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Prise d'otages

Sorti le 13/08/2008, compilé dans le Volume 8

Histoire :

Davien, la sueur au front, l’air visiblement inquiet, passe les portes du QG de la Brigade Inquisitoriale avec des gestes secs des bras, les écartant de devant lui comme de vulgaires rideaux. Derrière lui, l’air non moins impliquée, Eliza suit ses pas, les bras croisés sur une pile de paperasse. Malgré son air dur, la jeune femme ne peut s’empêcher de témoigner une certaine fatigue physique : ses dernières longues nuits de veille à l’hôpital ne lui permettant pas vraiment d’assurer un tel rythme d’avancée. Enfin, pour clore la marche, Zerkim suit d’un air renfrogné, les cernes sous ses yeux ne s’étant pas arrangées avec le temps.

(Eliza) : Le lieutenant Todd avait l’air véritablement inquiet lorsqu’il nous a convoqué.

(Davien) : Oui… j’ai un mauvais pressentiment.

La dernière porte poussée laisse pénétrer le trio dans la grande salle de réunion où ils reçoivent habituellement leurs briefings. Todd se tient déjà face à une grande assemblée de brigadiers, qui semblent tous plus ou moins nerveux. Le lieutenant salue les derniers arrivants d’un signe de tête avant d’avancer vers eux. Il serre vigoureusement la main de Davien et de Zerkim avant d’adresser un sourire à Eliza.

(Todd) : Comment vont Telziel et Notgiel ?

(Eliza) : Maximillien se remet bien… il sera sur pied d’ici une ou deux semaines. Notgiel… son état est toujours le même.

Todd baisse la tête de dépit devant cette triste nouvelle, mais Davien ne lui laisse pas le temps de s’apitoyer.


(Davien) : Que se passe-t-il, lieutenant ? Ca avait l’air important.

(Todd) : Et ça l’est… allez vous asseoir, je vais commencer le briefing.

Les trois brigadiers s’exécutent sans discuter d’avantage, se séparant de leur supérieur qui retourne se placer derrière le petit pupitre aménagé. Grand et baraqué, Todd ne semble pas vraiment à sa place, mais ne témoigne aucune gène, seule l’inquiétude se lisant sur son visage.


(Todd) : Bien, je ne pense pas que d’autres viendront… la plupart de vos collègues étant déjà sur place.

Le silence qui lui revient en écho semble lui convenir, si bien qu’il passe directement aux choses sérieuses. Il se saisit d’une petite télécommande sur laquelle il pianote afin de baisser les lumières de la salle tout en faisant descendre un tableau blanc visant à recevoir l’image d’un rétroprojecteur en fin de vie. Celui-ci se met en marche en crapotant, produisant un bruit de bourdonnement dans toute la salle. Sur l’écran blanc apparaît la photographie d’un bâtiment fortifié de couleur gris-vert, surmonté de plusieurs coupoles de verre. L’édifice, réellement imposant, semble prendre la forme d’une croix inclinée, au beau milieu d’une immense place pavée. Tout le monde dans la salle reconnaît l’édifice, étant donné qu’il est l’un de plus célèbres d’Eidolon.

(Todd) : Oui, messieurs… c’est bien le CREAE que vous voyez là… et il y a deux heures à peine, un groupuscule terroriste s’en est emparé, prenant en otage la quasi-totalité du personnel. Ce groupe, qui nous est à présent connu, répond au nom d’Ordo Arakis…

Les mains de Davien, posés sur ses genoux, se resserrent sur le tissu qui compose son pantalon et sont parcourues de tremblements nerveux.

(Todd) : Leurs motifs restent obscurs, mais leur dernier communiqué indiquait qu’ils réclamaient une passation complète du pouvoir d’Eidolon aux mains de l’ADT.

Un vacarme soudain s’empare de la salle, les brigadiers ne pouvant s’empêcher de réagir par des exclamations confuses et des chuchotements bruyants. Todd rappelle tout le monde à l’ordre d’un signe des mains avant de reprendre.

(Todd) : Comme vous le savez, le pouvoir de l’Etat d’Eidolon est partagé entre l’ADT et l’ADM… et malgré ce fragile équilibre, les choses ne vont pas très bien. Je vous laisse imaginer les conséquences désastreuses que pourrait avoir cette prise d’otages sur l’ensemble de notre territoire.

Todd laisse passer un moment de flottement en fermant les yeux, faisant comprendre à tout le monde que le plus gros de la mauvaise nouvelle reste à venir.

(Todd) : L’Ordo Arakis a à sa disposition des arguments de poids. En effet, le CREAE disposait dans son enceinte d’une dizaine de silos de missiles expérimentaux que les terroristes ont détournés… A présent, les dix plus grandes cités-états gouvernées par l’ADM aux alentours d’Eidolon se retrouvent chacune avec un missile à fission moléculaire pointé sur elles.

Nouveau chahut dans l’assemblée, encore plus fort que le premier. Des brigadiers courroucés se lèvent, prêts à partir, levant le point en signe de protestation. Todd a nettement plus de mal à calmer le jeu, mais parvient finalement à remettre de l’ordre, bien qu’une tension palpable anime l’ensemble des brigadiers. Davien a du mal à se contenir, il serre les dents. Eliza s’inquiète de son état, elle-même en proie à une certaine panique.

