Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 33

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Retour à Eidolon

Sorti le 17/10/2007, compilé dans le Volume 4

Histoire :

Une ambulance aéroportée atterrit sur le toit de l’hôpital Saint Regus d’Eidolon, faisant fuir les quelques pigeons qui étaient venus y trouver un peu de calme. La portière arrière s’ouvre, laissant descendre un brancard sur lequel est allongé Telziel, l’air blasé. Il saisit par le bras une des infirmières qui est descendue du véhicule en même temps que lui, afin d’attirer son attention.

(Telziel) : J’vous ai dis qu’une entrée en scène aussi théâtral n’était pas nécessaire. Je peux marcher.

L’infirmière étouffe un léger rire, hausse les yeux au ciel et dégage son bras de la légère emprise de Telziel. Elle s’approche d’un infirmier resté en retrait et lui dépose le dossier entre les mains.

(Infirmière) : Il doit aller en chambre B-12, après son passage au recensement. Il a de la famille hospitalisée ici.

(Infirmier) : Ah ? Ca doit être dans leurs gènes de s’en prendre plein la tronche.

Telziel roule les yeux sous ses paupières et les referme, faisant mine de dormir quand l’infirmier remonte à son niveau, saisissant les barres de maintien du brancard afin de commencer sa poussée vers le bâtiment.

La porte de la chambre B-12 s’ouvre, effrayant légèrement Eliza qui est en train de peler une pomme, assise dans son lit, un magazine ouvert sur ses genoux. Le lit de Telziel est poussé jusqu’à un emplacement vacant, à gauche de la jeune femme qui écarquille les yeux en reconnaissant celui qui y est allongé. Elle laisse tomber son couteau sur son magazine, et la pomme suit bientôt son mouvement. Restant sans voix, elle ne trouve rien à dire jusqu’à ce que la porte se referme derrière l’infirmier, la laissant seule avec l’inspecteur blessé. Celui-ci rouvre un œil, s’assurant que l’infirmier est bien sorti, puis se redresse sur son lit, souriant, tournant un visage radieux vers Eliza qui reste toujours bouche-bée.

(Telziel) : Je sais que ça a l’air méchant comme ça, mais ils mettent toujours trop de bandages.

L’expression de la jeune femme reste inchangée, toujours coincée dans une sorte de contemplation malsaine. Elle remue soudain la tête de droite à gauche. Telziel pense même à un moment qu’elle va se coller une baffe, mais elle n’en fait rien. Elle avale à sec et son regard s’assombrit légèrement. Elle tend la main vers le corps blessé de l’inspecteur.

(Eliza) : Je suppose que… ceci… est normal ?

(Telziel) : Pas plus anormal que ça.

Telziel montre du doigt les bandages d’Eliza, son bras plâtré et sa minerve. Son regard se voulant sérieux pétille d’une légère pointe de malice. Eliza rougit, baisse le regard sur ses propres blessures. Un sourire se dessine aux commissures de ses lèvres et elle éclate soudain d’un fou rire en même temps que son interlocuteur. Lorsqu’enfin ils se calment un peu, Eliza reprend son couteau en main et le pointe vers Telziel, la fureur ayant remplacé l’euphorie.

(Eliza) : Maintenant tu m’explique ce qui s’est passé ou bien je t’achève.

Telziel ne sait pas trop comment le prendre. L’espace d’un instant, il s’est cru tiré d’affaire, mais il semblerait qu’Eliza ne soit pas aussi simple à mettre au tapis. La porte s’ouvre alors soudainement, laissant passer Notgiel, un paquet de chocolats sous le bras, qui s’arrête net à la vue de la scène qui se présente sous ses yeux : Eliza menaçant d’un poignard un Telziel en bien piteux état. Il décide finalement de tourner ça à la dérision.

(Notgiel) : Heu… scène de ménage ? Faut que je sorte ou que je t’arrête tout de suite pour tentative de crime passionnel ?

Eliza sourit et abaisse son couteau, le plantant dans sa pomme.

(Eliza) : Non. Si je veux le tuer, j’ai bien d’autres moyens moins salissants à ma disposition.

(Telziel) : Charmant.

(Eliza) : Ca ne répond toujours pas à ma question !

Notgiel referme la porte derrière lui, hésite un moment à donner les chocolats à Eliza et les dépose finalement sur le lit de Telziel, en rougissant. L’inspecteur se mord les lèvres pour ne pas éclater de rire alors que son subordonné tire une chaise de sous le bureau pour s’y asseoir. 

(Telziel) : Ca tombe bien que tu sois arrivé à ce moment, Notgiel, ça m’évitera de me répéter.

Il se calle dans ses oreillers, parvenant mal à dissimuler le sourire de fierté qui se dessine sur son visage.

(Telziel) : Tenez vous bien mes amis : ces blessures ont été le prix à payer pour découvrir l’identité du chef de l’Ordo Arakis !

Notgiel se redresse soudainement dans son siège, penchant la tête en avant comme s’il voulait rattraper le son qu’il venait d’entendre afin de le réécouter une seconde fois. Eliza sourit, rougissant légèrement, visiblement fière de son conjoint… ce qui rassure ce dernier : la bonne nouvelle semble avoir chassé la colère de la jeune femme.

