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L'intervention du BAC

Sorti le 10/09/2008, compilé dans le Volume 9

Histoire :

La toile de la tente du QG militaire se soulève une fois de plus pour laisser passer le lieutenant Todd, une cigarette à la bouche, l’air énervé. La vigueur de ses mouvements pousse toutes les personnes en présence à s’éloigner de lui. Le général Berg vient à sa rencontre et lui serre la main de manière vigoureuse et amicale, preuve que les deux hommes ont déjà travaillé ensemble par le passé.

(Berg) : Ah Todd… je me demandais si la Brigade allait finir par montrer le bout de son nez ?

(Todd) : Nous respectons notre vœu de neutralité, comme à l’habituelle, général. De ce fait nous avons décidé de… ne pas intervenir. Par respect pour l’ADT et l’ADM.

Berg hoche vigoureusement la tête d’un air visiblement rassuré tandis qu’Opitz, qui observe la conversation entre les deux hommes depuis un siège en retrait, voit se dessiner sur son visage un sourire d’un cynisme effrayant, comme s’il lisait clair dans le jeu du lieutenant.

(Berg) : Je préfère ça, sans vous vexer. La Brigade n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle et les répercussions de la moindre action pourraient avoir des conséquences désastreuses au Sénat. Les choses sont vraiment tendues, vous savez.

(Todd) : Je le comprends bien… ne vous inquiétez pas…

Six grappins rétrocâblés se fixent dans la pierre polie composant le toit de la coupole arrière du CREAE, et bien vite, six agents camouflés se laissent remonter par le treuil. Complètement vêtus de noir, portant cagoules et gilets militaires, ainsi que des armes d’assaut et des équipements d’intervention, ils ne témoignent d’aucune appartenance par l’absence d’insigne sur leurs uniformes. Les six décrochent le treuil de leur ceinturon de manière synchrone et se dirigent immédiatement vers la coupole de verre teint, s’accroupissant derrière pour se camoufler des regards. L’un d’eux regarde sa montre d’un geste vif. La voix qui émane de sous sa cagoule est celle de Davien.

(Davien) : Bien, le toit est la partie la moins protégée du CREAE et il se trouve que la coupole arrière ne dispose d’aucune caméra de surveillance. Comme je vous l’ai dit, impossible de se faire repérer.

L’agent se tenant à sa droite, dont la voix est celle d’Eliza, pointe ironiquement du doigt un rat qui les observe depuis le bord du toit avec un air paniqué.

(Eliza) : Tu as tout faux : on s’est fait voir.

(Davien) : Très spirituel… allez, Zerkim : comme prévu.

L’agent spécial se tenant à la gauche de Davien fait un léger mouvement des mains avant de les plaquer contre la surface lustrée du toit, juste devant lui. Un afflux magique se fait ressentir sous la forme d’une vague de chaleur, et bien vite des flammes jaillissent des paumes gantées du magicien de la Brigade. Zerkim augmente la pression au point de faire fondre la dalle à une vitesse ahurissante. Alors qu’un trou commence véritablement à prendre forme, une étincelle jaillit depuis la bordure pratiquée. Un câble d’alimentation vient de sauter sous l’effet de la chaleur, ce qui suffit à déconcentrer Zerkim. La vague de flammes prend une proportion plus importante, ce qui achève de creuser le trou dans le toit mais fait s’élever dans l’air une âcre fumée noire. Davien se frappe la cuisse d’un air courroucé.

(Davien) : Ah bravo pour la discrétion !!

(Zerkim) : Désolé… d’habitude je suis plus bruyant.

Davien pousse un soupir avant de se pencher au dessus du trou béant, tandis que Zerkim applique un petit sort de givre afin d’en refroidir immédiatement les bordures. Sans perdre un instant, l’inspecteur se jette dans le trou et atterrit en contrebas dans un couloir de maintenance à peine éclairé. Il se saisit d’un petit appareil à sa ceinture et le plaque contre le mur d’un geste assuré. Un léger sifflement se fait entendre et en quelques instants, tous les appareils électriques du couloir subissent une surchauffe et se coupent d’eux-mêmes : lampes, caméras de sécurité, climatiseurs : tout tombe en panne. D’un mouvement du bras, Davien invite ses acolytes à le suivre.


(Davien) : Voilà bien la preuve de l’efficacité d’une alliance techno-magique…

Dans la salle de contrôle, l’attention de Scott s’arrête presque immédiatement sur l’un de ses postes vidéo qui affiche une image noire. Son expression ne montre cependant aucune inquiétude particulière et il se contente de se saisir de son comtalk pour joindre Rufus.
Ce-dernier, installé dans un bureau à quelques couloirs de là, une mallette en acier grisâtre déposée sur la table devant lui, se saisit de son appareil à l’appel de Scott.


(Rufus) : Oui ?

(Scott) : Une anomalie dans le secteur 4. Couloir de maintenance 27-C.

Un sourire machiavélique se dessine sur le visage de Rufus, comme s’il s’y était attendu.

(Rufus) : Continue le décryptage, je me charge de ce problème.

(Scott) : Entendu.

La conversation est immédiatement coupée. Rufus attend quelques secondes avant de rouvrir son comtalk d’un geste vif et de composer un nouveau numéro. La personne contactée ne tarde pas à répondre, une voix sombre et mystérieuse jaillissant du portable.

(Rufus) : Alucar ?

