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Sceau démoniaque

Sorti le 07/12/2008, compilé dans le Volume 10

Histoire :

Sous les yeux satisfaits et cruels d’Alucar, il ne reste plus de Davien qu’une vague forme enterrée sous une tonne de rats couinants et gigotants en tous sens tels une véritable marrée vivante.

(Alucar) : Bien… il ne restera rien de lui. Dévorez le jusqu’à la moelle des os. Ne laissez rien… pas même son âme.

Soudain, le mouvement frénétique de la masse animale semble se retenir, comme si une force invisible et inexplicable les poussait à cesser leur activité et à se figer sur place. Alucar ne tarde pas à remarquer un léger tremblement sur l’ensemble de ses fidèles compagnons poilus, qui se répercute bientôt comme un vague et imperceptible frissonnement dans l’air venant lui piquer le visage.


(Alucar) : Qu’est ce qu… ?!

La masse de rats implose alors en un sinistre craquement, une terrifiante vague d’énergie, provenant d’en dessous, les propulsant avec une telle force qu’ils éclatent pour la plupart sous le choc, s’écrasant les uns les autres en une sinistre et répugnante cascade de sang et d’entrailles. Leurs couinements frénétiques et stridents s’intensifient en une plainte pathétique alors que la masse principale, qui recouvrait la totalité du corps de Davien, a été complètement éjectée et massacrée, laissant apparaître un espace libre d’un diamètre d’environ deux mètres, au milieu duquel se tient le brigadier. Le souffle haletant, couvert de morsures, saignant de nombreuses plaies, l’inspecteur se tient debout, les poings serrés, crépitant d’une énergie si pure qu’elle semble être la concentration totale de son pouvoir. Tâché en de nombreux endroits par le sang de ses compagnons, Alucar ne témoigne pas d’une colère particulière quand à leur perte, bien qu’il semble globalement surpris de ce retournement de situation.

(Alucar) : Voilà qui n’est pas banal.

(Davien) : PENGJIN ZU !

Accompagnant son cri, Davien projette son poing droit devant lui, comme s’il voulait frapper Alucar en pleine mâchoire, alors qu’il se tient à près de quatre mètres de lui. De ce fait, ce-dernier ne prend même pas la peine d’esquisser un mouvement d’esquive et se retrouve alors fort surpris lorsqu’il sent un choc violent s’aplatir contre son visage, le faisant décoller du sol par sa puissance. L’assassin atterrit violemment au beau milieu de ses rats, et est envoyé valdinguer sur plusieurs tonneaux avant de s’écraser la tête la première contre le mur. Davien contemple alors son adversaire d’un air surpris : la veste de ce dernier s’est soulevée sous le choc, laissant apparaître son dos nu sur lequel figure un étrange symbole tatoué, occupant une bonne partie de l’espace…

Willem se trouve face à ses futures victimes, semblant se délecter de l’ambiance tendue qui naît entre eux à ce moment proche de la mort, où l’attente est à la fois intenable et salvatrice. Le rouquin offre alors un clin d’œil obscène à Eliza tout en faisant tourner sous ses yeux un couteau luisant à la lame acérée.

(Willem) : Ne t’en fais pas, blondasse : je suis galant. Tu mourras en dernière. D’abord tes deux copains, histoire que tu goûte à ce qui t’attend.

(Zerkim) : Ca c’est pas dit. URZAJ’BANNETH !!

Zerkim plisse fort les paupières car il sait très bien que ce qu’il vient de faire est très dangereux : de ses mains jaillissent une colonne de flammes rougeoyantes qui le projette littéralement en l’air, toujours assit sur sa chaise, en un improbable arc de cercle. Il passe au dessus de Willem en cirant d'effroi et s’écrase brutalement de l’autre côté de la salle. Ses menottes ayant fondues sous l’effet de la chaleur, il parvient à vite s’écarter de la trajectoire des couteaux que lance Willem dans sa direction, se jetant derrière le bureau d’acier auquel est toujours attaché le cadavre de Nysen.

