Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 39

.:: Chapitre 39 ::.
Engal passe à l'action!!

Sorti le 28/11/2007, compilé dans le Volume 5

Histoire :

La bête volante projette des centaines de feuilles de papier dans la pièce à chaque battement de ses puissantes ailes. Les gardes, estomaqués, ne savent pas s’ils doivent prendre leurs jambes à leur cou ou tirer. Marc Lexus se redresse, un fin liseré de sang s’écoulant le long de son front. Il grogne un instant, et voyant Vladimir se diriger vers le nouvel arrivant et sa terrifiante monture, il tend une main tremblante vers ses hommes de main et se met à vociférer.

(Lexus) : Mais qu’attendez vous ? Abattez cette bestiole !

Entendant l’ordre qui vient d’être proféré, Engal tourne sa tête vers son origine et affiche un sourire à la vue du regard tremblant de Lexus. D’un geste vif, il saute du dos de son invocation et atterrit parmi les feuilles blanches qui jonchent le sol, évitant la salve de tirs destinés à le priver de vie. Er’Lisan brandit son aile pour couvrir son maître, arrêtant sans le moindre mal une seconde salve de balles. L’aile se rabat devant Vladimir et se replie autour de lui pour le mettre à l’abri tandis qu’Engal fonce droit vers Lexus, son épée à la main. Un garde s’interpose, brandissant une arme de poing. Par une habile parade, le mage le contourne et lui fait une large entaille dans le dos du revers de sa lame. Un second garde arrive sur le côté droit pour le prendre en traître, mais Engal l’intercepte d’une salve enflammée projetée par la paume de sa main libre. Deux pas de plus, et le voilà devant Marc Lexus qui se plaque contre le mur, donnant l’impression d’y chercher une quelconque cavité sous laquelle il pourrait se cacher. 

(Engal) : Alors monsieur Lexus… vous êtes toujours aussi persuadé que la technologie vaut mieux que la magie ?

(Lexus) : Vous rigolerez moins quand les renforts seront là.

Comme pour répondre à cette réflexion, une douzaine de gardes lourdement armés font irruption dans la pièce en poussant des hurlements de rage inutiles. Er’Lisan répond à ces cris par un hurlement de sa propre facture, chargé en magie électrique. Un véritable tourbillon de vent chargé d’électricité s’abat sur les nouveaux venus, les projetant violemment dans le couloir d’où ils étaient venus tout en leur filant une bonne décharge.
Engal, le regard plongé dans les yeux de Lexus, affiche un sourire satisfait. Toujours pâlot et tremblotant, le chef de l’Aritark n’en perd pas moins la face.


(Lexus) : Avec tous ces petits tours, vous n’allez pas tarder à être à sec…

(Engal) : Vous ne devriez pas sous estimer mes réserves.   

(Lexus) : Et vous, vous auriez dû vous montrer plus prudent avant de m’approcher de si près.

Dans un geste brusque et précipité, Lexus sort un pistolet électrique de la poche intérieur de son veston et le plaque contre le torse d’Engal. Ce-dernier fait un bond en arrière pour esquiver la décharge, laissant ainsi le temps à Lexus de s’enfuir vers la double porte de son bureau, où deux gardes mettent Engal en joue sans que celui-ci ait le temps de réagir. Ce n’est pas le cas de son invocation, qui plaque son aile comme une barrière devant son maître.

(Engal) : Parfait, Er’Lysan… tiens toi prêt !

Jetant un rapide coup d’œil par-dessus l’aile de la bête, Engal regarde si Vladimir est bien accroché. Plaqué contre le dos de l’invocation pour éviter les tirs de ses agresseurs, le professeur est néanmoins correctement sanglé sur le dos chitineux d’Er’Lysan.

(Engal) : Vous vous tenez bien ?

(Vladimir) : Si on peut dire…

Engal saute alors sur le dos de la bête, juste devant l’endroit où s’est déjà installé Vladimir. Le professeur adresse un léger salut de la tête en direction de Lexus qui ne peut s’empêcher de balancer une injure rageuse. L’adieu d’Engal est un peu plus violent, car Er’Lisan ouvre une ultime fois la gueule pour projeter un jet de flammes brûlant en direction de la porte. Un des gardes prend feu pour mettre Lexus en sécurité derrière lui, et c’est dans ses cris de douleur que la bête pivote sur elle-même dans un large mouvement d’aile et ressort par la baie brisée, emportant la moitié du mur avec elle.
Lexus se précipite à petits pas vers l’ouverture pour voir le monstre s’envoler au loin tandis que le second garde essaye désespérément d’éteindre son collègue.


(Lexus) : Ne te réjouis pas trop, Vladimir Morlan… tu es peut être tombé dans de pires griffes que les miennes.

Ayant lâché ces mots, le chef de l’Aritark titube légèrement vers l’arrière et s’époussette de manière nerveuse quand soudainement son comtalk se met à sonner, rependant une sonnerie stridente dans un bureau qui n’est plus que ruine. Lorsqu’il voit le nom de la personne qui l’appelle, Lexus blanchit soudainement : Dalan.

(Lexus) : Je sens que je vais passer un très mauvais quart d’heure…

Déjà à plus de trois kilomètres de là, Er’Lysan arrive au niveau d’Hydrapole centre, avec sur son dos son maître et l’otage de ce-dernier. Satisfait, Engal affiche un sourire tout en sortant de sous son veston une paire de menottes d’acier qu’il passe à Vladimir. Plus par reflexe qu’autre chose, le scientifique les réceptionne, perdant légèrement l’équilibre et manquant de peu de tomber.

