Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 46

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Brainstorming

Sorti le 30/01/2008, compilé dans le Volume 6

Histoire :

Dans le désert Arkonnen, au milieu de la journée, le temple servant de base d’opération à l’Ordo Arakis semble complètement désert. Les couloirs sont privés de toute forme de vie, à l’instar des chambres, tous les membres étant réunis dans une longue salle sombre de forme rectangulaire, véritable pièce centrale du temple. Par ses dimensions colossales, cette pièce semble être le lieu de rencontre et de travail de la plupart des membres de l’organisation illégale. De nombreux postes d’ordinateur reliés à des consoles complexes occupent presque tous les murs de la salle tandis qu’au centre de celle-ci se dresse une immense table au bout de laquelle se tient Rufus, debout, l’air passablement furieux malgré une tentative visible de garder son calme. Face à lui, l’ensemble des membres de son organisation se trouvent assis autour de la table, plongée dans la pénombre. Même Raven et Sayam, recouverts de bandages et de pansements, sont présents. Le chef de l’Ordo, les yeux plissés en une expression de colère, frappe soudain de son poing sur la table.

(Rufus) : J’ai été vu par un flic !? Scott ! Tu es sûr de ça ?

Le premier membre assit à sa droite, un jeune homme blond et gringalet, aux cheveux court et au visage fin, se redresse alors d’un air calme et réfléchit. Il sort de l’ombre, portant des lunettes de soleil qui empêche de percevoir son regard. Un air malicieux et intelligent est imprimé sur son visage, et il porte des vêtements assez amples et banals : un jeans délavé et un débardeur noir au dessus duquel il a enfilé un veston grisâtre à poches multiples qui débordent chacune de stylos, de câbles et d’appareils étranges. Il tient dans sa main un dossier qu’il tend à Rufus. Ce-dernier l’entrouvre pour voir les photos qu’il contient pendant que Scott lui confirme ses appréhensions.

(Scott) : L’autopsie d’Osmosis a été absolument formelle… c’est une chance que nous ayons pu récupérer son corps avant le F2I. Son œil électronique a été précieux dans l’obtention d’informations… il a agit comme une sorte de boîte noire, ou un journal de bord… un membre de la Brigade Inquisitorial était présent lorsque vous dialoguiez avec Miguel. Il a sans doute tout vu, et nous pouvons même conclure à plus de 93,6% qu’il a récolté des preuves.

Rufus baisse la tête sur les photos montrant le corps autopsié d’Osmosis et les diverses annotations que Scott a noté à côté, de son écriture fine et professionnelle, limite maniaque.

(Rufus) : Je vois… impossible de déterminer, de notre côté, qui était ce flic… d’où il venait et comment il était remonté jusqu’à nous ?

(Scott) : Non hélas. L’œil d’Osmosis contenait une mémoire événementielle, mais pas visuelle ni auditive.

Rufus pousse un soupire en refermant calmement le dossier.

(Rufus) : Inutile jusqu’au bout…

Scott affiche une légère grimace à l’audition de cette phrase alors qu’un murmure d’agitation parcours soudainement la salle. Rufus le remarque et sourit en repoussant le dossier vers Scott. Celui-ci s’en saisit et se rassoit. Un silence pesant règne tout à coup sur l’ensemble de l’assemblée, accentué par le fait qu’on ne distingue pratiquement personne : un véritable conseil des ombres.

(Rufus) : Bien… en prenant en compte le fait qu’ils aient effectivement obtenu des preuves sur mon identité, quel est le pourcentage de chance pour qu’ils remontent jusqu’à notre repaire ?

Scott sort soudainement une petite calculette de la poche droite de son veston et pianote fébrilement dessus pendant quelques secondes avant de redresser la tête vers Rufus.

(Scott) : 32.2%

(Rufus) : Je vois… un pourcentage bien trop élevé pour vivre sereinement.

Le chef de l’Ordo Arakis se redresse alors et tend les bras d’un air impérial vers l’ensemble de ses compagnons.

