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Divine Explosion

Sorti le 02/04/2008, compilé dans le Volume 6

Histoire :

La main ferme et énorme de Vulcan se referme sur l’un des pics de glace qui lui lacère le ventre et en un simple et brusque mouvement du poignet, il le brise et l’extirpe de son corps. Une petite giclée de sang suit ce mouvement mais la blessure qui apparaît ne semble pas avoir été assez profonde pour mettre le colosse hors course.

(Davien) : Il est increvable ce gaillard !

(Zerkim) : Sa couche de muscles est tellement dense que la glace n’a pas réussit à passer au travers.

Alors qu’il lâche ses mots à l’intention de Davien, le mage ne voit pas arriver vers lui le pic de glace brisé que Vulan vient de lancer à toute vitesse en sa direction, à la manière d’un javelot. Un cri de douleur plus tard, Zerkim se retrouve plaqué au mur, sa propre arme plantée dans le bras.

(Zerkim) : Gwaaargh !!!

Diablotin, toujours sous l’apparence de Davien, se retourne vers son maître, le regard affolé.

(Diablotin) : Zerkim, annule le sort !!

Vulcan s’est en effet saisi d’un second pic de glace et s’apprête à l’envoyer contre Zerkim, comme le premier, afin de l’embrocher pour de bon. La sueur perlant de son front, le mage fait un signe de sa main libre alors que le second javelot de glace arrive droit sur lui.

(Zerkim) : Annulation !!

Une vive lueur blanche émane de l’arme qui s’abat dans sa direction et elle se volatilise en une pluie de fines gouttelettes d’eau. Le pic qui lui transperce l’épaule disparaît de même, ainsi que toute la glace qui maintenant Vulcan immobilisé. Zerkim tombe au sol, épuisé, et le géant accueille cette libération d’un véritable cri de joie que Davien fait cesser à l’aide d’un violent coup de pied dans la mâchoire. Vulcan tombe lourdement au sol, provoquant un énorme craquement qui donne l’impression que tout va s’effondrer. Une poutrelle enflammée tombe du plafond, forçant Davien à se jeter en arrière, ce qui l’empêche de poursuivre sur une série d’attaque. Vulcan se relève, un fin liseré de sang lui coulant de la bouche. Sa main se porte sur sa bible et il ferme les yeux, comme apaisé.

(Vulcan) : C’est la fin… priez pour vos pêchés. Voici le Jugement Dernier.

Diablotin redresse la tête d’un air paniqué en direction de son adversaire, alors qu’il aide Zerkim à se relever.

(Diablotin) : Qu… ?

(Zerkim) : Il est en train de concentrer toute sa magie dans ses glyphes…

Même Davien n’ose approcher le colosse autour duquel commence à tournoyer un tourbillon d’air roussi, à moitié enflammé. Les cendres qui l’entourent se lovent autour de lui et tournent de plus en plus vite, faisant considérablement augmenter la température ambiante à mesure que la couleur vive des glyphes se fait de plus en plus intense, donnant l’impression qu’ils vont cracher des torrents de lave d’un instant à l’autre. Devant la puissance dégagée, Davien est forcée de reculer, braquant un bras devant ses yeux pour ne pas être aveuglé par la lueur qui se dégage de son adversaire. Il se retranche aux côtés de Zerkim et Diablotin, qui semblent aussi inquiets que lui. Toute la maison se met à vibrer et à craquer au rythme du maelstrom de flammes qui se tient face à eux.

(Zerkim) : Diablotin… il va falloir que nous agissions ensemble maintenant, sinon nous allons mourir.

(Diablotin) : Comment veux tu l’attaquer ?

Zerkim affiche une mine étonnée en direction de son interlocuteur qui reprend son apparence habituelle dans un flash bleuté.

(Zerkim) : L’attaquer ?! Survivre serait déjà une bonne chose !!

A l’extérieur, Notgiel, soutenant toujours Telziel sur ses épaules, titube en faisant le tour de la maison. Il n’a pas hésité une seule seconde à profiter de l’intervention d’Almee pour prendre la poudre d’escampette et mettre son supérieur à l’abri. Essoufflé, le visage recouvert de sang et de sueur, l’adjoint semble être sur le point de s’effondrer d’un moment à l’autre. Le duo arrive de l’autre côté du manoir, là où se trouvait l’entrée principale et où il s’était séparé du reste du groupe. Notgiel reste interdit face au spectacle qu’il a sous les yeux : il ne reste rien de l’entrée qu’un tas de gravas dans lequel est encastré le transport de la brigade, complètement calciné. Des colonnes de flammes et de fumées jaillissent des fenêtres qui ont volé en éclats sous l’effet de la chaleur et toute la demeure vacille, comme si elle était sur le point de s’effondrer.

(Telziel) : La… lâche moi… s’il te plaît… ça va aller.

Surpris d’entendre la voix de son chef, qu’il pensait inconscient, Notgiel le libère de son emprise, mais reste vigilant, s’attendant à le voir s’effondrer d’un instant à l’autre. Vacillant sur ses jambes, Telziel, recouvert de son propre sang et de multiples entailles, lance un regard désespéré en direction du manoir en flammes.

(Telziel) : Eliza…

Comme pour répondre à sa remarque, le cri perçant d’Eliza se fait entendre juste au dessus de lui en même temps qu’un bruit de fenêtre brisée. Les morceaux de verre épars tombent tout autour de lui comme une étrange pluie tranchante, mais le plus gros de la chute lui atterrit en plein sur le dos, le projetant au sol dans un bruit de tonnerre. Eliza, l’air abasourdi, complètement recouverte de cendres, est assise sur le dos de son fiancé qui semble légèrement diminué, allongé à même le sol.

