Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 4
.:: Chapitre 4 ::.
La brigade mène l'enquête
Sorti le 28/02/2007, compilé dans le Volume 1
Histoire :
Dans la cour du manoir des Laderton, toute une équipe d’enquêteur est sur le pied de guerre et cherche des indices susceptibles de les faire avancer dans leur enquête. Aux côtés des cadavres du vieux Laderton et de son garde du corps, un magicien au chapeau extravagant est en train d’observer les corps, griffonnant sur un petit calepin. Soudain, un petit diablotin surgit de derrière lui, un sourire machiavélique imprimé sur les lèvres. C’est un familier. Des êtres magiques créés par les magiciens pour leur servir de serviteurs, d’aides… parfois d’amis. Le diablotin se place face à son maître qui soulève un œil vers lui.
(Diablotin) : Zerkim, fais pas genre tu as trouvé quelque chose !
(Zerkim) : Tais toi, bordel, j’essaye de me concentrer. Tu pourrais te bouger un peu aussi !
Le diablotin se retourne vers les cadavres et écarte les bras pour les dévoiler.
(Diablotin) : C’est Laderton, le propriétaire des lieux, et un de ses gardes du corps. Tous les autres ont subis le même sort et les domestiques se sont terrés dans les caves au premier coup de feu. Ils n’ont rien vus.
(Zerkim) : Tu ne m’apprends pas grand-chose. Ils ont juste tué Laderton pour de l’eau ? Et puis pourquoi ils auraient buté une partie de leurs complices devant les hangars ?
Le diablotin se retourne en se trifouillant la barbiche et colle un coup de pied dans le genou de son maître.
(Diablotin) : Mais j’en sais rien moi ! Divergence d’opinions peut être.
Zerkim se redresse en refermant son calepin et se met à arpenter la cour en se frottant le menton et en marmonnant, semblant être dans un état de réflexion avancée. Le diablotin se met à marcher dans ses pas, imitant la posture de son maître.
(Zerkim) : J’aurai pas dû accepter cette enquête, m’enfin bon... Donc on dispose de quoi ?
(Diablotin) : Pff… de pas grand-chose : la baraque est protégée par magie, on peut rien analyser, aucun témoignage et aucune preuve.
Le duo descend la pente en direction des hangars et s’arrête devant l’hécatombe des terroristes et les hangars vidés de leur contenu.
(Zerkim) : Je vois mal comment on va retrouver les vrais coupables. Le groupe armé responsable de la mort de Laderton a été complètement massacré, c’est donc qu’ils étaient manipulés par quelqu’un d’autre.
Zerkim se dirige vers le baril d’eau abandonné dans lequel Rufus avait plongé Sayam. Il jette un œil dans l’eau stagnante, toujours rouge du sang qui s’est écoulé dedans.
(Zerkim) : Et ce baquet nous a révélé quelque chose ?
Le diablotin claque ses mains l’une contre l’autre dans un air de surprise.
(Diablotin) : Oui, oui : une fille a été plongée dedans. Les mages analystes disent que c’est la fille de Laderton.
(Zerkim) : Et où est allée Lady Laderton, selon toi ?
Le diablotin plaque ses deux index contre chacune de ses paupières closes et se concentre longuement, visualisant mentalement le baquet et essayant de voir au-delà du temps un indice susceptible de faire avancer l’enquête. Soudain, il voit deux mains qui se rencontrent, l’une tirant l’autre hors du baril. Il rouvre alors les yeux.
(Diablotin) : Une main l’a tirée de là.
(Zerkim) : Une main humaine ?
(Diablotin) : Selon toute vraisemblance, mais je n’en vois pas plus. La sécurité magique de la propriété est trop forte.
Zerkim recommence à faire les cent pas en grommelant, ne parvenant pas à trouver de solution aux questions que soulèvent cette affaire. Il a bien des suspicions sur certaines personnes, mais aucune preuve tangible. Il se retourne vers son familier.
(Zerkim) : Peut être que Telziel et ses potes pourraient nous filer un coup de main ?
(Diablotin) : La Brigade Inquisitoriale d’Eidolon ? Pourquoi pas, après tout… ils nous doivent bien un service, non ?
Au QG de la Brigade Inquisitoriale d’Eidolon, Telziel est profondément endormi sur son bureau, qui est un véritable fourbie. Gobelets en plastique parfois encore à moitié rempli de café noir, papier empilé dans un pêle-mêle incroyable, stylos, photos, antistress, console de jeu vidéo de poche, un post d’ordinateur enterré sous des dossiers : voici une petite sélection de ce qu’on peut trouver sur le bureau de l’inspecteur en chef.
Soudain, la sonnerie du téléphone se met à retentir et Telziel s’éveille en sursaut, renversant un gobelet à moitié plein sur un dossier apparemment important.
(Telziel) : Et merde !
Il relève rapidement le gobelet, retire le dossier et l’agite rapidement pour enlever le plus gros du liquide qui s’est écoulé dessus, puis il le bazarde à nouveau sur le bureau, renversant une autre pile de feuille qui s’écroule au sol. Il se met alors en quête du téléphone qui doit être enterré quelque part sous son tas de feuille et le trouve finalement dans la poubelle. Il décroche rapidement, assit au sol, la tête encore endormie.
(Telziel) : Allo ?
