Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 79

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Derniers arrivants

Sorti le 15/10/2008, compilé dans le Volume 9

Histoire :

Aux abords du Niela, qui repose toujours calmement sur la plateforme centrale où il a effectué son atterrissage, deux techniciens de maintenance font les vérifications d’autorisation de l’appareil. Munis de petits détecteurs aujourd’hui dépassés, ils passent au laser les bornes de contrôle pour voir si le véhicule est en règle.

(Technicien) : C’est pas tous les jours qu’on voit un tel engin par ici.

(Technicien 2) : Je te le fais pas dire, son proprio a pas peur de le voir voler en pièces. D’habitude, ces monstres de technologie vont se poser dans les quartiers Nord, pas ici.

A peine a-t-il fini sa phrase qu’un bruit sourd se fait entendre juste derrière eux. Les deux techniciens poussent de concert un cri de surprise pour se retourner vers l’origine de ce son fracassant, mais face à eux il n’y a rien. Cependant, imperceptiblement, ils ressentent une présence. Un léger sifflement commence d’ailleurs à leur parvenir. Le premier des deux techniciens se retourne vers son confrère.

(Technicien) : Dis… tu…

Il n’a pas le temps de finir sa phrase que sa tête éclate en un nuage sanglant, la dernière vision qu’il emporte avec lui étant celle de son ami subissant le même sort. La coque du Niela est repeinte d’un rouge écarlate tandis que les capteurs d’Oy s’activent immédiatement au son des corps qui retombent lourdement sur le pavé. Au bout de quelques secondes les analyses sont faites.

(Oy) : Trace écho de Vladimir Morlan repérée. Bâtiment de rencontre possible : CREAE.

Tandis que son œil interne lui affiche un plan tridimensionnel de la ville, Oy se retourne immédiatement vers la direction du CREAE et les puissants pistons de ses pattes la propulsent au-delà du mur d’enceinte, droit vers la zone de confit.

De leur côté, Vladimir et Samantha arrivent au bas des marches et aboutissent dans une grande salle plongée dans la pénombre. La jeune femme tire de sa poche une lampe torche et éclaire les environs : c’est un ancien entrepôt de maintenance abandonné. Il gît encore ça et là quelques accessoires abandonnés qui sont à présent recouverts de poussière et de toiles d’araignées.
 

(Samantha) : Tu es sûr que ça mène au CREAE ?

(Vladimir) : Non, malheureusement… mais je le pense. Au pire on défoncera les murs ou on creusera une galerie.

Lâchant ces mots sur le ton de la plaisanterie, Vladimir ne se rend pas compte du regard dubitatif que lui lance Samantha. C’est seulement lorsqu’il se rend compte que sa fiancée ne lui emboîte pas le pas que le professeur se rend compte que quelque chose la tracasse. Il se retourne vers elle et remarque sa mine inquiète.

(Samantha) : Tu vas si loin pour lui… je sais que tu tiens à lui, mais…

(Vladimir) : Sam… Almee est dans le pétrin par ma faute. Je n’ai pas été quelqu’un de bien. A cause de moi ce gamin s’est retrouvé cryogénisé pendant des années et pourtant quand il est revenu à lui, il a encore trouvé le moyen de me sourire...

(Samantha) : Mais tu as bien entendu ce que t’as dit Engal : Almee n’est certainement pas dans le bon camp cette fois et…

(Vladimir) : Assez !

Le ton ferme sur lequel Vladimir a prononcé ce mot a limite pétrifié Samantha sur place. Elle ne s’est pas attendue à ça et n’ose plus réagir.

(Vladimir) : Je ne veux plus entendre dire qu’Almee puisse être un criminel. Pour quelles raisons pourrait-il faire une chose pareille ?

(Samantha) : Peut-être pour les mêmes raisons qui l’ont poussé à être condamné une première fois.

(Vladimir) : Il était innocent !

(Samantha) : Mais ça ne t’a pas empêché d’en profiter pour en faire un réploïde. A l’époque tu te moquais bien de ce qu’il pouvait devenir !!

Samantha plaque ses mains contre sa bouche en se rendant compte de ce qu’elle vient de dire. Face à elle Vladimir reste interdit, le visage blême. Il soutient un instant le regard de Samantha, puis finit par baisser la tête dans une expression tenant à la fois de la honte et de la déception. Un long silence règne, à moins que ce ne soit Samantha qui ait l’impression que cet instant de battement dure une éternité. Puis finalement Vladimir se retourne et recommence à marcher vers le couloir d’accès ouvert sur la grande salle où ils se trouvent.

(Vladimir) : Tu as raison. Oui… et tu n’as pas à me suivre. C’est ma croix que je porte.

Le professeur s’arrête devant une ancienne table de bois à moitié rongée par les mites et y dépose sa mallette noire d’un geste sec et précis. Dans une habile danse de ses deux pouces, il règle les deux codes de sécurité qui maintiennent la mallette fermée et l’ouvre rapidement. Il en retire une sorte de combinaison noire faite en une étrange matière qui semble se rapprocher d’un latex souple et strié de légères rainures. Vladimir retire sa veste et ses chaussures avant de commencer à passer cette combinaison. Tandis qu’il effectue cette manœuvre, Samantha approche de lui à petits pas hésitants, ne sachant pas trop si elle doit s’excuser ou non d’avoir dit la vérité. Elle opte finalement pour une autre stratégie.

