Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 30

.:: Chapitre 30 ::.
Retrouvailles

Sorti le 16/10/2007, compilé dans le Volume 4

Histoire :

Un homme aux yeux glacés, les cheveux grisonnant, vêtu d’un long manteau noir aux bordures blanches se tient à l’embouchure de la rue qu’Opitz et Vladimir viennent de quitter. Il pointe un auto-gun vers l’homme au physique d’adolescent et affiche un sourire crispé, tendu, mais aussi remplit de haine. C’est Rufus. Opitz affiche pour la première fois une expression de surprise, laissant Vladimir dans l’incompréhension.

(Opitz) : Tu es mort. Je t’ai vu mourir.

(Rufus) : Certaines choses ne sont pas ce qu’elles semblent être, mon cher Opitz. Dans tes rapports, je suis peut être mort, mais quand on fait un sale boulot, autant le faire jusqu’au bout… tu ne pensais pas que cette petite expérience prendrait cette tournure, n’est ce pas ? Quelle ironie.

Le déclic de l’arme se fait entendre, mais Opitz reste toujours de marbre, bien que son visage ne trahisse une légère excitation mêlée d’étonnement.

(Opitz) : Hun hun… voilà qui ne m’étonne pas de toi.

(Rufus) : C’est moi qui suis le premier surpris à te voir ici. Donnes moi cette carte, qu’elle ne soit pas tachée par ton sang.

Opitz se met à ricaner, resserrant son emprise sur la carte, tenant dans son autre main la télécommande de contrôle du Hammer.

(Opitz) : Tu me fais bien rire. Tu sais bien que ces armes conventionnelles n’ont aucun effet sur moi.

Le regard de Rufus s’assombrit tandis qu’il pointe de façon plus menaçante son arme en direction de son interlocuteur, une ombre voilant son regard de plus en plus haineux.

(Rufus) : Des balles psychiques… tu vois la différence ?

Soudain, le petit sourire en coin d’Opitz s’efface progressivement, même s’il ne montre aucun signe de frayeur. Cependant, la tension qui s’échappe à présent entre les deux adversaires est presque palpable. Vladimir recule d’un pas, ne sachant pas trop quoi dire, ni faire.

(Vladimir) : Vous… vous vous connaissez ?

Opitz lui répond sans même tourner sa tête vers lui, concentrant son regard sur Rufus pour être attentif au moindre de ses mouvements.

(Opitz) : Question stupide, mon cher Morlan : vous devez déjà vous douter de la réponse.

Rufus reporte l’attention d’Opitz sur lui en reprenant la parole, même si cette attention n’a pas faiblie depuis le début de la confrontation. Il tend sa main libre vers l’avant.

(Rufus) : Fais rouler la carte au sol jusqu’ici.

Le regard d’Opitz s’assombrit à son tour, devenant froid et cruel. Son allure d’adolescent le rend d’autant plus effrayant. Un déclic se fait entendre au moment où Opitz appui sur le bouton de démarrage de la télécommande du Hammer, faisant s’allumer les lumières de celui-ci.

(Opitz) : Cette carte est à moi.

(Rufus) : C’est dommage… ce n’est pas ainsi que j’imaginais ta mort.

Le coup part immédiatement sans que Rufus ne montre un moindre changement dans son expression. La balle fuse à une vitesse ahurissante, entourée d’un halo brumeux de couleur violacée. Une balle qu’Opitz ne doit pas pouvoir arrêter d’un revers de la main. Du moins, pas de la sienne. La main métallique gigantesque du Hammer se place devant Opitz au moment même où le coup part. Rufus en tire trois autres, à une cadence élevée qui montre toute sa rage et sa haine, même si son visage reste étrangement neutre. Chaque coup rebondit contre la coque d’acier qui compose la main puissante de la machine robotique. Il n’y a rien à faire, les balles ne font que de petites entailles dans la peinture. La main, commandée par la télécommande d’Opitz, entrouvre ses doigts pour laisser apparaître le visage de son créateur.

(Opitz) : Encore une fois, l’expérience ne dépasse pas le scientifique.

Rufus tire un nouveau coup de son arme, pile entre les deux doigts qui se referment de justesse sur la balle. Opitz a tout de même un mouvement de recul, ne s’attendant pas à ce que Rufus viserait si bien.

(Rufus) : Fais attention à tes paroles.