(Todd) : Vous savez tous que l’utilisation de telles armes raieraient purement et simplement chacune de ces villes de la carte… et nous n’avons pas le temps d’évacuer étant donné les échéances imposées par l’Ordo Arakis : quatre heures. C’est également pourquoi nous ne pouvons rester inactifs face à cette menace. Nous devons prendre les choses en main et ne surtout pas laisser l’ADT et l’ADM se charger de la situation : vous savez très bien que ces deux là ne peuvent se supporter et passent plus leur temps à se mettre des bâtons dans les roues qu’autre chose lorsqu’elles se retrouvent sur un même terrain d’opération.

Todd pose ses mains sur son pupitre et se racle la gorge, faisant ainsi comprendre que son briefing n’est pas encore terminé.

(Todd) : L’ADT et l’ADM ont également cessé leurs tentatives d’intrusion dans le CREAE, car deux otages ont déjà été exécutés en réponse à cela. L’Ordo Arakis a promit de tuer deux otages à chaque nouvelle tentative.

Todd presse un nouveau bouton sur sa télécommande, ce qui mène à une vision 3D du CREAE s’affichant sur le tableau blanc. La caméra virtuelle avance, pivote sur elle-même et descend dans les sous-bassements jusqu’à une grande salle rectangulaire qui clignote en rouge.

(Todd) : Les otages sont retenus dans ce bunker anti-aérien, aménagé dans les sous-sols du CREAE. Il s’agit surtout du personnel scientifique, mais l’un d’entre eux est particulièrement important.

Une nouvelle pression sur la télécommande efface le plan 3D pour laisser place à la photo d’un homme malingre aux cheveux mi longs et dégarnis sur le front, de couleur noire. Le visage osseux, les sourcils crispés, de demi-lunettes posées sur un nez crochu, cet homme ressemble plus à un scientifique fou et haineux qu’à autre chose.

(Todd) : Il s’agit de Friedrich Nysen, le directeur du CREAE, une grande personnalité du monde scientifique. Le fait qu’il fasse partie des otages a déjà fait réagir les grandes compagnies d’Hydrapole et il paraît que les directeurs du CRTN et du Complexe d’Aquatechnologie sont déjà en route. Le décès de Nysen aurait des conséquences internationales, autant vous le dire tout de suite.

La main de Davien se soulève, demandant l’autorisation de prendre la parole. Todd hoche la tête, laissant le nouvel Inspecteur Supérieur parler en toute liberté.

(Davien) : Quelque chose cloche, lieutenant. Ca n’a aucun sens ce qu’est en train de faire l’Ordo Arakis.

(Todd) : Comment ça ?

(Davien) : D’un côté ils demandent l’hégémonie du pouvoir pour l’ADT, et d’un autre ils choisissent de prendre en otage le bâtiment le plus en adéquation avec l’ADT… et surtout, ils menacent Friedrich Nysen, lui-même député au sein de l’ADT.

Todd hoche la tête en affichant un sourire en coin.

(Todd) : Bien sûr, cette étrangeté nous a déjà frappé, mais nous ne sommes pas à leur place… nous ne pouvons évaluer leur situation. Il est probable qu’ils aient choisi le CREAE uniquement pour avoir accès aux silos.

(Davien) : C’est un fait. Mais il m’apparaît clair, vu la situation, que le but de l’Ordo Arakis est double. Nul doute que la prise d’otages qu’ils appliquent en ce moment est un crime commandité par une organisation extérieure qui gagnerait à voir l’ADT emporter le pactole… pourquoi pas l’ADT elle-même ?

Une vague de protestation emplie la salle, venant de la part de nombreux brigadiers qui se sentent insultés par cette remarque. Todd calme le jeu en appelant au calme, et se doit de reprendre Davien.

(Todd) : Davien, faites attention à ce que vous dites. Nombreux sont vos collègues à être des partisans de l’ADT… vous les insultez en disant ça.

Davien baisse la tête, légèrement gêné de s’être laissé emporter par la colère et l’excitation.

(Davien) : Je m’excuse… enfin toujours est il que l’Ordo Arakis a certainement un but caché dans cette affaire. Un but plus personnel qui n’a rien à voir avec les motifs qu’ils ont annoncé jusqu’à présent.

Todd hoche la tête et tend la main vers Davien.

(Todd) : Raison de plus pour ne pas traîner. Inspecteur Supérieur Miller, il est grand temps de mettre à profit la création du BAC. Vous allez choisir vous-même la composition d’un commando spécial d’intervention dont la mission sera secrète. Nous ne serons pas au courant de vos activités, et surtout, ni l’ADT, ni l’ADM, ne doivent savoir ne serait ce que votre existence. Je vous laisse libre choix dans la manière d’intervenir…

Le lieutenant laisse un léger temps s’écouler où plus personne n’ose ne serait ce que respirer. Son regard se plonge dans celui de Davien, qui le soutient sans ciller, acceptant totalement la mission et la confiance qui lui sont offertes.

(Todd) : … mais nettoyez moi ce merdier.

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