Vladimir) : Tu n’as pas frappé du côté tranchant…

(Almee) : Ne te fais pas d’illusions. Ca ne reflète en aucun cas un quelconque sentiment que j’aurais à ton égard.

Almee ressert la pression sur le poignet de Samantha qui lâche alors son électrodague au sol en poussant un gémissement de douleur. Après cela, Almee la repousse violemment en arrière d’une main ferme, l’envoyant presque aussi loin que son fiancé. Samantha rampe alors immédiatement vers Vladimir et le serre contre elle d’un air soulagé. Le professeur referme son étreinte sur la jeune femme d’un seul bras réconfortant, l’autre étant vissé au sol pour le maintenant debout… le dernier coup du réploïde lui a visiblement coupé les forces.

(Almee) : C’est un Do-Ushi paralysant. Un des nombreux trucs que Raven m’a appris. La lame frappe à un point précis de ton abdomen… et te fait perdre toute ton énergie.

(Vladimir) : Une technique employée pour se débarrasser d’un adversaire sans le tuer ?

Almee pousse un ricannement détaché en haussant les épaules, après quoi il redresse une nouvelle fois sa lame en direction de son ancien ami.


(Almee) : C’est drôle… il n’y a pas deux minutes, tu étais prêt à tout pour me récupérer, même à me mettre en pièces… mais maintenant, tu as peur que je te tue ?

(Vladimir) : Les choses sont différentes à présent… je pense que tu l’as compris !

(Almee) : Ca, ça reste à prouver !!

D’un leste bon, Almee se retrouve face à ses deux adversaires. Samantha, la tête enfoncée dans le creux de l’épaule de Vladimir, resserre son étreinte sur lui. Ce-dernier baisse les yeux sur sa fiancée apeurée avant de les relever vers Almee, d’un air noble. La lame du katana lui chatouille la gorge.

(Almee) : Qui me dit que tu n’inventes pas tout ça ? Que ce n’est pas encore une ruse de ta part pour me déstabiliser.

Soudain, une main saisit doucement la cheville d’Almee, l’effrayant si bien qu’il manque de peu de trancher la gorge de Vladimir. Les yeux du réploïde se portent sur ce nouvel intervenant et s’écarquillent de surprise en voyant Sayam, allongée au sol, tenant sa cheville d’une main et redressant vers lui un visage rassurant et souriant. La plaie qui lui transperce le corps saigne encore mais n’a plus l’air de la faire souffrir.

(Sayam) : Almee… c’est ce que m’avait montré l’eau… c’est pour ça que je ne voulais pas que tu viennes.

Les yeux d’Almee vont de Vladimir à Sayam, de Sayam à Vladimir. Il est de plus en plus déstabilisé.

(Almee) : Qu’est ce que ça veut dire ?

(Sayam) : Laisse les, Almee… allons-nous en maintenant…

Almee hésite encore un instant, mais dans son expression se lit déjà sa résignation. Le crissement de sa lame regagnant le fourreau est un véritable soulagement pour Vladimir et Samantha, qui semblent immédiatement se détendre. Almee se détourne d’eux sans un seul regard et aide délicatement Sayam à se redresser. La jeune femme, une main serrée sur sa blessure, l’autre se maintenant autour du cou d’Almee, tourne un visage doux vers Vladimir, lui offrant un sourire doux et réconfortant auquel le professeur ne peut s’empêcher de répondre. Soutenant Sayam sur son épaule, Almee commence à s’éloigner de ses anciens amis mais se fige au bout de quelques pas. Sans se retourner vers eux, fixant droit devant lui, il déclare :

(Almee) : Ca se finit ainsi pour cette fois… il y a des choses… qu’il me faut à présent vérifier. Et si ces choses sont telles que tu le dis… tu devrais toi aussi commencer à te faire du souci. Parce qu’Opitz en a visiblement après ta vie.

A cette simple idée, Vladimir est parcouru d’un frisson incontrôlable. Almee tourne finalement un visage fermé vers le professeur, mais plus calme et raisonnable que celui qu’il a affiché jusqu’à présent.

(Almee) : N’essaye plus de me retrouver, s’il te plaît… je ne serai jamais ce que tu aimerais que je sois… Et si nos chemins doivent se recroiser, c’est moi qui viendrais vers toi à ce moment là.

