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Le rêve insolent III : Parricide

Sorti le 01/04/2009, compilé dans le Volume 11

Histoire :

Vladimir se redresse immédiatement en serrant les poings, intimant à Samantha d’un mouvement du bras de rester en arrière. Il effectue un unique pas sur le côté, qui lui permet d’éviter l’assaut d’Almee. Le katana se plante dans la pierre, immobilisant le réploïde pour un court instant dont Vladimir profite pour lui caller un coup de coude renforcé en plein dans les cotes. Almee lâche son arme qui reste plantée dans le sol, avant d’être éjecté sur plusieurs mètres en une impressionnante série de tonneaux. Samantha écarquille les yeux, n’en revenant pas que Vladimir ait frappé celui qu’il considère comme son fils de toutes ses forces. L’expression peinée de Vladimir lui fait bien comprendre que l’acte a été tout aussi douloureux pour lui. Cependant, Almee se redresse, un sourire carnacier imprimé sur le visage, une légère lueur de folie au fond du regard.

(Almee) : Voi… voilà… qui est mieux…

L’expression de Vladimir se raffermit et il tend sa main vers le manche du katana, resserrant ses doigts autour pour le retirer d’un coup sec du sol. Samantha est très effrayée à la vue de cet armement.

(Samantha) : Vlad… tu ne vas tout de même pas… ?

Vladimir tourne un visage ferme vers elle, où se lit toutefois une légère pointe de désespoir.

(Vladimir) : Ce n’est pas Almee, Sam… je ne le reconnais pas.

Alors qu’il lâche ses mots, le Almee en question bondit sur lui avec une agilité et une célérité incroyable. Vladimir redresse le visage vers lui, croyant avoir le temps de se défendre, mais il est trop tard. Almee se jette littéralement à l’encontre de Vladimir, le précipitant au sol et retombant par-dessus lui, accroupi, la plante de ses chaussures précisément callée au niveau des épaules de son adversaire, le contraignant à l’immobilisme. Almee abaisse son visage au niveau de celui de sa proie et dirige lentement sa main vers celle tenant le katana, tremblante sous la pression exercée par le poids du réploïde. Ce-dernier se saisit alors du katana et n’a qu’à forcer légèrement pour l’en déloger de l’emprise de Vladimir.

(Almee) : Je crois que ceci est à moi.

Vladimir essaye de se dégager frénétiquement en secouant son torse, mais n’arrive pas à se défaire de cette prise. Une certaine rage paniquée commence à se lire sur ses traits.

(Vladimir) : Arrête Almee… reviens en arrière !!

Ignorant complètement ce qui lui dit le professeur, Almee abaisse sa main libre vers le torse de Vladimir, tâtant du bout des doigts la matière noire qui compose la combinaison.

(Almee) : Cette combinaison d’amélioration des capacités est très performante… mais ce n’est qu’un prototype n’est ce pas ?

Il glisse son doigts vers une série de rectangles métalliques de petite taille, se succédant les uns derrière les autres le long des lignes de coupes et sur les muscles les plus utilisés au combat.

(Almee) : Ces petites cellules d’énergie… ce sont elles qui te confèrent une force, une vivacité et une réactivité plus importante… Il suffit de les boucher pour que tu ne puisses plus améliorer la partie du corps associée. Quel dommage.

Vladimir fronce les sourcils face à la clarté d’esprit d’Almee, preuve que même dans sa rage il n’a pas manqué de faire preuve d’observation. Les pieds callés au niveau des cellules de jonction entre les bras et le torse, au niveau des épaules, il les a complètement paralysés. Almee pousse un léger ricanement et redresse son sabre au dessus de lui, prêt à mettre fin à ce combat de manière directe et féroce. Mais un sifflement sec et aigu vient perturber son geste. Il a juste le temps de tourner son visage vers l’origine de ce bruit que le poing de Samantha vient le frapper directement en pleine tête. Sous la puissance du coup, Almee est éjecté plus loin dans un grand fracas. Samantha aide immédiatement Vladimir à se relever.

(Samantha) : Est-ce que ça va, Vlad ?

(Vladimir) : Je… ne suis pas sûr…

Almee se redresse en crachant une gerbe de sang, le même rictus toujours imprimé sur les lèvres, imperturbable.

(Almee) : Haha… alors miss Steward portait elle aussi cette combinaison ? Je n’avais même pas fait attention…

(Vladimir) : Que t’est il arrivée, Almee ? Ce n’est pas toi… vois comment tu agis. Tu m’aurais tué, moi ! Même si tu ne veux pas de moi comme…

Les mots meurent dans sa gorge. Il fronce les sourcils, baisse la tête avec une expression de peine, avant de la redresser, essayant de ne pas montrer son état.

(Vladimir) : … enfin… nous étions tout de même amis.

Almee hoche la tête d’un air détaché, faisant faire des rotations à ses épaules puis à sa nuque, comme pour se dégourdir avant de repartir à l’assaut.

