Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 64

.:: Chapitre 64 ::.
Mission : Carnage !!

Sorti le 25/06/2008, compilé dans le Volume 8

Histoire :

Sur l’une des sept grandes places du centre ville d’Hydrapole, un groupe de personnes s’agite autour d’un kiosque à journaux automatisé. Le robot de maintenance a du mal à suivre la demande de journaux tant la distribution est rapide, ses quatre bras articulés étant complètement affolés par le rythme de la réception de l’argent et du don de la paperasse. Il décoche des « merci » et des « s’il vous plaît » à tout rompre, sans que l’on sache vraiment à qui il s’adresse. Un homme qui a réussit à obtenir son journal s’éloigne de quelques pas pour aller s’asseoir au bord d’une magnifique fontaine aux jets d’eau complexes. Une vieille femme y est déjà installée, tenant au bout d’une laisse un chien robotique qui remue la queue d’un plaisir préprogrammé à l’arrivée de l’homme au journal.

(Vieille) : Quelle effervescence, dites moi.

L’homme décroche un léger sourire à la vieille femme, avant d’ouvrir son journal d’un air à la fois inquiet et satisfait.

(Homme) : C’est à cause de tous ces meurtres. Ca fait trois jours que ça dure à présent. Ca arrive comme ça, en pleine rue, sans que personne ne comprenne pourquoi.

(Vieille) : Ah ça, tout le monde est au courant… même moi j’en ai entendu parler, pour tout vous dire, alors…

La parole de la vieille femme est interrompue alors que ses yeux s’écarquillent de surprise. L’homme, étonné, n’entend qu’un léger sifflement à peine audible avant d’être éclaboussé d’une quantité impressionnante de sang : la tête de la vieille femme vient littéralement d’exploser devant lui. L’homme au journal se redresse, choqué, voyant le corps privé de tête basculer en arrière dans la fontaine sous les aboiements cybernétique du chien robotisé. Enfin, il trouve la présence d’esprit de pousser un hurlement d’effroi alors que l’eau de la fontaine prend une couleur rougeâtre.

(Homme) : IL EST LA !! LE TUEUR EST LA !!

Tout le monde regarde de son côté et personne ne tarde à comprendre la situation. Dans toute la place, c’est un mouvement de panique générale. Il n’y a pas une personne qui ne se mette à courir pour échapper à ce danger invisible et terrifiant. Les gens se bousculent, se renversent en hurlant, tentant de se diriger vers les maisons ou les ruelles annexes pour quitter ce lieu ouvert et dégagé. Dans un bruit plat et bref, suivant à nouveau cet étrange sifflement, la tête d’un homme saute à son tour en une étrange fontaine cramoisie, redoublant la panique qui anime la foule. Presque aussitôt, les trappes de sécurité, camouflée par le dallage du sol, s’ouvrent pour laisser sortir les rails de distribution des robots de sécurité N-Kar, qui apparaissent les uns après les autres au milieu de la place, leurs railguns pointés droit devant eux. Une partie d’entre eux part du côté des civils, afin de les mettre en sécurité et d’éviter tout débordement, tandis que les autres se positionnent en cercle et avancent de manière prudente, lente et méthodique, couvrant tous les angles morts, prêts à faire feu sur la moindre cible dangereuse.

(N-Kar) : Activation de la vision infrarouge.

Dans un étrange bruit de poussée de réacteur, tous les N-Kar se dotent d’une vision leur permettant de détecter les camouflages optiques. Tout de suite, l’un d’entre eux aperçoit une étrange machine quadrupède accrochée à la façade d’un immeuble bancaire qui surplombe la place d’une incroyable hauteur. Sans sommation, les robots libèrent un torrent de balles directement sur cette cible qui évite sans mal cet assaut par un impressionnant bond, arrachant au passage un impressionnant morceau de mur qui s’effondre en contrebats, écrasant plusieurs personnes qui avaient trouvé refuge dans le renfoncement de ce bâtiment.
Les N-Kar se repositionnent immédiatement, cherchant leur cible du regard, mais n’ont pas le temps de réagir qu’ils sont projetés en l’air comme des fétus de paille : leur adversaire, aussi discret qu’imposant, se trouve au beau milieu de leur cercle, leur distribuant une série de coups si puissant qu’aucune des machines de sécurité n’en ressort indemne. Leur carlingue est complètement défoncée, leurs centres moteurs détruits : il ne reste que des tas de ferraille fumant après un seul assaut.


(Homme) : Foutons le camp, c’est de la folie !!

La foule, qui avait retrouvé espoir à l’arrivée des forces de sécurité, reprend un mouvement de panique, s’entretuant à moitié pour parvenir à fuir le plus vite possible. Aucun d’entre eux n’a vu l’engin de mort apparaître, la bête étant dissimulés sous un camouflage optique, mais tous savent que leur vie peut s’arrêter d’un instant à l’autre.
Oy le sait, elle aussi, qu’il lui suffit de faire feu pour mettre une nouvelle personne à mort, et elle ne va pas s’en priver : c’est sa mission. D’un simple coup de son œil principal, elle détecte la plus forte concentration d’êtres humains et se projette dans leur direction de toute la force de ses quatre pattes motrices. Immédiatement, elle atterrit sur la paroi d’un immeuble surplombant complètement l’avenue dans laquelle se sont précipités la plupart des fuyards, ses griffes s’enfonçant dans le mur afin de la maintenir statique dans cette improbable position. L’amas grouillant de personnes hurlantes offre un large choix de cibles et comme elle n’a pas envie de se montrer sélective, Oy se décide à faire de l’élimination au hasard. Son étrange museau mécanique s’entrouvre pour laisse sortir une espèce de pointe acérée parcourue de petits arcs électriques. Son capteur pointe la foule, un léger sifflement se fait entendre, la pointe acérée subit une impulsion et presque immédiatement une tête explose, bientôt suivit d’une autre, et d’une autre, et d’une autre… Les cris d’horreur et de terreur du peuple ne parviennent pas à couvrir cet horrible sifflement, pourtant si impalpable, annonciateur de mort.
Sur un toit surplombant cette avenue qui commence déjà à se teinter de rouge sous l’accumulation de sang qui s’y écoule, Brad, un sourire aux lèvres, abaisse les jumelles qu’il tient entre ses mains et avec lesquelles il contemplait la scène. Derrière lui Pecha est en train de limer sa lame, assit sur le rebord d’une évacuation d’air dernier cri.


