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Dépendances

Sorti le 22/05/2008, compilé dans le Volume 7

Histoire :

Les yeux fatigués d’Almee se rouvrent sur un plafond sombre, entièrement constitué de roches granuleuses. Il reste un moment allongé, comprenant qu’il est dans un lit sommaire, recouvert de couvertures duveteuses. Son premier souffle exhale un nuage de fumée et il se rend alors compte qu’il a horriblement froid. Il se redresse avec difficulté, une douleur lancinante provenant de sa blessure à présent bandée. L’origine du froid ambiant se fait vite découvrir : une immense fenêtre, partant de la base du sol jusqu’au plafond, est grande ouverte, laissant pénétrer un vent froid et violent. Les rideaux blancs, à moitié transparents, flottent dans le sillon de ce souffle glacial, imitant des linceuls de spectre, ce qui n’est pas pour rassurer le réploïde face à l’ambiance macabre de cette chambre. Les dents d’Almee se mettent à claquer alors que le froid le pique de plus en plus au vif.

(Almee) : Bon sang, je suis où ?

Almee se redresse sur ses jambes, rejetant les couvertures sur le côté. Il est uniquement vêtu d’un pantalon, un large bandage très serré lui enserrant la taille et l’épaule en une sorte de holster pour blessé de guerre. Les pieds nus au contact des dalles de marbre composant le sol, et Almee se sent nettement plus pressé d’aller fermer la fenêtre dont il s’approche en sautillant, ne semblant pas apprécier plus que ça ce contact. Almee se saisit des deux immenses battant de la fenêtre, et au moment où il s’apprête à la refermer, il se retrouve nez à nez avec le joli minois de Sayam, suspendu à l’envers depuis l’extérieur.

(Almee) : WAAAAH !!

Le réploïde, ne contrôlant pas ses mouvements, recule de quelques pas avant de buter contre le rebord du lit et de s’y affaler de tout son long. Il n’a pas le temps de se redresser, que la jeune femme s’est décrochée de son immense support et s’est jetée à son encontre, retombant au dessus de lui, les jambes de chaque côté de son flan. Cette position pour le moins équivoque fait rapidement oublier à Almee le froid environnant puisque le sang lui monte rapidement à la tête et l’empourpre tant qu’il devient aussi rouge qu’une pivoine.

(Sayam) : Pas peur.

Almee se recule tant bien que mal pour se dégager de sous la jeune femme, qui ne semble pas du tout comprendre le côté gênant de la situation. Une fois qu’il s’est suffisamment éloigné pour s’asseoir sur le lit, dos au mur, il avale à sec en observant la beauté de son interlocutrice, ce qui ne l’aide pas à diminuer sa gène.

(Almee) : « Pas peur », « pas peur ». Faut le dire vite…

Sayam affiche une moue mi-vexée, mi-boudeuse, puis croise les bras sur sa poitrine, détournant la tête de manière vexée.

(Sayam) : T’es pas gentil. J’ai exprès quitté le lit pour venir te voir.

(Almee) : En passant par la fenêtre ?!!

(Sayam) : Hihi. Ma chambre est juste au dessus, ça pose pas de problème.

(Almee) : Bah moi ça me pose un problème !!

Le visage de Sayam se retourne vers Almee et sa moue se transforme en une expression pleine de tristesse alors que ses yeux magnifiquement bleus commencent à se remplir de grosses larmes.

(Almee) : Ah non, ah non ! Pitié, pleurs pas !! J’ai horreur de ça.

Almee affiche alors un sourire radieux en écartant les bras pour exagérer sa fausse expression de joie.


(Almee) : Tu vois, j’suis ravis de te voir !

Sans qu’il n’ait le temps de réagir, Sayam se jette contre lui et l’enserre de ses bras fins avec une force passionnelle. Les yeux d’Almee s’écarquillent sous la douleur que subit sa blessure à cette étreinte tandis que son teint devient deux fois plus rouge, si c’est encore possible. Il reste ainsi, interdit, les bras écarté et les yeux exorbités jusqu’à ce que la jeune femme se détache tranquillement d’elle-même, gardant néanmoins sa tête appuyée contre le torse du réploïde dont elle se serre à présent comme d’un oreiller.

(Sayam) : Je suis pas sensée quitter ma chambre… mais j’ai voulu pour toi.

(Almee) : Hum… brom… pourquoi ? T’es malade ?

(Sayam) : Non… c’est le méchant qui m’a fait mal. Regarde.

Lâchant ses mots, elle se redresse pour faire face à Almee qui croit soudainement subir une crise cardiaque quand Sayam soulève sa robe jusqu’à son cou pour dévoiler ses blessures par balles… et accessoirement une partie généreuse de son anatomie. Almee, complètement affolé, le visage carrément cramoisi, ne sait plus comment il doit utiliser ses mains, essayant à la fois de se couvrir les yeux et d’inciter Sayam à rabaisser ses vêtements.