(Almee) : C’est pas faux, prof… mais toi tu n’as pas su t’en contenter. Tu as voulu plus de moi… tu as voulu me posséder.

(Vladimir) : Non, c’est faux !

(Almee) : TA GUEULE !! Tu n’es qu’un menteur… tout comme mon père, en fait. N’est ce pas ironique ?

Samantha agrippe le bras de Vladimir, comme pour lui faire prendre conscience de la gravité de la situation, mais le visage qu’il tourne vers elle la conforte dans l’idée qu’il ne se laissera pas faire… plus maintenant. Sans ajouter un mot, Vladimir fonce en direction d’Almee, bientôt suivit par sa fiancée. Almee bloque le premier coup du professeur grâce à son katana, mais doit se jeter en arrière pour éviter le coup de pied que lui destine Samantha. Les deux ne perdent pas de temps et repassent immédiatement à l’assaut. Almee esquive tant bien que mal les coups brutaux de ses deux adversaires, qui sont aussi désordonnés que possible, parant certains à l’aide de son sabre, esquivant directement les autres. En se baissant pour éviter un coup de poing de Samantha, il fait un crochet dans la cheville de Vladimir qui tombe alors sur le côté, entraînant la jeune femme avec lui. Almee ne perd pas un instant, redressant son sabre pour frapper dans le tas. Mais la main de Vladimir se redresse et agrippe directement la lame du katana, la stoppant dans son mouvement. Un horrible crissement se fait entendre, résultat de la friction du tranchant contre la combinaison. Une légère fumée se dégage même à ce contact. Les dents serrées, Almee se retrouve une nouvelle fois bloqué. Vladimir en profite pour se redresser de tout son long et saisir le réploïde à la gorge de son autre main valide. Almee est littéralement soulevé du sol, le souffle coupé : le professeur utilise vraisemblablement la pleine puissance de sa combinaison pour maintenant la pression sur son adversaire.

(Vladimir) : Écoute moi bien maintenant, Almee… Je suis venu jusqu’ici parce que je te croyais en danger. Depuis le moment où j’ai été licencié de Techma-1, je n’ai fais que te chercher… Maintenant que je t’ai retrouvé, tu ne veux pas me suivre. Soit. Tu ne veux pas comprendre mes sentiments. D’accord. Mais que tu essaye de me tuer, moi… ou celle que j’aime… ça je ne peux pas le comprendre ni l’accepter.

(Almee) : Eh bien… ce n’est… pas… toujours… si… simple… n’est ce pas ? D'obtenir... ce qu'on... ce qu'on veut... Urrrk…

Vladimir relâche un peu sa poigne pour laisser plus d’air à son interlocuteur, visiblement intrigué par ce que celui-ci a à lui dire.

(Almee) : On… on croit connaître les gens… mais… ils changent. Ils ne sont plus… sur la durée… ce qu’on espérait d’eux… au départ... c’est pareil pour moi. Il y a certaines choses… dans ce monde… qui m’importent… et quelqu’un comme toi… ne saurait les voir d’un œil positif… ma vengeance… et puis… elle.

Son regard se tourne vers Sayam, toujours évanouie, et il prend une expression nettement plus attendrie. Il retourne finalement son visage vers Vladimir et se renferme.

(Almee) : Tu attendais… quelque chose de moi… tu voulais que je sois… ce que tu voulais que je sois… ton « fils » ? Laisse moi rire… tu crois encore que tu vis dans un monde… où les actes et les choix... n’ont pas de conséquences… ? Que tu peux dire et faire du mal à un être… sans qu’il ne se rebelle un jour ?

(Vladimir) : Quel mal t’ai-je jamais fais ?

Almee fonce alors les sourcils et se met à bouillir de colère. Ses mais se resserrent autour du poignet de Vladimir qui le maintient toujours en l’air.

(Almee) : TU TE FOUS DE MOI ?! Regarde ce que je suis devenu ! Un monstre dépendant d’une batterie… jamais je ne serai libre… Jamais plus… mon père… tu t’es associé à mon père dans cet unique but… Je ne suis qu’une expérience ratée pour toi !! Et tu ose me dire avoir des sentiments paternels à mon égard ?!

(Vladimir) : Almee… je…

(Almee) : Alors que tu n’as pas hésité à me « désactiver »… comme un vulgaire appareil ménager… pendant des années… j’ai été enfermé dans un frigo… et tu ne m’as sorti que lorsque tu as eu besoin de moi !! Mais à l’inverse… personne… PERSONNE ne s’est jamais inquiété de ce dont MOI J’AVAIS BESOIN !!

Almee, voyant que ses mots déstabilisent le professeur, profite de son manque d’attention pour violemment redresser son genou droit. Vladimir reçoit le coup en pleine mâchoire et vole littéralement à la renverse, relâchant sa prise. Almee tombe au sol et se redresse en prenant appui sur son katana, se tenant le coup en toussant, pointant un regard haineux sur Vladimir et Samantha.

