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Séjour à l'hôpital

Sorti le 16/10/2007, compilé dans le Volume 4

Histoire :

Le Hammer « Icare » survole Hydrapole, approchant rapidement du CRTN où un pont spécial, ouvert sur le ciel, est réservé à l’atterrissage d’engins de cette envergure. Sans trop de difficulté, l’immense masse d’acier se pose dans le hangar et le plafond se referme lentement au-dessus dans un bruit continu de vérins hydrauliques. La porte ventrale du Hammer s’ouvre, laissant descendre la passerelle d’accès. Opitz sort en premier, s’arrêtant en bas pour attendre Vladimir qui porte toujours Almee, inconscient, dans ses bras. Une fois qu’il arrive au niveau d’Opitz, Vladimir se retourne, l’air fatigué.

(Opitz) : Laissez ce réploïde ici. Une équipe va venir s’en charger.

(Vladimir) : Il s’appelle Almee… et j’aimerai m’occuper moi-même de sa remise en état.

(Opitz) : Cessez vos idioties et posez ce réploïde. N’oubliez pas que je suis votre supérieur hiérarchique.

Vladimir ne soutient pas longtemps le regard glacial d’Opitz et dépose au sol le corps du réploïde inanimé en poussant un soupir avant de se redresser et de regarder son supérieur, attendant ses instructions.

(Opitz) : Vous allez retourner au laboratoire 51. Je vous retire le projet que je vous avais confié.

(Vladimir) : Mais…

Le regard d’Opitz ne permet même pas à Vladimir de protester. Il se tait, interdit, bloqué par son statut et la frayeur que lui inspire le dirigeant du CRTN.

(Opitz) : Vous attendrez de mes nouvelles dans la semaine.

Opitz s’éloigne à pas rapides de Vladimir et du réploïde tandis qu’une équipe de scientifiques arrive déjà dans le hangar pour récupérer le corps inanimé d’Almee. Vladimir baisse un regard désolé vers son allié en poussant un léger soupir.

(Vladimir) : Eh bien, mon vieux… je crois qu’on s’est mis dans de beaux draps…

Dans le couloir d’accès, Opitz tape rapidement un code sur une porte-sas qui s’ouvre à la volée, donnant sur une pièce complètement noire uniquement éclairée par une lampe de bureau où une femme austère d’une quarantaine d’année est en train d’archiver des registres. Voyant Opitz arriver, elle s’incline le plus bas possible.

(Secrétaire) : Monsieur Opitz, vous êtes rentré ?

(Opitz) : Oui.

Il dépose délicatement le parchemin enroulé sur le bureau, y faisant attention comme à un diamant.

(Opitz) : Faites analyser ce document par l’équipe de Krieser et contactez les membres du « groupe »… dites leur que j’ai récupéré la dernière clé du puzzle et que nous allons bientôt pouvoir nous mettre en action.

(Secrétaire) : Bien monsieur.

La secrétaire se saisit du parchemin et le range sous le bureau tandis qu’Opitz s’éloigne vers une porte camouflée dans le fond de la pièce, l’ouvre, et pénètre dans l’abîme de noirceur qui compose ce nouvel espace.

A l’hôpital Adriani d’Hydrapole, dans la banlieue Sud réservée au « confort » des étrangers, qui est en réalité le coin le moins entretenu de la cité aquatique, l’inspecteur Telziel est allongé dans un lit aux draps bleutés, de nombreux bandages enroulant ses blessures, plus ou moins sérieuses. Un docteur est en train de griffonner des prescriptions sur un calepin de manière rapide et hachée, sans tenir réellement compte de la présence du malade.

(Telziel) : Docteur, dans combien de temps je pourrais être rapatrié à Eidolon ?

(Docteur) : J’ai demandé à un transport d’Eidolon de venir vous récupérer demain dans la matinée, et vous passerez quelques jours à l’hôpital Saint Regus…

(Telziel) : Ce n’est pas possible de faire plus vite ?

Le médecin tourne les yeux vers son patient, voyant qu’il affiche une mine légèrement pâlotte et qu’il est parcouru de légers tremblements.

(Docteur) : Je sais que notre établissement n’est pas très reluisant, mais ce n’est pas la mort tout de même…

(Telziel) : Ce n’est pas pour ça docteur, c’est que…

La porte de la chambre s’ouvre en trombe laissant passer une infirmière qui affiche une expression de fureur terrifiante. Elle a des cheveux longs et blond maintenus par deux tresses de chaque côté de son visage fin malheureusement déformé par l’expression de rage qui s’y li. Ses yeux bleus paraissant si doux sont ici effrayants de colère.

