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Démonstration de Kaïdechi

Sorti le 05/11/2008, compilé dans le Volume 10

Histoire :

L’expression d’Alucar passe immédiatement de la surprise à une sorte de plaisir non dissimulé. Il se redresse et croise les bras, toisant Davien d’un signe provoquant du menton. Le fait que son adversaire se soit relevé apparaît presque comme étant une source de joie.

(Alucar) : Tu as tes petits secrets, pas vrai ?

Davien avale avec difficulté. Visiblement, toute trace de douleur n’a pas disparue de son corps, mais il ne le montre pas de manière explicite.

(Davien) : Tu ne connais rien au Kaïdechi, finalement.

Alucar hausse les épaules en poussant un soupir de désintérêt. Soudain, sans que rien n’y prépare ni qu’un réel mouvement ne soit perceptible, il se retrouve du côté droit de Davien, un poignard militaire entre les mains. Son mouvement s’enchaîne sur une rotation complète de son corps visant à planter son arme dans le cœur de son adversaire. Le tout se fait à une vitesse telle que Davien ne semble pas être en mesure de réagir, se contentant d’écarquiller les yeux face à la célérité dont fait preuve son ennemi. Pourtant, le mouvement d’Alucar n’est pas en mesure d’arriver à son terme : le genou de Davien se redresse, venant percuter le poignet de l’assassin. Le brigadier profite immédiatement du déséquilibre de son adversaire pour aligner un violent coup de pied sous la base de son bras tendu, directement dans l’aisselle. Alucar lâche son poignard et est éjecté contre le mur, visiblement surpris. Il n’a pas le temps de réaliser le choc que Davien arrive sur lui et lui flanque un nouveau coup de pied directement dans le visage. Alucar tombe sur le côté en glissant le long du mur et agrippe la jambe de son adversaire pour l’entraîner dans sa chute. Mais il en faut plus à Davien pour se montrer déstabilisé. Il bondit en prenant appui sur son pied libre et effectue une rotation en l’air se concluant par un magnifique coup de pied directement dans la mâchoire d’Alucar, clouant ce-dernier au sol. Toujours en l’air, Davien finit son enchaînement en retombant des deux genoux sur le ventre de son adversaire, le pliant en deux et lui faisant cracher une impressionnante gerbe de sang. En un enchaînement, le brigadier semble en avoir fini. Il se redresse, légèrement essoufflé, laissant Alucar gire au sol.


(Alucar) : J’en sais un peu plus maintenant.

Sans que Davien n’ai pu le voir esquisser le moindre geste, Alucar est apparu derrière lui, un nouveau poignard entre les mains. Davien a juste le temps de se baisser pour éviter la lame destinée à lui transpercer la gorge. Une rapide roulade le met hors de portée de son redoutable adversaire, qui ne témoigne pas une réelle affectation suite aux nombreux coups qu’il vient de se prendre.

(Alucar) : Tu vois, moi aussi je sais résister à la douleur…

D’un petit mouvement du pouce, Alucar essuie le liseré de sang qui s’écoule du bord de sa bouche et se racle doucement la gorge.

(Alucar) : Néanmoins tu ne m’as pas blessé mortellement, tandis que moi je suis sûr d’avoir planté ma lame directement dans ton foie. On ne se relève pas d’un tel coup simplement par la force de sa volonté.

Davien affiche un sourire masquant son inquiétude à affronter un ennemi aussi redoutable.


(Davien) : Est-ce que ça t’intrigue réellement ?

(Alucar) : Tu m’as montré un Kaïdechi de bon niveau à l’instant… ce que tout le monde en sait d’ailleurs. Mais j’ai vu l’emploi que tu savais faire de ton aura quand tu as repoussé mes rats. Voilà le Kaïdechi qui m’intrigue.

Davien hoche la tête en se redressant et en profite pour reculer de quelques pas pour se mettre à distance plus raisonnable avec son adversaire. Il reste sur la défensive, au cas où Alucar passerait à nouveau à l’attaque sans prévenir.

(Davien) : Le Kaïdechi n’est pas une discipline martiale offensive à la base. C’est une technique zen destinée à faire triompher l’esprit sur le corps. Celui qui sait manier son aura peut l’employer comme une force jaillissant de son corps ou le préservant du mal. La blessure mortelle que tu m’as infligé est toujours là… mais je la maintiens inactive pour le moment en l’enserrant de mon aura.

Alucar porte sa main à sa bouche et semble attendre un instant, évaluant la situation. Finalement, un rire clair et moqueur jaillit de sa gorge et il se laisse aller à une exclamation euphorique qui parvient même à vexer Davien, d’habitude imperturbable.

(Alucar) : Amusant… je me bats contre un mort vivant.

(Davien) : Ca n’a rien à voir, je…

(Alucar) : Un vivant en sursis, alors.

Davien affiche une grimace de gène face à la perspicacité de son ennemi. Alucar reprend une expression sérieuse, ténébreuse, fronçant les sourcils tout en pointant son poignard en direction de son adversaire.

(Alucar) : Lorsque je t’aurai forcé à épuiser ton aura… qu’est ce qui empêchera ta blessure d’avoir l’effet escompté sur ton organisme ? Et les nombreuses autres blessures mortelles que je t’aurai faites d’ici là ?

Davien fronce à son tour les sourcils, semblant se laisser happer par l’ambiance mortelle qu’a instauré Alucar. Il se replace en position de combat, fixant son ennemi droit dans les yeux.

(Davien) : Ne crois pas que je te laisserai faire aussi facilement.