A l’autre bout du fil, on entend la voix de Zerkim.
(Zerkim) : Allo Telziel ? C’est Zerkim, d’Adra’Haar. Je te dérange ?
(Telziel) : Non non… Qu’est ce que je peux pour toi ?
Dans la salle adjacente au bureau de Telziel, Notgiel est en train d’essayer de taper un rapport. Eliza est assise au bureau d’en face et relis de la paperasse sur le sorcier Jenkins qu’ils ont appréhendés récemment. Notgiel interpelle Eliza en lui lançant une boulette de papier.
(Eliza) : Mmmh ?
(Notgiel) : Heu… je me demandais si tu faisais quelque chose ce soir, après le service ?
Eliza sourit doucement en jetant la boulette de papier à la poubelle. Elle laisse mariner son collègue un instant.
(Eliza) : Je ne sais pas si ça plairait à Maximilien…
(Notgiel) : Quoi ? Telziel ? Lui et toi, vous… ??
(Eliza) : Tu es inspecteur et tu n’avais même pas remarqué ça ?
Notgiel devient tout rouge et s’enfonce dans son fauteuil avant de recommencer à taper son rapport. Soudain, la porte du bureau de Telziel s’ouvre, faisant sursauter le duo d’inspecteurs présent dans l’autre pièce. Telziel pointe une pile de dossier du doigt.
(Telziel) : Notgiel, le dossier sur l’Ordo Arakis.
Notgiel se jette sur la paperasse et commence à fouiller. Eliza se redresse de son bureau et lance un regard interrogateur à Telziel.
(Eliza) : Tu as du nouveau sur l’Ordo ?
(Telziel) : Zerkim de la Brigade d’Adra’Haar vient de m’appeler. Le Seigneur Louis Laderton a été tué par une petite organisation criminelle locale dont tous les membres ont été massacrés sur place. Bien sûr le butin qu’ils convoitaient a été volé par quelqu’un d’autre. Ca me semble typique des agissements de l’Ordo.
Notgiel extirpe un dossier assez énorme de la pile, faisant s’effondrer une bonne partie de celle-ci.
(Notgiel) : Je l’ai.
Il l’apporte à son bureau autour duquel viennent le rejoindre Telziel et Eliza.
(Notgiel) : On les avait repéré dernièrement entre Eidolon et Adra’Haar. Ils ont attaqué un autochenille il me semble.
(Telziel) : Une proie bien trop inintéressante pour l’Ordo. On comprend maintenant pourquoi ils ont agis ainsi : ils y ont volés des armes qu’ils ont fournies aux terroristes qui ont tués Laderton. C’est comme ça qu’ils se sont greffés à l’affaire. Le reste n’est qu’une histoire de celui qui tirera le gros lot en premier. Ca ne peut jamais bien se finir, surtout pas avec l’Ordo.
(Notgiel) : Qui sont-ils en vérité ?
(Eliza) : C’est un groupe de mercenaires qui ne dépend d'aucune instance politique connue et semble agir uniquement dans son propre intérêt. On ne compte plus le nombre de braquages, vols, assassinats, pillages, et j’en passe, qui leur est attribué. Ca fait des années qu’on essaye de les avoir.
(Notgiel) : Mais vous êtes sûrs qu’ils sont liés à l’assassinat du Seigneur Laderton ?
(Telziel) : Non, mais presque. Notre but est justement de le prouver.
Telziel farfouille dans le dossier, observe des feuillets quelques minutes avant de tomber sur la photographie d’un hangar de ressourcement des eaux usées. Il brandille la photo vieillie par le temps devant ses collègues.
(Eliza) : Qu’est ce que c’est ?
(Telziel) : Soit disant un hangar destiné au ressourcement et au nettoyage des eaux usées, mais en réalité un vrai petit marché noir de l’eau. L’Ordo semblait déjà avoir utilisé ces locaux pour le stock de certaines de ses marchandises, mais nous n’avons jamais pu le prouver.
(Notgiel) : Ca se trouve à Adra’Haar alors ?
(Telziel) : Non, à Hydrapole.
(Notgiel) : Ca n’a pas de sens ! Il n’y a aucun profit à tirer du marché de l’eau à Hydrapole.
(Telziel) : Mais t’es stupide ou quoi ? L’Ordo vole cette eau illégalement mais se doit de la revendre de manière légale. Ils ne veulent pas que les contrôles puissent se douter que l’eau contenue dans ces barils vient de chez Laderton. C’est pour ça qu’ils vont les faire légaliser dans ces zones de non-droit, à Hydrapole, où ils les mêleront à d’autre barils qui ont pour destination d’importation Adra’Haar. Ca ne coutera presque rien à l’Ordo. Une fois que les barils auront repassés la frontière, il n’y aura plus de risque de pistage, car même si les autorités locales prouvaient que ces barils sont bien ceux de Laderton, ils n’ont aucun droit dessus à cause de leur fausse provenance d’un territoire extérieur. C’est à ce moment que l’Ordo, disposant des titres de droit sur ces barils, les récupère et les revend à prix d’or, et ce de la manière la plus légale, sans payer les coûts d’importation. Stratégie immonde mais payante.
Eliza s’étire doucement en baillant.
(Eliza) : Et on fait quoi maintenant ?
(Telziel) : Eh bien… en route pour Hydrapole !
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