Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 51

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Le clandestin

Sorti le 19/03/2008, compilé dans le Volume 6

Histoire :

La silhouette massive de Vulcan se tient droite et haute devant le trou pratiqué dans le mur au travers duquel Almee vient de voler. Par-dessus la balustrade, Davien se penche et laisse tomber sa mâchoire inférieure.

(Davien) : D’un seul coup de poing… ce mec est une force de la nature.

D’un geste vif, Davien se hisse sur la rambarde, prêt à suivre le chemin prit par Almee quelques instants auparavant. Eliza lui saisit le bras d’un geste vif pour le retenir, tout en poussant un petit cri de surprise.

(Eliza) : Que faites-vous, Davien ?

(Davien) : Je tente le tout pour le tout… je l’occupe et pendant ce temps vous filer aussi vite que vous pourrez.

Le dernier brigadier, portant toujours son masque de sécurité, saisit l’autre bras de Davien pour le retenir.

(Brigadier) : Ce serait de la folie, ne faites pas ça, capitaine Miller.

(Davien) : C’est mon boulot.

Alors qu’il se déloge de leur emprise respective, Davien s’apprête à se laisser tomber en contrebas et il croise le regard de Vulcan qui semble l’attendre. Devant la férocité de l’expression de ce monstre de combat, Davien a un léger frisson. Le brigadier le saisit une nouvelle fois par le bras.

(Brigadier) : Attendez… on va y aller ensemble.

(Davien) : Ce serait ridicule, nous risquerions d’y passer tous les deux.

Vulcan écarte les bras après avoir glissé sa main contre la bible qui recouvre son cœur. Les flammes dévorent la bâtisse, qui craque de toute part, prête à s’effondrer.

(Brigadier) : Ce type est un monstre : il dispose de capacités physiques supérieures, mais également d’une arme enchantée par des glyphes de feu… de tels objets nécessites une manipulation de la magie hors pair : c’est tout sauf un débutant.

Davien hausse un sourcil à l’intention du brigadier qu’il trouve soudainement très louche.

(Davien) : Brigadier… déclinez votre identité, je vous prie.

L’interpellé fais un pas en arrière, comme s’il regrettait ce qu’il venait de dire. Il hésite une seconde, puis relève des mains tremblantes en direction de son casque. Même Eliza le regarde d’un œil attentif, suspicieux. Le casque se dépressurise et tombe au sol, dévoilant le visage émacié et creusé de Zerkim, dont les cernes ne se sont pas dérobés depuis son enquête chez les Laderton. Il ne porte plus son chapeau de mage, lissant apparaître des cheveux bruns clairs en bataille, qui poussent dans tous les sens. Eliza le reconnaît au premier coup d’œil et affiche une expression ravie.

(Eliza) : Zerkim !!

(Davien) : De la brigade d’Adra’Haar… que faites vous ici ? Je n’avais même pas fais attention que j’avais un membre en plus dans mon équipe… le stress nous rend parfois aveugle, il faut croire.

(Zerkim) : Je suis vraiment désolé… je suis venu ici de manière clandestine. Mais à la base, il s’agit de mon enquête… je voulais aider à la résoudre.

Davien pousse un soupir mi-soulagé, mi-courroucé. Il agrippe le bras de Zerkim et le tire vers lui pour l’attirer vers la rambarde.

(Davien) : Bien, Zerkim, si vous êtes un mage doué, on a effectivement une chance de s’en sortir.

Zerkim avala à sec, pas du tout rassuré par les paroles de son supérieur et montre sur la rambarde à son tour. Vulcan les observe d’un air impérial, semblant les attendre et se délecter de l’affrontement qu’il va pouvoir tirer de ces deux nouveaux adversaires.


(Vulcan) : Vous y venez à deux ? Ca prouve votre manque de foi.

Davien et Zerkim bondissent de la rambarde et atterrissent sur le plancher recouvert de cendre, deux mètres à peine devant Vulcan qui les observe d’un air supérieur.

(Davien) : Ca prouve plutôt notre lucidité…

[Flashback]
Un petit Almee, à peine âgé de six ou sept ans, est assit dans un bac à sable, modelant les tours d’un château à l’aide d’un sceau recouvert de petites étoiles vertes. Le domaine de la famille Natar est une belle résidence au nord d’Eidolon. Le regard juvénile d’Almee se perd dans la contemplation des oliviers qui surplombent son air de jeu. Soudain, une voix interpelle le jeune garçon qui écrase involontairement le dernier pâté de sable qu’il avait réalisé.

(Shinzu) : Hey, petit frère… c’est plus de ton âge de jouer à ça.

