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Un cauchemar nommé Charade

Sorti le 06/03/2008, compilé dans le Volume 6

Histoire :


Vulcan lance un regard froid et hautain sur Almee qui vient de tomber devant lui avec une visible volonté de vaincre.

(Vulcan) : Crois-tu pouvoir me battre ?

(Almee) : Non seulement je le crois, mais je vais le faire.

(Vulcan) : Oui, toi tu as vraiment la foi. Je voyais juste.

Vulcan affiche un sourire arrogant en produisant un vif mouvement de son arme enchantée dont les runes cabalistiques s’éblouissent d’une lueur enflammée dans un râle pyrogène qui fait trembler toute la structure. Tout autour d’eux, le feu gagne du terrain, dévore les tapisseries, les sols et les plafonds. C’est un véritable enfer.

(Vulcan) : Contre toi, je ne vais pas me retenir.

Almee ne répond rien, et d’un mouvement vif il se lance contre son colossal adversaire.

La faux de Sphynx produit à présent des moulinets de plus en plus rapides devant les yeux fatigués de Telziel qui perd beaucoup trop de sang pour rester pleinement lucide. Aucune des blessures qui lui a été infligé ne sont mortelles, mais toutes suffisamment profondes pour le devenir sur le long terme. Le regard de l’inspecteur se plonge dans celui du psychopathe dont le visage se fend d’un long et machiavélique sourire empli de jouissance morbide.

(Telziel) : Tu joue avec nous… salaud…

(Sphinx) : Oh ce n’est pas moi. Tututut.

Sphinx pointe son index devant le nez de Telziel et le remue de droite à gauche pour nier l’affirmation de son adversaire.

(Sphinx) : Mauvaise langue… je ne suis pas si méchant… bwéhéhéhé !

Telziel pousse un soupir de lassitude et redresse son arme à la vitesse de l’éclair, visant l’as de pique qui sied au milieu du front du membre de l’Ordo. En un geste vif, celui-ci place sa faux en garde pour éviter le tir, et ne se rend compte qu’au dernier moment qu’il s’agissait d’une diversion laissant le champ libre à Telziel pour tenter de lui placer un violent coup de pied dans les cotes. Le coup sonne sourd et le coude de l’assassin se referme sur le genou de Telziel. En une improbable torsion du torse, Sphinx envoi Telziel faire une cabriole qui se solde par une douloureuse et lourde chute.

(Sphinx) : Alala, morveux morveux. Si tu n’es pas sage, elle va finir par te prendre plus vite que prévu. Hihihi !!

(Telziel) : Qui… ? De qui… parles-tu… ? Sale malade…

Sphinx éclate d’un rire strident en levant au ciel sa faux qu’il lance violemment en direction de Telziel. Fendant l’air en tournoyant sur elle-même, elle laisse à l’inspecteur le temps de se sentir complètement mort avant de finalement se planter à deux centimètres de son visage.

(Sphinx) : Mais de elle !!

Déclare l’illuminé en pointant majestueusement son arme d’une main nonchalante.

(Sphinx) : Mon amie, ma douce, ma belle, mon amante, ma confidente, ma sœur, mon cœur, mon âme : Charade, c’est son nom.

Tout à coup le large sourire et le regard enflammé de folie de Sphinx semblent se refermer, comme s’il reprenait tout à coup son sérieux après une crise de nerf. Son air sombre est aussi effrayant qu’il avait pu être irritant lorsqu’il était rieur. Telziel part d’un frisson.

(Sphinx) : Tu n’as pas intérêt à oublier son nom.

(Telziel) : Et toi non plus.

Se saisissant de l’arme de son adversaire, toujours plantée à côté de lui, Telziel se redresse d’un bond, fait tournoyer l’arme et l’abat droit sur le torse du bouffon désarmé. L’inspecteur ferme les yeux pour ne pas voir le résultat de son geste aussi précis que mortel, mais à l’impression de mollesse qu’il ressent au niveau de l’impact, il les rouvre brusquement, comprenant immédiatement que quelque chose cloche. Ce qu’il voit le plonge dans l’incompréhension. Sphinx se tient face à lui, la mine sombre, le regard pointé sur le manche de son arme au bout duquel ne se trouve plus aucune lame. Telziel tient la membrane de la faux, mais la faux en elle-même semble s’être volatilisée. Un moment de silence interminable semble se poser entre les deux adversaires, comme si le temps s’arrêtait puis finalement c’est à Sphinx de briser le silence en poussant un hurlement horrible et strident qui surprend tellement Telziel qu’il en vient à lâcher Charade au sol.


(Sphinx) : GWAAAAAAAAARGH !!! RAAAAAAAAAAAH !!! Comment as-tu osé ?! COMMENT AS-TU OSE ?!! RAAAAH !! SALAUD, SALAUD !! Comment as-tu osé toucher Charade de tes mains ?!! AAAAAAAAAAAH !! NOOON !!

Sphinx tombe à genoux devant son arme et la caresse délicatement d’une main tremblante et paniquée. Telziel reste d’abord interdit devant ce spectacle perturbant jusqu’à ce que le membre de l’Ordo se redresse doucement en tenant le manche de l’arme entre ses doigts. Il ouvre alors la bouche en grand, et de son autre main semble y chercher quelque chose au plus profond de la gorge. Soudainement, d’un geste vif et assuré, il en retire un foulard de soie rouge qu’il s’empresse d’utiliser pour essuyer son arme. C’est plus que ne peut en supporter Telziel. Il profite de l’inattention de Sphinx pour tendre son arme droit sur son crâne, presque à bout portant. Le coup part mais le membre de l’Ordo est déjà plaqué au sol, évitant le tir. Telziel ne l’a même pas vu bouger. Charade semble soudainement apparaître aux yeux de l’inspecteur, sans un son, sans aucun moyen de prévoir son action. Une gerbe de sang traverse l’espace alors qu’une immense balaffre déchire le torse de Telziel. L’inspecteur lâche son arme et crache une giclée de sang rouge vif, titubant en marche arrière, prêt à s’effondrer d’un moment à l’autre.


