Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 53

.:: Chapitre 53 ::.
Faux-frères

Sorti le 25/03/2008, compilé dans le Volume 6

Histoire :

Le katana d’Almee dépasse la garde de Charade dans un son strident, mais Sphinx fait pivoter le bâton de son arme, inversant le maintien d’Almee qui est propulsé au sol sous le poids de son propre assaut. Le sol sablonneux du fond de la rivière asséchée ne lui offre pas un maintien suffisant et il s’effondre devant Sphinx qui n’attend pas une seule seconde avant de lui flanquer un magistral coup de pied qui l’envoi rouler sur le dos. Almee n’a pas le temps de reprendre son souffle que le bout du manche de la faux vient lui percuter l’estomac, lui coupant le souffle. Sphinx attrape les cheveux de sa proie, comme pour le relever et continuer ses mauvais traitements, mais Almee fait pivoter sa lame pour pointer le plastron de son agresseur et déchaîne vers lui cette arme mortelle comme un pieu. Sphinx lâche Almee et bondit en arrière en ricanant, esquivant l’assaut de quelques millimètres à peine. Almee profite de ce moment de répit pour se redresser et repart immédiatement à l’attaque. Cette fois le contre de Charade est parfait et les deux adversaires se retrouvent face à face, immobilisés derrière leurs deux armes qui crissent l’une contre l’autre.

(Sphinx) : Hmm… quelle excitation je ressens… bwéhéhé… c’est un régal ! Ta fureur est délectable, elle flatte mon égo… héhéhé…

(Almee) : Je n’ai pas d’autres raisons de t’affronter que les informations que tu détiens à propos d’Elven.

Sphinx pousse un soupir de lassitude en redressant sa jambe, plaquant un coup de genou dans le pommeau du katana d’Almee, ce qui fait sauter la garde du jeune combattant. D’un simple et élégant revers de sa faux, Sphinx fait une large entaille dans le plastron d’Almee. Bien qu’impressionnante, la coupure n’est pas profonde, si bien qu’Almee ne témoigne pas la moindre expression de douleur, se contentant de faire un moulinet de son sabre pour l’abattre en direction de la main tenant Charade. Sphinx esquive en se penchant en arrière, tant et si bien que ses mains viennent toucher le sol derrière son crâne. Comme un véritable clown de foire, l’assassin prend appui sur ce maintien improvisé et propulse ses jambes vers le haut pour percuter de ses pieds joins le menton d’Almee qui ne s’était pas attendu à une telle cabriole. Le jeune homme chute lourdement en arrière, sonné.

(Sphinx) : En réalité, je n’aurais pas fais le rapprochement si Raven ne m’avait pas parlé de toi… hihi… tu es bien plus faible que ce qu’il m’a laissé entendre.

Les sourcils de Sphinx se froncent et il tend sa faux en direction de sa proie.

(Sphinx) : En même temps, Raven est lui-même bien plus faible que moi. Bwéhéhéhé !!

Almee se redresse, l’air plus que furieux. Sa prise sur son arme se resserre tant que sa main semble brûler.

(Almee) : Dis moi ce que tu sais d’Elven !

(Sphinx) : Bwéhéhéhé !! T’es con ou quoi ? Je t’ai dis que je connaissais pas d’Elven !

(Almee) : Menteur !

Almee repart à l’assaut, pointant Hisagumo en avant dans une position étrange qui semble intriguer Sphinx. L’attaque d’Almee part du bas vers le haut, ce qui surprend l’assassin et le pousse à contrer l’attaque en se servant du milieu de son arme. Dans cette position haute, le membre de l’Ordo Arakis ne peut esquiver le coup de pied d’Almee qu’il reçoit en plein ventre et qui le repousse en arrière.

(Almee) : Si tu connais l’assassin de Shinzu, tu connais Elven !