(Almee) : Teuheu !! Teuh !! Argh… Tu… tu te prends pour un père… mais… tu n’es qu’un marionnettiste… un Gepetto des temps modernes…

Vladimir se redresse sur ses genoux, la tête basse, ne voulant visiblement pas entendre ces paroles. Il resserre ses bras contre son torse, se recroquevillant sur lui-même. Samantha s’agenouille à ses côtés, gardant un regard méfiant sur Almee, prête à intervenir s’il repartait à l’assaut.

(Vladimir) : Le bug… c’est forcément le bug…

(Almee) : Ça te rassurerais, pas vrai ? Teuh ! Korf… Arrête de te cacher derrière des idéaux, des incidents, des coups de « pas de bol » !! Affronte la vérité en face, sale lâche !!

Vladimir se redresse alors soudainement, repoussant Samantha en arrière qui tombe littéralement sur son séant. Le visage du professeur est ferme et dur, mais des larmes s’écoulent de ses yeux, presque involontairement, venant fissurer cette image de soudaine détermination. Un sifflement se fait entendre alors qu’il renforce ses muscles grâce à la combinaison. Almee affiche un petit sourire en coin en pointant son katana vers lui, prêt à reprendre le combat.

(Almee) : Tu crois que c’est prudent, prof ? Tu le sais pourtant… toi qui te dit mon « père »… ce que j’ai déjà fais à mon vrai géniteur ? Le bug… une bonne excuse, peut être… pour me permettre de m’enfuir et de le tuer…

Vladimir écarquille les yeux, aussi surpris qu’effrayé.

(Almee) : Pourquoi crois-tu qu’on m’a mis au frigo ? Pas sans raison… D’accord, je ne me contrôlais plus… mais c’est de mes mains que j’ai massacré le vieux… ça ne te fait pas peur, ça ? Ne te sens tu pas infiniment déçu par ton soi-disant fils ? Tu as l’air si surpris, c’est drôle.

Le sifflement émanant des cellules d’énergie s’estompe alors soudainement, et Vladimir n’affiche plus aucune intention concrète de se lancer au combat. Seul son visage reste inchangé, partagé entre effroi et surprise.

(Vladimir) : Almee… à notre retour d’Idlow… qui t’a réparé ? Qui t’a réactivé ?

(Almee) : Qu’est ce que ça peut bien te faire ?

Vladimir fronce les sourcils, soulignant ainsi l’importance de ce qu’il va déclarer.

(Vladimir) : Au moment du bug de ta série… tu n’as jamais quitté le CRTN… et tu n’as toi-même commis aucun crime…

Almee affiche alors une mine surprise qu’il essaye toutefois de masquer pour ne pas perdre l’ascendant sur la situation.

(Vladimir) : Et pire encore… ton père… Selton Natar… n’a jamais été tué, et certainement pas par toi… il est encore en vie.

De multiples flash fondent derrière les paupières d’Almee qui est soudain parcouru de tremblements. Des scènes de crimes lui apparaissent : il se voit, les mains recouvertes de sang, devant le cadavre de son père. Mais les images sont floues, se confondent, se mélangent et disparaissent. Un horrible bourdonnement lui vient aux oreilles et il est forcé de lâcher son katana pour saisir sa tête entre ses mains en poussant un léger cri de douleur.

(Vladimir) : Qui était-ce Almee ? Qui t’a réactivé ? QUI?!

A l’extérieur du CREAE, alors que les combats commencent à s’organiser, à se calmer en une sorte d’affrontement équilibré entre deux forces occupant chacune une partie du territoire, Opitz se tient tranquillement devant la porte d’accès principal au bâtiment. Il est arrivé là sans un souci, sans même que quiconque ne semble se rendre réellement compte de sa présence, profitant de l’animosité de l’affrontement pour passer inaperçu. Les mains jointes dans le dos, un énigmatique sourire imprimé sur le visage, il s’apprête à pénétrer dans le CREAE. Alors qu’il est prêt à franchir la porte, son pad personnel se met à vibrer. Il le décroche de sa ceinture, calmement, alors qu’une nouvelle explosion surgit derrière lui. Il porte le pad sous ses yeux et les écarquillent alors en une véritable expression de surprise enjouée. Son sourire se tend encore plus et il laisse littéralement tomber le pad au sol avant de pénétrer d’un pas léger dans le bâtiment.

(Opitz) : Mon rêve... est à portée...

Alors qu’il disparaît dans l’embrasure de la porte, le message du pad est toujours affiché sur l’écran fissuré, suite à la chute :

Message de Sebastian Krieser :
« Symbolique Alpha décodée. Van Reinhardt est l’une des cibles. »

Chapitre 95 Chapitre 97

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