Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 28

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Double échec

Sorti le 14/09/2007, compilé dans le Volume 4

Histoire :

Raven voit sa mort arriver : Almee le surplombe, abaissant le katana en direction de sa tête. Dans ses yeux il n’y a aucune trace d’émotion, seulement de la fureur et des larmes. Puis soudain un bruit tonitruant raisonne dans la rue. Almee bloque son mouvement, affichant une expression de surprise. Un étrange liquide argenté coule sur le casque de Raven qui redresse sa tête pour voir d’où il provient. Almee baisse également sa tête pour voir ce qu’il lui arrive.
A l’endroit où se trouve rangé sa batterie, il ne reste plus qu’un énorme trou noir, la peau éclatée tout autour comme si une force l’avait faire exploser de l’intérieur. Un mélange de sang et du liquide de la batterie coule à flot au sol. Un filet de sang s’écoule de la bouche d’Almee qui est prit d’un léger spasme avant de s’immobiliser complètement et de tomber lourdement vers l’avant.
Raven a juste le temps de rouler sur le côté pour éviter la masse qui s’effondre dans un bruit tonitruant. Face contre terre, Almee ne bouge plus. Un petit trou sanguinolent apparaît dans son dos. Tous les regards se tournent alors vers la silhouette qui est apparue derrière le corps inanimé du réploïde.
Ses longs cheveux noirs battant au vent, son unique œil fixé sur sa victime, le bras pointé vers l’avant tenant un fusil sniper de proximité encore fumant, Cendar, le tireur d’élite de l’Ordo Xenos, contemple la qualité de son tir.
Vladimir écarquille les yeux sur son allié inanimé, cloué au sol.

(Vladimir) : Almee…

Raven tourne son masque vers son sauveur, qui abaisse lentement son arme en souriant, continuant de fixer le réploïde au sol.

(Raven) : C’était mon combat.

(Cendar) : Tu allais te faire tuer.

Raven se redresse vivement, laissant s’écouler une lampée de sang provenant de son flan blessé, et saisit le tireur au col.

(Raven) : Alors j’aurai du mourir. Tu n’avais pas à te mêler de mon combat.

(Cendar) : Lâches moi, pauvre fou.

Raven s’exécute en poussant un rapide soupir de colère. Se laissant retomber au sol pour souffler. Cendar jette une trousse de secours à ses côtés, sans lui accorder plus d’importance. Willem agrippe le professeur par le col de sa veste tout en lui plaquant son couteau dans le dos et le fait avancer vers Cendar avant de le pousser au sol pour qu’il tombe à genou devant son réploïde. Les yeux légèrement fatigués et attristés, Vladimir contemple le massacre. 

(Vladimir) : Je vais en avoir pour des jours à le réparer.

(Willem) : Ben c’est tant mieux.

Le tueur de l’Ordo donne un coup de pied au sol, envoyant une volée de sable dans le visage inanimé d’Almee. Le réploïde semble très calme maintenant, presque apaisé. Willem se retourne vers Cendar.

(Willem) : Bordel, Cendar, tu as mis un temps fou à te pointer.

(Cendar) : Il a fallu que je quitte mon poste de tir et que je vous rejoigne… je ne vous avais plus en vue.

(Willem) : Normal. Ce gamin m’a foutu les boules, j’ai cru qu’il aurait notre peau.

Vladimir s’incruste dans la conversation, sans pour autant tourner son visage vers ses ennemis.

(Vladimir) : Il vous aurait sans doute tué, en effet. Vous avez eu de la chance de toucher la batterie… c’était le seul moyen de le neutraliser.

Cendar tourne un regard hautain vers Vladimir.

(Cendar) : Je savais très bien que c’était un réploïde. Je l’avais remarqué au moment même où je l’ai visé pour la première fois… je savais où tirer.

(Willem) : Pour sûr, Cendar est sans nul doute le plus expérimenté d’entre nous ! C’est pas pour rien que c’est le bras droit du boss.

Raven, qui ressert un bandage sur sa plaie, la trousse de secours posée à ses côtés, lève la tête vers son compagnon et la tourne de gauche à droite dans un signe de dénégation.

(Raven) : Bras droit ou pas, ça ne lui donnait pas le droit de tuer ma proie.

Cendar pousse un profond soupir de lassitude et commence à s’éloigner du groupe pour aller s’adosser contre un mur à l’ombre, croisant les bras en attendant la suite des opérations.

(Willem) : Le boss arrive ?

(Cendar) : Oui. Tu as le parchemin ?

(Willem) : Oui, bien sûr que je…

Willem, tout en parlant, porte la main à sa poche arrière et resserre ses doigts sur du vide. Ses yeux s’écarquillent, se retournant immédiatement vers Morlan qu’il s’attend à voir agenouillé aux côtés de son réploïde. Mais le professeur est déjà en train de courir dix mètres plus loin, le parchemin en main. Willem entrouvre la bouche, étonné.

(Willem) : Hey, c’est moi le pickpocket ! Cendar, descends le !

Sans bouger d’un pouce, Cendar ne tourne même pas la tête vers le fuyard.

(Cendar) : Ce n’est pas la peine.

