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L'Aritark

Sorti le 21/11/2007, compilé dans le Volume 5

Histoire :

La voiture noire dans laquelle est installé le professeur Vladimir Morlan slalome entre différents hangars abandonnés de la périphérie. A l’intérieur, l’ambiance est restée identique. Plus personne n’a ouvert la bouche depuis la remontrance qu’à subit Vladimir. Finalement, comme pour s’évader de ce silence pesant et lourd de sens, le professeur reprend la parole.

(Vladimir) : Alors le QG de l’Aritark a bel et bien changé de place…

L’homme au pistolet à électrochocs hausse les sourcils derrière ses lunettes noires, étonné d’entendre la voix de Vladimir qu’il croyait avoir vexé pour de bon. Il se décide néanmoins à répondre comme si de rien était.

(Homme) : Oui. Beaucoup de choses ont changées depuis que vous nous avez quittés.

(Vladimir) : Les valeurs de l’organisation aussi, je suppose.

(Homme) : De quoi ? « Travailler pour un monde meilleur ou périr dans le monde actuel » ? Vous appelez ça des valeurs ? Moi j’appelle ça de l’hypocrisie. Ces valeurs ne vont ont pas empêché de fuir lâchement il y a cinq ans.

Vladimir baisse la tête en essayant de contrôler la colère qui lui brûle déjà les joues et qui le supplie de la laisser éclater.

(Vladimir) : Je suis parti lorsque votre cher monsieur Dalan a prit le contrôle de mon organisation et a commencé à utiliser mes travaux dans des buts peu louables qui ne leurs étaient pas destinés.

Le professeur, n’ayant pu se retenir, plisse les yeux, s’attendant cette fois ci à recevoir une bonne décharge jugée méritée par ses ravisseurs, mais au lieu de ça, le membre de la Ligue Noire se met à ricaner d’un air sardonique.

(Homme) : Allons bon. Vous parlez de prise de contrôle là où il n’y a qu’une… « Collaboration équitablement profitable ».

(Vladimir) : Appelez le comme vous voulez, un vol reste un vol… et un crime reste un crime.

L’homme perd son sourire et pointe à nouveau son arme vers le professeur de manière menaçante.

(Homme) : Ne me pousse pas trop à bout, toi.

Le conducteur, que l’on n’avait pas entendu jusqu’alors, donne un coup de coude à son collègue, l’air complètement détaché de la conversation.

(Conducteur) : Calme toi, on est arrivé.

En effet, la voiture s’arrête devant un grand bâtiment sans aucun style, ressemblant plus à un gros bloc de béton déposé là et dont l’intérieur aurait été creusé pour créer des portes, des pièces et des fenêtres. Ces-dernières, d’une couleur noire opaque, empêchent de voir ce qui se trouve à l’intérieur. Un petit comité d’accueil attend la voiture devant la porte principale de la bâtisse grisâtre, composé de deux gardes et d’un homme d’âge mur, aux cheveux grisonnants, à l’air maigrichon et stressé, très ridé pour l’âge qu’il semble avoir et portant des petites lunettes sans montures sur le nez. Ses vêtements, propres et soignés, sont d’un gris uniforme, absolument sans aucun goût particulier. La seule extravagance venant perturber ce schéma de classicisme est une longue écharpe rouge qui s’enroule autour du cou et retombe en une sorte de cape sur l’épaule gauche de ce vieux-avant-l’âge.

La portière de la voiture s’ouvre, laissant descendre le garde au pistolet à électrochocs. Il ouvre la portière de Vladimir et lui fait signe de sortir. Alors que le professeur s’exécute, le faux vieux s’approche, encadré par ses deux gardes qui font respectivement au moins deux fois sa corpulence. L’homme à l’écharpe rouge tend alors une main aux doigts longs et maigres vers Vladimir, afin de le saluer. Hésitant d’abord, le professeur finit par serrer cette main qu’il trouve froide et molle.

(Lexus) : Bonjour à vous, très cher professeur Morlan, je suis Marc Lexus, votre successeur à la direction de l’Aritark.

(Vladimir) : Ah, alors c’est vous qui avez tué Zinkel !! Félicitations à vous pour votre promotion qui a dû vous demander un énorme investissement personnel.

Un simple geste de la main de la part de Lexus et ses deux gardes personnels dégainent deux autoguns lourds largement modifiés. Vladimir hoche les épaules et plonge ses mains dans ses poches d’un air désinvolte.

(Lexus) : Cher monsieur Morlan, sachez que votre humour somme toute assez piquant ne sera pas longtemps de bon goût en ma compagnie.

(Vladimir) : Dans ce cas vous n’avez qu’à me libérer. Ainsi, vous serez débarrassé de ma désagréable présence.

Lexus affiche un sourire sournois et fort peu sincère en grinçant légèrement des dents en en joignant ses mains en une position dolente.

(Lexus) : Amusant.

Lexus tourne alors les talons et se dirige d’un pas rapide vers le bâtiment. Les gardes pointent leurs armes vers Vladimir qui s’attend sérieusement à se faire exécuter à ce moment là. Cependant, les gardes l’enjoignent juste à suivre le même itinéraire que Lexus, ce que fait Vladimir sur le champ. Jetant un rapide coup d’œil avant de pénétrer dans le bâtiment, il voit la croix d’or, symbole de l’Aritark.

