Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 58

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Conclusions

Sorti le 07/05/2008, compilé dans le Volume 7

Histoire :

Quelques minutes plus tard, l’équipe d’inspecteurs, en bien piteux état, s’entraide mutuellement pour quitter les gravas du manoir en ruines. Lorsqu’ils sont suffisamment éloignés de la bâtisse de laquelle s’échappe encore une épaisse fumée, ils se retrouvent plongés dans un mutisme profond, évacuant le stress. C’est finalement Davien qui rompt le silence en se raclant la gorge pour attirer l’attention de ses compagnons.

(Davien) : Je crois que je vous dois à tous des excuses… j’ai refusé de croire à l’existence de l’Ordo Arakis… ou du moins à son implication dans des affaires aussi sérieuses. Mais je crois qu’il est maintenant indéniable que le groupe existe et agit.

Telziel ne répond rien, semblant savourer l’instant de manière silencieuse, son contentement se traduisant uniquement par un léger sourire en coin que la douleur lui fait rapidement effacer.

(Telziel) : Peu importe… ce n’est pas grave. Maintenant nous allons pouvoir travailler de concert sur cette affaire.

Davien hoche la tête d’un air fatigué, croisant les bras sur sa veste en cuir noire déchirée.

(Davien) : Tout est en ruines… ça va être difficile d’extraire quelque chose de ce tas de pierres. Néanmoins j’ai eu le temps de lire et de voir des choses intéressantes avant l’intervention de la grosse brute enflammée.

Le visage d’Eliza s’illumine alors qu’elle se souvient soudainement d’avoir conservé un papier depuis la petite chambre délaissée. Alors qu’elle porte sa main à sa poche pour s’assurer que sa trouvaille est toujours là, son regard se pose sur Notgiel qui semble aller très mal tout à coup. Son teint pâlit, sa respiration se fait difficile et il sue à grosses gouttes.

(Notgiel) : Je… je ne… me sens pas bien… du tout…

Sans pouvoir ajouter un seul mot, le corps de l’inspecteur s’effondre au sol, tremblant de toutes parts. Zerkim, l’air inquiet, s’agenouille à ses côtés et porte sa main sur son front.

(Zerkim) : Qu’est ce que ça veut dire ? Il est brûlant de fièvre !

Eliza s’agenouille à son tour, oubliant complètement le papier qu’elle voulait présenter à tout le monde en guise dernière lueur d’espoir. Son visage reflète à présent l’inquiétude, tout comme celui de Davien qui s’est penché sur le corps convulsant de son collègue, un air paniqué dans le regard. Soudain, ils se rendent compte que Notgiel n’est pas le seul à convulser et à marmonner sa souffrance : tous les regards se tournent vers Telziel qui a soudainement lui aussi le même teint pâle et l’aspect maladif. Eliza manque de hurler de terreur tandis que Davien se redresse et saisit Telziel pour l’allonger délicatement, soulevant un pan déchiré de sa manche pour regarder la blessure qui sied son bras. L’inspecteur écarquille les yeux en voyant l’aspect de la plaie : boursouflée et violacée, elle fait peur à voir. Il comprend immédiatement ce qui est en train de se passer.

(Davien) : Ils ont été blessé par une arme empoisonnée !

(Eliza) : Quoi ?!!

Zerkim se redresse immédiatement, complètement paniqué.

(Zerkim) : Je ne maîtrise pas la magie curative… tout au plus un pauvre sort !! Qu’est ce qu’on va faire.

(Davien) : Tentez le coup avec votre pauvre sort… ces deux mecs de l’Ordo ne se doutaient pas que quelqu’un ait survécu à l’intérieur du manoir. Ils pensaient sans doute que Notgiel et Telziel mourraient de leurs blessures vu que le véhicule de transport a été détruit… heureusement, j’ai gardé mon comtalk sur moi.

Davien farfouille nerveusement dans sa poche tandis que Zerkim fait affluer une sorte de petite lueur blanche au bout de ses doigts qu’il dépose délicatement sur les blessures boursouflées et terrifiantes de ses amis. Enfin l’inspecteur parvient à attraper le petit appareil électronique et presse nerveusement sur son minuscule clavier.

(Davien) : Oui ? Les services de secours de la Brigade s’il vous plaît ! C’est très urgent !!

Eliza détourne son attention de son supérieur qui tente d’expliquer la situation malgré la panique qui s’empare de sa voix. Elle regarde le corps tordu de douleur de son fiancé et elle ressent, non pas pour la première fois, l’impression qu’elle va le perdre pour toujours. Elle ne peut alors empêcher ses larmes de revenir poindre à ses paupières…

Bien plus tard, bien plus loin, le duo de l’Ordo Arakis descend d’un speeder ravagé par le temps et le sable qui souffle fort dans ce coin perdu du désert Arkonnen. Sphinx tient toujours sur son dos un Almee inanimé, et le laisse soudainement tomber sur le capos du véhicule rapide, au moment où Vulcan en descend d’un pas lourd et pieux.

(Vulcan) : Que fais-tu ?

(Sphinx) : Je lui administre l’antidote… le poison ne va pas tarder à faire effet bwihihi…

Essayant de masque son rictus en serrant les dents (ce qui ne fait qu’accentuer d’avantage son expression de folie), Sphinx retourne sa faux et en dégoupille le bout du manche d’un geste habile. Il en retire une petite chaîne au bout de laquelle est suspendue une petite fiole de verre transparente contenant un étrange liquide rosâtre. Il retire le capuchon de la fiole et en déverse le contenu dans la bouche entrouverte d’Almee.