(Zerkim) : Aïe ça fait mal !!

(Willem) : C’est… C’EST GROTESQUE !! Espèce de débile, attends un peu que je m’occupe de toi.

Willem fustige de rage mais n’attend pas une seule seconde pour réagir, se retournant vers Eliza, son poignard à la main, dans le but de se servir d’elle comme otage pour contraindre le fugitif à se rendre de lui-même. Un sourire mesquin imprimé sur le visage, Willem ne voit même pas venir le petit poing rouge cendre qui s’abat en plein dans son visage. Le rouquin vole à terre tandis que Diablotin, prostré dans la position de son dernier assaut peu conventionnel, semble plus surpris que les autres de ce qu’il vient de faire. Eliza pousse un cri de joie à la vue de ce nouvel arrivant.

(Eliza) : Bien vu Zerkim !!

Ce-dernier, haletant et couvert de sueur, est assit au sol, adossé au bureau, son couteau de combat encore enfoncé dans sa main couverte de sang et parcourue de spasmes de douleur. Le rituel sanguin qui le lie à son familier, et lui permet de l’invoquer, n’est pas un réel plaisir en soi. Zerkim sert les dents en retirant le poignard. Diablotin remue alors la tête, se remettant de l’intensité impromptue de son entrée en scène. Immédiatement il se dirige vers les liens qui retiennent Eliza prisonnière et les fait fondre avec un petit sort de feu. Au même moment, Willem se redresse, se tenant la mâchoire dans une expression mêlant douleur et rage.

(Willem) : Ca, vous allez le payer, mes amis.

Schaetz, quant à lui, s’est retranché dans un coin. Désarmé, il ne se sent pas des plus utiles dans cette situation, et ne semble pas encore avoir retrouvé tous ses esprits suite au choc de la mort de Nysen. Soudain, la lame de Willem s’abat à la vitesse de l’éclair en direction d’Eliza, qui n’a pas encore eu le temps de se redresser de sa chaise. Un tintement se produit lorsque le poignard rentre en contact avec l’épée que vient de faire apparaître Diablotin dans un flash sombre : cette arme haute et large semble avoir été taillée dans la pierre elle-même de par sa couleur sombre et sa texture granuleuse. Elle est recouverte de symboles étranges, rappelant ceux présent sur le cracheur de flammes de Vulcan, brillants de la même inexplicable intensité. Willem cache sa surprise, se contentant de froncer les sourcils en plongeant son regard dans celui de son étrange adversaire.

(Diablotin) : Dergaboz est la concentration physique de mon pouvoir. Elle parera tous tes assauts.

(Willem) : Tu n’es jamais qu’un misérable familier.

Profitant du fait que les mouvements de Willem soient bloqués, Zerkim se redresse et se retourne vers Eliza qui lui indique la porte du doigt.


(Eliza) : Rattrape Rufus et arrête-le! Il y a encore un moyen de tirer quelque chose de tout ça !!

Zerkim, comprenant qu’Eliza n’exposera pas son plan en présence de Willem, se contente d’hocher la tête avant de courir vers la sortie de la salle, au nez et à la barbe du rouquin qui ne peut se dépêtrer de la pression armée que lui impose Diablotin. Malgré son petit gabarit, le familier fait preuve d’une force tout à fait impressionnante.


(Willem) : Qu’est ce que tu crois que ce petit mage peut faire contre Rufus ? Il va se faire écraser, d’autant plus qu’il est seul.

(Schaetz) : Qui te dit qu’il est seul ?

La voix de Schaetz surprend tout le monde. Les divers intervenants avaient presque fini par oublier sa présence dans la salle, tant les évènements se sont bousculés durant ces derniers instants. Il se tient à présent à la sortie de la porte, la tête basse et le regard sombre. Il semble chercher à capter le regard d’Eliza mais ne s’y attarde finalement pas plus que ça. Lorsque celle-ci porte ses yeux sur le brigadier, elle parvient encore à lire l’expression de profond regret qu’il affiche avant qu’il ne se détourne pour franchir la porte.

