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Tout ce qu'il hait

Sorti le 15/07/2008, compilé dans le Volume 8

Histoire :

Un courant d’énergie parcourt la carlingue d’Oy dont la couleur métallisé bardée de rouge foncé commence à apparaître de manière tout à fait claire aux yeux d’Engal qui ne peut empêcher un léger frisson de lui traverser tout le corps. La masse imposante et agressive de la machine qui se trouve face à lui a de quoi impressionner, mais il ne se démonte pas et affiche une expression toujours aussi féroce. Une sorte de magnétisme, symbolisée par les petites crépitations de foudre reliant encore le bras du mage à la machine de mort, semble lier les deux adversaires. Un silence pesant règne, le temps semble s’arrêter. Engal resserre sa main sur le pommeau de son épée, l’œil d’Oy semble briller d’une intensité nouvelle. Les deux adversaires se préparent à un premier assaut. Vladimir contemple cette scène d’un œil inquiet, les mots de la machine raisonnant encore dans son esprit : « cible prioritaire détectée. Professeur Vladimir Morlan. ».

(Vladimir) : Qu’est ce qu…

Le professeur n’a pas le temps de finir sa phrase qu’Oy se retourne violemment pour présenter son flan à son adversaire, arrachant par la même occasion un pan de mur. Immédiatement, le railgun latéral de la machine fait feu sur Engal, qui, surprit, n’esquive qu’avec une grande difficulté la déflagration de balles, son épaule touchée envoyant une giclée de sang contre le mur.

(Engal) : Argh merde… je ne connais pas ces engins, je ne sais pas à quoi m’attendre !

(Vladimir) : A rien, justement. Je ne connais pas ce modèle, il y a trop de paramètres inconnus. Mieux vaut fuir !

Une nouvelle salve de balles vient mettre fin à ce court dialogue. D’un habile bond sur le côté, qui le fait directement rentrer en contact avec le mur, Engal esquive tant bien que mal le tir, poussant un grognement sourd en s’écorchant le bras contre la brique.

(Engal) : *Je n’ai pas assez de place pour me mouvoir correctement…*

Vladimir se redresse et titube quelques pas en direction du mage qui tend sa main vers lui pour arrêter sa progression. Le professeur dévisage son allié, ne comprenant pas pourquoi il lui intime l’ordre de rester à l’écart.

(Vladimir) : Engal, tu m’as entendu ? Il faut fuir !!

(Engal) : TA GUEULE !

Le professeur affiche une expression consternée et pleine d’incompréhension. Alors qu’il s’apprête à répliquer, un nouveau tir d’Oy s’abat en direction d’Engal qui cette fois esquive par une roulade vers l’avant, se redresse immédiatement en un superbe bond qui le fait atterrir directement devant la machine à tuer. Oy ne perd pas un instant, et détend immédiatement sa patte mécanique qui s’abat à la vitesse de l’éclair dans les cotes du mage, l’envoyant voler dans le mur qui explose littéralement sous la puissance du choc.

(Vladimir) : Engal !!

Vladimir s’avance de manière hésitante en direction du tas de gravas sous lequel est enterré son allié, mais Oy ne lui en laisse pas le temps, se retrouvant devant lui à la vitesse de l’éclair en le surplombant de toute sa massive hauteur. Une vois robotique des plus inquiétantes résonne à nouveau dans la ruelle.

(Oy) : Professeur Vladimir Morlan. Oy-01 vous a longtemps recherché.

(Morlan) : « Oy-01 » ?

Sans rien ajouter de plus, la patte énorme d’Oy se referme sur le côté du torse de Vladimir, le soulevant violemment du sol. La machine intime une pression juste suffisante pour maintenir Vladimir immobile sans l’écraser. La pression est cependant assez forte pour étouffer le professeur et l’empêcher de proférer le moindre mot.


(Engal) : Sharoz’leona !!

Un nouveau torrent de foudre jaillit du tas de gravas et percute ce qui sert d’arrière train à Oy, plaquant ses pattes arrière au sol. La pince mécanique s’ouvre, laissant le professeur retomber au sol. Celui-ci n’hésite pas une seule seconde, court entre les pattes de la machine et saute droit sur Engal qui vient à peine de se redresser, du sang s’écoulant de sa bouche. De tout son poids, Vladimir fait rechuter le mage au sol et le recouvre de son corps tandis qu’une énorme explosion assourdissante jaillit de la patte avant d’Oy, plongeant l’ensemble de son corps dans une vague de flammes brûlantes.

(Engal) : Bordel de me…

Alors que la vague de flammes s’éteint, ne laissant plus place qu’à un immense brasier coupant la ruelle en deux, Vladimir se relève, entrainant Engal dans son mouvement.

(Vladimir) : J’ai placé un explosif dans sa griffe juste au moment où il m’a relâché.

Engal affiche une mine surprise, un peu inquiète.

(Engal) : Tu te ballade souvent avec des bombes sur toi ?

