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Le chasseur et ses proies

Sorti le 12/12/2007, compilé dans le Volume 5

Histoire :

Morlan, les poings attachés par les menottes, a des difficultés à suivre la progression rapide d’Engal, qui le traine presque à bout de bras. Essoufflé, le professeur fait mine de marquer un arrêt, mais il n’a pas le temps de freiner sa course que la lame d’Engal se plaque contre sa gorge.

(Engal) : On ne s’arrête pas.

(Morlan) : Je… ne… peux pas… suivre… à ce rythme…

Engal hausse les épaules d’un air impatient et abaisse sa lame. Il traîne Vladimir jusque dans un coin humide où des poubelles sont entreposées, le laissant reprendre son souffle.

(Engal) : Je ne peux pas risquer qu’on nous surprenne…

Morlan produit un ricanement étouffé par son souffle haletant. La tête baissée, le dos courbé, il essaye de reprendre une respiration normale et calme.

(Morlan) : On est déjà à notre poursuite.

L’épée d’Engal se redresse une nouvelle fois en direction de la gorge de Vladimir qui pousse un soupir de fatigue, sachant très bien que son agresseur n’ira pas au bout de son geste… pour l’instant.

(Morlan) : Je ne parle pas de la police… mais de la Ligue Noire… ils étaient trop heureux de me récupérer pour me laisser filer entre leurs pattes de cette façon…

Engal saisit Vladimir au collet, le forçant à se redresser pour plonger ses yeux dans les siens, montrant une expression très sombre et sérieuse.

(Engal) : Vous vous êtes jeté dans mes griffes pour échapper à ces gars, alors vous n’allez tout de même pas espérer que…

(Morlan) : Oh non, certainement pas… je préfère largement être dans vos griffes plutôt qu’aux mains de la Ligue Noire.

Engal relâche le col de Vladimir avec violence, manquant de peu de le faire chuter parmi les détritus qui encombrent la rue. Un bruit de réacteur se fait alors entendre tandis qu’un transport aérien de couleur noire, frappé de l’emblème d’une société high-tech nommée Aaron&Co, se stabilise au dessus de la rue. Vladimir se jette alors de lui-même dans l’angle du mur, entrenant Engal de force avec lui.

(Engal) : Qu’est ce que vous foutez ?

(Vladimir) : Ce sont eux… la Ligue Noire !! Aaron&Co est une société écran qui leur sert de couverture. Ils doivent être en train de scanner le secteur.

Sans répondre un seul mot, Engal applique sa main contre le mur et y charge une petite dose de magie.

(Engal) : « Draholbeth » ! Deviens sable !

Le mur commence alors à s’effriter jusqu’à lentement prendre la composition du sable partout où Engal passe sa main. Le sable s’écoule lentement aux pieds de Vladimir qui ne quitte pas le transport aérien des yeux. Lorsqu’Engal le saisit par l’épaule pour l’entrainer dans l’ouverture qu’il vient de pratiquer, le professeur est surpris de l’existence de celle-ci.

Plus haut dans la ville, au sommet du bâtiment où Engal avait fait disparaître Er’Lysan, Quicksilver apparaît dans une ombre sombre. Il se redresse calmement, remuant sa main dans l’air pour détecter les émanations magiques.

(Quicksilver) : La piste s’arrête ici…

Le comtalk de l’homme de la Ligue Noire se met soudainement à sonner, et il le décroche si rapidement qu’on ne peut même pas percevoir son geste. C’est un appel de Lexus.

(Lexus) : Monsieur Quicksilver ? Le transport 3 dans la zone Est a détecté une émanation magique de faible puissance au secteur 28.

Sans rien répondre, Quicksilver referme son comtalk et le fourre dans sa poche.

(Quicksilver) : Même de faible puissance, une émanation magique à Hydrapole est si rare que ça ne peut pas être quelqu’un d’autre…

Sans ajouter un seul mot, Quicksilver s’accroupit et disparaît à nouveau à une vitesse défiant toute concurrence.
Quelques instants plus tard, il réapparaît juste dans la rue au dessus de laquelle se tient le transport aéroporté dont un membre de la Ligue Noire est en train de descendre en rappel, un scanner portatif entre les mains. Il atterrit aux côtés de son supérieur et détache le câble de liaison qui le relit à l’appareil.


(Quicksilver) : Essayez d’être plus discret… je ne veux pas que les forces de l’ordre s’en mêle, on a déjà assez d’emmerdes avec elles comme ça.

(Liguien) : Oui monsieur.

Le membre de la Ligue met en activité le scanner et ils ne tardent pas trouver l’entrée qu’Engal a pratiqué quelques instants plus tôt dans le mur.

