Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 36

.:: Chapitre 36 ::.
Tout s'achève où tout commence

Sorti le 07/11/2007, compilé dans le Volume 4

Histoire :

Morlan, recouvert de pansements, travaille en silence au dessus d’un microscope, ou plutôt fait semblant de travailler, ce qui ne passe pas inaperçu aux yeux de son associé de laboratoire, Farim, qui lui tapote l’épaule en affichant une mine soucieuse.

(Farim) : Depuis que vous êtes revenus, vous n’êtes pas à ce que vous faites. Reposez vous ou prenez des vacances.

Morlan affiche un léger sourire en hochant la tête en signe de dénégation, retournant son visage vers le microscope en tentant d’avoir l’air plus convaincant dans son travail. Farim ne lâche pourtant pas le morceau.

(Farim) : Je suppose que c’est la crise cardiaque de monsieur Erkham qui vous tracasse… ou bien le fait que vous n’ayez pas de nouvelles du réploïde.

(Morlan) : Tout va bien, Farim… j’ai juste besoin de récupérer un peu… de tout ça.

Comprenant qu’il embête plus son supérieur qu’il ne l’aide, Farim se retire pour retourner travailler à son poste. Alors qu’il s’assoit, la porte sas du laboratoire s’ouvre, laissant passer un homme grand et mince, habillé d’un costume très classe, portant des lunettes et affichant un air satisfait et un peu idiot en même temps. Tous les scientifiques tournent leurs visages vers lui, étonnés.

(Elidal) : Bonjour à tous, je suis monsieur Elidal, le nouveau directeur du département scientifique. Je remplacerai monsieur Erkham à ce poste. Je suis sûr que nous ferons du très bon travail ensemble.

Tandis que certains scientifiques répondent par un « bonjour » des plus courtois, Vladimir se retourne à nouveau vers son microscope, ignorant complètement le nouvel intervenant jusqu’à ce que celui-ci s’arrête à côté de lui, lui tendant la main pour le saluer. Ne pouvant feinter de ne pas le voir, Vladimir se redresse en souriant faussement et serre la main du nouveau venu.

(Elidal) : Ravis de faire votre connaissance, monsieur Morlan. J’ai plusieurs choses à voir avec vous.

(Morlan) : Et quoi donc ?

Elidal secoue la tête en émettant un rire fluet puis affiche un sourire resserré complètement faux qui dévoile des dents trop blanche pour appartenir à quelqu’un d’honnête.

(Elidal) : Je souhaite en premier lieu connaître le personnel, mais d’abord je voudrai vous virer.

Morlan affiche la première expression sincère depuis le début de la journée : la surprise la plus totale. Farim, qui était juste à côté, affiche le même visage que son supérieur et ami.

(Morlan) : Quoi ? Mais seul monsieur Opitz a le pouvoir de prendre une telle décision.

(Elidal) : Et c’est justement le cas.

Elidal tend un papier marqué du sceau d’Opitz sur lequel sont justifiées les raisons de son renvoi. Evitant à Vladimir la peine de les lire, il se permet de les énumérer, témoignant qu’il a prit du plaisir à lire et à relire cette note jusqu’à la connaître par cœur.

(Elidal) : Réactivation non autorisée d’une expérience sous contrôle et à potentiel dangereux. Sortie hors de l’entreprise sans autorisation officielle de la direction. Usage de faux documents et dégradation de biens appartenant au CRTN.

(Morlan) : Almee ne vous appartient en rien.

Elidal efface le sourire qui tranchait son visage d’une blancheur immaculée pour retirer sèchement la note des mains tremblantes de Morlan.

(Elidal) : Cela ne vous défend en rien, je crois. Veuillez récupérer vos affaires et quitter cet établissement.

Farim se décide alors courageusement à intervenir, se moquant des conséquences, la voix tremblante de colère et de tristesse face au départ injuste de son ami et mentor.

(Farim) : C’est complètement ridicule : le professeur Morlan a toujours fourni des résultats allant au-delà de ce qu…

Morlan tend la main vers lui, lui indiquant de se taire. Satisfait, Elidal fait une légère courbette en guise de salut et se dirige vers la sortie du laboratoire. Morlan pousse un soupir, récupérant sa veste sur le dossier de sa chaise.

(Farim) : C’est injuste.

(Morlan) : Mais c’est comme ça. Opitz est au courant de mon passé et il sait ce qui m’attend s’il me renvoi… en gros, il me livre à la Ligue Noire.

