Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 62

.:: Chapitre 62 ::.
Double identité

Sorti le 04/06/2008, compilé dans le Volume 7

Histoire :

(Almee) : SHINZU!!!

Redressé sur son lit, Almee vient de se réveiller en sursaut d’un étrange cauchemar impliquant des souvenirs désagréables. Recouvert de sueur, le cœur battant la chamade, le jeune homme met un certain temps avant de recouvrer son calme et ses esprits. Au travers de l’immense fenêtre, il voit qu’il fait toujours nuit noir, mais Sayam n’est plus allongée à ses côtés. Le réploïde la cherche un moment du regard avant de se rendre compte qu’il est complètement seul dans cette pièce et que ses pansements ont été changés. Il ne s’est pourtant rendu compte de rien. Soudain, la porte s’ouvre, et Sayam fait tranquillement son entrée, du linge plié entre les bras. Elle s’approche du lit d’un pas guilleret et dépose les vêtements dessus avant de serrer Almee dans ses bras. Ce-dernier, ne s’étant pas attendu à une telle étreinte, pousse un léger cri de surprise qui fait pouffer Sayam de rire.

(Sayam) : T’as beaucoup dormi.

(Almee) : Il fait encore nuit, pourtant.

Sayam éclate à nouveau de rire avant de se laisser retomber sur le lit, croisant ses bras sur son ventre.

(Sayam) : T’as dormi toute la nuit précédente avec moi… puis toute une journée jusqu’à maintenant.

(Almee) : Vraiment ? Ce n’est pas bon signe…

La main d’Almee se place immédiatement sur le logement de sa batterie et il affiche une mine légèrement inquiète qui intrigue Sayam.

(Sayam) : Ben quoi ?

(Almee) : Je ne dois plus avoir beaucoup de batterie… ça explique pourquoi je dors autant… mais je n’en ai pas en rechange.

Sayam se redresse en saisissant le linge qu’elle a emmené avec elle et elle le tend à Almee d’un geste brusque.

(Sayam) : On verra pour ta machine plus tard. Rufus t’attend. Habille-toi, je t’attends dehors.

Sayam fait un petit clin d’œil à son interlocuteur et sort de la pièce, l’air toujours aussi enjoué. Lorsque la porte se referme, Almee se redresse, et enfile ses vêtements, le visage inquiet.

(Almee) : « Rufus » ? C’est le chef de l’Ordo Arakis, non ?

Sayam acquiesce d’un air calme en affichant un léger sourire attendri, comme si l’on venait de parler d’une personne qu’elle respectait plus que tout.
 
(Almee) : Alors… tu es des leurs ?

Sayam penche la tête sur le côté en affichant une expression dubitative, comme si elle ne comprenait pas où Almee voulait en venir, ou tout du moins pourquoi il semblait si surpris.

(Sayam) : Oui, pourquoi ?

(Almee) : Euh… pour rien. Tu… tu es bien avec eux ?

Sayam hoche la tête d’un air ravis, ce qui fait naître un frisson dans le bas du dos d’Almee.

(Sayam) : Plus que tout. Ils ne savent pas encore très bien qui tu es, alors ils se méfient de toi, mais on va aller voir Rufus et tout lui expliquer. Tu verras, tu seras le bienvenue !

(Almee) : Co… comment ça ?

Mais Sayam ne lui accorde pas la moindre réponse, se contentant de pousser un petit soupir amusé en prenant la direction de la sortie, refermant la porte sur son passage. Almee reste un moment interdit, se demandant s’il ne va pas s’enfuir par la fenêtre, mais la lassitude le gagne et il se contente de s’habiller calmement. Il se rend compte que ses vêtements ont été lavés et raccommodés et il affiche un air surpris en s’en rendant compte. D’un pas un peu hasardeux, il se dirige vers la sortie de la chambre et rejoint Sayam dans un immense couloir bordé de nombreux vitraux magnifiques. L’aspect sombre et gothique qui s’échappe de ce long corridor met le réploïde plutôt mal à l’aise, mais Sayam l’attrape par la main et le fait avancer, le guidant au travers de toute une succession de couloirs et de portes, tant et si bien qu’au final, Almee perd tout sens de l’orientation et ne se rappelle même plus par où il est passé. Ils arrivent finalement devant une porte de bois poli, bardée de maintiens en acier noir. Elle est à la fois imposante et étroite, mais il se dégage d’elle quelque chose de spécial. Sayam frappe à la porte, ne laissant pas à Almee le temps de se poser des questions. Une voix étouffée par l’épaisseur de la porte leur parvient et Sayam tourne la lourde poignée, entraînant Almee avec elle à l’intérieur d’un petit bureau magnifiquement décoré. De grandes bibliothèques pleines de livres reliés occupent chacun des deux murs latéraux jusqu’à une immense baie vitrée ouvragée donnant sur un petit balconnet de pierre. Au centre de la pièce se dresse un bureau richement gravé, recouvert d’un tapis de tissu bordeaux brodé d’or. Divers documents et outils de bureau sont soigneusement disposés dessus, ainsi qu’une lampe à abat-jour vert comme Almee en avait déjà vu dans le bureau de l’avocat qui s’était occupé de son procès. La porte fenêtre ouverte sur le balconnet laisse entrevoir une personne grande et mince, leur tournant le dos, appuyé sur la rambarde de pierre sculptée de gargouilles et autres visions fantasmagoriques. Les yeux bleus et perçants de Rufus se détachent de la tempête de sable silencieuse qui tournoie devant lui afin de se retourner vers les deux personnes qui viennent de pénétrer dans la pièce. Devant l’air inquiet d’Almee, Rufus se contente d’afficher un léger sourire de bienvenue.


