Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 63

.:: Chapitre 63 ::.
OY-01

Sorti le 18/06/2008, compilé dans le Volume 7

Histoire :

Nous sommes à l’intérieur d’un hangar entièrement plongé dans la pénombre, remplit d’énormes caisses d’acier empilées les unes sur les autres et présentant chacune un point commun : leur façade de front est un sas pressurisé au côté duquel est disposé un pavé numérique. Soudain, un bruit se fait entendre, et un jet de gaz jaillit sur un côté du mur, diminuant la pression qui empêchait un large rideau de fer blindé de s’ouvrir sur l’extérieur du hangar. Les lumières de sécurité du hangar s’allument, mais aucune alarme ne retentit. Deux hommes se tiennent devant l’ouverture, attendant que le rideau soit complètement remonté. Le premier d’entre eux est grand, fin, le visage émacié et pâle encadré par de longs cheveux noirs couleur ébène. Ses yeux bleus nuit sont froids et sans reflet, un pâle sourire est affiché sur son visage. Il porte un haut blanc assez moulant, qui semble se fondre avec sa chair dans des reflets légèrement éclairée. Son pantalon est plus large et noir, bardé de ceinture, une demi cape est accroché à sa taille et descend jusqu’à ses pieds bottés de cuir, traînant légèrement sur le sol. Dans son dos est accroché une sorte d’énorme lame noire dépourvue de forme concise, comme arraché à la base même d’un bloc de marbre noir sans avoir été travaillée par la suite. L’autre homme est légèrement plus petit, en retrait. Il porte également des cheveux longs gris foncés, mais plus courts que son acolyte, et attachés en une queue de cheval. Il porte une tenue violacée, assez unie, coupée par un large tissu rouge vif noué autour de sa taille pour servir de ceinture. Entre ses mains il tient une longue épée ouvragée, rappelant celle des chevaliers du moyen-âge, recouverte de sang, qu’il tente de nettoyer à l’aide d’un chiffon blanc. Ses yeux noirs contemplent avec anxiété l’intérieur du hangar, comme s’il y cherchait quelque chose. Il tourne alors son visage vers son camarade, qui est plongé dans une sorte de contemplation joyeuse.

(Homme) : Brad… tu es sûr que ce putain de droïde est ici ?

Sans même tourner son visage vers lui, le dénommé Brad lui répond en lui plaçant un énorme coup de poing en plein visage qui l’envoi voler deux mètres plus loin. Le nez en sang, l’homme se redresse en maugréant.

(Homme) : Aïe… désolé… j’voulais pas dire que…

Brad redresse sa main pour intimer à son compagnon l’ordre de se taire.

(Brad) : Silence, Pecha… Je la vois… elle est parfaite. Juste comme il fallait.

Le regard de Pecha suit la direction que contemple celui de Brad, pour tomber finalement sur un caisson légèrement en retrait des autres, bardé de traces de griffure et à moitié brûlé, comme si on avait tiré au lance-flammes dessus. Brad s’en approche d’un pas sûr, et s’arrête devant le pavé numérique qui se tient à la droite du sas pressurisé. Le caisson est large et haut, le dominant de près de deux mètres. Pecha rejoint Brad en essuyant son nez à l’aide du même chiffon qu’il utilisait pour nettoyer son épée, sauf que cette fois c’est son propre sang qui coule dessus.

(Pecha) : Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Tu sais ce qu’on dit de ce droïde de combat : c’est le seul de sa série à avoir jamais été fabriqué. Il est impossible à maîtriser… lors de son inauguration, il a mit en charpie tout le contingent de soldat avant d’être déconnecté.

Brad hoche la tête.

(Brad) : Oui, tout ceci est l’exacte vérité… mais tu dois me faire confiance.

Pecha hoche la tête tandis que Brad retire de sa poche un petit écrin qu’il ouvre d’un geste sec, laissant apparaître une sorte de petit émetteur.

(Brad) : Yunda Oy est morte avant d’avoir fini de mettre au point ce système de contrôle externe… mais nous avons réussit à achever son œuvre, n’est ce pas ? C’est normal qu’elle nous revienne.

(Pecha) : Tu sais…

Brad se retourne vers son compagnon, l’air furieux devant le ton de doute qu’il emploi. Pecha a un mouvement de recul, craignant de se prendre un nouveau coup, mais son interlocuteur se contente de hausser le ton en serrant les poings.

(Brad) : Tu sais combien de temps de ma chienne de vie j’ai passé à la consécration de ce projet ?! Il est hors de question que je m’arrête maintenant alors que je suis sur le point de mettre la main sur l’élément final.

Brad se retourne d’un geste sec et pianote sur le clavier numérique sans rien ajouter. Pecha se recule instinctivement tandis que le sas pressurisé tremble avant de s’ouvrir en grinçant, laissant apparaître un abîme de noirceur à l’intérieur du caisson. Brad se met face à cette ouverture et croise les bras, semblant sonder l’intérieur de son regard de glace.