Sans laisser à Farim le temps de répondre, Morlan se dirige vers la sortie du laboratoire, et sans un seul regard vers ses anciens collègues, il franchit la porte sas pour ne plus jamais la réutiliser.

Almee ouvre les yeux sur une pièce plongée dans les ténèbres. Rien n’est visible, mais il semble réparé. Il est allongé sur une table d’opération et toutes ses blessures ont été raccommodées et pansées, tous ses dommages de circuit ont été réparés et reconstitués. Il est comme neuf, ou comme vivant, c’est selon. Il se redresse sur la table, cherchant une présence du regard, et semble étonné de ne voir personne.

(Almee) : Le prof aurait quand même pu attendre que je me réveille, j’sais même pas où je suis.

Almee ferme les yeux et voit nettement une image apparaître sur ses paupières closes : un immense château au beau milieu des montagnes, surplombant une falaise d’où s’écoule une cascade et autour de laquelle s’étendent des champs stériles à perte de vue. Effrayé, il rouvre soudainement les yeux et manque de peu de tomber de la table d’opération. Son effroi est redoublé lorsqu’il se rend compte qu’il n’est plus seul dans la pièce, puisqu’un jeune homme aux cheveux blanc et à l’air glacial se tient devant lui. Almee parvient difficilement à le distinguer dans la pénombre.

(Opitz) : Je suis rassuré de te voir enfin rétablit, Almee.

(Almee) : Vous êtes qui ?

(Opitz) : Un ami.

Almee considère le personnage, ses yeux s’habituant peu à peu à l’obscurité. Il constate que malgré son apparence d’adolescent, la personne qu’il a face à lui n’a rien d’un enfant. Cela se voit à son regard qui semble aussi vieux que le monde.

(Almee) : Ca répond pas à la question.

(Opitz) : Dans ce cas, sache que tu as devant toi Opitz, le dirigeant du CRTN.

Almee manque de peu de faire une raillerie ou de dire qu’il n’est pas crédule à ce point, mais devant le regard plus que sérieux de son interlocuteur, il se rend compte avec un étonnement mêlé d’effroi que celui-ci dit vrai. Il ne trouve rien d’autre à faire que d’incliner la tête en signe de respect.

(Opitz) : Tu t’habitueras rapidement à tes nouveaux senseurs de recherche.

(Almee) : Hein ? C’était ça cette vision ?  Ca sert à quoi ?

Opitz hausse les épaules en affichant un air malicieux.

(Opitz) : Je t’ai retiré de l’autorité de Vladimir Morlan. Sais-tu pourquoi j’ai fais ça ?

Almee hoche la tête de gauche à droite en signe de négation. Opitz plonge alors la main dans la poche gauche de sa longue veste qui touche presque le sol et en retire une carte magnétique qu’il tend au réploïde.

(Opitz) : Je vais te le dire alors : parce que personne ne doit se retrouver sous l’autorité de quoique ce soit… pas même du destin... et encore moins d’un scientifique qui se croit supérieur à la nature.

(Almee) : Vous dites ça alors que vous dirigez une entreprise?

Opitz hausse les épaules en ricannant et plaque alors la carte magnétique dans la main d’Almee puis referme ses doigts sur celle-ci.

(Opitz) : Réploïde, je t’offre la liberté.

Almee rouvre sa main vers la carte magnétique qui y était enfermée et la contemple d’un air surpris : une carte de sortie. Avec cette carte, il peut sortir du bâtiment. Cet homme nommé Opitz vient de lui offrir la liberté dont il a toujours rêvé, et pourtant il ne peut s’empêcher de ressentir une certaine amertume à l’égard de son créateur. Il redresse alors le visage vers Opitz mais ne trouve plus les yeux glacials de son interlocuteur. Ce-dernier a littéralement disparu, laissant le réploïde seul dans la salle d’opération. Almee ne sait pas trop quoi faire, et descend de la table en chancelant, avançant à tâtons jusqu’à retrouver ses affaires. Il s’habille rapidement et est satisfait de voir que le fourreau du katana et son précieux contenu sont parmi ses affaires.

(Almee) : J’peux pas laisser le prof…

Almee referme les yeux et la vision lui reparaît clairement : le château sur la montagne et la cascade, et un étrange sentiment s’empare de lui, un sentiment qu’il ne peut repousser, ni même restreindre.

(Almee) : Il faut que j’aille à cet endroit. Il le faut.

Et sans repenser une seule fois à son créateur, Almee passe la porte de la salle d’opération, son katana dans une main et la carte magnétique dans l’autre, prêt à quitter le CRTN pour toujours…

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