(Quicksilver) : L’étau se resserre. Faites atterrir le transport sur le toit et investissez l’immeuble. Moi je vais rentrer par là.

(Liguien) : Bien monsieur.

Mais au moment où il lâche ses mots, son interlocuteur a déjà disparu dans la pénombre de l’ouverture sablonneuse.

Au même moment, Engal et Vladimir débouchent dans l’escalier principal de l’immeuble menant à la sortie supérieure. Hydrapole est en effet un entremêlât de plaques, ce qui fait que la ville a plusieurs niveaux. Alors qu’ils s’apprêtent à sortir du bâtiment, un énorme bruit résonne au dessus d’eux. Vladimir affiche une expression paniquée.

(Morlan) : C’est le transport. Il s’est posé sur le toit : ils savent que nous sommes là.

Trempé de sueur, Engal tente de ne pas céder à la panique, et voyant des ombres se profiler derrière la sortie qu’il allait emprunter, il décide de prendre un autre itinéraire, entrainant le professeur dans son mouvement de recul.
D’un coup de pied, il fait voler en éclat la porte d’un appartement, provoquant les hurlements de la grosse femme qui était en train de tranquillement regarder la télé. Engal ne lui prête aucune attention, s’approchant de sa fenêtre pour voir qu’elle débouche sur une arrière cour déserte. La fenêtre ne tarde pas à voler en éclat d’un coup d’épée, provoquant un redoublement des hurlements de la grosse femme.


(Morlan) : Je vous prie de nous excuser, madame.

Ayant lâché ces mots, Vladimir affiche une expression de surprise et d’effroi en se sentant entrainé dans une chute de plusieurs mètres avant d’atterrir lourdement sur le béton qui compose l’arrière cour.

(Morlan) : Bordel, si je me casse quelque chose on sera bien avancé !!

(Engal) : Fermez la, bon sang.

Engal remet son otage sur pied d’un mouvement vif. Il semble de plus en plus fatigué. Morlan entend alors un léger bruit venant d’au dessus, et sans réfléchir, il attrape Engal par le bras et le tire en arrière pour le plaquer avec lui dans un renfoncement du mur sous la sortie improvisée qu’ils viennent d’emprunter. Au même instant, Quicksilver apparaît à la fenêtre de l’appartement, scrutant vivement la cour pour voir s’il aperçoit ses proies. Un long moment de silence, que n’arrivent même pas à briser les hurlements stridents et continus de la grosse femme, s’abat alors sur cette zone urbaine désertée. Les cœurs d’Engal et de Vladimir s’arrêtent, puis, sans un bruit, Quicksilver bondit de la fenêtre et atterrit cinq mètres devant eux, leur tournant le dos. Un nouveau moment de silence absolument insoutenable s’abat où les deux fugitifs essayent de s’enfoncer le plus possible dans le mur, comme s’ils espéraient y disparaître. Leur mystérieux poursuivant fait tournoyer sa main en l’air puis, visiblement déçu, la laisse retomber le long de son corps avant de disparaître comme une ombre. Engal a à peine le temps de voir celle-ci filer à une vitesse ahurissante par la sortie gauche de l’arrière cour et elle a déjà disparue.

(Engal) : Bordel de… mais comment peut il être si rapide ?

(Morlan) : Ce n’est pas de la technologie…

(Engal) : Pas de la magie non plus. Hmm… je pense savoir… mais on n’a pas le temps de nous lancer dans de grandes explications. Foutons le camp.

Engal fait un pas en avant mais Vladimir reste cloitré contre le mur, ne bougeant plus. Il affiche un regard sombre.

(Vladimir) : Non… ça suffit…

(Engal) : Quoi ? Je croyais que vous vouliez leur échapper !!

Vladimir pousse un soupir tandis que son agresseur a déjà la main plaqué sur le pommeau de son épée pour lui faire comprendre qu’il n’attendra pas de longues explications. 

(Vladimir) : Non… je fuis pour quoi ? Je me le demande… pourquoi je devrais me fatiguer à fuir alors que vous me réservez une mort certaine. Ca ne sert à rien. Je viens de me rendre compte que je ne faisais que vous aider en vous suivant comme un gentil chien.

Engal affiche une expression furieuse et attrape Vladimir par le col pour le forcer à avancer. Cependant, ce dernier met toute sa force pour résister à cette étreinte, tant et si bien qu’il tombe à genou au sol.

(Engal) : Vous n’avez pas le choix !!

Le regard de Vladimir s’assombrit encore plus, mais prend un air attristé. Il baisse la tête et parle dans un souffle.

(Vladimir) : J’ai le choix de mourir tout de suite.

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