(Brad) : Hahaha ! C’est incroyable cette efficacité. J’ai arrêté de compter après cent… et c’était hier après midi. Cette machine ne s’arrête que pour recharger son canon à ions et hop, c’est reparti.

(Pecha) : C’est dégueulasse cette manière qu’elle a de tuer.

Brad se retourne, l’air un peu vexé, pour faire face à Pecha qui affiche une expression neutre, détachée.

(Brad) : Cette manière « dégueulasse » de tuer, comme tu dis, c’est le dernier cri technologique. Une arme si dangereuse qu’elle a été interdite après l’enfermement d’Oy. C’est un canon à ion. Il envoi des ondes sonores basses fréquences directement dans ton cortex… et il se trouve que le cerveau humain ne supporte pas ces ondes et finit littéralement par exploser, comme s’il s’était trouvé à l’intérieur d’un micro-onde.

Pecha se redresse en souriant vaguement, contemple sa lame, fait deux trois moulinets avec avant de finalement la ranger dans son fourreau, visiblement satisfait.


(Pecha) : Moi je préfère la méthode traditionnelle.

Brad pousse un soupir de lassitude et se retourne vers l’avenue principale, récupérant ses jumelles pour les replacer devant ses yeux. Il voit immédiatement que de nouveaux cadavres se sont ajoutés aux précédents depuis tout à l’heure, ce qui fait naître un nouveau sourire de délectation sadique sur son visage… mais bien vite ce sourire disparaît, alors qu’il semble chercher quelque chose du regard.

(Brad) : Mais… où est-elle ?

En effet, plus aucun sifflement n’est audible, plus aucune tête n’explose. Les gens continuent à hurler, à se rentrer dedans, tentant tant bien que mal de fuir sans s’entretuer, mais Oy ne semble plus être là, semble avoir arrêté le massacre.

(Pecha) : Un problème ?

(Brad) : Non… c’est juste surprenant. Ce robot ferait-il ses propres choix ou bien… ?

(Pecha) : Comment ça ?

Brad laisse retomber ses jumelles, l’air à la fois déçu et inquiet, et s’assoit sur le rebord du toit de l’immeuble, visiblement pensif…
A près de cinq kilomètres au Sud de la place où vient d’avoir lieu ce massacre, une magnifique limousine noire est en train de descendre l’une des plus grande avenue d’Hydrapole, se dirigeant ainsi vers la sortie de la ville. A son bord, deux hommes sont installés dans une sorte de luxueux salon privé, mais leur mine grave laisse entendre qu’ils sont particulièrement préoccupés. Le plus jeune des deux, les cheveux noirs, des lunettes rectangulaires sur le nez, se tord les mains de panique.


(Homme) : Monsieur Arion… vous savez que ce n’est plus un secret au ministère, n’est ce pas ?

Arion, les cheveux grisonnants, l’air grave, bien en chair et richement vêtu, tourne une moue de circonstance vers son jeune subordonné. La sueur qui s’écoule de son front témoigne de son état de panique avancée.

(Arion) : Oui, mon cher Halos… c’est bien le Oy-01 qui est derrière tous ces meurtres.

(Halos) : Mon dieu… mais qu’allons nous faire ?

Le vieux riche se saisit d’une coupe de champagne qu’il porte à ses lèvres d’une main légèrement tremblante. Il boit une gorgée avant de reprendre.

(Arion) : Il ne faut pas que le public l’apprenne. Ce serait une catastrophe. Tout le monde connaît l’histoire de la mise en service de l’Oy-01 et du carnage qui en a découlé… nous avions promis aux familles des victimes, ainsi qu’au peuple, que cette machine serait démantelée et détruite, mais nous ne l’avons pas fait.

Halos baisse les yeux pour ne pas croiser le regard de son patron.

(Arion) : Nous aurions dû obéir… nous aurions dû le détruire.

Soudain, un choc violent fait tanguer la limousine, tandis que son toit s’enfonce d’un seul coup, comme si une tonne de brique venait de tomber dessus. Halos pousse un hurlement de surprise de courte durée, un léger sifflement venant mettre fin à son effroi en une explosion crânienne des plus surprenante. C’est au tour d’Arion, recouvert du sang de son associé, de pousser un hurlement de terreur tandis que le toit de la limousine est véritablement éventré, comme si une force invisible la déchirait à l’aide d’une énorme machette. Une voix robotique terrifiante empli tout l’espace de ce qui était encore il y a une minute un luxueux salon de cuir.


(Oy) : Vous vouliez me tuer ?

Les yeux d’Arion s’écarquillent à l’audition de cette phrase, à la fois de terreur et d’incompréhension.

(Arion) : Mais comment… comment peux tu… ?

Oy ne laisse pas à Arion le temps de finir son interrogation ni même de comprendre ce qui lui arrive. Un léger sifflement se fait entendre, annonciateur d’une finalité contre laquelle on ne peut rien. Et de l’extérieur, les vitres de la limousine se voient teintées de rouge…

Chapitre 63 Chapitre 65

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