(Rufus) : Mes chers amis, nous lançons l’opération « destruction de preuves ». Le premier lieu qui viendra à l’esprit de nos adversaires en uniforme lorsqu’ils auront établis mon identité sera le manoir familial de la famille Van Reinhardt. Je vais envoyer un binôme brûler absolument tous les papiers qui peuvent y rester, et à l’épreuve du doute, je vous autorise à brûler le domaine tout entier… Il n’y a que là bas que ces fouines pourront trouver une quelconque trace de mon passé. Si on coupe l’évolution de leur enquête à la racine, on limite les chances de remonter jusqu’ici.

Le visage de Rufus se tourne vers Scott qui se remet à pianoter à une vitesse extraordinaire sur sa petite calculette avant de tourner un visage radieux vers son supérieur.

(Scott) : Cela limiterait les risques à 3.7% !

(Rufus) : Je pense que nous vivrons tous mieux sous la barre des dix… 

Rufus se tourne alors vers le reste des membres, affichant à présent sur son visage un sourire satisfait et rassuré, mais toujours aussi froid et vide.

(Rufus) : Vulcan et Sphinx… vous vous acquitterez de cette mission.

Deux ombres se redressent alors soudainement. La première est colossale et large, très impressionnante, tandis que la seconde est plus petite et émaciée, courbée vers l’avant d’un air vicieux.

(Grande Ombre) : Hmm… ça ne me fera pas de mal de me dégourdir les jambes.

(Petite Ombre) : Bwéhéhé… ne te réjouis pas trop, il n’y aura sans doute rien à tuer !!

Les deux ombres quittent la table et disparaissent dans les ténèbres tandis que le regard de Rufus se porte sur ses mains qui se resserrent de colère. Ses sourcils se froncent et ses dents se serrent tandis que le visage d’Opitz lui revient en mémoire.

A plusieurs centaines de kilomètres de là, à Eidolon, le QG de la Brigade Inquisitoriale est baignée dans une suractivité inhabituelle. Tous les fonctionnaires gradés courent dans les couloirs en direction de la salle de réunion où la grande table des inspecteurs est dressée, tous ses sièges occupés par l’élite de la Brigade. Recouvert de bandages et de pansements, Telziel est assit au bout de la table, vers le fond de la salle. Il affiche un air renfrogné en posant ses yeux sur la coupe parfaite et reconnaissable entre mille de Davien Miller, assis cinq sièges devant lui. Eliza et Notgiel sont debout derrière Telziel, ne disant mot et se contentant de regarder dans le vague. Le brouhaha de ce début de réunion s’arrête soudainement quand la porte secondaire de la salle s’ouvre, laissant passer un grand et gros bonhomme aux cheveux grisonnant, portant une épaisse moustache noire. Il porte sur le dos un long imperméable d’inspecteur supérieur et tout le monde se redresse dès son entrée dans la salle. Lorsqu’il fait signe aux personnes en présence de se rasseoir, tout le monde s’exécute. Il laisse planer un silence de quelques secondes avant de prendre la parole. 

(Todd) : Bien, pour ceux qui ne me connaitraient pas encore, je suis l’inspecteur en chef Trevor Todd. J’espère que vous avez tous bien déjeuner avant cette réunion, car je n’ai pas pensé à commander d’amuses gueules.

Un léger rire se soulève dans l’assemblée telle une petite vague de fraîcheur qui ne parvient pas à desceller le visage grisâtre d’un Telziel imperturbable.

(Todd) : Si j’ai décidé de réunir aujourd’hui l’ensemble des gradés de la Brigade, c’est pour vous faire part d’une demande officielle du ministère, en commun accord entre l’ADT et l’ADM… c’est vous dire la rareté de la chose.

Il sort de la poche de son imperméable un communiqué express, y jette un coup d’œil rapide et s’éclaircit la voix avant de le résumer à l’assemblée.

(Todd) : Bien… ces hauts gratte-papiers nous somment de mettre un arrêt complet et définitif au crime organisé qui frappe les trafics de marchandises entre Eidolon et les états extérieurs. De nombreux antigravs et autres train à marchandises ont été pillés et détruits sur nos lignes communes, et ça commence sérieusement à échauffer les oreilles de nos gros bourgeois qui en ont marre de devoir s’expliquer auprès de leurs homologues étrangers.