(Rufus) : Prends place, Almee.

(Almee) : Comment connaissez-vous mon nom ?

Rufus quitte le balconnet pour pénétrer à l’intérieur du bureau. Il fait un geste de la main pour inviter Almee à s’asseoir pour la seconde fois. Face au regard inquisiteur de son interlocuteur, Almee finit par s’exécuter. Rufus prend alors place de l’autre côté du bureau, face à lui. Il tourne la tête vers Sayam et lui adresse un sourire.

(Rufus) : Tu peux disposer, Sayam.

Sans rien répondre d’autre qu’un hochement de tête, Sayam quitte le bureau d’un pas léger, Almee se retourne pour tenter de la retenir mais se retrouve face à la porte close, seul.

(Rufus) : Ne t’inquiète pas, tu ne risques rien. Si j’avais voulu te tuer, tu serais déjà mort…

(Almee) : Vous ne m’avez toujours pas dit comment vous connaissiez mon identité.

(Rufus) : Tu as croisé plusieurs de mes hommes, tu ne te souviens pas ? Ils m’ont parlé de toi.

Almee avale à sec en se souvenant de Raven, l’illustre combattant qu’il avait affronté à Idlow, puis de ce psychopathe de Sphinx, qui l’avait anéanti au manoir. A la pensée de Sphinx, le souvenir de Shinzu revient en mémoire à Almee.

(Almee) : C’est pour vous rencontrer qu’on m’a amené ici.

(Rufus) : Précisément.

(Almee) : Vous savez des choses sur mon frère, Shinzu Natar.

(Rufus) : On peut dire que tu sais aller droit au but.

Le chef de l’Ordo Arakis joint ses mains sur son bureau et se penche en avant, plongeant son regard glacial dans les yeux d’Almee qui frissonne sous cette intensité. Par son attitude, Rufus semble témoigner une attention nettement plus palpable à la conversation.

(Rufus) : J’ai en effet connu ton frère, à une époque. J’étais encore jeune, mais plus âgé que lui…

Almee baisse la tête, tremblant. Après tout ce temps, il allait enfin obtenir des informations sur la mort de son frère. L’excitation qui l’anime à ce moment est visible et Rufus la ressent parfaitement.

(Almee) : Vous avez un quelconque lien avec sa mort ?

(Rufus) : Pas le moindre…

Rufus laisse planer un léger silence avant de reprendre d’un air sombre.

(Rufus) : Mais je connais très bien son assassin.

(Almee) : Elven…

Rufus se redresse, l’air un peu étonné, croisant ses bras sur son torse. Almee redresse à son tour son visage, happé par le mouvement surpris de son interlocuteur.

(Rufus) : Elven ?

Almee avale à sec et se met à suer à grosses gouttes. Au souvenir désagréable d’Elven et de la mort de son frère s’ajoute soudainement la peur que les certitudes qui l’ont animé pendant tant d’années ne soient peut-être pas fondées.

(Almee) : Elven… c’est le nom de celui qui l’a tué, non ?

Rufus affiche un sourire amer en hochant tranquillement la tête d’un air sûr.

(Rufus) : Possible qu’il se soit fait appeler ainsi pendant un certain temps…

(Almee) : Comment ça ?

Rufus plonge à nouveau son regard dans celui d’Almee, le clouant sur place par sa force et sa profondeur, lui faisant comprendre que ce qu’il va lui révéler est d’une importance capitale et va très certainement remettre en cause de nombreuses choses.

(Rufus) : L’assassin de Shinzu Natar…

Rufus prend une profonde aspiration, comme s’il était également difficile pour lui de remettre ces souvenirs sur le tapis et qu’il les vivait avec autant d’amertume qu’Almee. Finalement, il lâche la fin de sa phrase en un souffle.

(Rufus) : …Est mon frère. Ikher Van Reinhardt.

Chapitre 61 Chapitre 63

- Haut de la Page -

Valid XHTML 1.0 Strict