(Sphinx) : Tu as osé la toucher, sale chien. Avec tes doigts sales, ma précieuse, précieuse Charade. Tu n’es qu’un imbécile.

Telziel voit trouble et n’est plus en mesure de tenir debout seul, il tombe en arrière, glissant sur les herbes folles qui l’entourent de toute part, mais alors qu’il allait chuter lourdement, quelque chose le retient, le maintient, le redresse, saisit son bras pour le soutenir. C’est Notgiel. Essoufflé, ensanglanté, le lieutenant de la Brigade regarde Sphinx d’un air sombre. Ce-dernier hausse les épaules en constatant que les blessures de ce jeunot son moins importantes qu’il ne pensait.

(Sphinx) : Bwéhéhé… t’aurais dû rester à terre, j’aurais pu croire que t’étais mort !!

Notgiel baisse le regard et sans rien répondre, soutenant son supérieur par-dessus l’épaule, s’en détourne de son adversaire, lui tourne le dos et commence à avancer droit devant lui.

(Sphinx) : Gné ? Où crois-tu fuir ? Je n’ai pas décidé de ranger mes jouets !!

Imperturbable, le regard fixe et assuré, Notgiel continue à avancer, traînant littéralement Telziel sur son dos, celui-ci n’ayant même plus la force de faire des pas assurés.

(Sphinx) : Hey, sale lâche !! Charade n’en a pas fini, elle non plus ! Je dois la satisfaire !

Devant le mutisme du fuyard et la rapidité de sa fuite, Sphinx pousse un soupir mi-amusé, mi-lassé et emboîte le pas du duo d’un mouvement rapide. L’avance qu’a prit Notgiel ne semble pas suffisante pour distancer son agresseur, transporter Telziel le ralentissant énormément. Il n’aura pas le temps d’atteindre le manoir pour retrouver les autres. Il n’aura peut être même pas le temps d’atteindre la lisière du champ. Sphinx semble se lasser. Il n’est plus qu’à quelques pas de Notgiel et fait tournoyer sa faux d’un mouvement ample avant de la projeter droit sur sa cible à la vitesse de l’éclair.
Et Notgiel fait un pas de côté.
Un simple pas de côté. Et Sphinx rate son coup. Ebahi de cette esquive aussi incroyable que minimaliste, le poursuivant ne remarque même pas que sa proie a fermement attrapé Charade d’une main ferme. Alors qu’il s’apprête à tirer son arme vers lui pour la déloger de l’emprise de son adversaire, Notgiel se contente de la tirer brusquement vers l’avant, entraînant Sphinx dans ce mouvement imprévisible. Ce que n’a pas non plus remarqué l’assassin, c’est qu’il est au bord de la rivière asséchée. Par ce mouvement déséquilibré, Sphinx bascule la tête la première et dévale la pente sur le ventre, se ratatinant corps et visage pour atterrir lourdement dans le sable sec qui compose l’ancien lit de la rivière. Il se redresse immédiatement en hurlant de rage, saisissant Charade d’une poigne de fer, la resserrant tellement entre ses doigts qu’il s’en déchire la paume et laisse couler un fin liseré de sang entre ses doigts.


(Sphinx) : SALOPERIE !! RAAAAAAAAAH !! CHARADE, MON VISAGE !! COMMENT AS-TU PU ?!! RAAAAAAAARGH !!

Le membre de l’Ordo ne perd pas un instant sous le regard ébahi de son adversaire, qui ne semble pas plus que lui croire à ce qu’il vient de faire. Notgiel avale à sec. La voix de Telziel lui parvient à l’oreille. Elle est essoufflée, faible et défaillante.

(Telziel) : Laisse… moi là… va… va pas crever… imbécile…

(Notgiel) : J’ai signé.

Un léger sourire se dessine sur le visage en sueur de Telziel. En contrebas, Sphinx est déjà à mi-chemin de la pente, la gravissant avec l’énergie de la rage. Alors qu’il s’apprête à bondir en direction de ses victimes, une énorme explosion retentit depuis le manoir et presque au même moment une des vitres qui donne sur l’arrière cour explose dans un nuage de fumée, projetant un corps fumant au travers des débris. Almee, la peau noircie de suie et le visage en sang, atterri brutalement au fond de la rivière asséchée, sous les yeux rieurs de Sphinx.

(Sphinx) : Hé… héhéhé… mais attends…. Attends un peu ma chérie…

(Notgiel) : Qui est ce gosse ?

Et sous les yeux ébahis de Notgiel, Sphinx fait machine arrière et se laisse glisser le long de la paroi poussiéreuse pour retomber au côté du corps blessé d’Almee, qui est pourtant déjà en train de se relever. A l’approche de ce nouvel individu, le jeune garçon se jette sur le côté et se redresse immédiatement, la lame de son katana pointée droit devant.

(Sphinx) : Mais oui, c’est bien lui…

(Almee) : De quoi tu parles, toi ?

(Sphinx) : T’es le frère de Shinzu… y a pas de doute.

Les yeux d’Almee s’écarquillent à l’audition de ce nom et la tête lui tourne immédiatement. Il manque de peu de lâcher son sabre, mais ne peut maîtriser sa défaillance. Il chute, un genou au sol, devant le membre de l’Ordo Arakis, comme s’il était sur le point de lui prêter allégeance…

Chapitre 49 Chapitre 51

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