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Confrontation

Sorti le 17/09/2008, compilé dans le Volume 9

Histoire :

Berg écarquille les yeux face à la désinvolture dont fait preuve Opitz dans la situation où il se trouve. Bouche bée, l’air hagard, il n’arrive pas calmer les tremblements qui lui parcourt le corps tant la situation actuelle est tendue. Il ne sait pas comment réagir, s’il doit soutenir son ami ou se montrer respectable envers le chef du CRTN. Il tend finalement une main tremblante vers Todd dans le but d’agripper son épaule.

(Berg) : Todd… lâchez le… vous ne savez pas qui c’est ?

Todd fronce les sourcils à l’audition de la phrase du général, mais il ne relâche pas son emprise pour autant.

(Todd) : Je le sais pertinemment… mais je ne vois pas en quoi cela lui donne le droit d’insulter mes hommes et leurs méthodes.

(Opitz) : Allons, je ne me suis pas montré insultant… mais réaliste.

La main d’Opitz se redresse alors lentement sous le regard effrayé de toute l’assemblée. Elle se pose délicatement sur le poignet de Todd, sa blancheur cristalline contrastant avec le ton foncé de la peau du lieutenant de la Brigade.

(Todd) : Qu’est ce qu… ?

Todd n’a pas le temps de finir sa phrase qu’une chose étrange se produit. Il perd soudain toutes ses forces et son corps commence à légèrement convulser tandis que ses yeux se révulsent, tremblant sous ses paupières d’une manière frénétique. De la bave se met à couler de sa bouche en des gargouillis incompréhensibles. Le corps entièrement parcouru de spasmes, le lieutenant relâche finalement la pression sur le collet d’Opitz et tombe en arrière, s’écroulant au sol dans un bruit effrayant, raisonnant d’autant plus dans l’atmosphère pesante et muette qui a envahie la tente. Les yeux écarquillés, Berg ne peut refréner ses gestes et s’accroupit immédiatement aux côtés de son ami qui, couvert de sueur, continue à trembler de tous ses membres. Le visage du général se redresse vers ses hommes, tétanisés par la peur et l’incompréhension.

(Berg) : Vite, allez chercher une couverture et un médecin !! Vous voyez bien qu’il a besoin d’aide !!

Après un moment d’hésitation, comme si leurs esprits étaient encore enfermés dans une sorte de peur lattante, les soldats se mettent finalement en marche sous les ordres de leur général, qui, encore sous le choc, tourne un visage livide vers Opitz. Ce-dernier, surplombant le corps tremblotant de sa victime, affiche un regard sombre et glacial, perdu dans le vague. Berg est à son tour parcouru d’un frisson d’effroi mêlé de colère. Il retient sa rage en serrant les dents et agrippe la main de Todd qui commence peu à peu à se calmer.

(Berg) : Bon sang… mais que lui avez-vous fait ?

(Opitz) : Rien de bien terrible comparé à ce qu’il aurait mérité.

Opitz remet son col en place de manière délicate, ses mouvements semblant parodier une grâce un peu trop poussée, comme s’il ironisait sur la situation au travers de chacun de ses gestes.

(Opitz) : Cette opération est extrêmement complexe. Nous n’avons pas affaire à n’importe qui… et ce clown risque de tout mettre en péril en faisant intervenir ses cafards.

Opitz pousse un profond soupir en laissant retomber ses mains le long de son corps, lesquelles vont se ranger immédiatement dans ses poches, lui donnant un air d’une grande désinvolture en total contraste avec l’image délicate qu’il vient de donner.

(Opitz) : De plus il m’a agressé. Qu’il assume les conséquences de ses actes.

Un médecin militaire arrive finalement à grands pas, une couverture sous le bras et une mallette de soin dans l’autre main. Mais Todd semble aller mieux malgré les cernes terrifiantes qui lui sont apparues sous les yeux et l’air épuisé qu’il affiche.

(Berg) : Opitz… nous avons déjà assez de soucis avec l’Ordo Arakis sans que nous ayons encore besoin de nous entretuer.

(Opitz) : Laissez moi rire. Si la situation est telle qu’elle est actuellement, c’est bien parce que vous et vos soldats risquez de commettre un homicide si vous vous trouvez à moins d’un mètre d’un de vos compères de l’ADM. Vous parlez d’entraide sans avoir la moindre notion de ce mot. C’est d’un fatiguant…

Le médecin dépose délicatement la couverture sur Todd mais celui-ci se tient déjà assit de lui-même et remercie le soldat d’un geste de la tête.

(Todd) : Vous avez tort.

(Opitz) : Ca ne vous a pas suffit ?

La façon impartiale dont est lancée cette phrase suffit à rejeter toute l’assemblée dans un mutisme glaciale des plus total. Todd baisse finalement la tête, trop fatigué pour faire le moindre geste. Cependant, Opitz continue à le contempler d’un air amusé et effrayant.

(Opitz) : Vous ne comprenez rien, mon pauvre Todd… et vous non plus, d’ailleurs, Berg.

Le général se redresse, intrigué par la façon dont Opitz s’adresse à lui à présent. Il se sent pousser un regain de vigueur afin de tenir tête à celui qu’il considère à présent comme un jeune impétueux.

