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Bestialité

Sorti le 26/11/2008, compilé dans le Volume 10

Histoire :

Un petit boitier noir recouvert en majeure partie d’un écran vert et quadrillé se met à raisonner dans l’espace confiné du cockpit du Hammer Icare. Opitz, assit jusqu’à présent de manière nonchalante, semblant complètement détaché de la situation, est apparemment surpris par ce son et fronce les sourcils d’un air méfiant. Sa main se porte au boitier qu’il place sous ses yeux. Une unique ligne blanche traverse l’écran et un son strident accompagne le lent mouvement de celle-ci. Sur le côté de l’écran est écrit « Nysen RCAC » (Rythme Cardiaque et Activité Cérébrale). Le chef du CRTN comprend que Nysen vient de rendre l’âme et hausse les sourcils, visiblement étonné.

(Opitz) : Tiens, ils l’ont tué plus vite que prévu…

Opitz balance le boîtier derrière lui d’un air dédaigneux et pianote sur la console située devant lui, faisant pivoter son siège sur lui-même pour faire face à sas qui s’ouvre immédiatement, donnant sur le cœur du Hammer, et l’échelle menant à la passerelle de sortie. Opitz se redresse et franchit le sas, un énigmatique sourire imprimé sur le visage.

Rufus plie délicatement le papier sur lequel sont inscrits les codes de sécurité avant de se retourner vers ses hommes de main qui semblent attendre ses directives.

(Rufus) : Bien, je vais aller télécharger les clés moi-même. Myla, je veux que tu rejoignes immédiatement le point de sortie.

(Myla) : Est-ce que je ne peux pas rester à tes côtés ?

La jeune femme s’est approchée d’un pas légèrement hésitant et intimidé. Il est visible dans chacun de ses gestes tout le respect et l’affection qu’elle a pour Rufus. Elle affiche une expression inquiète que Rufus ignore d’un air froid et distant, ne notant même pas l’attention.

(Rufus) : Fais ce que je te dis. Tu as rempli ton rôle à la perfection, mais tu n’as plus rien à faire maintenant.

Myla hoche la tête d’un air gêné, ses joues rougissant d’une colère visible et d’une envie de protestation apparemment contenues de force. Elle recule de quelques pas avant de se détourner du groupe et de quitter la salle d’un pas rapide et légèrement appuyé donnant une intonation vexée à son départ. Rufus continue d’ignorer la situation et reprend ses indications.

(Rufus) : Luna, tu viens avec moi… on ne sait jamais.

(Luna) : Entendu.

Rufus se retourne ensuite et porte un regard ironique aux brigadiers attachés au fond de la salle. Zerkim regarde ailleurs, préférant ignorer la provocation, mais Eliza soutient son regard d’un air empli de furie et de dégoût. Le chef de l’Ordo affiche un sourire froid et détaché à la réception de ces sentiments négatifs.

(Rufus) : Toute cette haine… je n’en mérite pas tant.

Après quoi il dirige son regard vers Willem qui attendait justement ses instructions.

(Rufus) : Tue-les ! Je ne veux plus jamais entendre parler d’eux.

Bien qu’ils semblaient s’y attendre, Eliza et Zerkim ne peuvent réfréner un mouvement de recul à l’audition de cette phrase. Schaetz quant à lui, soulève un regard horrifié.

(Schaetz) : Qu’est ce que ça veut dire ? Vous aviez dit que vous les laisseriez en vie !!

(Rufus) : Eh bien ? Je croyais que vous vouliez les voir mourir toute à l’heure ? Vous êtes une vraie girouette. Je comprends vos scrupules, mais ne vous inquiétez pas… quand j’ai dis « tue-les », vous étiez compris dans le lot.

(Schaetz) : ESPECE DE SALAUD !!

Schaetz tente de brusquement se redresser, oubliant dans sa rage et sa panique qu’il est toujours maintenu au sol par Luna. Cette-dernière éloigne sa lame pour ne pas trancher la gorge du brigadier dans son mouvement et lui retourne un magnifique coup de pied en plein visage. Schaetz valdingue trois mètres en arrière, s’effondrant peu loin de ses deux anciens équipiers. Zerkim lui lance un regard sombre, lui rappelant bien qu’ils sont dans cette situation par sa faute.