(Vladimir) : Mais qu’est ce que vous voulez que je fasse avec ça ?

(Engal) : C’est évident non ? Vous vous menottez !

Vladimir affiche une expression de surprise qu’Engal ne remarque même pas étant donné qu’il n’a même pas prit la peine de se retourner pour répondre au professeur.

(Vladimir) : Qu’est ce qu… ?

(Engal) : Hey ! Je vous ai dis que je vous prenais en otage. Vous croyez quand même pas que j’étais venu jouer les bons samaritains ? Enfilez ces menottes !

(Vladimir) : Il en est hors de question.

Engal pousse un soupir renfrogné et vire soudainement à droite, faisant faire une demi vrille à sa monture qui désarçonne littéralement Vladimir. Celui-ci hurle, croyant voir sa dernière heure arriver, mais Engal le rattrape par le col de son manteau et stabilise la bête, laissant le scientifique pendouiller dans le vide au bout de son bras.

(Engal) : Enfilez ces menottes ou je vous lâche.

(Vladimir) : Je suis un otage ! Un otage c’est utile tant que c’est en vie : vous n’auriez pas d’intérêt à me laisser mourir.

(Engal) : Contrairement à ce que les apparences peuvent laisser croire, ce serait plutôt que, dans mon état d’esprit, je n’ai pas d’intérêt particulier à vous laisser vivre.

Voyant que son interlocuteur est parfaitement sérieux, Vladimir hésite une seconde. Il essaye de desseller une lueur de faiblesse dans le regard d’Engal mais celui-ci ne daigne même pas le regarder. Ce désintérêt complet finit par convaincre le professeur que son agresseur ne bluff pas. Un dernier coup d’œil vers le bas, lui permettant de voir les toits d’Hydrapole à près de cent mètres sous ses pieds, et par la même occasion toute sa vie défiler devant ses yeux, le décide à prendre une « bonne » décision. De ce fait, il enfile les menottes sans faire d’histoire en affichant une mine courroucée à laquelle Engal répond par un sourire carnacier. 

(Engal) : Parfait, ça c’est un bon chien.

N’attendant pas une quelconque réponse de la part de Vladimir, Engal soulève le professeur et le fait passer par derrière lui, le callant correctement sur le dos de Er’Lysan. Quelques minutes plus tard, la bête commence à descendre en direction des toits.

(Engal) : Je commence à être à cours d’énergie… on va se poser là.

Er’Lysan pique alors à une vitesse vertigineuse vers le bas, droit sur le toit d’un gratte-ciel hydrapolien. Lorsque Vladimir se rend compte qu’il sera impossible de se poser convenablement à cette vitesse, il ne peut réfréner un hurlement d’effroi qui semble faire jubiler son agresseur. Au dernier moment, alors qu’ils vont s’écraser sur le toit, Engal attrape Vladimir par la chaîne de ses menottes et bondit du dos d’Er’Lysan, l’entraînant avec lui dans son bond. Au moment du choc, la bête se désintègre en une fumée orangée dans un léger bruit d’explosion. Le duo atterrit sur le toit au milieu de cette fumée, Engal sur ses pieds, et Vladimir sur les fesses.

(Vladimir) : Vous trouvez ça drôle ?

Sans répondre à l’interrogation, Engal traîne Vladimir par ses menottes sans qu’il n’ait le temps de se remettre sur ses jambes et il l’envoi ensuite voler violemment contre la paroi du bâtiment de toit à l’intérieur duquel se trouvent les escaliers permettant de descendre dans les étages inférieurs. Le professeur pousse un léger cri de douleur et Engal se baisse vers lui, pointant son doigt entre ses deux yeux.

(Engal) : Pas de familiarités. Je ne suis aucunement votre pote ou votre allié, ok ?

(Vladimir) : Qu’est ce que vous voulez de moi ?

Engal se redresse en ricanant, croisant les bras sur son torse. Vladimir ne remarque qu’à présent que son interlocuteur est trempé de sueur, de poussière, et semble extrêmement fatigué par l’usage intensif qu’il vient de faire de ses étranges pouvoirs. Cependant, même dans cet état, sa force physique reste largement au dessus de celle du professeur, qui analyse toute les échappatoires possibles.

(Engal) : C’est simple… pour de nombreuses personnes vous représentez l’image même de l’avenir technologique. Un avenir qui tend à balayer la vie simple et traditionnelle des utilisateurs de magie.

(Vladimir) : Oh bon sang, on dirait que je suis vraiment mal tombé.

(Engal) : Je ne vous le fais pas dire.

Engal se retourne pour faire face à l’horizon, présentant son dos au professeur, qui préfère ne rien tenter quand il voit que son interlocuteur a judicieusement garder sa main sur le pommeau de son épée.

(Vladimir) : Vous allez me tuer en public pour tenter de choquer les technos-partisans.

Engal ne répond rien, ce qui suffit de réponse à Vladimir.

(Vladimir) : Je vois… mais cela ne servira à rien… la haine n’engendre que la haine et la seule réponse que vous obtiendrez sera d’une grande violence. Vous croyez combattre l’expansion de la technologie en m’assassinant, alors que vous n’allez que la renforcer.

(Engal) : Nous verrons bien !

Légèrement courroucé par le plaidoyer de Vladimir, Engal s’éloigne un peu du professeur pour aller se poser au bord du toit, les yeux perdus dans le vague. Un léger sourire se dessine alors sur son visage.

(Engal) : On a gagné Halton… on a gagné…

Chapitre 38 Chapitre 40

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