Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 37

.:: Chapitre 37 ::.
La capture

Sorti le 14/11/2007, compilé dans le Volume 5

Histoire :

Alors qu’une pluie grisâtre s’abat sur Hydrapole, faisant encore plus ressortir la couleur monotone de ses infrastructures, Vladimir descend d’un aérotrain qui vient de le déposer dans le quartier de Vernacle, connu pour ses nombreux receleurs et fournisseurs de renseignements. Soudain, un vaisseau de taille standard passe juste au dessus de lui. Il ne faut pas plus qu’un coup d’œil au professeur pour reconnaître l’insigne de la Ligue Noire sur la coque lisse et polie du véhicule. Il se jette derrière la carriole d’un vendeur de chips à l’ail et attend que l’appareil soit à bonne distance avant d’en ressortir.

(Vladimir) : Ils sont à ma recherche… ils n’ont pas trainés, ces salauds.

Soudain, son comtalk se met à biper d’une manière stridente, le faisant sursauter sur place. Vladimir tâte et fouille dans les nombreuses poches de sa veste avant de se souvenir que son téléphone est dans celle de son pantalon. Il décroche au dernier moment, reconnaissant le numéro qui s’affiche sur le cadran.

(Vladimir) : Samantha ? Je t’ai déjà dis plusieurs fois de ne pas m’appeler sur mon communicateur de service.

(Samantha) : Ah, j’arrive enfin à te joindre ! Tu te cachais sous terre ou quoi ?

Le sourire qui s’affiche sur le visage de Vladimir est évocateur du plaisir qu’il a à entendre la voix de cette jeune femme au ton clair, même s’il tente de garder un air bougon dans sa manière de lui parler.

(Vladimir) : J’ai été très occupé ces derniers temps.

(Samantha) : Ca pour sûr. Ca fait deux jours que je n’ai pas de tes nouvelles. Tu m’appelle pour me dire que tu as été viré, et depuis plus rien… qu’est ce que tu fais ?

Vladimir se racle la gorge, jetant des coups d’œil autour de lui pour être sûr que personne ne l’entend ni ne l’espionne, et surtout si aucun membre de la Ligue Noire n’est dissimulé dans les parages.

(Vladimir) : Je te l’ai dis pourtant, non ? Farim m’a dit qu’Almee avait été remis en liberté…

(Samantha) : Quoi ? C’est pour récupérer ce réploïde que tu n’es pas rentré à la maison depuis trois jours ?

Vladimir baisse soudain la voix, essayant de diminuer le ton de la conversation.

(Vladimir) : Ecoute, c’est compliqué, mais j’ai des projets… ok ?

(Samantha) : Je n’aime pas cette voix sombre et basse… elle annonce que tu vas faire des conneries.

(Vladimir) : Ne t’inquiète pas.

D’un geste vif de la main, Vladimir referme le clapet de son communicateur, le fourre d’un geste vif dans la première poche qui passe à portée de sa main, et se retourne pour faire subitement face à un pistolet à électrochoc pointé entre ses deux yeux qu’il écarquille de manière plus étonnée qu’effrayée. L’homme armé qui le menace ressemble à un videur de bar sur le retour à qui on aurait offert un complet noir trop étroit pour lui. Derrière ses lunettes noires, son expression reste impassible, mais son allure de molosse n’a rien de rassurante. Vladimir sait où poser son regard : sur le côté gauche de la poitrine de son agresseur est épinglé le symbole de la Ligue Noire.

(Homme) : Monsieur Morlan ?

(Vladimir) : Vous m’avez retrouvé plus vite que prévu.

L’homme agrippe Vladimir par le bras de manière menaçante, sans toutefois mettre trop de pression, pour éviter de lui faire mal.

(Homme) : Suivez moi sans discuter.

Le membre de la Ligue lui indique une voiture noire du doigt, stationnée derrière un pilier, avec un autre garde en costume complet assit au volant. Vladimir se souvient avoir vu le véhicule lorsqu’il était au téléphone et ne pas y avoir prêté attention. Il se mord les lèvres de rage envers lui-même et pousse un soupir dépité.

(Vladimir) : Bien sûr que je vous suis, vous avez un pistolet à électrochoc 2KM et l’autre dans la voiture à un fusil à impulsion RZ-15 modifié…

(Homme) : N’essayez pas de m’entourlouper en jouant au plus malin… je n’ai pas besoin de savoir comment ça s’appelle pour savoir m’en servir.

Vladimir pousse un sifflement rageur tandis que l’homme en noir le saisit plus fermement par le bras, le guidant vers la voiture noire dont la portière arrière s’ouvre. Vladimir est poussé à l’intérieur et la portière se referme immédiatement sur lui, loquet abaissé. Le membre de la Ligue au pistolet à électrochoc s’installe en passager à l’avant et se tourne vers Vladimir en pointant son arme vers lui.

(Vladimir) : Où allons-nous ?

(Homme) : Quelque part…

(Vladimir) : A la base de l’Aritark, hein ? C’est comme ça qu’ils recrutent maintenant ?

L’homme paraît subitement décontenancé tandis que le chauffeur amorce un virage dans la première ruelle qui se dirige vers la périphérie de la ville.