(Zerkim) : Tu espérais t’en tirer ? Tu n’avais pas compris qu’il ne nous avait laissé en vie que pour embrouiller plus facilement l’esprit de Nysen ?

(Rufus) : Vous êtes perspicace.

Le regard de Zerkim se retourne vers Rufus qui, accompagné de Luna, s’apprête à franchir la porte de la salle. Avant de franchir celle-ci, le chef de l’Ordo s’arrête une dernière fois pour contempler les trois brigadiers, semblant vouloir jouir une ultime fois de leur image de condamnés.

(Rufus) : Je sais que c’est vous qui avez fouiné dans mon ancienne demeure… ce que vous y avez peut être vu suffit à mes yeux à vous assassiner mille fois. Je ne sais pas comment vous avez pu survivre aux flammes de Vulcan, mais peu importe… Je suis attristé de ne pas pouvoir contempler votre mort.

Rufus franchit ensuite la porte et Eliza écarquille les yeux après avoir entendu cette dernière tirade. Visiblement, ce que vient de dire son adversaire vient d’éveiller chez elle une quelconque idée. Elle retourne son visage vers Zerkim, qui semble y lire une toute nouvelle forme de détermination, plutôt mal choisie dans leur situation.

(Eliza) : Zerkim… si tu peux nous tirer de là, nous pouvons encore peut être retirer quelque chose de positif de ce fiasco.

Willem se racle bruyamment la gorge en avançant vers eux, attirant de ce fait leur attention. De manière habile, il fait tournoyer un poignard entre ses doigts, faisant preuve d’une dextérité sans pareille à cet exercice.

(Willem) : Maintenant que j’ai votre attention… c’est l’heure de rendre l’âme.

Le pied de Davien rencontre le poignet d’Alucar. L’assassin vient de bloquer un nouvel assaut foudroyant de son adversaire et le repousse avec force. Le brigadier titube en arrière et se retrouve acculé contre le mur, le point d’Alucar fondant droit sur son visage. Davien se baisse pour esquiver le coup, et déchaîne à son tour un coup de poing en direction du ventre de son ennemi. Cette fois, Alucar redresse son genou droit pour stopper l’impact.

(Alucar) : Inutile… je parviens déjà à lire tes mouvements.

Davien fronce les sourcils et serre les poings avec force, semblant concentrer un léger flux d’énergie dans ces derniers, énergie qui se diffuse ensuite le long de son corps dans des petits crépitements distinctifs. Le brigadier fait alors un pas sur le côté, poussant Alucar à tenter une nouvelle garde, mais alors que ce-dernier place ses bras en croix pour stopper un coup destiné à le frapper au torse, il le reçoit en plein visage. Alucar recule sous l’effet du choc, visiblement surpris.

(Davien) : Je suis bien plus rapide que tu ne le crois.

(Alucar) : C’est ça, utilise ton aura… c’est ton espérance de vie qui diminue à chaque fois que tu l’emploi.

Davien prend un air sombre, il sait qu’Alucar est dans le vrai. Ce-dernier se redresse, mais ne reprend pas une stature propre au combat direct, ce qui semble étonner son adversaire.

(Alucar) : Néanmoins, je n’aime pas me prendre des coups.

