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Une nuit de pleurs et de sang

Sorti le 16/10/2007, compilé dans le Volume 4

Histoire :

Le désert Arkonnen est une étendu sableuse qui s’étend sur tout le Nord Est de la cité magique d’Adra’Haar. Aucune civilisation, qu’elle soit fixe ou nomade, ne peut prétendre y survivre plus de quelques heures. La zone entière est balayée par d’énormes et incessantes tempêtes de sable qui ne cessent jamais de rependre leur souffle mortel sur des kilomètres à la ronde. Au centre de ce désert invivable qui a déjà emporté tant de vies, une cité abandonnée, qui avait dû être construite plusieurs siècles, prouve que la zone n’a pas toujours été sinistrée. A moins que si, car au centre de la plus haute bâtisse, la seule qui soit encore entière, se tient la Rose des Sables, un artefact cristallin qui repousse les vents autour de l’énorme structure qui compose ce bâtiment. C’est ainsi, au milieu du désert, loin de toute civilisation, que l’Ordo Arakis a trouvé le repaire idéal. Quelle meilleure cachette que le milieu d’une immense et infinie tempête de sable, le cœur d’un cyclone mortel et étouffant, le seul endroit du désert Arkonnen où le vent ne souffle pas, un lieu inconnu de tous, sauf de Rufus Van Reinhardt ?
Un éclair craque au sommet du bâtiment dont seules quelques fenêtres sont éclairées. Le flash blanc de l’éclair se répercute dans les couloirs étroits et sombres de la forteresse, inondant sa pénombre des nombreuses lumières des vitraux qui ornent les murs. Au bout d’un long couloir, au milieu du mur, sur la droite, se trouve une énorme porte massive en fer forgée. Derrière cette porte, un hurlement de douleur retentit.
Une gerbe de sang tombe sur le sol pavé de la salle, provenant de la bouche de Sayam qui, tordue par la douleur, se tient à moitié renversée sur le rebord de l’immense lit qui trône au milieu de la pièce. Elle se tient le ventre d’une main, laissant s’écouler des filets de sang entre chacun de ses doigts, son autre bras pend mollement au bas du lit, couvert de sueur et du sang qu’il s’écoule de sa blessure superficielle à l’épaule.
Un homme aux cheveux grisonnant, en blouse blanche, essaye désespérément de retirer la balle de la plaie au ventre à l’aide d’un instrument complexe qui ressemble à une longue et maigre pince.
Rufus, adossé contre le mur adjacent, les bras croisés, observe la scène d’un regard où se mêle peine et colère. Willem, tout aussi inquiet et le bras lourdement bandé sortant hors de son blouson bleuté, s’inquiète du sort de la jeune femme.
Alors que le docteur, réussissant avec peine à soulever la main de Sayam de sa plaie, parvient à pénétrer légèrement son instrument dans cette-dernière, la jeune femme pousse un hurlement de douleur mêlé de crainte et rejette le médecin d’un violent coup de pied qui l’envoi voler au bas du lit. Rufus se précipite pour aider le docteur à se redresser.

(Rufus) : Ca va, Sirgan ?

Le médecin hoche vivement la tête et se redresse en prenant appui sur l’épaule de Rufus.

(Sirgan) : Oui, oui, ça va… mais il faut faire vite ou elle va mourir. Elle ne se laisse pas faire, à cause de la douleur… je dois l’anesthésier à l’endomorphine, c’est le seul antidouleur que j’ai pris avec moi.

(Rufus) : C’est impossible : l’endomorphine est un puissant anesthésiant, mais il dessèche l’organisme.

Sirgan lance un regard incrédule à Rufus.

(Sirgan) : Je le sais bien, et alors ?

(Rufus) : Si elle se dessèche, elle meurt… ce n’est pas bien compliqué.

(Sirgan) : Monsieur Van Reinhardt, elle mourra de toute façon si je ne peux pas opérer dans de meilleures conditions.

(Rufus) : Faites ce que vous pouvez ! J’ai déjà perdu Osmosis, je pense que ça suffit !

Rufus baisse la tête de dépit alors qu’un nouvel éclair éclate au dessus du bâtiment, couvrant l’espace d’un instant les gémissements de Sayam. Le chef de l’Ordo Arakis porte son regard sur ce corps souffrant, se tordant de douleur.

(Rufus) : *Sayam est excessivement énervée. Malgré son état déplorable, elle continue de manifester cette énergie que seules les bêtes blessées parviennent à déployer. Il faut trouver un moyen de l’apaiser.*

Rufus, qui affiche soudainement un regard éclairé, comme s’il venait de trouver une idée, fait signe au docteur d’attendre une minute alors que celui-ci vient de sortir la seringue de sa sacoche. Le chef de l’Ordo Arakis approche de Willem et attrape son épaule valide d’une main ferme.

(Rufus) : Pars chercher Myla et fais vite ! Je ne vois qu’elle pour nous aider ici.

Willem ne se fait pas prier. Il hoche vivement la tête et se détache de son chef, repoussant le battant de la lourde porte de fer de sa seule main valide. Il court alors aussi vite qu’il peut dans les couloirs de l’immense château aux allures gothiques.
Rufus s’assoit sur le bord du lit, passant rapidement sa main dans ses cheveux. Sirgan semble attendre les ordres de Rufus, debout face au lit, la seringue en main, regardant d’un air empli de pitié le corps souffrant de Sayam qui se tord dans tous les sens en maintenant une main ferme sur sa blessure dégoulinante de sang.