(Brad) : Oy-01, activation.

Immédiatement, une lueur rouge s’allume dans la pénombre, comme une lentille qui viendrait de se connecter dans un sifflement strident. Tout de suite, un bruit de pistons se fait entendre tandis que le sol se met à trembler son l’avancée du droïde de combat se dirigeant vers la sortie de son caisson, apparaissant de plus en plus à la lumière. Pecha a un mouvement de recul face à l’aspect impressionnant de cette arme : une machine de type quadrupède imposante, présentant un corps métallique bardé de barres de fers reliés à des railguns latéraux, le tout monté sur quatre pattes articulées et puissantes se terminant en de véritables lames acérés. En front, engoncé entre deux plaques de sécurité, une sorte de tête amovible bardée de capteur, dont le plus gros est une diode rouge vive qui semble servir « d’œil » à la machine. En dessous de ce crâne hypothétique se tient un long appareil large et noire, donnant l’impression que l’arme est munie d’un museau, ce qui lui confère une apparence animale terrifiante. Sa taille est imposante, près de deux mètres de haut, et autant de large.
Le capteur principal d’Oy se braque sur Brad qui n’attend pas une seule seconde de plus avant d’appuyer sur l’unique bouton qui orne le système de contrôle externe qu’il a à sa disposition. La tête d’Oy se met à remuer pendant un petit moment, puis finalement le tremblement se calme et s’arrête, laissant place à un calme encore plus inquiétant. Finalement, c’est le droïde qui rompt ce silence pesant d’une voix métallique et grave.


(Oy) : Identification.

(Brad) : Bra…

Il semble hésiter un moment puis remue la tête de droite à gauche en souriant légèrement, comme pour savourer une certaine ironie à la situation.

(Brad) : Brad Landford.

Pecha écarquille les yeux en écartant les bras, visiblement surpris.

(Pecha) : Hey, c’est MON nom ça !

(Brad) : Ta gueule.

Pecha se renfrogne alors et hausse les épaules. Il finit par s’éloigner et s’adosse contre le mur du hangar en croisant les bras, complètement détaché de la situation. La voix puissante d’Oy retentit à nouveau, provenant de nulle part.

(Oy) : Utilisateur Brad Landford enregistré. Mission ?

Brad affiche un sourire en coin, et plisse les yeux d’un air sadique.

(Brad) : Rends toi au centre ville d’Hydrapole et enclenche le mode assassin en furtif. Massacre tout ce qui bouge.

Pecha écarquille à nouveau les yeux et se détache du mur en poussant un petit cri de surprise.

(Pecha) : Patron… pourquoi ? Ca ne sert à rien de faire ça !

(Brad) : J’ai besoin de tester les capacités de ce droïde. J’ai attendu trop longtemps pour avoir une mauvaise surprise. Puis ce petit massacre sera une bonne chose… autant faire régner la terreur quand on veut mettre le monde à genou.

Pecha affiche un léger sourire à son tour en hochant la tête, prenant une expression de sadisme assez similaire à celle de son compagnon.

(Pecha) : Oui, tu as raison… puis ça risque d’être amusant.

(Oy) : Autre requête ?

Brad semble hésiter un instant, cherchant dans sa mémoire s’il est important de préciser d’autres paramètres, mais finit simplement par hausser les épaules.

(Brad) : Non.

(Oy) : Exécution ?

(Brad) : Immédiate.

(Oy) : Récapitulatif de mission : destruction en mode assassin furtif de n’importe quelle vie civile dans un rayon de quinze kilomètres autour du centre ville de la cité d’Hydrapole.

(Brad) : Confirmé.

L’œil rouge d’Oy semble briller plus intensément et immédiatement la machine se braque sur ses quatre pattes et se projette à une vitesse hallucinante en un immense bond qui lui fait traverser la baie vitrée qui compose le centre du plafond. Brad se recule de quelques pas, entraînant Pecha dans son mouvement, pour éviter les débris de verre chutant depuis le sommet.

(Brad) : Bon sang… quelle vitesse… pas étonnant qu’elle était si bien gardée.

Pecha affiche un sourire en coin en rangeant son épée, encore un peu recouverte de sang, dans un fourreau accroché à sa taille par une ceinture à boucle.

(Pecha) : Bien gardée ? C’est une question de point de vue.

A l’extérieur, Oy bondit de toit en toit, quittant à la vitesse de l’éclair la zone de confinement dans laquelle se trouvait le hangar secret où elle était enfermée depuis des années, passant au dessus d’un poste de garde dont tous les occupants gisent au sol dans une marre de sang, visiblement massacrés sans même avoir pu réagir…

Chapitre 62 Chapitre 64

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