(Homme) : Comment vous savez ça, vous ?

(Vladimir) : Oh… c’est moi qui en suis le créateur, mais on ne vous l’a pas dit n’est ce pas ?

L’homme hoche la tête de gauche à droite en signe de dénégation, et malgré le fait que son expression ait diminuée en agressivité, son arme est toujours fermement pointée vers la tête de Vladimir.

(Homme) : Le nouveau directeur de l’Aritark veut vous voir… je n’ai pas cherché à savoir pourquoi.

(Vladimir) : « Un bon petit chienchien », comme dirait Zinkel.

La manière dont l’arme à électrochocs se redresse soudainement indique clairement à Vladimir qu’il serait de bon ton de changer de ton. Le professeur avale à sec et dissimule sa crainte derrière un sourire cassé.

(Vladimir) : C’est toujours Zinkel le directeur de l’Aritark, non ?

(Homme) : Si c’était le cas, aurai je précisé « nouveau » directeur à l’instant ? Ce n’est plus Zinkel… il a été tué par l’actuel directeur dans un duel il y a un an et demi.

Vladimir hausse les épaules en se laissant retomber au fond du siège inconfortable de la voiture. Visiblement, ce Zinkel n’a pas une grande valeur sentimentale pour lui.

(Vladimir) : C’est une nouvelle règle, ça, le coup du duel. Mon organisation est maintenant basée sur la loi du plus fort.

(Homme) : Du plus rusé, surtout, car à présent le terrain de jeu c’est le monde entier.

(Vladimir) : Chacun son avis… de toute manière, on sait très bien tous les deux que c’est Dalan qui tire les ficelles dans l’ombre.

L’homme, soudain prit d’une vague de colère à l’audition de la dernière phrase de Vladimir, se redresse en grognant pour plaquer son arme entre les deux yeux du professeur qui se met à suer à grosses gouttes.

(Homme) : Ose encore une seule fois manquer de respect à monsieur Dalan et je t’envois une telle décharge dans les neurones que tu finiras à l’hospice avant même d’avoir pu souffler tes trente bougies. C’est clair ?

Vladimir hoche doucement la tête, se décalant le plus possible du canon de l’arme. Il décide alors de ne plus ouvrir la bouche, et cela semble convenir à son ex-interlocuteur, car celui-ci retire lentement son arme en ricanant.

Depuis le toit d’un immeuble bardé de pancartes publicitaires holographiques, une silhouette fine et bien bâtie observe la voiture s’éloigner vers la périphérie, résistant sans le moindre mal à la pluie qui s’abat de plus en plus fort sur la cité. Ses cheveux bruns flottent au vent, de même que sa cape de couleur brune, et une épée forgée callée dans son fourreau est accrochée à sa ceinture. Baissant ses jumelles mécaniques datant d’un ancien temps où la technologie était encore acceptable, Engal fronce les sourcils et baisse la tête pour regarder la photo froissée qu’il tient dans sa main. La photo de Vladimir Morlan.

(Engal) : Enfin je t’ai trouvé, leader techno partisan… Vladimir Morlan.

Engal pointe sa main vers le vide qui s’étend sous ses pieds, les cinq cent mètres qui le séparent du sol et qui transforment l’activité urbaine en une vision de fourmilière. Ses yeux se plissent alors qu’en un fragment de seconde il fait affluer la magie dans sa main tendue.

(Engal) : Er’Lisan, je fais appel à toi.

La magie se concentre alors dans sa paume et dans ses doigts, crépitant en de petits éclairs rouges et vifs avant d’éclater de manière silencieuse en un flash rougeâtre qui se dissipe en l’air, laissant apparaître sous les yeux d’Engal la créature mystique qu’il vient d’invoquer. Ressemblant à un oiseau géant aux plumes noires, Er’Lisan semble être le mélange étrange entre un vautour et un lézard géant. En effet, le dessous de son corps est recouvert d’écailles et ses pattes sont munies de griffes puissantes et noir tandis que sa tête à la mâchoire proéminente, bardée de dents effilées et jaunâtres, évoque un dragon qui aurait été dépourvu de ses cornes. Enfin, une longue et puissante queue mêlant plumes et écailles se balance doucement, au rythme des ailes noires qui balaient l’air pour maintenir la créature en l’air.
Affichant un léger sourire, Engal saute sur le dos d’Er’Lisan.


(Engal) : C’est mon passage préféré.

L’invocation se cambre alors et part immédiatement en plongeant vers le sol à une vitesse phénoménale, tout en tournoyant sur elle-même en de nombreuses vrilles. Engal pousse un hurlement de joie et d’extase tandis que l’animal mystique se redresse au-dernier moment, soulevant un nuage de poussière sur le sol, et forçant plusieurs passants effrayés à se jeter sur le côté pour ne pas être projeté sur son passage. Reprenant une allure aérodynamique plus stable, mais non pas dénuée d’une vitesse impressionnante, Engal fronce les sourcils et enjoint sa créature de se lancer à la poursuite de la voiture de la Ligue Noire…

Chapitre 36 Chapitre 38

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