(Opitz) : Vous vous battez avec un clou rouillé contre une véritable vague d’épines. Vous tentez de prévoir la prochaine action de vos adversaires, mais Rufus Van Reinhardt, lui, vous a déjà tous enterré.

Todd pousse un grognement de contestation avant de marmonner, presque pour lui-même.

(Todd) : Quoique vous en pensiez, mes hommes sont très compétents…

Opitz pousse un petit rire amusé qui fait naître en Todd une nouvelle vague de rage qu’il s’efforce cette fois de contenir.

(Opitz) : C’est cela, oui…

Ayant lâché ses mots, il tourne la tête vers Berg qui le contemple de toute sa hauteur, semblant attendre quelque chose. Opitz hausse les épaules et se détourne du général avant de se diriger vers la sortie de la tente d’un pas assuré, limite guilleret, en total contraste avec l’ambiance qui règne en ces lieux par sa faute. Le général lui court après d’un pas rapide et arrive à son niveau juste au moment où il s’apprête à franchir l’ouverture. L’énorme main de Berg se dépose sur l’épaule d’Opitz, le retenant fortement.

(Berg) : Même si j’ai la faiblesse de tolérer votre présence sur le champ des opérations, votre sécurité passe avant tout.

Opitz tourne un regard empli de lassitude vers son interlocuteur forcé.

(Opitz) : Tiens donc… ma « sécurité », hein ? Je me sentirai plus à l’abri parmi les otages.

(Berg) : Qu… qu’est ce que vous voulez dire par là ?

Opitz pousse un soupir face au visage de Berg qui affiche une expression d’incompréhension mêlée de surprise, voir d’effroi, comme s’il s’attendait à ce qu’Opitz lui révèle une nouvelle qui ne ferait qu’empirer les choses.

(Opitz) : Il y a nouveau camarade de jeu qui va faire son entrée. Vous serez mort avant même de vous en apercevoir.

Un frisson parcourt le général à l’audition de ces mots, mais il essaye de dissimuler sa frayeur par un vague air d’incrédulité mal simulée. Opitz reste statique un moment avant de finalement détourner le regard du général pour retourner la tête vers la sortie. Il attend une seconde, la main de Berg toujours posée sur son épaule.

(Opitz) : Quant à vous… si vous ne me lâchez pas immédiatement, je vous jure sur ma vie qu’on vous ramassera à la petite cuillère.

Le général lâche immédiatement prise, comme s’il s’était pris un coup de jus, et plaque sa main contre son torse, l’éloignant d’Opitz comme d’un bac d’acide. Il avale à sec et contemple le chef du CRTN soulever la toile de la tente.

(Opitz) : Si vous tenez à la vie, vous devriez partir d’ici.

Berg hoche la tête de droite à gauche afin de se remettre les idées en place et interpelle une dernière fois Opitz alors que celui-ci est déjà à moitié dehors.

(Berg) : Mais vous… vous allez partir ?

(Opitz) : Moi, partir ? Non… Jamais…

Puis il disparaît complètement à l’extérieur, la toile de la tente retombant derrière lui. Berg contemple pendant un instant l’ouverture ballante sous l’effet de la légère brise qui parcourt la place, puis se détourne finalement de celle-ci d’un pas hésitant, encore sous le choc de tout ce qui vient de se produire, ce qui est apparemment le cas de tout le monde dans le QG. Le visage de Berg s’illumine tout de même lorsqu’il revoit Todd sur ses pieds. Il accourt à ses côtés et lui saisit les épaules, comme pour vérifier par lui-même sa vigueur.

(Todd) : Quel sale type…

(Berg) : Mais enfin… qu’est ce qu’il t’a fait ?

Todd semble hésiter un instant puis hausse les épaules d’un air détaché, comme si pour lui l’agression d’Opitz n’avait aucune importance.

(Todd) : Peu importe… ce n’est qu’un malade mental.

(Berg) : Et pour tes hommes ? Pourquoi m’avoir menti ?

Todd donne une légère accolade à son ami, comprenant que celui-ci est légèrement vexé par la situation, même si la confrontation avec Opitz lui a permit de digérer la surprise de l’intervention de Davien et de son équipe.

(Todd) : Je ne t’ai pas menti : la Brigade n’intervient pas. C’est le BAC que tu vas pouvoir voir à l’œuvre.

(Berg) : Oh… le BAC, hein ? Ca ne me dit rien… mais si c’est la crème de la Brigade, je peux m’attendre à pire que ce que je craignais… tu mets la vie des otages en danger par cette action.

(Todd) : Pour être tout à fait honnête, je crois que les otages ne sont qu’un prétexte pour l’Ordo. C’est ce qu’a dit cet enfoiré d’Opitz qui me fait penser ça…

Berg fronce les sourcils pour tenter de lire au travers des mots du lieutenant de la Brigade, mais ne fait pas preuve de plus d’esprit qu’à l’habituelle.

(Berg) : Et c’est quoi alors ?

(Todd) : Va savoir… mais je crains le pire.

Chapitre 75 Chapitre 77

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