(Almee) : Aaargh mais fais pas ça !! T’as aucune pudeur ou quoi ?!

(Sayam) : Pudeur… ?

Haussant les épaules, la jeune femme laisse retomber sa robe en riant, s’accroupissant à nouveau pour se mettre au niveau d’Almee qui essaye de se fondre dans le mur. Elle colle alors son front contre le sien et sourit étrangement, puis lui fait une léchouille sur le bout du nez. C’en est trop pour Almee qui s’effondre dans le lit en poussant un cri de surprise mêlé de désespoir. Sayam éclate alors de rire.

(Sayam) : T’es trop marrant !! Comment tu t’appelle ?

Almee, retrouvant peu à peu ses esprits, se masse les joue pour tenter de diminuer l’intensité de la brûlure qui les ravage.

(Almee) : Almee… et toi ?

Sayam pose un doigt contre sa bouche en levant les yeux vers le plafond, comme si elle essayait de se rappeler de son nom. Au bout d’un moment, elle finit par lâcher, dans un sourire :

(Sayam) : Sayam ! Hihi.

(Almee) : Drôle de nom.

(Sayam) : Pourquoi t’es venu ici, Almee ?

Almee pousse un ricanement.

(Almee) : Pas vraiment eût le choix, tu sais. J’ai eu quelques… problèmes.

Sayam affiche alors un petit sourire charmant avant de se pencher au dessus d’Almee qui craint à nouveau le pire.

(Sayam) : Si tu as des problèmes, Almee, je peux t’aider.

L’innocence et la gentillesse du ton de la jeune fille fait à nouveau repartir le brasier des joues du réploïde.

(Almee) : Je……. Merci.

Sayam se laisse retomber en arrière et pose délicatement sa main sur la poitrine d’Almee, là où se situe l’interstice de sa batterie, ce qui met le jeune homme encore plus mal à l’aise.

(Sayam) : J’ai regardé ta poitrine. C’est quoi ?

(Almee) : Ca… c’est rien… une machine.

(Sayam) : Ca fait mal ?

Almee hoche la tête de gauche à droite pour répondre par la négative.

(Sayam) : Tu en as besoin pour vivre ?

(Almee) : Oui, hélas.

Sayam tourne la tête sur le côté, comme si elle venait de penser à quelque chose d’important. Son air sérieux semble alors en totale contradiction avec le comportement qu’elle a eut jusqu’à présent.

(Sayam) : Tu sais, moi aussi j’ai besoin de quelque chose pour vivre.

Elle tourne alors le dos à Almee pour se pencher sur le rebord du lit. Elle tâte le dessous de ce-dernier, semblant y chercher quelque chose. Soudain son regard s’illumine, signe qu’elle a trouvé ce qu’elle cherchait. Elle rapporte sa trouvaille vers elle et se retourne vers Almee, lui montrant une cruche remplie d’eau. L’air intrigué qu’affiche le réploïde incite la jeune femme à démontrer ses dires en acte : elle porte le pichet à sa bouche et se met à en boire goulument le contenu. Almee semble surpris.

(Almee) : De l’eau ? Pour toi c’est l’eau, c’est ça ?

Sayam laisse retomber la cruche complètement vide sous le regard ahuri d’Almee : elle vient de vider son contenu en quelques secondes. Sayam affiche un sourire un peu gêné et hoche la tête pour répondre à la dernière question de son interlocuteur.

(Almee) : Et qu’est ce qui se passe… quand tu n’en bois pas ?

Sayam hausse les épaules d’un air un peu dédaigneux.


(Sayam) : Je ne sais pas trop. Mais je n’aime pas quand j’en ai vraiment besoin.

Almee s’apprête à ajouter quelque chose, mais Sayam le repousse délicatement jusqu’à ce qu’il soit allongé dans le lit. Elle le regarde d’un air attendri pendant quelques instants, un mystérieux sourire imprimé sur le visage.

(Sayam) : Il faut que tu dormes maintenant… demain c’est important d’avoir toutes tes forces.

(Almee) : Pourquoi ça ?

Sayam ne lui accorde aucune réponse, se laissant tomber à son tour sur le lit en se blottissant contre lui, ce qui le tétanise sur l’instant. Quelques minutes plus tard, alors qu’il a les yeux toujours grands ouverts, n’osant ni parler, ni bouger, il se rend compte que son étrange nouvelle rencontre s’est endormie dans le creux de son épaule, mais que lui ne trouvera certainement pas le sommeil…

Chapitre 59 Chapitre 61

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