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Révolte et alliance

Sorti le 28/12/2007, compilé dans le Volume 5

Histoire :

Engal lance sur Vladimir un regard froid où se lit néanmoins une lueur de doute. Il se penche sur le corps agenouillé du professeur et lui agrippe l’épaule avec tant de force que ce-dernier ne peut s’empêcher de pousser un gémissement de douleur.

(Engal) : La mort vous paraîtra douce après les supplices que je vais vous infliger si vous ne vous relevez pas.

Vladimir tente d’afficher un sourire narquois malgré la souffrance qui émane de son épaule sur laquelle le mage affecte de plus en plus de pression.

(Vladimir) : De l’intimidation maintenant ?

(Engal) : Vous savez que dans ces circonstances je ne plaisante plus.

En effet, dans les yeux d’Engal, il y a plus de détermination que le professeur l’espérait. Cependant, ce-dernier n’affiche aucune volonté de mouvement et finit par pousser un soupir.

(Vladimir) : Vous avez raison… je n’ai pas envie de mourir.

La pression se relâche alors d’un seul coup et Engal veut profiter de ce mouvement de recul pour saisir Vladimir par les épaules afin de le redresser mais ce-dernier reste cloué au sol, refusant tout geste.

(Engal) : Eh bien ?

(Vladimir) : J’ai dis que je n’avais pas envie de mourir. Ni maintenant, ni plus tard. C’est clair ?

Engal se redresse alors dans un mouvement brusque et son interlocuteur n’a même pas le temps de réagir qu’il reçoit un coup de poing en plein visage qui l’envoi rouler sur le côté. Il tourne des yeux surpris vers son agresseur qui pointe vers lui un doigt accusateur.

(Engal) : Technopartisan de merde ! Ca ne marche pas comme ça, tes ruses et tes manipulations. Tu me prends pour un esprit faible, facile à entourlouper ? Laisse-moi te dire que tu as tort !

(Vladimir) : A quoi cela rime-t-il ? Cette débauche de haine et de violence ? Je ne suis pas un technopartisan.

Engal croise les bras et affiche un sourire de triomphe en levant les yeux au ciel.

(Engal) : Ce n’est ni le lieu ni le moment pour papoter.

(Vladimir) : Au contraire, le moment est tout choisi. Je ne suis pas un technopartisan.

(Engal) : Menteur !

(Vladimir) : JE NE SUIS PAS UN TECHNOPARTISAN !

Cette fois-ci c’est un coup de pied qui arrive directement dans les côtes de Vladimir, lui coupant le souffle. Il tombe face contre terre, ne s’attendant pas à une telle violence. Engal s’accroupit et saisit ses cheveux entre ses doigts pour remonter son visage face au sien et le foudroyer d’un regard assassin.

(Engal) : Je vais te dire une chose, Morlan, j’ai une sainte horreur des personnes qui nient pour tenter de masquer les apparences. Tu dis ne pas être technopartisan alors que tu as, et ceci est confirmé par je ne sais combien de magazines, remporté plusieurs prix scientifiques, que tu es à l’origine de plusieurs dizaines d’inventions révolutionnaires, que tu as participé activement à la création d’armes et de véhicules de combats entièrement destinés à la lutte contre les soldats-mages… tu es technopartisan, et tu me fais perdre mon temps.

Vladimir baisse la tête, laissant ses cheveux masquer son visage suant et poussiéreux. Il tremble de douleur, et sa voix aussi est tremblante et haletante.

(Vladimir) : J’ai fais toutes ces choses, c’est vrai… mais je ne cautionne pas l’utilité que l’on fait de mes travaux. Souvent, je regrette d’avoir inventé, d’avoir créé, des objets technologiques destinés à améliorer le quotidien de mes concitoyens et que je vois détournés de leur fonction première afin de devenir des armes de mort.

Engal ne peut que remarquer avec une certaine pitié les gouttes qui coulent au sol sous le visage de Vladimir. Il n’a pas besoin de voir le corps de sa proie parcourue de légers soubresauts pour se rendre compte que ce sont des larmes.

(Vladimir) : A chaque fois que j’apprends dans des journaux de nouveaux massacres, de nouveaux attentats, je ne peux refreiner une honte incroyable… ça me bouffe suffisamment comme ça.

(Engal) : Si tu avais de tels regrets, tu… tu… tu cesserais ces activités !!

Le visage de Vladimir se redresse alors vers celui d’Engal et il plonge un regard furieux dans le sien. Ses yeux sont emplis de larmes qui coulent amèrement le long de son visage.

(Vladimir) : Je ne peux pas. Je continue à croire que mes inventions, même si elles sont mal utilisées par certains, contribuent à venir en aide aux autres, à ceux qui ont compris mon but.

(Engal) : Moi-même je ne le comprends pas.

(Vladimir) : Il est pourtant simple… il est la devise même que j’avais donné à l’Aritark, le pourquoi, la raison de son existence : je travaille pour un monde meilleur…

Son expression se fait encore plus dure et sévère et ses larmes arrêtent de couler, comme s’il se forçait à les stopper malgré la peur et la tristesse qui se sont emparés de lui.

(Vladimir) : … ou je péris dans le monde actuel.