La porte du poste de surveillance s’ouvre à la volée, laissant pénétrer dans la salle un rayon de lumière vive qui force Willem à Nysen à plisser des paupières, mais seul l’otage semble surpris de cette brutale incursion. Willem se lève immédiatement de sa chaise pour accueillir Rufus, Myla et Luna, précédés de leurs deux otages et de leur allié de fortune. Le rouquin semble peu surpris de voir ces invités imprévus et affiche un sourire faussement complaisant à leur intention.

(Willem) : Vous vouliez voir monsieur Nysen, n’est ce pas ?

Le visage de ce-dernier se redresse vers Eliza et Zerkim, qu’il voit entravés et en fâcheuse posture. Il se mord alors les lèvres et incline la tête d’un air abattu.

(Nysen) : Ne me dites pas que c’est vous qui étiez censé venir me sauver ?

Rufus fait avancer ses deux otages dans la salle en les poussant du bout de son fusil à double canon. Il les fait avancer jusqu’au fond de la pièce où des chaises sont postées contre un mur. D’un mouvement brusque, il leur intime l’ordre de s’y asseoir. Les deux s’exécutent, non sans lancer un regard empli de haine à Rufus que celui-ci se fait une joie d’ignorer, retournant son attention vers Nysen.

(Rufus) : A dire vrai, il n’était pas prévu que qui que ce soit vienne vous sauver.

Schaetz lance un regard en coin à l’intention de Rufus, tiquant sur l’attitude de ce-dernier face à Nysen. Quelque peu intimidé, il est resté prostré sur le côté de la porte, semblant ne pas être à sa place parmi tous ces individus. Luna referme violemment la porte à côté de lui, ce qui le fait sursauter et attire son attention vers elle. La jeune femme lui lance alors un regard où se mêle du dégoût et du désintérêt.

(Luna) : Donne moi ton arme.

Schaetz resserre son emprise sur son fusil d’assaut à cette injonction, montrant par ce geste un refus complet de coopérer. Rufus tourne la tête vers lui et lui lance un regard glacial qui le fait frissonner.

(Luna) : Comme tu dois le comprendre, c’est un ordre.

(Schaetz) : Et pourquoi ? Vous ne me…

(Luna) : Non, on ne te fait pas confiance.

Sans qu’il ne le remarque réellement, Luna se saisit du canon de son fusil d’assaut et le lui retire des mains. Le fait qu’il n’affiche aucune résistance montre son acceptation de la situation, mais il se sent de plus en plus mal à l’aise. Pendant ce temps, Willem se dirige vers le fond de la salle et s’occupe de ligoter les deux nouveaux otages à leurs chaises. Ses yeux verts se redressent et se braquent sur ceux d’Eliza à laquelle il affiche un sourire teinté d’ironie.

(Willem) : Je ne sais pas pourquoi il décide de vous garder en vie… mais ça ne durera sans doute pas.

Un peu plus loin dans la salle, Nysen tremble, maintenu enferré à sa table d’acier. Rufus s’est installé sur une chaise un peu sur sa droite, et le contemple d’un air carnacier dissimulé derrière une froideur insoutenable. Schaetz, une expression pleine de bons sentiments, se dirige vers Nysen d’un pas rassurant, mais Luna l’arrête d’un geste vif, plaquant sa main contre sa poitrine. Le brigadier lui lance un regard en coin avant de reporter son attention sur Nysen qui le contemple comme s’il était le messie.

(Schaetz) : Ne vous inquiétez pas, Monsieur Nysen… tout ceci a été prévu par Alec Windermal.

(Nysen) : C’est… c’est vrai ?

(Rufus) : Oui, c’est vrai. Mais ça ne veut aucunement dire que votre vie est hors de danger.

Nysen retourne un visage effrayé vers l’auteur de cette dernière altercation qui a jeté un froid complet sur toute l’assemblée. Schaetz semble s’emporter, se délogeant de l’emprise de Luna pour se rapprocher encore plus du scientifique et de Rufus.

(Schaetz) : Hey, qu’est ce que ça veut dire ?! Friedrich Nysen est un député influent de l’ADT ! Windermal ne vous aurait jamais donné l’autorisation de…

(Rufus) : Quel braillard !

Une lame froide et tranchante se place sous la gorge de Schaetz, lui intimant clairement l’ordre de se tenir tranquille et de se taire. C’est Luna qui le menace d’un air détaché, tenant entre ses mains un véritable hachoir de combat, d’une taille courte mais dégageant un doux parfum de danger mortel.

(Rufus) : Si je vous ai gardé en vie tous les trois c’est pour conserver des arguments de poids dans la balance face à tous ces ridicules bureaucrates se prétendant soldats, qui grouillent à l’extérieur. On peut dire que vous ne pouviez pas mieux tomber n’est ce pas ? Les autres otages ne valant pas grand-chose aux yeux du sénat, rien ne pouvait me garantir une immunité complète si ce n’est ça… au cas où ma collaboration avec Nysen se montrerait… infructueuse.

Face à Nysen, qui transpire comme un bœuf à l’idée de perdre la vie, Myla s’installe délicatement de l’autre côté de la table, là où était précédemment assit Willem. Elle a été si discrète depuis son entrée dans la salle que tout le monde l’avait presque oublié. Elle pose calmement ses mains sur la table d’acier et plonge son regard dans celui de l’otage qui lui face. Une sorte de « contact » se fait alors entre eux, et Nysen ne semble plus pouvoir détourner ses yeux de ceux de Myla.

(Rufus) : Bien. Commençons l’interrogatoire.

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