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Morlan sauve la mise

Sorti le 03/01/2007, compilé dans le Volume 5

Histoire :

Vladimir observe attentivement le regard perdu et assuré, limite résigné, de son compagnon d’infortune, essayant d’y déceler une quelconque trace de message caché, de stratégie, qui pourrait justifier l’aberration qu’il vient de dire. Le professeur sait pertinemment qu’il perd son temps.

(Vladimir) : Vous vous rendez compte de la situation dans laquelle nous sommes ?

(Engal) : Oui.

Le mage reste de marbre. Il ne prendra donc pas l’arme que lui propose Vladimir. Ce-dernier en reste coi. Les mains ferrés par les menottes que lui a passé son ravisseur, il ne peut pas atteindre le disrupteur à ions de lui-même. Les liguiens ne font plus de sommations : ils font un pas en avant et leurs armes émettent un déclic significatif. Le professeur observe ces fusils d’assaut PA-2 qu’il ne connait que trop bien. Soudain, ses yeux s’éclairent et une idée lui vient. Il se jette contre Engal, manquant de peu de le faire tomber, et se colle à lui complètement, comme s’il voulait rentrer sous sa chemise.

(Engal) : Hey, ça va pas ?

(Vladimir) : Fermez la !!

Les liguiens arrêtent leurs mouvements, semblant quelque peu déconcertés. L’un d’eux baisse son arme et s’approche de quelques pas, restant tout de même à bonne distance. Il se met à remuer la main, comme pour indiquer à Vladimir qu’il doit s’écarter.

(Liguien) : Poussez vous, professeur Morlan !

Morlan affiche un sourire vainqueur face à la demande du Liguien : son idée a parfaitement fonctionnée. Il évite cependant les regards incrédules et dégoûtés que lui lance Engal, trop gêné de la position ridicule dans laquelle il s’est placé.

(Morlan) : Comptez pas là-dessus. Je ne bougerais pas ! Si vous voulez tirer, allez-y.

(Liguien) : Qu… ?!

(Morlan) : Bien sûr, vous savez que vos fusils d’assaut PA-2 sont équipées de balles perforantes. Même si vous tirez dans le dos de ce mage, j’en prendrai moi aussi plein la tronche.

Les yeux de Morlan s’assombrissent alors qu’Engal comprend soudainement le plan du professeur.

(Morlan) : Seulement… vous devez me prendre vivant, n’est ce pas ?

Le professeur se redresse quelque peu, faisant face à Engal tout en affichant un étrange sourire. Cette proximité semble dégoûter le mage, mais Vladimir ne se sent pas plus à l’aise.

(Vladimir) : Qu’est ce que vous attendez pour jouer votre rôle de ravisseur, Engal ?

Sans rien répondre, le mage saisit Vladimir à la gorge et le retourne dos contre lui, tout en tirant son épée de son fourreau pour aller directement la plaquer sous la gorge de sa proie. Même s’il a souhaité cette situation, Morlan ne semble pas à son aise et se met à suer à grosses gouttes.

(Engal) : Laissez nous passer, ou je vous jure que je lui tranche la gorge.

Le liguien qui s’était avancé ne bouge pas d’un centimètre, semblant réfléchir à ce qu’il doit faire pour se tirer de ce mauvais pas. Soudain, son visage s’éclaire d’un sourire sournois tandis qu’il redresse son arme vers le duo.

(Liguien) : Du gros bluff. Restez sur place.

Il fait quelques pas vers Engal et sa proie en tendant la main, signe qu’il veut arracher Vladimir à l’emprise du mage, mais ce-dernier semble prendre son rôle au sérieux, car il redresse sa lame, qui pénètre légèrement dans la chair de Vladimir, laissant s’écouler un fin liseré de sang.

(Vladimir) : Qu… Qu’est ce que vous faites ?!!

(Engal) : Ah… vous bluffiez ? Pas moi !

Vladimir avale à sec. Tétanisé, il n’ose plus faire un seul mouvement. Il craint fort que son idée n’ait germé de manière plus poussée dans l’esprit d’Engal et ne lui ait rappelé le réel but de sa mission. Cependant, ce geste suffit pour faire reculer le liguien d’un pas. Cependant, il ne semble pas des plus crédules, car son air reste décidé.

(Liguien) : Vous ne le ferez pas.

(Vladimir) : Si, il le fera !

(Engal) : Exact.

Et soudain, tout s’accélère. Le liguien se jette sur le duo pour attraper Vladimir tout en pointant son arme sur Engal en la tenant par l’autre main. Morlan croit sa dernière heure arrivée et ferme les yeux, sentant le froid de la lame se resserrer sur sa gorge. Cependant, il se sent soudainement propulsé vers l’avant. Engal vient en effet de le pousser contre le liguien afin de déstabiliser ce-dernier et d’un large mouvement de son épée, il taillade violemment le torse de cet opposant qui s’écroule dans une fontaine de sang. Au moment de l’impact, il sent comme un tintement métallique, mais prit dans le feu de l’action, il ne parvient pas à distinguer ce dont il s’agit. Laissant ce corps à l’agonie, Engal a récupéré Vladimir et la reprit contre lui, en véritable bouclier humain, défiant les autres liguiens légèrement paniqués en levant son épée ensanglantée dans leur direction.

(Engal) : D’autres amateurs ?

Aucune réaction. Vladimir se retourne une nouvelle fois vers son allié provisoire, un sourire jaune imprimé sur son visage complètement blême.