Almee baisse la tête un instant, son expression fermée semblant se décomposer sur l’instant. Sa bouche tremble légèrement, se crispant sous une forme inexplicable de douleur.

(Almee) : Au revoir, prof.

Vladimir n’en est pas sûr, mais il croit voir une larme couler de l’œil d’Almee. Celui-ci se détourne alors, soutenant toujours Sayam, et les deux disparaissent bien vite dans l’ombre par laquelle ils étaient arrivés. Vladimir reste figé sur place, le regard plongé dans le vide, Samantha toujours accrochée désespérément à lui, et contemple cette ombre à présent vide, comme s’il espérait voir Almee faire demi-tour et en ressortir. Finalement, il baisse la tête, comprenant qu’Almee n’en ressortira jamais.

Les yeux de Schaetz s’ouvrent sur un plafond en piteux état, fissuré et poussiéreux. C’est d’ailleurs un nuage de poussière qui flotte autour de lui, lui pique les yeux et lui gratte la gorge. Le brigadier pousse un toussotement rauque et sent le goût du sang dans sa bouche. Sa main tremblant vient se porter à son épaule douloureuse et il sent immédiatement sous la paume de sa main le trou sanguinolent qu’il y a à la place.

(Schaetz) : M…merde…

Rassemblant ses forces, il parvient tout de même à se redresser en prenant appui sur un énorme bout de mur qui traîne juste à côté de lui. Il titube légèrement, le regard encore dans le vague, visiblement étourdi. Son visage est recouvert de petites coupures et de bleus. Visiblement, la détonation de ses mines de proximité l’a visiblement quelque peu touché lui aussi. Schaetz semble alors soudainement se souvenir qu’il est peut être encore en danger et se retourne vivement vers l’emplacement où se tenait précédemment l’Ombre-Willem.

(Schaetz) : Qu’est ce qu… ?

Un pan du mur de droite a été arraché par l’explosion, créant une fissure d’environ un mètre de hauteur sur l’extérieur. Un pâle rayon de soleil filtre à travers cette ouverture involontaire, et frappe le sol de sa lumière, coupant le couloir comme une barrière jaunâtre. Et cette barrière semble être un obstacle infranchissable pour l’ombre gigantesque et grondante qui s’écoule de l’autre côté. Le couloir y est complètement invisible sous la couche d’ombre indicible et épaisse qui roule sur elle-même comme une vague mourante s’écrasant contre un récif. Les tentacules de la créature de noirceur s’agitent de toutes parts, frustrées de ne pouvoir atteindre leur proie, tentant de s’infiltrer de l’autre côté de cette barricade lumineuse et se détériorant littéralement à son contact, comme de la cendre sur laquelle on soufflerait.

(Schaetz) : La lumière du soleil… le détruit… ?

Au même moment, l’ombre se fige, légèrement tremblante. L’espace d’un instant, Schaetz a l’impression qu’elle va se jeter de toutes ses forces au travers de la lumière, ignorant sa décomposition pour l’emporter avec elle dans la mort, mais il n’en est rien. L’ombre se déroule et s’écoule vers l’arrière, rendant peu à peu au couloir qu’elle peuple ses couleurs et son aspect d’origine. Bien vite, l’Ombre-Willem a disparue au fond de cet accès, laissant Schaetz seul avec son incompréhension. Le brigadier fronce les sourcils.

(Schaetz) : Elle va chercher un autre accès…

Il avale alors à sec, redoutant plus que tout de devoir se retrouver à nouveau confronter à cette chose, mais sachant que ce moment devra fatalement arriver.

(Schaetz) : Mais on peut la battre… je dois retrouver Zerkim !

Lâchant ses mots dans le vide à un interlocuteur invisible, Schaetz se détourne immédiatement d’un pas boitillant et hésitant, tenant son épaule ravagée d’une main ferme et serrant les dents pour ne pas succomber à la douleur.

Engal, toujours engoncé dans son équipement de soldat de l’ADT, contemple les toits depuis son couvert, cherchant à détecter la présence de Oy. A une dizaine de mètres de là, trois membres de l’Ordo Arakis se tiennent campés derrière la carcasse fumante d’un ancien véhicule de transport de troupes. Raven, le poing resserré sur le pommeau de son katana de gauche, semble fustiger de colère.