(Rufus) : Maudit Opitz…

Quelques minutes après, Willem reparaît dans la salle, bientôt suivit d’une magnifique jeune femme aux longs cheveux noirs tressés et au teint légèrement bronzé. Elle porte une robe noire sur laquelle sont imprimés de grands symboles chinois sur le côté gauche du corps. L’échancrure assez provocante au niveau de la cuisse droite permet d’admirer la douceur que semble avoir sa peau. Ses grands yeux noirs se tournent vers Rufus, qui s’est redressé à l’arrivée de la dénommée Myla. Le chef de l’Ordo s’approche de la jeune femme et la saisit par les épaules, délicatement.

(Rufus) : Ma chère Myla… j’aimerai que tu apaises l’esprit de cette jeune fille. Elle est gravement blessée, mais elle refuse de se laisser soigner.

Myla plonge son regard d’ébène dans les yeux de Rufus, y laissant voir une part de passion, mais une légère pointe de jalousie. Le regard de Rufus se veut d’un coup bien plus dur pour faire comprendre à sa subordonnée qu’il ne tolèrera aucun écart. 
Myla détourne donc son regard de celui de son chef et s’approche du lit. La voyant arriver, Sayam se recroqueville dans un coin du lit, repliant ses jambes devant son visage comme pour se protéger. Myla plonge alors son regard dans les yeux glacés et emplis d’effroi de Sayam, qui conserve toujours cet aspect quelque peu inexpressif. Soudain, la jeune blessée semble se détendre. Myla lui attrape délicatement la main et la resserre dans la sienne.


(Myla) : Doucement… Ca va aller… Tu as été méchamment touché… Allonges toi… On va se charger de tout ça, tout ira bien…

Prononçant chacun de ses mots d’une voix douce et calme, elle apaise Sayam qui se met à suivre chacune de ses instructions au doigt et à l’œil. Sirgan écarquille les yeux, n’en revenant pas de voir l’effet des paroles de Myla sur Sayam. Lui qui n’arrivait même pas à l’approcher, il la voit maintenant se détendre et fermer les yeux, prête à s’endormir. Il laisse retomber sa seringue dans sa sacoche et se saisit à nouveau de sa pince, retournant son visage vers celui de Rufus qui, satisfait, regarde Sayam s’apaiser lentement.

(Sirgan) : C’est tout simplement incroyable.

Rufus tourne son regard vers le docteur.

(Rufus) : Ne soyez pas surpris, docteur, des pouvoirs de Myla. Le psychisme de certains individus est bien plus élevé que la normale, et ils sont capables de grandes choses, comme ce que vous venez de voir.

Myla se redresse, fière des paroles que son supérieur vient de donner sur elle. Elle s’éloigne du lit, relâchant doucement la main de Sayam qui retombe mollement sur le lit, détendue.

(Rufus) : Maintenant docteur, faites vite… je ne veux pas laisser Opitz prendre la vie d’un autre de mes proches.

Le docteur se penche alors délicatement vers le corps apaisé de Sayam, tandis que Myla vient se placer devant Rufus, lui effleurant doucement la joue de sa main.

(Myla) : Doucement, boss… N’y pensez plus, vous vous faites du mal. Un jour vous l’aurez, et vous lui ferez payer.

En moins d’une minute, Sirgan se redresse, sa pince recouverte de sang maintenant entre ses dents la balle meurtrière qui provenait de l’auto-gun d’Opitz. Rufus tourne la tête vers le médecin, d’un air froid mais gratifiant.

(Rufus) : Merci, docteur Sirgan.

(Sirgan) : Je vous en prie, monsieur Van Reinhardt. C’est un honneur pour moi de servir votre famille depuis si longtemps.

Sirgan range sa pince dans sa sacoche et referme celle-ci avant de la prendre dans ses bras. Il salut alors Myla d’une légère courbette, sert la main valide de Willem et sort rapidement de la pièce, pressé de passer une bonne nuit de sommeil.

Rufus se penche sur Sayam, reposée, un gros bandage lui enserrant le bassin et l’épaule. La jeune femme, les yeux grands ouverts, contemple le plafond, sans détourner le regard vers les autres personnes en présence.

(Sayam) : J’ai faillis mourir ?

Rufus, surpris d’entendre autant de mots sortir de la bouche de Sayam, reste interdit un instant, puis hoche la tête pour répondre de façon positive.

(Rufus) : Oui…

Sayam referme alors ses yeux, des larmes s’en écoulant, sans qu’on puisse vraiment savoir si ce sont des larmes de peine ou de frayeur.

(Sayam) : Alors… ce n’est pas si terrible de mourir.

Rufus détourne la tête vers Willem et Myla, qui affichent le même regard d’incompréhension. Il retourne à nouveau son visage vers Sayam, qui n’a pas rouvert les yeux, et qui ne semble pas vouloir parler plus longtemps. De ce fait, il prend la direction de la sortie, bien vite suivit par Myla et Willem, afin de laisser la jeune femme se reposer et se remettre de ses émotions…
 

Chapitre 31 Chapitre 33

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