(Willem) : C’est pas vrai !!

(Diablotin) : DEGAGE !!

D’une violente poussée de sa lame, Diablotin parvient à rejeter en arrière Willem qui recule alors de quelques pas pour se mettre hors de portée. Le rouquin ne semble pas plus déstabilisé que ça, malgré que la situation lui échappe. Il affiche un sourire cynique et sournois tout en tirant légèrement le bout de sa langue d’un air effronté.

(Willem) : Vous deux… vous ne sortirez pas d’ici vivants.

Davien ne peut se résoudre à détourner les yeux de cet impressionnant tatouage. Ce-dernier représente un cercle parfait à l’intérieur duquel se tient un autre cercle, plus petit. Dans la bordure créée entre eux, de nombreux et minuscules symboles indéchiffrables sont présents, tels une sombre graphie d’une langue aujourd’hui disparue. Enfin à l’intérieur du cercle, il y a un pentacle inversé et au centre de celui-ci, un large œil ouvert. Dans sa pupille est tatoué un étrange symbole complexe, que Davien semble reconnaître.

(Davien) : Malphas…

Tandis que ces mots s’échappent de la bouche de Davien, visiblement mortifié par ce qu’il vient de voir, le symbole disparaît à sa vue, recouvert par la veste de traque d’Alucar qui la rabat dans son dos tout en se relevant.

(Alucar) : Alors tu l’as vu ?

(Davien) : Vu quoi ? Ce n’est rien qu’un tatouage, au final.

Alucar affiche un sourire de délectation face à l’effroi que Davien tente de dissimuler. Il écarte les bras dans une pose théâtrale, surplombant les dizaines de rats morts à ses pieds. Cette scène a quelque chose de très glauque aux yeux de Davien, comme une sombre peinture de laquelle s’exhalerait encore une quelconque malsainité voulue par son créateur.

(Alucar) : C’est bien le sceau de Malphas. Pour la plupart des gens, les dix figures démoniaques des temps anciens ne sont que les vestiges aliénés de croyances passées aujourd’hui disparues… rien d’autre que ce qui a établit nos dix signes zodiacaux actuels. Pourtant, derrière l’Hérétique, l’ombre de Malphas, le Duc pestiféré au visage de corbeau, a toujours été réelle. Tu en as la preuve sous les yeux.

(Davien) : C’est de la connerie… toutes les légendes de cet ancien monde, de ces anciennes cultures, ne sont qu’un ramassis de foutaises. Toute la communauté scientifique s’accorde sur le fait que l’ancienne Histoire n’est pas en totale rupture avec la nôtre et que toutes les traditions qui ont pu en découler ne sont que des légendes urbaines. Alors ne crois pas me faire peur avec ton tatouage ridicule.

(Alucar) : Ce n’est pas un tatouage…

Davien semble surpris face à cette remarque, même s’il ne laisse pas transparaître une quelconque trace de crédulité.

(Alucar) : … j’ai cette marque depuis ma naissance.

Un silence pesant envahit l’atmosphère suite à cette révélation qui semble pourtant absurde. La façon dont Alucar l’a prononcé, son regard, sa position, ce couloir ensanglanté et la tonne de rats morts qui l’encombre, tous ces éléments se cumulent pour amener Davien à se sentir mal… à moins que ce ne soit ses multiples blessures qui commencent à le gagner sérieusement.


(Davien) : N’importe quoi… je n’ai pas besoin de t’écouter… je… j’ai encore des choses à faire… et t’éliminer en fait partie…

(Alucar) : C’est cela… nie. Je pensais pourtant que la manière dont mes fidèles m’obéissaient aurait suffit à te le faire comprendre, mais je vois qu’il va falloir que je te démontre d’une manière plus… ultime… que je détiens mes pouvoirs de Malphas lui-même.

Chapitre 84 Chapitre 86

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