(Raven) : Ah vous avez fait du joli, vous deux… des vraies armes de destruction massive.

Vulcan abaisse un visage agacé vers le dernier arrivant, le canon de son arme encore fumant de la dernière salve qu’il a tiré et qui a coûté la vie à tous les imprudents qui s’étaient cru en sécurité à l’intérieur du QG.

(Vulcan) : De quel droit te permets tu de discuter notre jugement ?

Raven jette sa main libre en arrière d’un geste d’impatience comme pour balayer sans attendre une bêtise qu’il viendrait d’entendre.

(Raven) : On vous demande de réfréner les tentatives d’insertion de l’ADT et de l’ADM, pas de réduire leurs effectifs à zéro. On a beau être une organisation criminelle recherchée, les forces de l’ordre nous laissaient plus ou moins tranquilles en nous attribuant un statut de « légende urbaine »… vous voulez que ce « contrat tacite » soit rompu et qu’on devienne l’ennemi public numéro un, c’est ça ?

Sphinx pousse un ricannement détaché à l’encontre de ce plaidoyer rationalisant.

(Sphinx) : Tss… arrête tes conneries. Avec le coup que Rufus prépare, jamais plus on ne sera inconnus pour qui que ce soit. Alors autant en profiter maintenant, si on peut trancher d’avance quelques ennemis à venir. Bwahahaha !!

(Vulcan) : Ces êtres ne méritent pas la vie qui leur a été offerte, de toute manière. Leur reprendre n’est qu’un juste retour des choses.

Raven baisse la tête d’un air résigné et se laisse retomber contre la carcasse fumante qui leur sert de couvert. Il pousse un soupir et marmonne entre ses dents.

(Raven) : Foutus psychopathes…

De l’autre côté, les forces de l’ADT et de l’ADM semblent dans l’expectative. Les coups de feu ont cessé depuis que l’Ordo a calmé le massacre suite à l’arrivée de Raven. Oy elle-même semble avoir mit un frein à sa tuerie. Depuis le toit d’un immeuble surplombant ce qui reste du QG, ses calculateurs sensoriels sont en effervescence et cherchent à repérer quelque chose de précis qu’ils auraient détectés par pur hasard au moment de la tuerie. Engal jette des coups d’œil vifs et instinctifs de toits en toits.

(Engal) : *J’ai beau essayé de repérer la source des tirs… l’absence de balistique rend la localisation impossible.*

Le général Berg se tient à quelques pas de lui et semble exaspéré de le voir contempler les nuages. Il s’approche finalement de lui tout en continuant à tâter la tension qui monte à nouveau progressivement entre les groupes d’affrontement.

(Berg) : Soldat, ce n’est pas le moment de bailler aux corneilles.

(Engal) : Hein ? Qu’est ce que tu m’veux toi ?

L’envie de se gifler vient à l’esprit d’Engal lorsqu’il se rend compte de ce qu’il vient de sortir dans sa tenue sensée le mettre à l’abri de toute suspicion. Il rougit soudainement sous le regard courroucé et visiblement choqué du général.

(Engal) : Euh… excusez-moi… chef de troupe ?

(Berg) : « Général Berg »…

Engal sent soudainement une lourde sueur lui couler dans le dos tendit que les yeux de Berg prennent une expression de plus en plus suspicieuse.

(Berg) : Votre matricule, soldat.

Engal regarde de droite à gauche, semblant chercher une quelconque échappatoire à la situation. Il hésite entre assommer une bonne fois pour toute le général Berg ou prendre ses jambes à son cou sans demander son reste. Alors que son regard cherche une solution inexistante du côté du bâtiment, il voit la silhouette d’Opitz pénétrer à l’intérieur. Il y voit surtout son salut. Il le pointe alors du doigt d’un air paniqué.


(Engal) : Là… là, général…. Heu… Bregue ! Il y a un type qui rentre dans le CREAE !

Berg tourne alors immédiatement la tête et voit disparaître le bas de la cape d’Opitz dans l’ombre, la reconnaissant sur l’instant.

(Berg) : Mais qu’est ce qu… ?

Chapitre 96 Chapitre 98

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