(Vladimir) : Pas mal.

(Engal) : Je joue de chance. Nous avions une chance sur deux de nous faire tuer.

(Vladimir) : Sans vouloir vous vexer, cette probabilité de survie ne me convient guère… c’est pour ça que j’ai pris les devants. Ne m’en voulez pas, surtout.

Vladimir redresse ses mains devant le visage d’Engal, qui remarque avec stupeur que la chaîne reliant les deux menottes est coupée, comme tranchée nette.

(Vladimir) : Vous avez une sacré force. Au moment de l’attaque, j’ai juste eût le temps de bien me placer pour que vous tranchiez aussi ces menottes.

Engal saisit Vladimir au col, enragé par la fourberie de ce-dernier.

(Engal) : Je ne sais pas ce qui me retient de te…

(Vladimir) : Plus tard pour ça.

Sans perdre une seule seconde, Vladimir, toujours plaqué contre Engal, soulève sa veste sur le côté droit pour se saisir d’une sorte de petite grenade de couleur complètement noire dont la goupille est fixée à sa ceinture. Seul une espèce de gros bouton rouge perturbe la face complètement lisse de ce fameux « disrupteur ionique ». Vladimir tire un coup sec sur l’objet qui se détache alors de la goupille, puis presse le bouton, ce qui émet un son strident. Les liguiens ont un mouvement de recul à l’audition de ce son.

(Liguien) : Ne me dites pas que…

Des arcs électriques bleutés commencent à parcourir les fusils d’assaut et une épaisse fumée grisâtre s’échappe soudainement de leurs canons. Les regards que lancent les liguiens sur leurs armes est équivoque : elles sont complètement foutues. A peine redressent-ils leur visage qu’Engal a déjà fondu sur eux, l’épée au poing.
Le premier liguien se fait trancher la gorge sans même avoir le temps de réagir, mais les autres tirent de leurs ceintures des couteaux de combat rapproché.


(Liguien) : Ne croit pas nous impressionner.

(Engal) : *Il en reste quatre, et je commence à fatiguer… mais ma maîtrise de l’épée n’est pas mauvaise… ça devrait suffire.*

Pas plus d’une seconde de réflexion et l’épée produit un arc sur la droite venant trancher le bras du premier liguien qui ne s’attendait pas à une attaque aussi brutale. Il tombe à genou au sol dans un hurlement de douleur, mais Engal l’achève rapidement en lui passant le fer au travers du corps. Néanmoins, il expose alors son dos à un autre liguien qui en profite pour se jeter sur lui. Engal se laisse tomber vers l’avant, évitant le coup de poignard qui lui était destiné, et roule sur le côté, retirant ainsi sa lame du corps sans vie de sa dernière victime. Le liguien qui l’assaille est déjà sur lui, ne lui laissant pas le temps de se relever, et lui fait une profonde entaille au niveau de l’épaule. Cette blessure ne fait qu’éveiller encore plus l’ardeur combative d’Engal qui déchaîne sa violence et sa rage en un magistral coup de poing qui envoi son adversaire voler deux mètres plus loin. Le mage se redresse, et d’un saut rapide, retombe sur son ennemi, l’empalant à même le sol.
Cependant, il sent immédiatement que quelque chose est différent au contact de ce corps. Le sang n’a pas giclé. La lame a glissé comme dans du beurre. Enfin, Engal redresse les yeux en direction du visage de sa victime, et voit qu’elle affiche un sourire malsain et qu’elle ne semble pas du tout souffrir. Le mage tente de retirer son sabre de sa victime, mais il est complètement coincé. C’est avec effroi qu’il se rend compte qu’une étrange ondulation argentée entoure la blessure au niveau du ventre et qu’elle prend la forme d’une vaguelette qui s’étend à l’ensemble du corps depuis ce point central. Bientôt, le liguien ne ressemble plus qu’à un homme qu’on aurait entièrement recouvert de métal liquide et ondulant. D’un geste rapide, cet être étrange casse la lame de l’épée d’Engal dont la partie supérieure retombe au sol dans un tintement particulier.
Le mage a reculé jusqu’à rejoindre Vladimir, qui ne comprend pas lui non plus ce qui se passe. L’être argenté se met à onduler de plus en plus fort jusqu’à devenir complètement liquide et se transformer en une flaque grise et miroitante. Les deux liguiens restant commencent eux aussi à subir la même ondulation et deviennent rapidement des flaques, comme le premier.


(Engal) : Qu’est ce que c’est que ce truc ?

(Vladimir) : Je n’en ai pas la moindre idée.

Les trois flaques se mettent alors à glisser sur le sol de béton de l’arrière cour jusqu’à se rejoindre toutes les trois en une seule. Celle-ci se met alors à rouler sur elle-même et à prendre de l’épaisseur, s’étirant vers le haut et se modelant au fur et à mesure de cette étrange progression. Enfin, le tout semble prendre la forme d’un nouveau corps humain. Le métal liquide roule alors le long de ce nouvel arrivant, s’infiltrant dans le moindre recoin pour disparaître, laissant apparaître des couleurs de vêtements et de peau.
Quicksilver se tient là, face à Engal et Vladimir, un sourire glacial imprimé sur le visage. Un petit liseré de sang s’écoule alors de sa bouche, qu’il s’empresse d’effacer d’un geste rapide du pouce.


(Quicksilver) : Mon clone a morflé… je reconnais vous avoir sous-estimé.

Chapitre 42 Chapitre 44

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