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Au nom du père

Sorti le 20/02/2008, compilé dans le Volume 6

Histoire :

Davien arrive en courant dans le couloir qu’a emprunté Eliza. Il voit la jeune femme dans l’encadrure de la troisième porte et, se rendant compte qu’elle tient son arme en joue, accélère le mouvement.

(Davien) : Eliza, faites att…

Soudain, un grondement sourd semble venir du sol qui se met à trembler d’une manière folle. Les lattes du plancher se décollent, comme soufflées par une tornade. Davien est projeté en arrière et s’écrase contre la rambarde des escaliers, manquant de peu de les dévaler de tout son long. Eliza, quant à elle, est violemment expédiée vers l’avant mais elle n’a pas le temps de s’effondrer au sol qu’Almee l’a déjà attrapé par les épaules et la maintient délicatement en équilibre.

(Eliza) : Merci.

(Almee) : Ce n’est rien… je ne vous veux pas de mal. Vous êtes qui au fait ?

Eliza se redresse et s’époussette légèrement, un nuage de fumée âcre pénétrant par la porte à moitié éclatée. Elle se redresse, l’air inquiet, pour faire face au jeune homme qui est un peu plus petit qu’elle.

(Eliza) : La Brigade Inquisitoriale d’Eidolon…

Le visage dur de Telziel revient en mémoire à Almee qui se roule limite en boule au sol tant ce souvenir lui semble traumatisant, lâchant un râle abominable de panique et de désespoir. Eliza n’a pas le temps de lui demander ce qui lui prend de réagir ainsi qu’une seconde secousse parcourt l’ensemble de la bâtisse, faisant s’écrouler le crépi du plafond. Une poutre s’abat soudainement de celui-ci en direction d’Eliza qui ne trouve aucune autre échappatoire que d’entrouvrir la bouche de stupeur. Alors qu’elle va se faire écraser, un léger tintement résonne et la poutre tombe de chaque côté de son corps, tranchée en deux, Almee se tenant du côté de la porte, son katana pointé droit devant lui.

(Almee) : Plus tard les explications… on a un problème, je crois.

Les hurlements qui proviennent tout à coup du rez-de-chaussée confirment à Eliza qu’il y a peu de temps pour la parlote. En bas, les trois brigadiers encore en vie se redressent avec difficulté et reculent à tâtons en direction du salon pour s’éloigner du colosse qui vient de faire irruption d’une manière extraordinaire dans le manoir. Le fourgon blindé de l’antigrav est à moitié encastré dans le mur, et il ne fait aucun doute que c’est le nouvel arrivant qui l’a projeté là à la seule force de ses bras.
Le colosse se dresse alors dans la lumière. Il fait bien deux mètres soixante et sa masse musculaire le rend plus qu’imposant. Son visage est dur, marqué par des traits profonds et des cheveux coupés très courts, ce qui, en alliance avec son regard sérieux et dénué d’émotion, lui donne une véritable apparence de machine à tuer. Sa peau noire se confond avec son long blouson de cuir complètement ouvert, laissant apparaître son torse nu recouvert de multiples tatouages et d’autant de cicatrices. Son pantalon arbore des motifs étranges, très gothiques et complexes, surchargés de détails, ce qui lui donne une apparence de fresque religieuse. C’est d’ailleurs en ayant cette comparaison à l’esprit que les détails symboliques se mettent à choquer : une grosse bible est délicatement rangée dans un holster d’épaule, ce qui fait qu’elle lui recouvre le cœur, et à son oreille est accroché un pendentif en forme de crucifix qu’il fait tinter d’un claquement de sa main libre, l’autre étant entièrement masquée par une sorte d’arme étrange ressemblant à une foreuse de minage qui aurait été recouverte de symboles cabalistiques.
Les trois brigadiers encore en vie pointent leurs armes en direction du nouvel arrivant qui tourne vers eux un regard sévère.


(Vulcan) : Posez ces armes et j’aurais peut être envers vous des volontés de clémence.

Les brigadiers se jettent des regards d’incompréhension les uns aux autres, s’étant sans doute attendu à ce que la voix de cet homme soit caverneuse et son parlé grotesque : au lieu de ça, il manie un très bon phrasé et a une voix posée et calme, bien que sombre. Hésitant, ils finissent par tendre leurs armes vers lui et le plongent dans un déluge de plomb sans la moindre sommation. Sans rien répliquer, Vulcan se contente de caresser son arme étrange de sa main libre. Les symboles s’illuminent alors d’une vive lueur rougeâtre avant de laisser s’échapper une colonne de flammes dans un grondement horrible. Ce feu se dresse devant lui comme un véritable mur qui intercepte les tirs de ses adversaires. Le trio n’est pas fou et cesse le feu, se séparant de chaque côté pour trouver un meilleur angle de visée.

(Vulcan) : C’est inutile… vous n’avez pas la foi. Vous ne pouvez donc vaincre.

Les brigadiers peuvent seulement entendre la voix de Vulcan émerger du cercle de flammes qui l’entoure à présent et qui commence à enflammer tous ce qui se trouve alentour : les tapisseries prennent feu ainsi que le plancher. La chaleur est insupportable. Soudain, ce qui semble être le « canon » de l’arme de Vulcan émerge des flammes et se tend dans la direction d’un des brigadiers qui n’a pas le temps de réagir avant de recevoir une vague de flammes mortelles. Son corps calciné s’effondre au sol dans des hurlements de douleur. Alors que la vie l’abandonne, le cercle de feu qui entourait le géant se met à vaciller puis est à nouveau absorbé par le canon, comme de l’eau par un siphon. Les deux brigadiers restant se sont mis à l’abri dans des angles de sécurité, observant la situation avant de décider de la manière dont il leur faudra agir. Vulcan se dirige vers le cadavre en feu du brigadier qu’il vient d’assassiner et pointe le canon de son arme vers lui, ce qui a tôt fait d’absorber les flammes qui ravagent son corps. Vulcan baisse humblement la tête en sa direction, son torse déjà vouté pour tenir dans la hauteur du hall, et pose sa main libre sur la bible qui recouvre son cœur.