Telziel pousse un soupir en murmurant à l’attention d’Eliza et de Notgiel.

(Telziel) : Ils nous mettent en bride et nous retire la plus grosse affaire concernant leurs petits problèmes… allez comprendre…

Todd remarque que Telziel discute avec ses lieutenants et l’interpelle.

(Todd) : Quelque chose à dire, Maximilien ? 

Telziel semble hésiter quelques secondes puis, oubliant toute dignité, se redresse et parle en public. Davien tourne vivement la tête vers lui, affichant une expression enjouée et limite cruelle.

(Telziel) : Vous m’avez placé sous l’autorité de Miller parce que vous en aviez assez de mes initiatives personnelles… mais si vous saviez pour quelles raisons je suis parti à Hydrapole et que j’en suis revenu dans cet état, vous ne m’auriez pas bridé, monsieur Todd.

(Todd) : Qu’est ce que c’est que ce ton, Telziel ? Nous nous connaissons depuis longtemps et je croyais avoir été clair sur ce sujet : le problème ne vient pas uniquement de votre dernière « enquête privée » mais de l’ensemble de vos initiatives hâtives et votre manque de sérieux.

Telziel semble se renfrogner, être sur le point de battre en retraite et de se rasseoir sans rien ajouter, mais sous le regard cynique et glacial de Davien qui ne semble attendre que ça, il se sent prit d’un regain de fierté et se redresse de plus belle.

(Telziel) : L’Ordo Arakis, ça vous dit quelque chose, lieutenant Todd ?

Davien se lève alors tout à coup, faisant à son tour fi de toute forme de respect hiérarchique.

(Davien) : Organisation fantôme dont l’existence n’a jamais été établie et après laquelle vous courrez depuis des années dans l’espoir d’en faire le succès utopique d’une carrière médiocre. Restez assis, Telziel… c’est un ordre. Vous déshonorez votre profession.

(Telziel) : Mes oreilles sifflent. J’ai l’impression d’entendre de la merde, mais j’ai pas souscris à l’option.

Todd se gonfle soudain d’un air impérial alors que Davien semble être prêt à répartir de plus belle.

(Todd) : Ca suffit messieurs, un peu de tenu ! Nous sommes en réunion officielle. Miller, vous n’avez pas à couper votre camarade, même si vous êtes son supérieur hiérarchique. Quant à vous, Telziel, ce n’est pas parce que j’étais un très bon ami de votre père que je vais accepter tous vos caprices. Alors si vous n’avez rien de tangible à avancer pour soutenir vos dires, je vous serais gré de vous rasseoir et de ne plus me perturber en divagation.

(Telziel) : Aucune divagation. L’Ordo Arakis existe bel et bien, et j’en ai la preuve sur moi.

Davien pousse un soupir en ricanant, mais Telziel l’ignore en sortant de sa poche des photos développées montrant clairement Rufus en train de parler avec Miguel.

(Telziel) : Le petit moustachu sur la photo, là, c’est Miguel Andaros. Son entrepôt a brûlé il y a un peu plus d’une semaine. Je le sais bien, j’ai faillis y griller. L’enquête qu’à mené le F2I sur lui a prouvé qu’il mouillait dans des affaires de trafics liés aux attaques de convois. L’autre type aux cheveux blancs est le chef de l’Ordo Arakis… et j’ai même pu obtenir son nom grâce à cette photographie et aux scans optiques identitaires du département scientifique !

Davien se redresse soudainement en tapant des poings sur la table, visiblement énervé.

(Davien) : Vous DEVIEZ mettre à ma disposition toutes les preuves !! J’avais été très clair là-dessus !! C’est un non respect de la hiérarchie ! Inspecteur en chef Todd, je demande un blâme immédiat!

Mais l’inspecteur en chef Todd n’entend déjà plus Davien. Les yeux plongés dans ceux de Telziel, il affiche un sourire mi-fasciné mi-amusé.

(Todd) : Combien d’hommes vous faut il ?

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