Un sourire complice s’affiche sur le visage du petit Almee à la vision de son frère qui le surplombe en lui adressant une expression des plus radieuses.

(Almee) : Shinzu…

Almee se met alors à faire la moue et boude en constatant que la tour de son château s’est faite écrasée par inadvertance, ce qui déclenche un fou-rire de la part de Shinzu.

(Shinzu) : Allez, allez, c’est pas si grave.

Shinzu se laisse tomber au côté d’Almee dans le bac à sable et se saisit du sceau de son petit frère qu’il remplit de sable avant de le déverser adroitement sur les vestiges de la tour détruite, remodelant ainsi le château comme il était avant son arrivée.


(Shinzu) : Alors, tu vois ? Pas de raison de bouder !

(Almee) : Je croyais que c’était pas de mon âge…

Sans rien répondre, Shinzu mime d’être vexé, tourne la tête pour ne plus regarder Almee et d’un geste sec, lui agrippe l’arrière du crâne et lui écrase le visage dans la tour qu’il vient de modeler en pouffant de rire. Almee se relève en braillant, mais devant l’expression rieuse de son frère, il se laisse aller à un fou-rire à son tour. Lorsque leur euphorie commune s’est calmée, Shinzu ébouriffe les cheveux de son petit-frère pour en détacher la majeure partie du sable qui y est encore présente.

(Shinzu) : Tu sais que ce garçon doit arriver ce soir.

Le visage d’Almee se transforme alors en moue à son tour, il croise les bras et tourne la tête dans la direction opposée, boudeur.

(Shinzu) : Ah arrête, Almee… il va falloir te montrer gentil et l’accepter comme un frère.

(Almee) : Mais pourquoi ? C’est pas notre frère !! C’est moi ton frère !

Shinzu saisit Almee par l’épaule et le ramène contre lui pour le serrer calmement contre lui, ce qui n’efface pas l’expression contrariée de ce-dernier.

(Shinzu) : C’est très dur pour lui aussi, tu sais. Tu as entendu ce qu’a dit papa ? Il a été « rejeté » de sa famille, il doit donc être très triste, tu ne crois pas ?

(Almee) : Moui… mais…

Ne laissant pas son frère continuer, Shinzu continue à le rassurer d’une voix calme.

(Shinzu) : Imagine toi à sa place. Peut-être que lui aussi avait un frère qu’il adorait et qu’il ne reverra plus jamais. Tu ne trouve pas ça triste ?

L’expression d’Almee se détend mais il garde le regard vide l’espace d’un moment avant de répondre.

(Almee) : On est frère, toi et moi… tu sais ce que ça veut dire, hein ?

Shinzu hoche la tête.

(Almee) : Il faut accueillir ce garçon et être gentil avec lui… je veux bien… mais promets moi juste que… il sera juste notre ami, d’accord ? Tu resteras mon seul frère et je resterai ton seul frère !

Shinzu pousse un soupir en plissant les paupières mais son expression se marque d’un sourire touché et il pose sa main sur la tignasse d’Almee de manière affectueuse.

(Shinzu) : Ok, je te le promets…
[Fin Flash Back]

Almee redresse lentement la tête vers Sphinx qui le regarde de haut, mais d’un air sérieux qui ne semble pas correspondre à son expression habituelle. Visiblement, le souvenir de Shinzu le marque lui aussi, même si la nature de leurs souvenirs respectifs semble être d’une toute autre nature. Le regard d’Almee s’assombrit.

(Almee) : Tu n’es pas… Elven… dis-moi ?

(Sphinx) : Qui c’est ça ? Je le connais pas ce mec.

Almee se redresse, la main sur le pommeau de son katana, prêt à la dégainer au moindre mouvement suspect de la part de Sphinx.

(Almee) : Comment connais-tu mon frère, alors ?

Sphinx affiche un sourire démoniaque en faisant tournoyer sa faux, comme si le ton sombre et la tension palpable l’excitaient et le motivaient au combat. Il tire la langue de manière grossière en éclatant de rire, jubilant intérieurement à la phrase qu’il va déclarer.

(Sphinx) : Je connaissais bien celui qui l’a tué.

Les yeux d’Almee s’écarquillent en une expression de pure fureur. Il n’ajoute pas un mot, laissant sa rage se traduire en acte. Un crissement rapide et la lame de son katana est dehors, entrechoquant celle de Charade en une éruption d’étincelles. Sphinx plonge un regard sombre dans les yeux d’Almee, par-dessus leurs armes respectives.

(Almee) : Tu vas tout me dire.

(Sphinx) : Peut être. Peut être pas.

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