(Vulcan) : Au nom de notre père, que ton âme repose en paix.

Il tire alors un couteau de chasse de son énorme ceinture de cuir et le saisit d’une main ferme avant de faire glisser la lame contre son torse nu, d’un geste vif et précis. Quelques gouttes de sang perlent de son corps jusqu’au sol, puis il remet le couteau à sa place avant de se retourner vers la pièce où se sont cachés les deux brigadiers restant.

(Vulcan) : Un blâme physique pour purifier mon âme du mal que mon corps peut commettre. Je sens qu’il me faudra encore de nombreuses cicatrices aujourd’hui.

Alors qu’il lâche ces mots, il passe sous un rail de lumière vive qui détaille son corps dans les moindres détails. Des centaines de cicatrices se croisent et se chevauchent en un sinistre et sinueux labyrinthe de plaies et de muscles. L’un des brigadiers frémit de peur et fait glisser son arme contre le mur, ce qui produit un léger bruit troublant le silence pesant qui s’était mis à régner dans la salle. Un instant après, une vague de flammes s’abat sur le mur derrière lequel il est caché, le forçant à se jeter en avant pour ne pas prendre feu avec. Il n’a pas le temps de se redresser qu’un nouveau tir de Vulcan le fait rôtir à point. Le dernier brigadier jette un coup d’œil pour voir Vulcan s’infliger une nouvelle coupure et profite de cet instant pour se dégager de son coin et atteindre les escaliers qui sont juste à quelques mètres.
Il se met à courir tout en ouvrant le feu sur son gigantesque adversaire. Une balle atteint sa cible en pleine épaule dans une giclure de sang, mais le colosse ne semble même pas réagir, se contentant de redresser son arme dans la direction de son dernier adversaire. Le brigadier court de toutes ses forces, entendant le bruit lourd et oppressant produit par le canon de flammes et sent rapidement la chaleur qui en émane et qui le poursuit, illuminant ses pas. D’un geste précis et rapide, il bondit en avant et tombe sur les marches, évitant la vague de flammes de peu. Il les monte alors quatre à quatre en hurlant de frayeur et arrivé en haut il percute violemment Davien qui peinait à se redresser.


(Davien) : Bordel, soldat, qu’est ce qui se passe ?

(Brigadier) : C’est l’enfer là en bas !!!

Eliza arrive doucement aux côtés du duo, bientôt suivit par un Almee dubitatif que Davien montre du doigt de manière surprise.

(Davien) : Et qui c’est celui-là ?

(Almee) : Nous n’avons pas le temps pour les présentations…

Un nouveau grondement fait trembler la structure et le groupe n’a pas le temps de réagir qu’une colonne de flammes lui arrive droit dessus depuis les escaliers, brûlant tout sur son passage. Eliza et Almee se jettent du côté d’où ils sont venus, Davien et le brigadier se propulsant vers l’autre.

(Vulcan) : Descendez donc si vous avez la foi. Et craignez mon courroux si elle n’est pas pure.

L’étage commence également à prendre feu, les tapis et les tapisseries ne résistant pas à l’assaut d’une telle chaleur. Bientôt il ne restera plus rien du manoir. Almee se redresse en se frottant le crâne sur lequel s’est effondré un gros morceau de plâtre.

(Almee) : C’est quoi encore ce malade ?

(Eliza) : A mon avis… un membre de l’Ordo Arakis. Mais je ne suis pas sûre…

(Almee) : Quoi ? Encore eux ?

C’est au tour d’Eliza d’afficher une mine surprise.

(Eliza) : Tu les connais ?

Almee hésite à répondre puis plisse les yeux pour se calmer avant de prendre sa décision. Il ne dit rien, les mots ne sont plus utiles. Il se redresse en toute hâte et saisit la rambarde d’une main ferme avant de s’en servir d’appui pour bondir par-dessus, empoignant son katana avec assurance pour retomber en direction de Vulcan qui ne le voit venir qu’à la dernière minute. Le colosse redresse son canon à flamme comme un bouclier à l’intention de l’assaut de ce nouvel arrivant tout en affichant une expression de pur désintérêt. Almee retombe au sol en évitant un léger jet de flammes émit par les symboles de l’arme et se redresse immédiatement en position de garde haute pour faire face à son adversaire, tous les murs prenant feu autour de lui.

(Vulcan) : En voilà un qui a la foi…

A l’extérieur, Telziel tombe à genou au sol aux côtés d’un Notgiel complètement épuisé et recouvert d’entailles plus ou moins profondes. Lui-même se tient le ventre d’une main crispée et tremblante et un léger filet de sang s’écoule d’entre ses doigts recouverts de sueur. Dans son autre main, son revolver est encore fumant, et il le redresse vers l’ombre qui se place au dessus de lui. Un coup retentit suivit d’un tintement singulier. La balle ricoche contre la lame de la faux qui glisse doucement pour déchirer la chair de l’épaule de l’inspecteur. Ce-dernier pousse un gémissement de douleur face à cette nouvelle blessure. Sphynx porte alors son arme devant son visage et la regarde avec extase avant de lécher goulument le sang qui la recouvre. 

(Sphynx) : Bwéhéhéhé !! Quels merveilleux jouets…

Chapitre 48 Chapitre 50

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