(Telziel) : Ca c’est le coup de trop…

Eliza se redresse immédiatement, l’air extrêmement gênée, et aide ensuite Notgiel à ramasser Telziel, qui semble ne plus avoir la moindre once d’énergie. Une fois que l’inspecteur est revenu se soutenir sur ses épaules, Notgiel se retourne face à Eliza, qui époussette ses vêtements.

(Notgiel) : Où sont les autres ?

(Eliza) : Davien et Zerkim sont toujours dedans…

La tête de Telziel se redresse avec difficulté, mais il parvient malgré tout à afficher une mine curieuse.

(Telziel) : Zerkim… ? Qu’est ce qu’il fait là ?

Eliza s’apprête à répondre mais un violent grondement étouffe les mots dans sa bouche. Le manoir vacille véritablement de droite à gauche sous leurs yeux surpris et les craquements de plus en plus sonores sont très inquiétants.

(Notgiel) : Il vaudrait mieux s’éloigner…

(Eliza) : Mais les autres sont toujours dedans !!

Des tuiles et des briques se mettent à tomber dans leur direction, ce qui les pousse à s’éloigner de toute manière. Notgiel en profite pour se mettre le plus loin possible sans avoir à répondre à la terrible interrogation d’Eliza. Une fois qu’ils sont suffisamment éloigné, il laisse tomber Telziel dans l’herbe et se retourne vers le manoir qui tremble de plus en plus, dégageant un nuage de fumée encore plus important. Le sol lui-même se met à gronder, rendant cette scène véritablement apocalyptique.


(Eliza) : Que se passe-t-il… ?

Répondant à sa question d’une manière des plus violentes, une terrible lumière jaillit soudainement par tous les interstices visibles donnant sur l’intérieur de la maison. Comme-ci un mini-soleil brûlait à l’intérieur, cette lueur incroyable les force à plisser les paupières. Mais ce qui suit les laisse abasourdi : un horrible grondement, encore plus fort que les précédents, raisonne dans toute la vallée et une immense colonne de flammes transperce le sommet du manoir, déchirant son toit en une explosion cataclysmique. Cette trainée de flammes s’étant sur plus de cent mètres de hauteur, tourbillonnant comme une véritable petite tornade. Le manoir vacille sous cette force monumentale et se met à s’effondrer sur lui-même dans un panache de fumée acre et noire. Eliza plaque sa main sur sa bouche, laissant s’écouler des larmes de ses yeux à la pensée de ses amis encore présents à l’intérieur. Soudain, la tempête de flammes se calme et diminue, régressant, comme absorbée vers le bas de manière sinueuse. Lorsqu’elle disparaît complètement et que la fumée commence à se dissiper, les forçant à tousser à plein poumons, les membres de la brigade restent interdits en constatant qu’il ne reste absolument rien du manoir qu’un champ de ruines sur lequel brûlent encore quelques foyers d’incendie.
Eliza tombe à genou, tétanisée par la violence de cette explosion, tandis que Notgiel ne se sent pas plus apte à faire le moindre mouvement, ni à prononcer la moindre parole.
Au centre de ces ruines se tient un homme. Il est grand, musclé, et il ne semble pas avoir souffert de la moindre brûlure. Quelques blessures apparaissent sur son ventre, mais son visage serein ne témoigne pas de la moindre souffrance. Sa survie et son état tiennent du miracle, et à la lueur des flammes il semble réellement touché par la grâce divine. Vulcan baisse les yeux en direction de l’endroit où se trouvait ses trois adversaires, mais rien ne lui apparaît que des gravas et des amoncellements de ruines. Il baisse alors humblement la tête en se saisissant de son couteau de combat.


(Vulcan) : C’était la volonté du Seigneur.

Calmement, il déchire sa peau par trois fois et s’agenouille au sol, joignant ses mains pour exécuter une prière. Il ne remarque pas que Sphinx arrive face à lui, manquant de peu de trébucher sur le roulement des éboulis de ce qui était autrefois le salon luxueux des Van Reinhardt.

(Sphinx) : T’y es pas allé un peu fort, dis moi ? Bwéhéhéhé…

Vulcan ne lui répond pas, terminant sa prière. Au bout d’un moment, il rouvre les yeux et se redresse, dominant Sphinx de toute sa hauteur. Il pointe alors Almee du doigt.

(Vulcan) : Cette âme pécheresse a survécue à mon attaque. Je pensais l’avoir pulvérisé.

(Sphinx) : Plus solide que tu ne le pensais… héhéhé… j’ai dû finir le travail. Enfin, façon de parler : on l’emmène avec nous.

Vulcan époussette sa veste en cuire avant de poser son énorme main sur la tête d’Almee, encore inconscient.

(Vulcan) : Cet enfant a donc été touché par la grâce divine.

(Sphinx) : Ouai, ouai, c’est ça… bwahahaha ! Allez en route. Je pense pas qu’il reste la moindre preuve là-dessous.

Sphinx se retourne et commence à s’éloigner du champ de ruines, bientôt suivit par le colosse qui lui emboîte calmement le pas, écrasant de ses pieds, sans aucun remords, la demeure qu’il vient de réduire à néant, ainsi que tous les souvenirs qu’elle contenait…

Chapitre 53 Chapitre 55

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