Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 6

.:: Chapitre 6 ::.
Almee Natar

Sorti le 14/03/2007, compilé dans le Volume 1

Histoire :

Dans un couloir perdu au fin fond du complexe labyrinthique du CRTN, dans le département scientifique, Vladimir s’arrête devant une porte qui n’affiche aucune indication quand au lieu où elle mène. Un simple contrôleur rétinien renforcé par un système de carte indique que quelque chose d’important doit être caché là derrière.
Vladimir plaque son œil sur le contrôleur qui émet un son strident. Le message « insérez carte » apparaît sur le petit écran de contrôle verdâtre. Vladimir farfouille dans les poches de sa veste et en sort un étui dans lequel se trouvent une vingtaine de cartes différentes, certaines avec sa photo dessus. Il en extrait une complètement blanche, présentant simplement une disposition originale de plusieurs petits trous, puis l’insère dans le lecteur de carte.
La porte s’ouvre après qu’une légère alarme ait retentit et le professeur pénètre dans la nouvelle salle qui est plongé dans l’obscurité.
Il allume la lumière qui dévoile un grand laboratoire circulaire sur les murs duquel se trouvent une série de quatre tubes cryogéniques individuels. Il s’approche de l’un d’entre eux et passe sa main sur la vitre pour en évacuer la buée. Derrière la vitre, un visage serein de jeune garçon, les yeux grands ouverts, semblent attendre calmement. Rien n’indique qu’il est en vie. Il possède des cheveux blancs en bataille sur lesquels apparaissent encore des traces de gel et de grands yeux noirs semblant être curieux de tout. Sauf qu’ils semblent morts. A tout casser, cet individu ne semble pas avoir plus de dix-huit ou dix-neuf ans.

(Vladimir) : Te voilà, toi…

Il pianote sur le panneau de contrôle à la droite du tube cryogénique et une épaisse fumée semble s’échapper de sous la vitre, comme une cocotte minute sous haute pression. Lorsque la fumée blanchâtre s’est complètement évacuée, la vitre du tube se soulève, laissant apparaître le garçon à l’air libre. Il est toujours immobile, comme un cadavre, et semble tout aussi froid que s’il en était un. Son torse nu laisse apparaître une musculature puissante pour un homme de son âge. Il porte un léger pantalon noir qui semble s’être figé à cause du froid.
Vladimir se place en face de lui et cherche quelque chose sur sa poitrine, à proximité du cœur. Il finit par trouver ce qu’il cherche : un léger interstice qui lui permet de glisser une plaque en forme de pectoraux derrière laquelle se trouve un trou cylindrique où de multiples composants électroniques ne montrent aucun signe d’activité.
Vladimir s’accroupit pour chercher un tiroir à rabat se trouvant sous le tube cryogénique. Il s’y trouve deux boîtes en forme de thermos à la couleur métallique uniforme. Il en saisit une en main et dévisse l’espèce d’interstice rond qui se trouve à son extrémité, après quoi il introduit le cylindre dans le logement prévu à cet effet, dans la poitrine du jeune homme. Une fois ceci fait, il revisse l’extrémité d’un geste sec et tous les composants électroniques se mettent en marche. Ensuite, il remonte la plaque pectorale jusqu’à ce que l’illusion du corps soit à nouveau parfaite. Personne ne pourrait se douter que cet être à une machinerie complexe à la place du cœur.
Vladimir recule d’un pas, contemplant le jeune homme robotique puis il plaque une main contre son menton.


(Vladimir) : Connexion.

Les yeux du garçon robotique s’animent alors vivement et observent à une allure affolante dans toutes les directions pour que les capteurs visuels reprennent empreinte de l’environnement. Sa bouche s’ouvre et se referme deux fois de suite, puis enfin il répond au scientifique.

(Réploïde) : Système opérationnel.

(Vladimir) : Bonjour, réploïde.

Les yeux du jeune homme s’arrêtent sur le professeur et le « réploïde » sort du tube pour avancer d’un pas vers lui. Il s’arrête à nouveau, tourne sa tête de gauche à droite puis fixe à nouveau son regard sur Vladimir.

(Réploïde) : Bonjour.

(Vladimir) : Ecoute moi, réploïde, je dois aller récupérer du matér…

Le réploïde lève alors brutalement la main pour prendre la parole, coupant alors celle de son interlocuteur.

(Réploïde) : Il me semblait que vous aviez apprit mon nom il y a un bout de temps, prof.

Vladimir semble quelque peu gêné, apparemment il n’aime pas les familiarités avec ceux qu’il considère comme des machines.

(Vladimir) : Oui, excuse moi… Almee. Je suis surpris toujours que tu ai gardé ta personnalité d’avant.

(Almee) : C’est moi qui l’ai demandé, vous ne vous souvenez pas ?

(Vladimir) : Ca remonte à quelques années déjà… je ne me souviens pas de tout. Mais toi tu dois te souvenir que je t’ai sauvé de ton exécution.