(Telziel) : J’ai des photos. Ils ont rangés mon appareil dans mes effets personnels à mon arrivée à l’hôpital. Je ne pourrai pas les récupérer avant d’être sorti d’ici.

(Eliza) : Je sors après demain. Et toi ?

(Telziel) : Ils me gardent une semaine… quelle perte de temps.

Telziel ouvre la boîte de chocolat et se saisit de l’un d’entre eux qu’il se fourre dans la bouche avant de tendre les autres à Eliza. La jeune femme en prend également un et le paquet se tourne vers Notgiel qui refuse poliment d’un signe de tête.

(Notgiel) : Moi j’ai de nouvelles informations sur l’attaque de l’auberge.

Telziel, la bouche pleine, lui adresse un signe de tête pour l’encourager à parler.

(Notgiel) : Le type qu’ils sont venus assassiner s’appelait Richard Burks. Il travaillait au CREAE (Centre de Recherche en Electronique et Armement d’Eidolon).

(Telziel) : Directement sous la direction de l’ADT… je vois. Et les motifs du meurtre ?

Notgiel hausse les épaules pour montrer qu’ils ne savent pas encore.

(Notgiel) : Les dirigeants du CREAE se montrent très discrets quand à ce Burks… je ne sais pas s’il transportait quelque chose d’important ou non que l’Ordo aurait pu voler. Et pour votre appareil, vous pourriez éventuellement me signer une dérogation me permettant de le récupérer à votre place. Je ferai des recherches physionomiques afin de vous tirer une identité du chef de l’Ordo. Ca nous fera gagner du temps.

Telziel pointe du doigt son subordonné en se fourrant un second chocolat dans la bouche.

(Telziel) : Mmmh ! Très bonne idée ! File-moi un papier.

Notgiel, visiblement touché par le compliment de son supérieur, tire son calepin de sa ceinture, et le lui tend. Telziel s’en saisit, ainsi que du stylo qui repose sur la table de chevet et se met à griffonner dessus.

(Eliza) : Tout de même… si l’Ordo Arakis t’a vu une fois, tu n’as pas peur qu’ils essayent de te retrouver pour en finir avec toi ? Les preuves que tu détiens sont plutôt embarrassantes pour eux.   

(Telziel) : Aucun risque, le seul membre de l’Ordo qui m’a vu est mort à présent. Même s’il m’en a coûté un long séjour à l’hôpital.

Telziel arrache la page qu’il vient de griffonner d’un geste sec et la tend à Notgiel qui ne peut s’empêcher de la parcourir du regard tandis que l’inspecteur continue à parler.

(Telziel) : Ces mecs sont très forts mais trop sûrs d’eux. C’est un point faible à exploiter.

(Eliza) : Ca a marché cette fois, mais ne pense pas que ça va devenir une habitude.

Telziel sourit de manière désinvolte en haussant les épaules, puis se rallonge dans son lit, visiblement las. Notgiel se redresse, pliant soigneusement le papier entre ses doigts.

(Notgiel) : Bon, je vais récupérer l’appareil et je partirai directement à la Brigade. 

Telziel hoche la tête en le saluant de la main. Le même salut lui est envoyé par Eliza et Notgiel répond aux deux par un hochement de tête, puis il se dirige vers la porte et tourne la poignée. Cependant, quelqu’un d’autre est en train de le faire en même temps de l’autre côté, ce qui pousse Notgiel à reculer dans l’allée centrale de la chambre, entre les deux lits, pour laisser le nouvel arrivant faire son entrée.
Celui-ci pousse délicatement la porte d’une main ferme, puis pénètre dans la chambre d’un pas léger, s’arrêtant dans l’embrasure de la porte, ne la refermant pas, signe qu’il ne compte pas rester longtemps. Sa coupe de cheveux noirs assez courts maintenus à plat sur son crâne par une bonne quantité de gel n’empêche pas quelques mèches de cette couleur sombre de venir obscurcir ses yeux d’un bleu profond. Son visage fin semble pourtant assez marqué, et il doit être un peu plus âgé que Telziel, tout en étant plus propre sur lui, enfermé dans un costume noir bien soigné. Une protubérance sous son veston indique la présence d’un holster d’épaule contenant une arme de service. Une unique boucle d’oreille en forme de clochette d’argent apporte une petite touche d’originalité à ce personnage mince et de grande taille, qui impose une certaine courtoisie froide par sa posture respectable.
Il pointe son index et son majeur joints sur son front d’un geste rapide en guise de salut aux occupants de la pièce et retire tout aussi rapidement de la même main un blason de la Brigade Inquisitoriale de sous son veston noir. Telziel reste incrédule.


(Telziel) : Vous êtes de la Brigade ? Je ne vous avais jamais vu avant.

Le nouveau venu hoche la tête en souriant froidement, ce qui n’est pas pour rassurer Telziel, ni même ses deux collaborateurs.

(Davien) : Inspecteur en chef Davien Miller. Je serais votre nouveau supérieur à partir d’aujourd’hui. Ravis de faire votre connaissance inspecteur Telziel.   

Notgiel, Eliza, et surtout Telziel restent cois, bouches-bée, devant une telle révélation.

(Telziel) : Qu… quoi ?
 

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