(Vladimir) : Je ne me leurre pas. Almee n’est pas réapparu à Eidolon purement par hasard. On ne pouvait pas partir sans précautions, je ne sais pas ce qui nous attend là bas…

Engal pousse un ricanement en se retournant vers le mur de flammes.

(Engal) : Moi je sais ce qui m’attends ici, en tout cas…

Vladimir affiche une expression dubitative, et agrippe fermement le bras d’Engal pour lui intimer l’ordre de le suivre.

(Vladimir) : Cette chose ne va pas s’arrêter pour si peu. Profitons qu’elle soit sonnée pour…

(Engal) : Non.

D’un geste aussi sec que le mot qu’il vient de prononcer, Engal dégage son bras de l’étreinte de son allié, lui tournant le dos pour se retourner vers les flammes ondulantes et hautes de plusieurs mètres.

(Engal) : Je n’ai pas oublié pourquoi je me suis rendu ici. Ce n’était pas seulement pour t’attraper, t’assassiner, faire de toi un exemple de crainte… non… je suis venu ici pour défendre un idéal.

Vladimir s’apprête à ouvrir la bouche pour convaincre son ami de le suivre, mais il est coupé net par son interlocuteur, qui continue à parler seul, comme s’il offrait tout haut ses pensées personnelles.

(Engal) : J’ai échoué sur mon plan de base. Je le sais pertinemment : je ne pourrai pas me résoudre à t’assassiner. Ne nous leurrons pas… ni toi, ni moi, ne pourrons réellement changer quelque chose à la situation des mages d’Eidolon, et encore moins du monde entier.

(Vladimir) : Mais…

(Engal) : C’était un doux rêve… et le fait que tu aie sincèrement voulu y contribuer n’a fait que me confirmer que je ne pourrai pas aller jusqu’au bout de ma mission d’origine.

Vladimir baisse la tête, légèrement touché par ce que lui dit Engal, mais il vibre de l’envie de fuir, et ne comprend toujours pas pourquoi le mage ne suit pas son mouvement.

(Engal) : Mais maintenant me voilà confronté à l’image même de ce que j’ai toujours voulu combattre, ce contre quoi je me suis toujours opposé. Un monstre d’acier, dénué d’esprit propre, n’agissant que pour tuer, construit pour massacrer et fouler au pied le peuple sage qui ne recherche souvent que la paix et le calme. En bref : je me trouve confronté à l’image même que je me fais du mouvement technologique, une personnification parfaite et horrible de tout ce que je hais le plus sur cette terre.

La main d’Engal se resserre si fort sur le pommeau de son épée qu’elle en tremble de rage. Dans ses yeux se lisent une certitude profonde en ce qu’il compte faire et il n’y a pas la moindre trace d’hésitation dans ce regard.

(Engal) : Alors il est hors de question que je fuis.

Vladimir reprend légèrement son calme et ferme ses paupières, ne sachant pas comment convaincre son ami de renoncer à ce combat, allant même jusqu’à se demander s’il en a le droit, au final. Il pousse un profond soupir et croise finalement les bras, feintant un air assuré.

(Vladimir) : Alors nous t’attendrons avant de décoller.

Engal laisse apparaître un léger sourire en coin sur son visage, semblant apprécier l’ironie de la situation.

(Engal) : Ne t’inquiètes pas. Tu as laissé ta mallette de l’autre côté de ce mur de flammes. Je suis persuadé qu’elle contient des choses importantes… tu n’as qu’à te dire que je vais seulement la récupérer.

(Vladimir) : Oui… je compte sur toi.

Le professeur attend encore un léger instant, reprenant une expression un peu plus hésitante, mais il voit soudain une ombre se redresser au travers du mur de flammes et comprend qu’Oy s’est remit en marche. Il tremble tout à coup, porte son regard une nouvelle fois sur son ami, puis se décide finalement à lui tourner le dos et commence à s’éloigner. Alors qu’il a fait quelques mètres, il s’arrête un instant, serrant les poings.

(Vladimir) : Je t’interdis de mourir, espèce d’imbécile de mage.

(Engal) : Ne t’inquiètes pas pour moi, abruti de technopartisan.

Se tournant mutuellement le dos l’un à l’autre, aucun ne se retourne. Un bruit de piston se fait entendre, le craquement des flammes ne parvenant pas à couvrir le bruit de la remise en fonction du robot assassin. Vladimir s’éloigne en courant, sans un regard en arrière. De son côté, Engal voit soudainement la partie avant du corps d’Oy émerger des flammes et remarque immédiatement que la patte sur laquelle avait été déposée l’explosif est totalement intacte, comme neuve. De deux coups secs, à droit et à gauche, Engal fait craquer sa nuque, avant de pointer son épée droit devant lui.

(Engal) : Valait mieux qu’il parte… les pouvoirs interdits que je vais à présent employer pour te détruire ne doivent jamais être vus par qui que ce soit…

Chapitre 66 Chapitre 68

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