(Samantha) : Qu’est ce que c’est que cette combinaison ?

Vladimir tire la braguette qui ferme le haut de la combinaison en une sorte de blouson gainé de légères plaques internes, séparé du bas par une fausse ceinture, laquelle est affublée de divers boutons et commandes électroniques. Continuant à se préparer en renfilant sa veste par-dessus cet équipement inattendu, Vladimir lui répond sans toutefois la regarder.

(Vladimir) : Un prototype sur lequel je travaillais avant de me faire renvoyer du CRTN. Je l’ai volé au passage, tant qu’à faire. C’est une combinaison de combat renforcée par divers matériaux ultra-résistants et très légers : titanium plastiqué, kevlar renforcé et des prototypes de nanomachines cellulaires qui stimulent les muscles et le rythme cardiaque.

(Samantha) : Et ce n’est pas dangereux ?

(Vladimir) : Ce n’est pas tout à fait au point… mais c’est mieux qu’un gilet pare-balles.

Samantha affiche un léger sourire plus inquiet que sincère tandis que son fiancée réenfile ses chaussures par de petits gestes secs qui montrent un certain énervement, ou bien de la nervosité. Elle pousse un soupir en croisant les bras sur sa poitrine.

(Samantha) : Tu en as une à ma taille ?

Vladimir affiche à son tour un sourire qu’il ne peut refreiner, mais qu’il se force à camoufler en baissant la tête pour renouer ses lacets.

Engal, de son côté, fait les cent pas face à la porte du petit bâtiment devant lequel il plaisantait encore il y a quelques minutes. Les bras croisés dans le dos, il semble tergiverser sur la conduite à adopter, adoptant une mine songeuse et inquiète.


(Engal) : Si je les suis, je vais me faire griller… vingt mille volts c’est pas rien. Mais d’un autre côté je peux pas les laisser tomber.

Soudainement il s’arrête sur place et repense au déroulement de la scène qui a mené à cette brusque séparation. Il réentend le ton de la voix de Vladimir, et se met immédiatement à douter, ce qui se traduit par un regard farouche se retournant en direction de la porte d’acier.

(Engal) : Non… il n’aurait tout de même pas…

Alors que le mage, un air furieux imprimé sur le visage, se dirige à grandes enjambées vers le petit bâtiment d’accès au souterrain, un grand bruit se fait entendre juste au dessus de lui. Des débris se décrochent d’un bâtiment adjacent sous le poids d’une créature invisible semblant s’en servir comme d’un marchepied. La créature perpétue ainsi une série de bonds la menant à détruire en partie la façade de cinq autres maisons avant de disparaître au loin, en direction du CREAE. Engal est parcouru d’un frisson très visible et son regard s’assombrit. Il a immédiatement compris de quoi il s’agissait.

(Engal) : Non… c’est impossible… je… je l’ai détruit…

Le regard d’Engal va de droite à gauche, se portant sur des groupes de passants qui se sont arrêtés pour contempler avec stupéfaction les dégâts mystérieux qui viennent de se produire. Il voit des enfants accrochés aux jupes de leurs mères, des vieilles personnes tirant des petits chariots remplis de commissions : il voit la vie simple et prospère des honnêtes et pauvres habitants de White Scar, le lieu où il a toujours vécu. Une sueur froide lui parcourt l’échine.


(Engal) : Non… pas ici… pas dans ma ville…

Semblant totalement oublier ce qu’il était en train de faire quelques instants auparavant, Engal se lance immédiatement à la poursuite de la machine infernale, sans montrer la moindre hésitation, la main déjà posée autour de la garde de son épée.

A une centaine de mètres du CREAE, posé dans une arrière cour suffisamment spacieuse pour contenir son énorme masse, et très étroitement surveillé par une vingtaine d’hommes de main armés jusqu’aux dents, le Hammer de Opitz, le Icare,  repose « à genoux ». A son bord se tient son maître et concepteur, tranquillement installé dans le cockpit, les mains derrière la tête et les pieds reposant sur le tableau de bord. La chaîne hi-fi de l’appareil laisse s’écouler dans toute la structure un harmonieux morceau de Heavy Symphonique que le propriétaire semble apprécier, puisqu’il a poussé le son au maximum.


Even the brave won't deny
Evil warns again
And your conscience ins't safe
Driving you insane

Playing with fire
Put your freedom
Through the hardest test
Don't blame the scare
On your final day



Le pied d’Opitz battant la rythmique en l’air le laisse tout de même apercevoir au travers du cockpit un pan de mur se détachant d’une maison à deux rues de là. Un sourire sournois s’affiche sur le visage du chef du CRTN tandis qu’il referme les yeux pour se laisser à nouveau bercer par la musique. Il semble visiblement satisfait de la tournure des évènements.

(Opitz) : Bien… je crois que tout le monde est là…

Chapitre 78 Chapitre 80

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