Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 72

.:: Chapitre 72 ::.
Les acteurs entrent en scène

Sorti le 20/08/2008, compilé dans le Volume 8

Histoire :

A l’intérieur du CREAE, dans la salle de contrôle et de surveillance, une pièce lourdement blindée dont les murs semblent être uniquement constitués de divers postes de surveillances et autres écrans complexes reliés les uns aux autres par un flot de câbles multicolores, Rufus est assit sur une chaise en acier qui semble inconfortable. Une carabine repose entre ses pieds, remontant jusqu’à ses mains qui la tiennent calmement par le canon. Le chef de l’Ordo Arakis fait, comme à son habitude, preuve d’un calme olympien et d’une froideur extrême. Ses yeux bleus et glaçants se portent d’un écran à l’autre, surveillant les activités extérieures. Il peut tout à la fois contempler les barrages civils mis en place par l’ADT et l’ADM à une vingtaine de mètres de l’entrée du bâtiment, l’intérieur des confinements des silos de missiles, le bunker où sont retenus les otages, les divers postes de gardes où se tiennent certains de ses hommes, etc. A ses côtés se tient Scott, ses lunettes de soleil toujours enfoncées sur le nez, masquant ses yeux, malgré le fait que la salle de contrôle soit plongée dans une certaine obscurité que deux, trois spots ne parviennent qu’à légèrement dissiper. Il pianote sur trois claviers d’ordinateur à la fois, et les trois écrans y étant reliés affichent des données de chiffres incompréhensibles au regard des néophytes.

(Rufus) : Alors, Scott… où en es tu ?

Scott déclare sa réponse en continuant à taper, ne tournant même pas la tête vers son supérieur, trop occupé à scruter chacun des chiffres qui défile sur ses écrans.

(Scott) : Le code CT3 qui contrôle la sécurité des entrées et des sas de garde de ce bâtiment est en phase 2 de décryptage. Il va falloir encore un peu de temps.

Rufus hoche calmement la tête et jette un regard sur un autre écran, un peu à part, où une barre de chargement est en train de lentement se remplir.

(Rufus) : Et pour notre « cadeau » ?

(Scott) : Les données de la disquette dérobée par Sayam contiennent déjà les codes d’accès. Il n’y a plus qu’à attendre que le téléchargement se fasse pour avoir accès au système de sécurité de cette portion du bâtiment. Ca mettra bien encore deux bonnes heures.

(Rufus) : Que ça prenne le temps qu’il faudra… peu importe. Tant que les autres dehors nous prennent pour des activistes politiques, ils nous laisseront le temps de nous occuper de nos vrais objectifs…

Rufus se redresse calmement, saisissant son fusil pour le déposer sur son épaule d’un geste précis et assuré.

(Rufus) : Bien… fais à ton aise. De toute manière l’ADT et l’ADM ne risquent pas de repasser à l’action avant un moment, et même s’ils parvenaient à entrer, ils auraient droit à un sacré comité d’accueil. D’autre part, j’ai appris que ça bardait dans les instances politiques… certains sénateurs du ministère de la magie accusent déjà l’ADT d’avoir fomenté un coup d’état.

Un sourire narquois s’affiche sur le visage de Scott qui continue à produire une magnifique mélodie de cliquetis en pianotant sur ses claviers.

(Rufus) : Je te laisse à tes décryptage. Moi je vais donner des nouvelles à notre cher « contact ».

N’attendant pas la moindre réponse de la part de son compagnon, Rufus presse un bouton sur le panneau droit de la porte, faisant s’ouvrir un sas qu’il franchit d’un pas sûr. Le sas se referme, isolant totalement la salle de contrôle.

Accroupie sur le bord d’un long bureau blanc recouvert de claviers et d’ordinateurs éteints, Sayam jette un regard laconique sur l’ensemble de la salle dont elle a la garde : le bunker souterrain, où sont regroupés les otages, est une large pièce rectangulaire uniquement meublée par de l’équipement de secours et une immense table de réunion qui occupe tout l’espace central. Les otages sont assit au sol, les poings et les pieds liés, les yeux bandés. Sayam bondit du bord du bureau pour atterrir sur un siège en face, se retourne et s’y laisse retomber lourdement, les bras balans de chaque côtés. Elle se laisse aller à un profond bâillement.

(Sayam) : Waaah… tous ces gens m’ennuient…

Almee, adossé au cadre de la porte, une nouvelle veste en cuir noir sur le dos, son katana fermement noué à sa taille dans un nouveau fourreau, jette un regard discret en direction de la jeune fille qui lui adresse un sourire radieux auquel il répond d’un signe de tête.

(Almee) : Me dis pas que tu aurais plus de sympathie pour les mages.

(Sayam) : Pas du tout. J’vois pas la différence.
 
Almee pousse un soupir et affiche un regard triste, comme s’il regrettait quelque part d’être là en ce moment même. Son regard se porte sur un otage proche de lui, qui tremble comme une feuille et retient des sanglots. Le jeune homme rougit légèrement et baisse la tête, dépité. Une main se pose alors sur son épaule, le tirant de sa torpeur. C’est Raven.

(Raven) : Hey, Almee… tu t’inquiètes ?