(Telziel) : Oh non, trop tard…

(Docteur) : Qu’est ce qu…

L’infirmière s’arrête au dessus du visage de Telziel, se baisse à son niveau et se met à lui hurler dans les oreilles.

(Infirmière) : C’EST PAS VRAI !! QU’EST-CE QUE TU AS ENCORE FAIT MAXIMILLIEN ?!!

Le docteur, surpris, se saisit de l’infirmière pour la faire reculer en constatant l’expression d’horreur qui s’est affichée sur le visage de Telziel. L’inspecteur s’est reculé contre le mur, se calfeutrant dans ses couvertures comme pour se protéger de cette furie.

(Docteur) : Mais qu’est ce que vous faites ? Vous êtes folle ou quoi ?

(Telziel) : C’est rien docteur… Annie est ma sœur…

Le docteur pousse un soupir de soulagement en relâchant son emprise sur l’infirmière. Celle-ci réajuste sa tenue en maugréant. Le médecin dépose son ordonnance dans les mains de l’infirmière, qui se met à la lire, puis sort de la salle sans rien ajouter, se contentant de lever une main qui croise les doigts, histoire de porter chance à Telziel. Celui-ci hoche la tête d’un air de dépit et tourne son regard vers sa sœur.

(Telziel) : Alors Annie… il te plaît ton nouveau job ?

La jeune femme ne répond rien, et d’un geste vif, sans prévenir, elle flanque une gifle à Telziel qui l’envoi voler dans son oreiller. Tétanisé, l’inspecteur ne fait plus le moindre geste, fixant le plafond les yeux grands ouverts.

(Annie) : Comment tu fais pour toujours te flanquer dans des situations pareilles ?

(Telziel) : C’est parce que je fais un métier dangereux, sœurette…

Annie se rend sur le plateau de préparation juste à la droite du lit en maugréant, accrochant la liste de prescriptions du docteur sur un petit piquet destiné à cet usage.

(Annie) : Papa faisait le même métier, je ne l’ai jamais retrouvé dans cet état.

(Telziel) : Il avait de la chance.

Annie agite un flacon de façon nerveuse dans tous les sens avant d’en retirer le bouchon d’un geste sec.

(Annie) : Ca ne l’a pas empêché de se faire tuer.

Telziel ouvre la bouche pour répliquer, mais devant l’air furieux de sa grande sœur, il préfère la refermer et ne rien dire. Un léger silence plane dans la salle alors qu’Annie farfouille dans l’étagère, y cherchant une seringue neuve.

(Telziel) : En fait, je me suis battu contre un tueur…

(Annie) : T’imagine pas que je vais t’applaudir, quand même ?

Telziel se redresse dans son lit, se mettant sur son séant et retournant son visage vers sa sœur d’un air blasé.

(Telziel) : Faut savoir ! C’est toi qui as voulu savoir ce qui m’était arrivé.

(Annie) : Je sais, mais tu as l’air d’en être tellement fier.

(Telziel) : En fait j’étais sur une affaire de trafic d’eau et l’Or…

Telziel ravale ses mots, jugeant immédiatement de l’effet qu’ils pourraient avoir sur sa sœur si celle-ci apprenait que l’inspecteur courait après l’Ordo Arakis.

(Telziel) : …L’ordre des types qui étaient responsables m’ont fait affronter l’un de leurs sbires.

(Annie) : Pauvre chou.

Elle tire fermement le bras de son frère en levant les yeux au ciel et y plante la seringue qu’elle vient de préparer. Surpris, Telziel pousse un petit cri et se crispe le temps que l’infirmière lui injecte sa décoction dans le creux du coude.

(Annie) : Tu veux pourchasser les criminels alors que tu pleures pour une piqure ?

(Telziel) : Je n’aime pas les seringues…

L’infirmière se saisit d’un plateau et y place les instruments utilisés avant de se diriger vers la sortie de la pièce. Avant de sortir, elle s’arrête, pousse un soupir et se retourne vers son frère, affichant une mine un peu plus gentille.

(Annie) : C’est pas de chance tout de même… ta première enquête sérieuse en tant qu’inspecteur et tu te fais déjà rosser…

Telziel sourit en haussant les épaules.

(Telziel) : Les risques du métier.

(Annie) : Fais moi plaisir : épouse Eliza et trouve toi un autre travail, fixe toi et sois heureux. Essaye de ne pas finir comme papa. Tu n’as pas besoin de me prouver quoique ce soit.

Sans ajouter un mot de plus, l’infirmière quitte la chambre du malade en refermant la porte derrière elle. Telziel croise les bras et se renfonce dans son lit, pensif, ne trouvant rien à répliquer.

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