Dans une autre pièce du CREAE, un homme est assis sur un banc accolé au mur, le corps à moitié dissimulé par l’ombre ambiante. Son teint est aussi pâle que celui d’un cadavre, mais il semble malgré tout bien bâti, d’une bonne constitution et d’une vigueur surnaturelle. Il porte un pantalon de couleur brunâtre auquel sont liées de nombreuses ceintures munies de petits fourreaux contenant divers couteaux de chasse ou de traque. Son torse nu est uniquement recouvert, sur les côtés, par une longue veste de trappeur aux multiples poches. Son visage, dissimulé dans l’ombre, achève de conserver le mystère qui l’entoure.

(Alucar) : Je vous écoute, boss.

(Rufus) : Il y a une anomalie dans le secteur 4. Tu es au courant de quelque chose ?

Un ricanement surgit de l’ombre à l’audition de cette information. Alucar laisse tomber un léger moment de flottement avant de répondre.


(Alucar) : Oui… j’allais vous en informer. Mes fidèles ont repéré un petit groupe de six personnes en train d’escalader les toits par l’arrière du bâtiment. Ils sont bien équipés : grappins rétrocablés, équipement furtif pour les senseurs électroniques, kits de désamorçage, et j’en passe. En bref, un parfait petit commando anti-terroristes.

(Rufus) : Ils portent l’uniforme de l’ADT ou de l’ADM ?

Alucar se penche légèrement vers l’avant, dévoilant une partie de son menton qui est recouvert d’une légère barbiche noire bien entretenue.

(Alucar) : Aucun insigne visible. Impossible de les rattacher à une quelconque faction.

(Rufus) : C’est trop finement joué pour avoir été commandité par l’une des deux armées. Ils n’auraient pas le cran. Faisons comme si de rien était face aux relations extérieures et quant à eux… Peu importe, ils ne représentent qu’un danger minimal. Je te laisse t’en charger, tu as carte blanche. S’ils veulent se frotter à la crème de l’Ordo Arakis, qu’ils viennent. Fin de communication.

Rufus referme le clapet de son comtalk d’un geste sec avant de le déposer sur la table aux côtés de la mallette. Il pousse un léger soupir avant d’ouvrir les deux clapets qui maintiennent celle-ci fermée. A l’intérieur, il y a un ordinateur portable de couleur noire. Rufus se laisse retomber au fond de son siège en croisant les bras, contemplant le contenu de sa mallette, un sourire glacial imprimé sur le visage.


(Rufus) : Opitz… tu ne vas pas être déçu du déplacement.

Le voile de la tente du QG est à nouveau brusquement soulevé pour laisser entrer un soldat paniqué tenant dans sa main du papier glacé ressemblant fort à des clichés photographiques. Berg et Todd se retournent vers lui, accueillant son arrivée fracassante d’un air inquiet.

(Soldat) : GENERAL !! Une intrusion dans le CREAE !!!

(Berg) : COMMENT ?!!

Le général se saisit immédiatement des clichés qui lui sont nerveusement tendus et les contemple rapidement du regard. On y voit l’épaisse fumée produite par la perte de contrôle de Zerkim. Berg manque de peu de faire une crise cardiaque, sa main se refermant d’une colère tremblante sur les clichés, les écrasant littéralement. Todd ne sait pas trop où se mettre, tentant de feindre une expression de surprise assez convaincante.

(Berg) : Mais qui… qui ? QUI A COMMANDITE CA ?!!

Un rire clair et macabre jaillit alors de derrière le général qui tourne un visage effondré vers l’origine de ce bruit incongru. Il n’est qu’à moitié surpris de voir Opitz se redresser de son siège, le corps parcouru de légers soubresauts sous la force du ricanement qui le traverse.

(Berg) : Bon dieu Opitz, vous croyez sincèrement que c’est le moment de…
 
Le général stoppe de lui-même sa phrase en voyant l’éclat machiavélique qui illumine le regard du chef du CRTN. Cette lueur en total contraste avec ce rire franc le met si mal à l’aise qu’il en a un mouvement de recul. Cependant, il remarque que ce n’est pas à lui qu’Opitz adresse ce regard, mais bien à Todd. Le lieutenant en chef de la Brigade Inquisitoriale a bien compris qu’il était concerné, mais il essaye cependant de l’ignorer, continuant à feindre la surprise. Berg se sent légèrement mis de côté, mais comprend presque immédiatement ce qui se passe.

(Berg) : Non Todd… ce n’est pas vous qui… ?

Opitz le coupe presque immédiatement, le repoussant une nouvelle fois hors de la conversation en s’avançant directement vers la montagne de muscles qu’est Todd.


(Opitz) : Vous croyez sincèrement que cette bande de rigolos pourra quelque chose contre Rufus van Reinhardt ? Ou même contre ses hommes ?

Todd pousse un long soupir pour tenter de garder son calme alors que tous les regards se tournent vers lui, mais il ne peut contenir d’avantage ce stress et finit par craquer, son énorme main venant attraper Opitz au collet dans un mouvement si brusque qu’il fait pousser un cri d’effroi au général Berg.

(Todd) : Arrêtez ça tout de suite.

L’expression d’Opitz reste inchangée malgré sa position. La noirceur de son regard ne fait qu’augmenter et il s’y lit à présent une véritable folie furieuse qui cherche à éclater, contenue par une force froide et implacable.

(Opitz) : Vous venez de faire une grave erreur.

Chapitre 74 Chapitre 76

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