Le Hammer répond à la place d’Opitz, envoyant une onde de choc contrôlée dirigée en droite ligne vers Rufus qui l’esquive d’une habile pirouette sur le côté. L’onde de choc se répercute dans un bâtiment qui tremble sous le choc, avant de s’effondrer sur lui-même dans un nuage de gravas qui ne laissent plus apparaître que la silhouette de Rufus.

(Rufus) : Trop tôt pour te montrer ce dont je suis capable grâce à toi.

(Opitz) : Alors pourquoi tant de colère ? Tu devrais plutôt me remercier d’avoir fait de toi l’homme que tu es.

Rufus ne répond rien, ou bien sa voix n’est pas audible dans le vacarme assourdissant des sirènes des F2I (Forces d’Interventions d’Idlow) qui arrivent à l’autre bout de la place, sans doute ameutés à cause des coups de feu et du combat qui avait éclaté dans la rue précédemment.

(Opitz) : Et voilà qui signe la fin de notre petite entrevue. Tu ferais mieux de partir, les autorités ne te feraient pas de cadeaux.

Mais l’ombre de Rufus a déjà disparue dans la fumée épaisse qui s’élève toujours de la maison effondrée. Opitz active sa télécommande pour abaisser une rampe d’accès depuis le bassin de son Hammer jusqu’au sol. Il fait signe de la tête à Vladimir pour qu’il y monte en premier, Almee dans ses bras, et est bientôt suivit par le chef du CRTN, qui lance un dernier regard derrière lui, vers les décombres où s’était précédemment tenu Rufus, en affichant un sourire carnassier.
Le Hammer déplie ses membres au moment où Opitz s’assit dans le cockpit de tête, Vladimir s’installant dans le fauteuil arrière. Almee n’est plus visible, sans doute déposé dans le couloir d’accès pour ne pas gêner au pilotage.
Alors que les forces du F2I arrivent juste derrière le Hammer, celui-ci active ses réacteurs dorsaux et est immédiatement propulsé dans le ciel azuré, ne laissant sur le sol que des traces de brûlures carbonisées.


Plus loin, dans la ruelle où a eu lieu l’affrontement, Rufus rejoint en courant Cendar et Willem, qui l’attendaient. 

(Cendar) : C’était bien Opitz alors ?

Rufus hoche la tête pour répondre par la positive.

(Rufus) : Oui, cette immondice est toujours en vie. Mais ne trainons pas, les forces du F2I ont été ameutées plus vite que prévu.

(Willem) : Et la carte ?

(Rufus) : Tant pis pour la carte. Qu’Opitz s’étouffe avec ! Nous avons plus urgent à faire à présent.

Les trois commencent alors à courir vers la sortie de la rue, du côté opposé à celui où la maison s’est effondrée, repassant devant le magasin d’antiquité en ruines. Rufus, tout en courant, détache son comsat de sa ceinture et le porte à son oreille après avoir pianoté sur deux trois boutons. Une voix lui répond presque immédiatement.

(Rufus) : Scott ? Fais chauffer les moteurs, qu’on puisse décoller dès qu’on arrive.

(Scott) : Bien, boss.

La communication est coupée alors que le trio arrive à la sortie de la rue, qui donne sur l’avenue principale d’Idlow, encore assez peuplée malgré l’heure tardive. Les membres de l’Ordo Arakis remonte complètement l’avenue, slalomant habilement entre les gens effrayés qui tentent de s’écarter de leur chemin pour éviter les ennuis, jusqu’à atteindre la sortie de la ville où, légèrement en retrait et camouflé derrière des arbres, l’aéroplaneur de l’Ordo attend le reste de l’équipe. Raven est assit sur la rambarde d’accès et se redresse en voyant arriver ses compagnons.
Cendar et Willem entrent immédiatement dans l’appareil, alors que Rufus s’arrête au niveau du combattant à l’armure cybernétique dont le flanc est serré dans un épais bandage déjà bien imprégné de sang.


(Rufus) : Et Sayam ?

Raven tourne la tête de droite à gauche.

(Raven) : J’en sais rien. C’est assez grave.
 
Rufus n’ajoute pas un mot et pénètre dans l’appareil, bientôt suivit par son homme de main qui referme la passerelle d’accès, redonnant à l’aéroplaneur son apparence lisse et irisée. Quelques secondes plus tard, la machine vrombit et s’élève au dessus du sol, avant de décoller rapidement vers le Sud, ne laissant dans l’air qu’une fine trace trouble de son passage…

Chapitre 29 Chapitre 31

- Haut de la Page -

Valid XHTML 1.0 Strict