(Sphinx) : Bwéhéhé, je te dis que je connais pas d’Elven… et arrête de me saouler avec tes histoires, bordel, j’essaye tant bien que mal de profiter de l’affrontement et tu ne cesse de m’assommer avec ton imbécile de frère !

Le regard d’Almee se fait encore plus féroce qu’avant et sa poigne sur son arme se ferme encore d’avantage, laissant s’écouler quelques gouttes de sang sous la pression. Perdant toute contenance, Almee se jette à l’encontre de Sphinx, son arme en avant.

(Almee) : JE T’INTERDIS D’INSULTER MON FRERE !!!

[Flashback]
Une pluie sombre tombe sur le cimetière privé des hauts dignitaires d’Eidolon. Un regroupement de personnes, calfeutrées sous des parapluies, entoure une tombe ouverte au fond de laquelle repose un cercueil richement fleuri. Au dessus du trou, Almee, entièrement vêtu de noir, les yeux rouges de larmes, se penche et semble hésiter avant de lâcher une rose blanche qui vient atterrir sur un petit cadre déposé sur le couvercle du cercueil. A l’intérieur du cadre il y à une photo de famille : le père et la mère d’Almee en arrière, et devant eux trois garçons : Shinzu, Almee et Elven.
Almee plisse les paupières et laisse encore s’écouler des larmes avant de finalement retourner se calfeutrer dans les bras de sa mère qui l’enlace tendrement sans pour autant baisser les yeux vers lui. A ses côtés se tient Elven, le regard perdu dans le vague, les yeux secs et vides d’émotions. Ses cheveux marron foncé, tirant sur le noir, sont noués en une queue de cheval et plaqués sur sa tête par la pluie. Almee frissonne et ferme les yeux pour ne plus le voir.


Dans ce qui semble être une bibliothèque, Elven est plongé dans la lecture d’un énorme bouquin et il ne remarque pas l’arrivée d’un Almee, plus âgé qu’au moment de l’enterrement, qui se pose à ses côtés et croise les bras de façon digne. L’expression du jeune-homme n’a rien d’encourageante ni d’enthousiaste.

(Almee) : Que lis-tu ?

(Elven) : Ca t’intéresse ?

(Almee) : Non.

Elven pousse un ricanement méprisant en détournant son regard d’Almee. Ce-dernier ne se décontenance pas et attend un moment avant d’embrayer sur la raison réelle de sa présence.

(Almee) : Cela fait deux ans que Shinzu est mort.

(Elven) : Oui… et alors ?

(Almee) : Pourquoi la question de l’héritage n’a été abordée qu’à présent ? Et pourquoi est-ce toi qui a été choisi comme héritier ?

Elven referme brusquement son livre et se redresse pour se mettre en position de force devant Almee dont il devine la colère qu’il semble vouloir anticiper. 

(Elven) : As-tu à redire à ce sujet ?

(Almee) : Oui. Tu n’es pas mon frère, pas plus que tu n’étais celui de Shinzu. Tu n’es pas le fils de mon père. Tu n’as aucun lien familial avec nous. Alors pourquoi l’entreprise te reviendrait-elle ?

Un sourire narquois se dessine sur le visage d’Elven dont les cheveux ont encore poussé et sont à présent lâchés de part et d’autre de son crâne en une véritable cascade.

(Elven) : Tu n’as jamais pu supporter mon arrivée dans la famille Natar… Au final, dans cette famille, tu es le seul à ne jamais m’avoir accepté, mais je m’en moque. Les liens particuliers, vraiment fraternels, qui m’unissaient Shinzu t’ont toujours dépassé, dégoûté.

(Almee) : Shinzu m’avait promis que tu ne serais jamais un frère pour lui. Je suis son seul frère. Les promesses de Shinzu avaient plus d’importance que toi dans son cœur, je le sais.

(Elven) : Tu aimerais bien.

