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.:: Chapitre 5 ::.
Vladimir Morlan

Sorti le 07/03/2007, compilé dans le Volume 1

Histoire :

Hydrapole, capitale de la technologie, la ville la plus prospère au monde. C’est une ville flottant sur la mer dont chaque mur renvoi des reflets chromés. Son aspect lisse et métallique est proche de la personnalité de chacun de ses habitants, des habitants qui sont plus proches des robots que des hommes, tant les machines ont prit une place importante dans leur vie.
Cette cité flottante abrite la plus grosse partie des habitations sous sa surface. Cet envers du décor est bien moins réjouissant, car dissimulant une telle technologie de pointe que les dirigeants en sont devenus complètement paranoïaques : les gens qui vivent dans ces quartiers immergés n’ont quasiment pas le droit de sortir, et personne ne peut rentrer.
Hydrapole s’est tellement repliée sur elle-même au fil du temps qu’elle en a perdu toute puissance politique à l’échelle mondiale, mais sa puissance économique est sans limite. Son gouvernement paraît fantomatique et ne fait jamais d’apparition, si bien que ce sont les grandes firmes qui semblent diriger la ville d’une main de fer.
C’est le cas de la société Techma-1, dont le centre principal rassemblant toutes ses infrastructures, le CRTN (Centre de Recherche en Technologie Nouvelle), est le plus gros bâtiment de la partie émergée d’Hydrapole.
Vladimir Morlan, un scientifique de génie à la renommée mondiale, est une des perles dont dispose Techma-1. Il met chaque jour son génie au service de son entreprise en inventant des merveilles dans le domaine de la robotique et de l’aérospatial.
Ce jour là, Vladimir se dirige vers son bureau. Resplendissant dans sa tenue grise blanchâtre, son jeune âge est trompeur quant à ses qualités. L’œil vif et fier, il porte des cheveux noirs broussailleux qui encadrent son visage fin, mais pourtant dur. Son œil se place devant le contrôleur rétinien et une porte sas s’ouvre devant lui, dévoilant à ses yeux son laboratoire personnel, le numéro 51, où toute son équipe de recherche est sur le pied de guerre.
L’un de scientifiques s’approche de lui, tenant un plateau sur lequel est disposée une lettre cachetée.


(Vladimir) : Bonjour Farim, qu’est ce que c’est que ça ?

(Farim) : Bonjour Monsieur Morlan. C’est une lettre en provenance de la haute hiérarchie qui est arrivée pour vous ce matin. Le directeur a déjà…

Coupant la parole au dénommé Farim, le Directeur du département scientifique du CRTN, un gros bonhomme à la moustache prononcée, très serré dans son complet couleur olive, repousse le jeune scientifique pour serrer la main à Vladimir.

(Vladimir) : Bonjour, monsieur Erkham…

(Erkham) : Ah Vladimir, vous avez lu la lettre ?

(Vladimir) : J’allais le faire, monsieur.

(Erkham) : Oh, je vous ai coupé ? Mille excuses !

Erkham saisit les épaules de Farim et le replace devant Vladimir, le forçant à lui tendre le plateau sur lequel se trouve toujours la lettre. Vladimir prend la lettre entre ses mains et Erkham repousse à nouveau le jeune scientifique en arrière. Ce-dernier, fâché par le comportement de son supérieur, repart à son poste de travail d’un air courroucé.

(Erkham) : Ca vient de la très haute hiérarchie, Vladimir !

Vladimir jette un œil avisé au cache de l’enveloppe et constate le seau personnel du dirigeant du CRTN.

(Vladimir) : De… Monsieur Opitz en personne ?

(Erkham) : Exactement. Vous vous rendez compte de cet honneur Vladimir ? Monsieur Opitz, qu’aucun employé n’a jamais vu, vous écris une lettre à vous, mon poulain. Une lettre en personne. Lisez-la, lisez-la.

Tout en ignorant les gesticulations euphoriques de son directeur, Vladimir décachette l’enveloppe et en extrait un papier où une écriture fine et appliquée est inscrite. Il commence à lire à haute voix pour en faire profiter Erkham.

(Vladimir) : « Cher Monsieur Morlan, étant donné les excellents résultats de votre équipe de recherche et votre renommée de plus en plus affirmée au fil du temps, moi, Monsieur Opitz, vous demande en personne de réaliser un travail aéronautique pour une nouvelle gamme de vaisseaux que produira le CRTN. »

(Erkham) : Oh mon dieu ! OH MON DIEU ! Une gamme produite de A à Z par nos locaux ! C’est un rêve !

(Vladimir) : « Cet appareil fonctionnant sur la base d’un Aco-5 devra être utilisable aussi bien en tant que véhicule terrestre, nautique et sous-marin. En outre, il ne devra pas dépasser la taille d’un Aco traditionnel. Je sais que l’ampleur de la tâche sera énorme, mais je sais également que je peux me reposer sur vos épaules et sur celles de votre équipe de recherche, qui ne m’a, jusqu’à présent, jamais déçu. Il va sans dire que votre travail sera récompensé comme il se doit. Avec toutes mes amitiés, Monsieur Opitz. »

(Erkham) : Un sous-marin mobile et terrestre de taille Aco ? Mais c’est de la folie.