En pleine course, Vladimir reste toujours aussi stoïque, n’osant pas regarder derrière lui et s’attendant à tout moment à se prendre une balle dans le dos.

(Vladimir) : Désolé Almee, mais c’était ma seule occasion de fuir.

Alors qu’il élargit la distance entre lui et ses adversaires, étonné de ne pas se faire tirer dessus ou rattraper, Vladimir commence à se sentir soulagé, se demandant s’ils se sont rendus compte qu’il a fuit. Soudainement, quelque chose de métallique s’enroule autour de sa cheville et le fait lourdement chuter au sol. Vladimir se redresse, saisissant la carte à pleine main pour ne pas la perdre. Il n’a pas le temps de se remettre debout qu’un énorme coup le frappe en plein dans le dos, le replongeant au sol. Vladimir essaye de se remettre sur ses genoux, suant à grosses gouttes, et une chaîne s’enroule autour de son cou dans un bruit tonitruant. Le professeur porte ses mains à son cou pour tenter de se déloger, mais les chaînes se resserrent et il commence à étouffer.
Il tourne un regard tremblant vers l’ombre qui s’approche dans son dos, pour constater l’approche d’une jeune femme en robe légère, aux cheveux bruns et au regard candide. Alors qu’il se sent presque apaisé par cette vision, il comprend que cette femme n’est autre que son agresseur, car les chaînes partent de ses poignets. Vladimir entend alors la voix de Willem venir de loin derrière.


(Willem) : Hey, Sayam, le tue pas ! Ramène-le par ici avec la carte !

Sans ajouter un seul mot, la jeune femme détourne son regard neutre de Vladimir et se met à avancer le long de la rue, tenant Vladimir à la gorge au bout de sa chaîne, le trainant au sol comme s’il ne pesait rien. Souffrant de la composition abrupte du sol sur lequel il est tracté et de la chaîne qui lui lacère le cou, Vladimir est presque content lorsqu’il arrive à nouveau devant le reste des membres de l’Ordo. Willem se baisse à son niveau et lui flanque une gifle qui le projette au sol, aux côté du corps d’Almee. Le professeur voit alors la lame brillante du katana juste sous ses yeux.

(Willem) : Alors, on essaye de se faire la malle ?

Cendar se détache du mur et approche de Vladimir, lançant un regard à Sayam en claquant des doigts.

(Cendar) : Sayam, la carte.

Alors que Sayam se baisse pour tenter d’attraper la carte dans les mains de Vladimir, le professeur se saisit du katana, lui attrape la jambe et la fait basculer en avant, plaquant presque immédiatement la lame glaciale sous la gorge de la jeune femme. Cendar dégaine presque automatiquement et plaque son arme entre les yeux de Morlan sans hésitation. Vladimir se redresse, entrainant Sayam dans son mouvement, plaquant toujours le katana d’Almee sur sa gorge.

(Vladimir) : Laissez moi partir ou je n’hésiterai pas à lui trancher la gorge.

(Cendar) : Tranches lui la gorge et je n’hésiterai pas à te faire sauter la cervelle.

(Vladimir) : Dans ce cas, nous sommes dans une impasse.

(Sayam) : Non.

Presque choqué d’entendre la voix de la jeune femme, Vladimir ne comprend pas tout de suite ce qui se passe tant cela va vite. Sayam se laisse lourdement tomber au sol, se faisant une belle coupure tout le long de la joue contre la lame du katana, se saisit de la chaîne qui pend toujours du cou de Vladimir (et qui est reliée au bras gauche de la jeune femme) et tire un coup sec dessus, faisant lourdement tomber le professeur vers l’avant. Atterrissant sur le sol dur, à plat ventre, Vladimir a le souffle coupé par le choc. Willem se penche sur lui.

(Willem) : Tss tss… il ne faut pas jouer aux durs quand on ne sait pas se battre.

Sayam force le professeur à se redresser sur ses genoux en tirant fermement sur la chaîne qu’il a toujours enroulé autour du cou. Une fois fait, elle se penche et saisit la carte dans les mains fatiguées de Vladimir.
C’est au moment où elle se redresse qu’une détonation fend l’air et surprend tout le monde. Les doigts de la jeune femme s’écarquillent et la carte retombe entre les genoux de Vladimir, accompagnée de quelques gouttes de sang. Sayam baisse la tête vers son ventre où une tâche rouge est en train de s’imprimer sur le tissu de sa robe, autour d’un trou qui n’était pas là une minute avant. Elle porte ses mains à cette blessure, ne comprenant pas pourquoi ça lui fait si mal mais n’a pas le temps de finir son geste qu’un second coup retentit en l’air, déchirant son épaule dans une gerbe de sang. Sayam est prise de tremblements et s’effondre en avant dans les bras de Cendar, l’empêchant de dégainer son arme immédiatement. Mais il est trop abasourdi par ce qui vient de se passer pour y penser, et comme toutes les autres personnes présentes, il ne peut que tourner la tête vers la petite silhouette qui s’approche d’eux, et qui a été l’auteur de ces deux tirs.
Sous la clarté du soleil qui frappe Idlow depuis le début de l’après midi, le visage angélique d’adolescent de Opitz rayonne d’un sourire macabre.


(Opitz) : Professeur Morlan… je vous ai cherché longtemps.

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