(Vladimir) : La seule chose qui n’a pas changé ici…

Engal, toujours sur le dos de son invocation, Er’Lisan, a observé toute la scène avec ses jumelles antiques, avant de les raccrocher à son ceinturon. Il a fait se poser le volatile mystique sur le toit d’un entrepôt à une centaine de mètres de la base de l’Aritark.

(Engal) : On dirait que monsieur techno n’a pas attendu ma visite pour commencer à avoir des problèmes…

Vladimir est à présent installé dans un confortable bureau décoré de façon très chic, qui jure par son contraste avec l’apparence extérieure du bâtiment. Fauteuils en cuir blanc, tapis de sol luxueux, moquette royale et lustre en cristal, sont les éléments les plus marquants de ce bureau quatre étoiles. Le mur du fond est une immense baie vitré teintée en noir à travers laquelle il est très dur de distinguer le paysage extérieur. Lexus, toujours encadré par ses chiens de garde, s’est installé de l’autre côté d’un bureau en bois laqué qui a dû coûter plus cher que le dernier salaire (pourtant assez élevé) de Vladimir. Marx Lexus sort une bouteille de vodka d’un petit frigo situé sous le bureau et s’en verse un verre.

(Lexus) : Je ne vous en propose pas.

(Vladimir) : Hmm… je veux bien.

(Lexus) : Non.

Ayant lâché ce mot d’un air ferme et concentré, il range la bouteille dans le frigo et avale son verre de vodka d’une traite.

(Vladimir) : Finalement, je n’ai pas soif de toute façon.

Lexus joint ses mains sur son bureau et affiche un sourire de conquérant en plongeant son regard morne dans celui de Vladimir. Il se racle la gorge et commence la conversation.

(Lexus) : Bien. Vous allez travailler pour nous.

(Vladimir) : Certainement pas.

Répondant du tac au tac, Vladimir entend néanmoins le cliquetis des armes des gardes qui se mettent en branle. Le regard de Lexus se fait plus ferme, et plus sombre.

(Lexus) : Ce n’était pas une proposition. Obéissez ou mourrez.

Vladimir laisse planer un léger silence en s’enfonçant dans le cuir de son fauteuil, croisant les bras autour de sa veste qu’il a refusé de quitter lorsqu’on a voulu l’en décharger.

(Vladimir) : C’est bizarre comme les choses s’enchainent en ce moment… on me vire, je me fais enlever par la Ligue Noire et je débarque ici, où on veut me « proposer » un poste.

(Lexus) : Ce n’est pas une propo…

(Vladimir) : Je ne peux m’empêcher de voir tout ça comme des sortes de… liens logiques…

Lexus se redresse en tapant des deux mains sur son bureau d’une manière violent qui provoque un éclat assourdissant rompant l’atmosphère calme et tamisée qui s’était installée dans le bureau jusqu’alors.

(Lexus) : Cela suffit !! Vous croyez que parce que vous êtes le fondateur de l’Aritark, vous pouvez vous permettre de jouer les malins et de gagner du temps ?

Vladimir hoche la tête de droite à gauche en signe de négation, tout en plissant les yeux d’un air grave.

(Vladimir) : Si c’était vraiment pour l’Aritark, ce ne serait pas la Ligue Noire qui se serait déplacée pour venir me chercher… je suis amusé de voir que la situation n’a pas changé d’un pouce depuis mon départ.

(Lexus) : Comment ça ?

(Vladimir) : Qu’est ce que ça fait, monsieur Lexus, d’être le directeur d’une organisation qui n’a aucune influence sur quoique ce soit ? Petit jouet de la Ligue Noire… vous me faites bien rire. L’Aritark est morte quand je l’ai quitté.

Un nouveau coup sur le bureau de la part du directeur de l’organisation scientifique. Ses traits se déforment en une expression de rage et de colère qui colorent ses joues en un rouge profond.

(Lexus) : Je vous interdis ! Petite frappe ! Nous avons progressé dans tous les domaines, tous !

(Vladimir) : Tous les domaines que j’avais mis en place ?

(Lexus) : Cela suffit… si vous ne voulez pas collaborer de votre plein gré, nous avons les moyens de vous obliger à le faire…

Alors que Lexus lâche ces mots, la baie vitrée au fond de son bureau vole en un millier d’éclats, effrayant tout le monde et forçant les gardes à se protéger la tête par réflexe, tandis qu’un énorme animal, mi dragon, mi vautour, pénètre dans la pièce, éjectant Marc Lexus contre le mur de droite comme s’il n’avait été qu’une vulgaire poupée de chiffon. Sur le dos de la créature, un homme qui ressemble plus à un chevalier qu’à autre chose, se tient fièrement, dégainant son épée finement ouvragée d’une main. Son regard se plonge dans les yeux de Vladimir.

(Engal) : Vladimir Morlan, je présume ? Je suis venu vous prendre en otage.

(Vladimir) : Et c’est avec joie que j’accepte !

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