Vladimir se redresse soudainement sur ses genoux et bombe son torse à l’attention d’Engal qui se redresse en un mouvement de recul. Le professeur affiche à présent une expression déterminée, même si emplie de tristesse.

(Vladimir) : Je ne veux pas mourir… mais si selon vous mon travail n’aboutit pas à un monde meilleur, je préfère que vous me tuiez tout de suite… je vous l’ai dis… ce n’était pas du bluff.

Engal semble hésitant, il tente de soutenir le regard assuré de Vladimir à deux-trois reprises, puis renonce finalement à cette entreprise. Néanmoins, il porte sa main au pommeau de son épée et la retire d’un geste brusque, ce qui affecte un petit mouvement de recul de la part du professeur. La lame vient se plaquer contre le cou de Vladimir, mais Engal ne regarde pas vers lui, son visage est baissé vers le sol.

(Engal) : Des idéaux… hein… ?

(Vladimir) : C’est pour ça que je continue…

Engal redresse sa lame et la saisit à deux mains, prêt à l’abattre sur sa victime pour lui trancher la tête. Vladimir ferme les yeux en contenant ses larmes. Son expression est décidée. Sa volonté est inflexible.

(Vladimir) : *Pour toi, Almee… pour toi Samantha…*

Engal arrête son mouvement, lame levée, il fixe à présent sa cible pour être sur de ne pas rater son coup.

(Vladimir) : Pour le monde…

La lame d’Engal s’abat en direction de la nuque du professeur dans un bruit tranchant le vent de manière aigüe. Puis soudain, c’est le silence. Plus un bruit, plus un souffle. Engal retire sa lame et la range dans son fourreau. C’est terminé.
Vladimir rouvre les yeux. Un fin liseré de sang s’écoule du côté droit de son cou. La lame s’est arrêtée net au moment de l’impact. Sa tête est toujours sur ses épaules, seule une très légère entaille subsiste. Le professeur n’ose pas dire un mot, et ce n’est pas Engal qui semble prêt à rompre le silence. Néanmoins, il se lance au bout de quelques secondes semblant durer des heures.


(Engal) : C’est… c’est pas… c’est… pas le bon moment.

(Vladimir) : Et quand sera-t-il ?

Engal secoue la tête de droite à gauche. Il a l’air perdu.

(Engal) : J’avoue ne plus rien en savoir.

Vladimir n’ajoute rien, mais un léger sourire se dessine sur son visage, synonyme d’espoir. Il daigne se redresser, mais il chancèle un peu, les coups qu’Engal lui a infligés l’on fortement touché. Il titube et perd l’équilibre, cependant il ne s’effondre pas à nouveau car Engal le saisit par le bras, le stabilisant sur ses deux jambes. Les regards des deux hommes se croisent, mais pour la première fois, leurs expressions sont totalement neutres.

( Huh ) : On ne bouge plus !!

Vladimir a un tel sursaut qu’il manque peu de tomber en emmenant Engal dans sa chute. Il arrive cependant à rester sur ses jambes et son visage se tourne vers l’origine de l’altercation. Un garde de la Ligue Noire se trouve face à eux, pointant dans leur direction un fusil d’assaut PA-2 lourdement modifié. Le professeur se met soudainement à suer à grosse goutte : avec les derniers évènements, il avait fini par complètement oublier la poursuite dans laquelle il était engagé. Engal garde cependant un air sûr de lui qui réconforte Vladimir, et cela même si cinq autres guildiens font leur apparition derrière le premier, formant un cercle autour du duo de fuyards.

(Vladimir) : Avec ce que vous avez fait dans le bureau de Lexus, j’ose espérer que ces six là ne vous inquiètent pas.

Engal ne répond rien, tenant la garde de son épée toujours dans son fourreau.

(Engal) : Je suis à sec.

(Vladimir) : Quoi ?!

Un guildien fait un pas en avant vers Engal, le menaçant de son arme en de petits mouvements brefs et agressifs.

(Guildien) : Toi là, le mage, lâche ton épée.

Engal ne prête aucune attention à l’altercation, ni au garde.

(Engal) : Je suis à sec. Plus de pouvoirs. Il me faudrait du repos.

(Guildien) : Silence ! Je t’ai dis de lâcher ton arme et je ne le répèterai pas une troisième fois.

Vladimir semble également tenter de faire abstraction des gardes et tourne légèrement la tête pour ne se faire entendre que d’Engal.

(Vladimir) : Sous ma veste, du côté droit… il y a un disrupteur à ions… Ca rend tout appareil électronique inutilisable sur un rayon de cinquante mètres et ces fusils sont justement électroniquement modifiés pour améliorer la cadence de tir. J’avais l’intention de m’en servir au cas où mais…

(Guildien) : Ca suffit, taisez vous ! Je vais vous faire abattre si vous ne lâchez pas cette arme !

Engal affecte toujours la surdité vis-à-vis des guildiens et répond à la proposition de Vladimir d’un ton sec.

(Engal) : Je refuse de l’utiliser…

Vladimir affiche une expression de stupeur et se met soudainement à suer de plus belle.

(Engal) : Je préfère mourir que d’employer un tel gadget.

Chapitre 41 Chapitre 43

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