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Les origines d'un destin

Sorti le 09/04/2008, compilé dans le Volume 7

Histoire :

(Eliza) : Non… non, non !!

La jeune femme, encore recouverte de cendres et de petites écorchures, traverse le champ de ruines d’un pas hagard, ses yeux emplis de larmes cherchant dans toutes les directions. Notgiel fait la même chose un peu plus loin, l’air angoissé, le teint pâle, encore sous le choc de l’explosion monumentale à laquelle il vient d’assister. Telziel est assit au sol, un peu plus loin, à l’écart des ruines, son dos reposant contre un pan de mur tenant encore debout. Son visage sale contemple ses mains tremblantes tandis que des larmes lui viennent au bord des yeux.


(Telziel) : Ca… c’est de ma faute… tout…

[Flashback]
Maximilien, alors âgé d’une quinzaine d’années, est un jeune homme mince et grand pour son âge, au regard vif et aux cheveux noirs mi-longs. Il est assit dans une belle chaise d’époque, semblant attendre quelque chose ou quelqu’un depuis un bon moment. Il se trouve dans un magnifique couloir quelque peu étroit, recouvert de magnifiques tapisseries aux teintes pourpres et où tous les meubles semblent avoir été choisis avec goût et une volonté d’harmonie visuelle. Soudain, la porte d’entrée s’ouvre, laissant pénétrer un raie de lumière dans la semi-pénombre de ce hall d’entrée. Maximillien saute de sa chaise et court vers la porte. Un homme se tient debout devant lui. De large carrure et le visage fin, quoiqu’à moitié dissimulé derrière une légère barbe brune, Frank Telziel contemple son fils de ses yeux bleus foncés.

(Telziel) : Tu es en retard, papa !!

(Frank) : Comme d’habitude.

Un peu plus tard, ils sont assis autour d’une table dressée. Annie, ses cheveux longs et blonds tressés en une magnifique natte, découpe des tranches de rôti avant d’en déposer une dans l’assiette de son frère.

(Frank) : Les enfants, je suis vraiment ravis de vous retrouver.

Annie affiche un sourire ravit à son père tandis que Maximillien engloutit un morceau de sa viande.

(Annie) : Nous aussi papa, ton enquête a prit du temps.

Frank hoche la tête d’un air solennel, comme si les paroles de sa fille chérie éveillaient en lui un souvenir déplaisant avec lequel il était content d’en avoir fini.


(Maximillien) : Tu vas avoir plus de temps pour nous maintenant.

(Annie) : Max, tu sais bien que papa a beaucoup de travail.

Un peu gêné, le père de famille hoche la tête en saisissant à son tour un morceau de viande.


(Frank) : C’est malheureusement vrai… je repars demain pour une autre affaire.

Maximillien pousse un profond soupir de déception et laisse retomber sa fourchette dans son assiette d’un air boudeur. Il détourne le regard de son père en croisant les bras, ce qui a l’air d’accabler sa sœur. Elle est prête à lui faire une remontrance mais son père l’arrête en lui saisissant délicatement l’épaule. Il secoue la tête de droite à gauche pour lui dire que ce n’est pas grave. Dans ses yeux se lit une très grande fatigue.


Frank est assit dans un cabinet d’auscultation médicale, torse nu. Un docteur est penché sur lui, en train de lui prendre sa tension. Ce dernier se redresse d’un geste sec tout en remontant ses lunettes sur son nez.


(Docteur) : Je ne comprends vraiment pas… votre métabolisme est parfait. Tout fonctionne à merveille, votre cœur, votre foie, vos poumons. Je ne détecte rien d’anormal, même au bioscop. Vous êtes en parfaite santé.

(Frank) : Mais… ?

(Docteur) : Mais malgré ça vous… vous dépérissez. Je ne saurai l’expliquer. La performance de vos organes s’altère, votre condition physique se détériore… si je pouvais me permettre de parler comme je l’entends, je dirais que vous vieillissez à une allure inquiétante.

Frank hoche la tête lentement, les yeux mi-clos, un léger sourire imprimé sur le visage, résigné.

(Frank) : Je vous remercie de votre franchise.

(Docteur) : Je ne voulais pas vous brusquer, inspecteur… je n’ai juste jamais rien vu de tel. Si c’est génétique, je ne saurais comment le qualifier ni même le traiter. J’ai toujours une certaine gêne à diriger mes patients dans cette voie, mais il me semble que la meilleure solution serait encore de consulter un sorcier spécialisé en magie curative.

(Frank) : Ca ne me pose pas de problème.

(Docteur) : On ne sait jamais, à Eidolon. Vous pouvez vous rhabiller.

Le docteur se saisit d’un calepin sur son bureau et griffonne rapidement quelques mots dessus pendant que l’inspecteur reboutonne sa chemise. Une fois Frank rhabillé, le médecin lui tend le papier.