De petits couinements jaillissent alors de chaque côté du couloir. Davien jette un regard en coin à gauche et à droite pour constater une nouvelle vague de rongeurs déferlant droit dans sa direction. Le brigadier décide pourtant d’ignorer leur approche rapide et de profiter du relâchement de leur maître pour le mettre à terre une bonne fois pour toute. Davien se cambre et balance un puissant coup de pied en destination de la nuque de son adversaire. Bien que celui-ci voit arriver le danger du coin de l’œil, il ne semble pas avoir le temps de pouvoir le repousser. Davien sent le choc puissant de son attaque, mais bien plus tôt que prévu, et pour cause : c’est un corbeau sortit de nulle part qu’il vient de frapper de plein fouet. Le volatile, tué sur le coup, s’effondre au sol dans une pluie de plumes noirs. Estomaqué par le sacrifice que vient de faire l’animal pour empêcher le coup d’atteindre son maître, Davien ne remarque pas que ce-dernier s’est élancé sur son côté, un énorme couteau entre les mains. Il est forcé de se jeter littéralement en arrière pour esquiver le coup de justesse, manquant de peu de s’écrouler au sol. Davien heurte une nouvelle fois le mur et titube de quelques pas en arrière. Immédiatement, il sent une vive chaleur lui enserrer les mollets et constate d’un air horrifié qu’il est au beau milieu de la masse de rats enragés. Il serre les dents sous la douleur des morsures qu’ils ne tardent pas à lui infliger aux jambes, se grimpant les uns sur les autres pour l’immobiliser et atteindre de nouvelles zones à mordre. Grâce à son agilité supérieure, Davien parvient toutefois à se déloger de leur emprise par des moulinets rapides de ses jambes. Les rongeurs sont éjectés de tous côtés et le brigadier s’éloigne d’eux, regagnant la petite zone du couloir qu’ils n’ont pas encore atteinte, mais c’est Alucar qui se retrouve face à lui, ne lui laissant aucun répit en l’assaillant de nouveaux coups de couteau. Tout en esquivant l’assaut tant bien que mal, Davien parvient à déloger l’arme de la main de son adversaire d’un coup de genou porté de manière chanceuse. Le couteau vole dans la horde de vermines, se plantant en travers d’un rat qui pousse un gémissement pathétique avant de mourir, se faisant bien vite recouvrir par la masse couineuse de ses congénères. Alucar ne se défait pas, redressant sa main en direction de Davien. Ce-dernier, croyant à une attaque directe, se met en garde, mais voit fondre sur lui une volée de trois nouveaux corbeaux croassant de manière dégénérée. Au fond de leur regard déchaîné brille une lueur rouge surnaturelle que Davien retrouve dans les yeux de chacun des rongeurs qui se rapprochent inexorablement.

(Davien) : *Il ne me laisse absolument aucun répit.*

Les griffes et les becs des corbeaux provoquent de nombreuses entailles plus ou moins profondes sur les avants bras du brigadier, qui les a placés en croix devant son visage pour préserver ses yeux. Au milieu de leurs cris fous et des couinements des rats, Davien parvient à constater, presque par instinct, qu’Alucar, un autre couteau de chasse entre les mains, tente une nouvelle attaque directement sur lui, au couvert de ses volatiles.

(Davien) : BORDEL !!

Dans un hurlement de rage, Davien relâche toute l’énergie qu’il avait accumulée dans ses membres pour accroître sa vitesse afin de provoquer une vague qui repousse les corbeaux sur quelques mètres et déstabilise Alucar dans son approche. Son attaque détournée, toujours prit dans son élan, l’assassin ne peut esquiver le coup que lui porte son adversaire. Percuté en plein visage, Alucar est éjecté sous la puissance du choc, qu’il semble cette fois-ci ressentir dans toute son intensité, Davien l’ayant porté avec toute la hargne contenue en lui. Atterrissant au beau milieu de ses rats, il se redresse presque immédiatement, un large liseré de sang sombre s’écoulant de son arcade sourcilière jusqu’à son menton. D’un air presque pervers, Alucar passe sa langue sur ses lèvres, léchant son sang avec avidité. Davien remarque alors que les rats contournent leur maître, semblant respecter un espace bien défini autour de lui, se détachant suffisamment pour ne pas même le frôler.

(Alucar) : Ca t’intrigue, n’est ce pas ? Ce lien… c’est une force d’une toute autre nature. Ce qui me lie à mes fidèles n’est en rien comparable à ce que les hommes, même les plus intimement proches, peuvent connaître.

Alucar écarte alors les bras de chaque côté de son corps et baisse la tête. Davien, repoussant par des mouvements précis les assauts désorganisés des corbeaux encore désorientés par sa dernière attaque, constate que la masse de rats s’est agglutinée de chaque côté du couloir, le coinçant totalement sur un périmètre des plus restreint. Alucar redresse alors la tête. Dans ses yeux se lit une véritable énergie sombre, une force démoniaque intense, qui fait frissonner Davien.

(Davien) : *Ce type… il n’est pas humain… il…*

Le cours des pensées de Davien est interrompu au moment où Alucar rabat violemment ses bras vers son corps, les croisant contre son torse. Les masses de rats suivant son mouvement, se soulèvent telles deux immenses et improbables vagues vivantes. Atteignant presque la hauteur du plafond, ces deux terrifiantes parois de poils, de griffes et de crocs, s’abattent alors directement sur un Davien tétanisé par la terreur…

Chapitre 83 Chapitre 85

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