(Sphinx) : Voilà… au moins il ne mourra pas comme les deux autres rats du manoir Bwahahaha !!

(Vulcan) : Es tu bien sûr qu’ils sont morts ?

(Sphinx) : A l’heure qu’il est la grande faucheuse les a déjà saisit avec une immense et luxuriante douleur. Héhéhéhé !!

Sur ces mots, il se ressaisit du corps inanimé du jeune réploïde et le passe sur son épaule comme s’il ne pesait rien, tenant sa faux de sa main libre. Le duo marche sur une centaine de mètres, le temps de contourner un énorme piton rocheux derrière lequel se dresse l’immense steppe au centre de laquelle tournoie l’éternelle tornade cachant aux yeux de tous le temple dans lequel a été érigé le repaire de l’Ordo Arakis. Les cheveux balayés par les puissantes rafales de vent et les yeux plissés pour éviter la douleur mordante du sable, le duo s’approche au plus près possible de la tempête, jusqu’à ce qu’ils ne puissent tout simplement plus avancer. Vulcan se baisse alors et frotte le sable de son énorme main, comme s’il cherchait quelque chose qui y aurait été enfoui. Ses doigts gantés de cuir effleurent alors une sorte de plaque qui était dissimulée sous le sable et aussitôt une chose incroyable se produit : une lueur vive s’extrait du sable, comme un immense laser large d’une vingtaine de centimètres. Cette sorte d’excroissance lumineuse monte à une vitesse vertigineuse vers des sommets de hauteur incroyable, bien au dessus de la tempête, puis elle s’abat soudainement vers l’avant, comme un immense pilonne qui s’effondrerait de sa base. Elle tombe droit sur la tempête qu’elle traverse de toute sa hauteur, et là où cette lueur passe, les vents se calment et le sable cesse de tourbillonner de manière folle. La tempête finit par littéralement se déchirer en deux, continuant à souffler de toute part sauf dans l’immense corridor qui fait à présent face aux deux assassins et par lequel ils vont pouvoir rejoindre sans difficultés le repaire.

Quelques instants plus tard, alors qu’ils gravissent les ancestrales marches de pierre qui les sépare de l’immense entrée principale, Almee reprend vaguement connaissance, ses yeux roulant dans ses orbites. Il présente une manifeste difficulté à rester éveiller. Alors que Vulcan ouvre la porte d’un geste rapide et qu’ils pénètrent tous dans l’obscurité envahissante qui règne dans ce hall, Almee se sent balloter dans tous les sens et déposer à même le sol. Il ne parvient à rien distinguer dans la pénombre du hall, mais le sol lui paraît glacial.

(Almee) : Où… où suis-je… ?

(Sphinx) : Rah, ferme la et dors.

Alors que ses yeux se referment dans l’inconscience, Almee aperçoit une silhouette svelte et féminine se pencher au dessus de lui. Il n’a pas le temps de bien la distinguer, mais un élément le marque avant qu’il ne sombre dans le sommeil : elle porte des chaînes à ses poignets…

A Eidolon, le crépuscule commence à s’étendre doucement sur l’horizon, couvrant les parois des maisons de nombreuses ombres mouvantes et hypnotiques. Ces ombres dansantes, modulées par le mouvement inaltérable du soleil couchant, forment un étrange quadrillage rythmique sur le masque blanc de Mortis. Ce-dernier, recroquevillé sur lui-même, ses bras fins et musclés enserrant ses genoux contre sa poitrine, est à moitié allongé sur le paravent d’un magasin qui est en train de fermer ses portes. La ville s’apprête à s’endormir sous le regard inchangé du masque à l’expression unique. Un soupir s’échappe de derrière ce faux-visage.

(Mortis) : Pas moyen… pas moyen…

L’assassin se met à taper du pied, signe que quelque chose l’énerve particulièrement. Il finit par détacher ses genoux de son torse et libère son corps dans un mouvement rapide. D’un simple bond gracieux, il atteint le toit du bâtiment auquel est rattaché le commerce dont il profitait pour se reposer.

(Mortis) : Combien de jours cela fait-il que je n’ai pas dormi.

Prenant une pause réfléchie de circonstance, il tend sa main devant lui et semble faire le décompte en dépliant ses doigts sous son masque.

(Mortis) : Bwarf… j’ai arrêté de compter. Que m’avait dit ce mec déjà, là, l’entomologiste, avant que je ne le tue ? C’était pas que ses cafards de Burtier pouvaient passer plus d’un mois sans dormir ? Chais plus.

Il croise ses bras, comme pour chercher une solution face à son insomnie.

(Mortis) : J’ai rien d’un cafard moi…

L’assassin détache ses bras de son corps en haussant les épaules d’un air dédaigneux.

(Mortis) : Mon pauvre Mortis, voilà que tu commence à parler tout seul, ou pire : à toi-même… c’est signe qu’il est grand temps d’employer les grands moyens pour retrouver le sommeil : ce vieux Ograp n’aura pas ta peau avec son œil de malheur. Quel fils de chien !

Lâchant ses mots dans le vide, Mortis se retourne de l’autre côté et marche jusqu’au bord du toit avant de sauter en contrebat dans l’entremêlât de ruelles qui compose le quartier magique de la ville…

Chapitre 57 Chapitre 59

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