Almee hoche timidement la tête, laissant le combattant en armure cybernétique pénétrer dans le bunker depuis le couloir qui y menait. Il s’assied sur le bord de la table de réunion. A sa ceinture ne se tient plus un, mais deux katanas. Le nouveau a un manche plus long que Shingomaru, et une sorte de cordelette de lin l’entoure et le lie à son fourreau, comme pour empêcher son porteur de l’en retirer.

(Raven) : Rufus ne t’a pas ordonné de te lancer dans cette mission tu sais… peut être aurais tu dû attendre d’être plus prêt « psychologiquement ».

Almee hoche la tête de droite à gauche en signe de négation.

(Almee) : Ce n’est pas ça. Tu m’as suffisamment entraîné, je suis prêt.

(Raven) : Ne t’en fais pas : cette salle était le meilleur endroit pour garder les otages : il n’y a qu’un seul couloir d’accès… si des ennemis devaient arriver, ils ne pourraient passer que par là et il leur en coûterait cher.

Sayam se redresse subitement, tournant un visage enjouée en direction de ses deux compagnons, la fraîcheur qui s’y affiche détendant très largement l’atmosphère d’un seul coup.

(Sayam) : Moi je ne m’inquiète pas. Almee est ici !

Almee affiche un sourire gêné tandis que Raven hoche la tête calmement, croisant les bras sur son plastron de métal léger.

(Raven) : Je suis content de voir un tel enthousiasme… parce que si des gars arrivent à descendre jusqu’ici, ça voudra dire que tous nos compagnons se seront fait avoir.

(Almee) : Dans ce cas pourquoi est ce que tu es ici ? Tu serais plus utile sur le « front ».

Raven laisse passer un certain temps avant de répondre, comme pour bien choisir ses mots afin de se montrer le moins vexant possible.

(Raven) : Je suis ici pour vous surveiller, bien sûr. Vous êtes dans l’organisation depuis peu de temps et cette opération est sans doute l’une des plus importantes que nous ayons jamais faite… on ne pourrait assumer des erreurs de débutants.

Un silence de mort tombe sur la salle, uniquement perturbé par les marmonnements sanglotant de quelques otages ainsi que par une petite mélodie que fredonne Sayam, complètement extérieure à la conversation.

(Almee) : Comment ferons nous pour partir ? Même s’ils répondent à nos exigences… enfin… même s’ils croient y répondre… on ne pourra pas rester ici. Et ils tenteront certainement une attaque surprise ou bien secrète, je ne sais pas…

Le seul changement dans l’atmosphère provient de l’arrêt total de la mélodie de Sayam qui tourne un visage souriant vers son ami.

(Sayam) : Ne t’inquiètes pas, Almee… Rufus a tout prévu.

(Raven) : Nous avons déjà parlé de ça… pense à la mission.

Almee hoche doucement la tête, l’air visiblement nerveux. Il se rend compte qu’il apparaît effectivement totalement inexpérimenté et il en ressent une sorte de honte tacite. Cependant, il ne parvient pas à se calmer, car il sait ce qui va se passer par la suite.

(Raven) : C’est à cause de « lui », n’est ce pas ? Tu sais qu’il va arriver. Tu sais que Rufus l’attend.

Almee hoche la tête en fermant les yeux, se remémorant le visage jeune et froid du chef du CRTN.

(Almee) : Oui… Opitz.

A l’extérieur, une foule de soldats s’affairent, bien qu’ils ne portent pas tous le même équipement. Certains ressemblent à de véritables militaires, armes et vêtements à l’appui, d’autres ressemblent plus à des civils, des parchemins de sorts accrochés à leurs ceintures en guise d’armes. L’ADT et l’ADM forment un ballet parfait : chacun vaque à ses activités en ignorant l’autre, semblant tolérer sa présence comme celle de fantômes gênants mais inévitables. Soudain, la foule de soldats s’écarte pour laisser passer une petite silhouette engoncée dans un long manteau bariolé de symboles incompréhensibles. Une mallette noire à la main, encadré par deux gardes du corps aussi grands que musclés, Opitz fait son avancée au travers des troupes, lançant un regard glacial à chacun des deux camps. Un regard empli de mépris.

(Opitz) : Si j’avais su que Rufus allait s’offrir ainsi au public, je me serai bien gardé de lui coller un mouchard. Ce réploïde ne m’est plus d’aucune utilité.

Un soldat de grande taille, visiblement gradé, s’approche d’un pas soutenu. Les cheveux grisonnant, le faciès dur et le poitrail musclé, il se tient droit devant Opitz, tentant de garder un air fier devant ce minuscule avorton. Il tend sa main gantée vers lui.

(Berg) : Monsieur Opitz, je suis le général Berg. Responsable de la faction ADT qui gère les opérations.

Opitz plonge son regard glacial dans celui de son interlocuteur, semblant le sonder, puis il s’en détourne finalement en haussant les épaules, passe sur sa droite en ignorant complètement ses salutations et se dirige finalement vers la grande tente dressée un peu plus loin, servant de QG aux soldats en faction. Berg se retourne vers la petite silhouette qui disparaît dans l’encadrement des pans de la tente, les poings serrés, une expression de rage imprimée sur le visage.

(Berg) : Quelle espèce de petit…

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