(Docteur) : L’adresse d’un de mes amis sorciers, à Adra’Haar. L’un des meilleurs que je connaisse en soins.

Frank se saisit du papier et remercie le docteur d’un hochement de tête puis lui serre la main avant de prendre la direction de la sortie du cabinet, l’air décidé qu’il transmetrat à son fils imprimé sur le visage.

Un peu plus tard, Frank est assit sur une chaise au côté du lit de son fils, ce-dernier lui faisant face, adossé au mur, confortablement callé sur des coussins. L’air enjoué et les yeux brillants de Maximillien semblent être nés d’une bonne nouvelle annoncée par son père.

(Maximillien) : Tu veux que je t’accompagne dans ta prochaine mission ?

(Frank) : Comme tu y vas ! Ce n’est pas réellement une mission, mais je vais voir du pays. Je me suis dis que tu aimerais m’accompagner.

Maximillien prend un air incrédule en pointant son père du doigt.

(Maximillien) : « Pas une mission » ? C’est quoi alors ?

Frank Telziel prend un air sérieux en se callant mieux sur son siège. Il plonge son regard dans les yeux de son fils, comme pour lui faire comprendre que ce qu’il va lui dire est des plus importants.

(Frank) : Max… je… je suis très malade.

Immédiatement, le sourire de l’adolescent disparaît et son regard se remplit de larmes. Il n’en laisse cependant couler aucune, se contenant de baisser la tête pour fuir le regard de son père qu’il n’arrive plus à soutenir.

(Maximillien) : C’est pour ça qu’Annie pleurait alors…

Frank ne répond rien et un temps infini semble s’écouler dans ce silence gênant qui naît entre le père et le fils. Finalement, Maximillien parvient à briser ce mutisme, ce qui semble rassurer son père et le ramener à la réalité.

(Maximillien) : Et cette « mission », c’est pour te soigner, j’espère ?

(Frank) : Oui, en effet.

(Maximillien) : Alors ça me fait une raison de plus pour t’accompagner !


L’aerocargo transportant Frank et Maximillien survole Adra’Haar en produisant un bruit vrombissant de métal secoué. La carlingue semble instable, et l’appareil de piètre qualité, mais les seules correspondances vers Adra’Haar sont effectuées par des appareils qui appartiennent à la ville, et le dégoût profond qu’a celle-ci pour la technologie la pousse à ne pas prendre véritablement soin de ses engins. Malgré tout, l’appareil se pose sur une place d’atterrissage, envoyant voler du sable à des dizaines de mètres à la ronde sous le souffle intense des réacteurs. Suivant la masse des passagers, Frank et Maximillien se dirigent vers les contrôles de garde, nouvelle preuve que la ville est extrêmement refermée sur elle-même.
Quelques heures plus tard, le père et le fils parviennent finalement à leur destination : une immense tour de pierre se dressant dans le quartier sud de la ville.
Magnifiquement ouvragée, recouverte de sculptures et de gravures, la Tour-Aux-Mages se dresse fièrement comme un sceptre colossal, symbole irréfutable de la puissance de la magie. Sa couleur jaunie par le sable et le temps n’altère en rien sa beauté, et tout autour règne le vacarme interminable issu des incantations psalmodiées sans arrêt dans ses entrailles tortueuses. Rien qu’en la contemplant, Maximillien se doute que seules d’extraordinaires circonstances l’autoriseront à enter.
Frank se dirige vers l’entrée principale, bardée de longs rideaux rouges déchiquetés, ça et là, des parchemins incantatoires flottent au vent. Devant elle se tiennent deux sentinelles portant des armures calligraphiées de caractères étranges. Les différents sceaux qui les recouvrent prouvent qu’ils sont des mages de très haut niveau.


(Sentinelle) : Civil, puis-je vous aider ?

(Frank) : Oui… excusez moi de vous déranger, mais je recherche un mage nommé Zerkim le XVème.

(Voix) : Il n’est plus ici.

Frank se retourne pour faire face à un jeune homme qui arrive vers lui et lui tend la main. Maximillien le rejoint et dévisage cet individu à qui il finit par serrer la main également, même s’il lui lance un regard méfiant. Ce garçon aux cheveux bruns partant dans tous les sens a un air fatigué, voire déprimé, et de grosses cernes sous les yeux. Ses vêtements sont ceux de l’académie de magie d’Hautensberg et sont simplement recouvert d’un poncho.

(Zerkim) : Je suis Zerkim le XVIème… mon maître n’est plus ici.

Frank affiche une mine décontenancée en croisant les bras sur sa poitrine. En quelques jours, il a prit un terrible coup de vieux. Des rides commencent à se voir sous ses yeux et ses joues, tandis que sa barbe a poussée et s’est foncée. Il a l’air extrêmement fatigué. Lui qui est à peine âgé de trente-huit ans en paraît presque cinquante.

(Frank) : Où peut-on le trouver ?

(Zerkim) : Nulle part… son nom a été dévoilé.

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