Vladimir repli calmement la lettre et la range dans l’enveloppe, puis range celle-ci dans la poche de sa veste. Il se frotte le menton d’une main calme, puis tape sur l’épaule de son directeur qui semble effondré.

(Vladimir) : De la folie oui, mais j’aime ce genre de défi. Et on va se mettre tout de suite au travail. Nous ne pouvons décevoir Monsieur Opitz.

Quelques heures plus tard, dans une salle de réunion où Vladimir a réunis toute son équipe pour leur expliquer la situation, la tension est palpable sur tous les visages, mais l’excitation également.

(Farim) : Il va sans dire qu’on va avoir besoin de matériaux à la pointe de la technologie.

(Vladimir) : Ca tombe bien, j’avais fais commander des plaques d’Aerium renforcé et des moteurs à fusion dernier cri à une nouvelle usine de construction, NanoCorp, qui a ouvert dans les nouvelles zones de développement, au Nord d’Eidolon.

Un grand silence gêné s’abat sur la totalité de la salle.

(Farim) : On ne vous a pas encore mis au courant, monsieur ? Vous n’avez pas lu les journaux ces derniers jours ?

(Vladimir) : Je dois bien dire que je n’en ai pas eu le temps, mais pourquoi me demandez vous ça ? Que s’est il passé ?

(Farim) : L’autochenille qui transportait les matériaux vers Hydrapole a été attaqué par un groupe de mercenaires. Le véhicule transportait également des armes qui ont été volés… tout le reste a été détruit.

Vladimir reste un instant interloqué puis se masse le front d’une main tremblante. Toute l’excitation qu’il a ressentie jusqu’à présent à l’idée de s’atteler à ce projet vient de se transformer en crainte. Un grand moment de silence s’abat dans la salle de réunion, qui sera rompu par un scientifique barbu portant de petites lunettes.

(Scientifique) : Peut être peut on repasser commande ?

(Vladimir) : Elle sera acheminée bien trop tard, on ne peut se permettre de ralentir la production. Nous perdrions l’argent de Monsieur Opitz et il finira par nous retirer le projet, faute d’avancement.

(Scientifique) : Alors il faut se baser sur d’autres matériaux.

Vladimir semble réfléchir un instant, puis ouvre le dossier de production se trouvant devant lui, le feuillette et s’arrête soudain à une page qu’il lit attentivement avant de relever la tête vers son équipe.

(Vladimir) : A-t-on du matériel de traitement nano-technologique haut de gamme dans nos locaux ?

(Farim) : On a reçu deux percluseuses ioniques la semaine passée, et on a toujours notre bon vieux Miridion-5 à traitements phoniques, qui ne nous a jamais déçu malgré son âge.

(Vladimir) : Ce sera parfait ! Si tout le monde se donne à fond, on pourra établir un projet tenable et un prototype dans moins de trois mois. Délai légèrement plus long qu’à l’habituelle, mais tout de même satisfaisant.

Tous les scientifiques se regardent avec étonnement, d’un air ravis mais un peu surpris à la fois.

(Scientifique) : Si je vous suis bien, vous voulez que l’on place nous même les alliages en nano-composition, mais sur quelle base voulez vous que nous travaillions ?

Vladimir laisse passer un silence, se doutant déjà de l’effroi que va susciter sa réponse.

(Vladimir) : De la récup’.

Un frisson parcourt toute la salle, on entend même quelques cris de surprise qui font sourire Vladimir. Il se redresse de tout son long et s’avance vers son équipe en croisant les bras.

(Vladimir) : Je connais un très bon revendeur à Idlow qui, je suis sûr, aura les pièces qu’il nous faut à un prix tout à fait raisonnable. On ne va pas passer commande. Il ne faut surtout pas que l’administration sache que l’on utilise du matériel non homologué.

(Farim) : Mais comment allons nous récupérer le matériel de ce revendeur alors ?

(Vladimir) : Je vais aller le cherche moi-même.

Nouveau cri de stupeur et d’effroi qui immobilise toute la salle pendant quelques instants. Une femme scientifique à la coupe blonde assez courte et aux yeux bleus se rapproche de Morlan d’un air affolé.

(Scientifique 2) : Quitter Hydrapole ? Monsieur, c’est trop dangereux, surtout avec votre important statut ! L’administration serait parfaitement opposée, et monsieur Erkham en premier.

(Vladimir) : Je me charge de faire approuver Erkham. Si j’arrive à lui soutirer une autorisation providentielle, l’administration ne se rendra compte de rien et je serai de retour avant même qu’ils ne se soient rendu compte de mon absence.

(Scientifique) : Reste que c’est bien trop dangereux pour vous d’y aller seul, sans escorte.

(Vladimir) : Dans ce cas…

Il laisse planer un silence qui inquiète plus qu’il ne rassure. L’équipe de scientifiques, pendue à ses lèvres, est prête à tout entendre.

(Vladimir) : …je vais emmener Almee avec moi.

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