Almee baisse la tête, les yeux sombres, puis la redresse à nouveau vers le professeur, un regard neutre imprimé sur le visage.

(Almee) : J’étais innocent. Mais comme c’était le seul moyen de m’en tirer, j’ai accepté d’être le cobaye de votre expérience de réploïde… vu sous cet angle, on ne peut pas vraiment dire que vous m’avez sauvé.

Vladimir agite son bras gauche en signe de dénégation et pousse un soupir.

(Vladimir) : Toujours le même problème avec les réploïdes qui gardent la mémoire.

(Almee) : Si ça vous dérange tant que ça, autant ne pas le proposer à vos cobayes… moi je voulais rester humain avant tout, mais peu importe. Pourquoi vous m’avez foutu au congélateur pendant…

Ses yeux se fixent dans le vide et sa posture redevient rigide, un léger bruit d’accélérateur se met en marche, qui semble provenir de la tête du réploïde, puis le son s’attenu et le robot reprend une apparence normale. 

(Almee) : … Quatre ans, huit mois, neuf jours, six heures, treize minutes et cinquante sept secondes ?

(Vladimir) : Un bug général sur les modèles de réploïdes de ta série. Certains de tes pairs se sont mis à attaquer les scientifiques qu’ils étaient censés épauler. Il y a même eu des morts. On a préféré tous vous arrêter et vous cryogéniser pour éviter tout risque.

(Almee) : Et vous n’avez pas peur que je bug, moi aussi ?

Vladimir prend une pose de réflexion et se frotte lentement le menton, semblant penser aux risques réels de son acte.

(Vladimir) : Non… j’ai programmé moi-même ton « inhibiteur de comportement » en y ajoutant un antivirus de très bonne qualité. Normalement il n’y a aucun risque.

Les yeux d’Almee s’assombrissent alors et il se cambre en arrière en poussant des hurlements horribles dans des spasmes musculaires impressionnants.

(Almee) : Gyaaaaaaaaaaaargh !!

Vladimir se précipite sur le réploïde pour tenter de le redresser afin d’éviter qu’il ne s’effondre contre le tube cryogénique d’où il vient de sortir. C’est finalement le réploïde qui se redresse de lui-même et saisit violemment le professeur d’un geste brusque, l’attirant contre lui avec force.

(Almee) : Graaaah !! JE VAIS VOUS TUER !

Vladimir parvient à se dégager de l’étreinte de son assaillant et recule de quelque pas pour atteindre la télécommande de contrôle à distance qui se trouve sur le bureau de maintenance de la salle. Il se retourne pour la saisir, près à débrancher Almee définitivement, lorsqu’il entend un ricanement dans son dos. Il se retourne alors vivement pour voir Almee plié en deux, se tenant les cotes en riant bruyamment. Il montre le professeur du doigt et pouffe deux fois plus de rire. Des larmes coulent de ses yeux plissés. Vladimir repose la télécommande sur le bureau et se rapproche du jeune homme.

(Vladimir) : J’imagine que tu te trouve drôle.

(Almee) : Désolé, prof… c’était plus fort que moi !

Vladimir pousse un soupir de soulagement, laissant Almee se remettre de son fou-rire. Un euphorisme toujours imprimé sur le visage, le réploïde tente de se contrôler pour écouter ce que son « créateur » a comme mission à lui confier.

(Vladimir) : Si tu as finis de faire l’andouille, je vais pouvoir t’exposer la situation.

(Almee) : Je vous écoute.

(Vladimir) : Je dois me rendre à Idlow pour me procurer du matériel de récupération afin de concevoir un nouveau modèle de sous-marin… j’entre pas dans les termes techniques vu que tu n’y connais rien. Toujours est-il que j’ai besoin de toi pour veiller sur ma personne le temps du voyage.

(Almee) : Ben je n’ai pas le choix, je prends. Ca me permettra au moins de sortir un peu et de me dégourdir les pattes.

Vladimir approche du tube cryogénique et en referme le couvercle, après quoi il s’accroupit à nouveau devant le tiroir de rangement situé en dessous et y prend le second cylindre qui y est entreposé.

(Almee) : Pourquoi vous prenez une autre batterie ? Celle que vous venez de me mettre est pleine.

(Vladimir) : Tes batteries sont des anciens modèles, j’ai peur qu’elles aient morflés avec le temps. J’en prends une au cas où on aurait besoin de tes compétences et que la première est à plat. On n’est jamais trop prudent.

(Almee) : Ouai. N’empêche, vous me sous-estimez là.

Vladimir ricane et range la seconde batterie dans un petit sac de transport à hanse qu’il passe autour du cou d’Almee.

(Vladimir) : Et maintenant, le plus dur : convaincre Erkham de me faire une autorisation providentielle pour qu’on puisse partir à Idlow. Et il va aussi falloir que je le convainque de faire un permis de sortie pour toi. Je sens qu’il va râler.

Chapitre 5 Chapitre 7

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