Elven se saisit du livre qu’il lisait et le prend sous son bras avant de passer à côté d’Almee qu’il toise sans lui accorder un regard avant de se diriger vers la sortie. Mais le jeune garçon n’en a pas fini et attrape Elven par le bras. Celui-ci se retourne, l’air courroucé.

(Almee) : Qu’est ce que c’est « Ideus Ombra » ?

Elven se fige et son teint pâlit devant l’évocation de ce nom étrange. Son intérêt face à la conversation semble tout à coup renaître et il se retourne vers Almee en le fusillant du regard.

(Elven) : Où as-tu entendu ça ?

(Almee) : Je l’ai lu… dans l’ancien journal de Shinzu…

Un bruit bref, violent, résonne, marquant de sa sonorité éclatante le silence de la bibliothèque. Almee, la tête tournée vers la droite, écarquille les yeux tandis qu’Elven ramène la main qui vient de gifler son interlocuteur contre son corps. Le regard de ce-dernier est glacial, détaché, il surplombe Almee d’une froideur repoussante.

(Elven) : De quel droit as-tu osé lire ce journal ?

Almee est prit de tremblements et les larmes lui viennent aux yeux à l’audition de cette voie glaciale, à la brûlure injuste et inattendue qui lui ravage la joue. Il ne réagit pas, se contentant de se redresser calmement avant de prendre la direction de la sortie, abandonnant l’idée d’obtenir des réponses à ses questions. Avant de franchir le pas de la porte, il s’immobilise, et sans se retourner vers Elven, il lâche ses derniers mots.


(Almee) : Shinzu… ce n’était pas un accident… c’est toi qui l’a tué, n’est ce pas ?

Le silence qui suit cette interrogation finit de figer la scène dans une intemporalité des plus glaciale. Impossible de savoir combien de temps s’écoule avant que finalement Almee n’abandonne la pièce d’un pas lent et résigné, laissant Elven contempler l’ouvrage qu’il a entre ses mains en affichant un sourire hautain et détaché.
[Fin du Flashback]

Almee est immobilisé, sa lame droit devant lui plantée dans l’épaule de Sphinx qui sourit de toutes ses dents malgré la profondeur de sa blessure et la souffrance qu’elle doit lui faire ressentir. Cependant, Almee est parcouru de tremblements de douleur et son regard se pose sur la faux de Sphinx qui est plantée en plein dans son flan. Le réploïde n’ose plus faire le moindre mouvement.

(Sphinx) : Bwéhéhé comme c’est intéressant. Tu m’as touché, c’est parfait, mais au prix de ta propre vie, je ne sais pas si ça en valait la peine… hihihi.

Comme pour soutenir ses propos en acte, Sphinx fait légèrement remuer son arme pour élargir encore un peu la plaie béante et sanglante d’Almee. Du sang se met à couler de la bouche du jeune combattant.

(Sphinx) : Hmm… hmmm… je me délecte de ça, j’avoue… héhéhé… je savoure…

Almee entrouvre la bouche et murmure quelque chose. Sphinx tend l’oreille pour entendre en singeant une expression attentive.

(Sphinx) : J’ai rien compris. Parle plus fort, on dirait un mourant. Bwéhéhéhé !!

(Almee) : …El…ven… ?

Sphinx crache par terre pour montrer son désintérêt.


(Sphinx) : Je t’ai dis que je le connaissais pas, bordel !

(Almee) : I… Ideus… Omb…ra… ?

Le regard de Sphinx s’écarquille alors en une expression de pur étonnement qui lui était jusqu’à présent complètement étrangère. D’un geste précis, il retire sa faux du corps d’Almee, se dégageant par la même occasion de la lame qui lui transperce l’épaule. Almee tombe en avant, mais son adversaire le rattrape et le fait basculer par-dessus son épaule, pourtant transpercée, pour le porter comme si le réploïde ne pesait rien.

(Sphinx) : Toi… Il faut que tu rencontre le boss.

Chapitre 52 Chapitre 54

- Haut de la Page -

Valid XHTML 1.0 Strict