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Le vrai Almee

Sorti le 26/07/2007, compilé dans le Volume 3

Histoire :

Almee, semblant retrouver des forces, dégage une énergie presque palpable. Raven se cambre en avant, adoptant une posture de combat différente.

(Raven) : Ok… c’est du sérieux maintenant ?

Le réploïde se saisit de son arme avec ses deux mains et prend une pose différente de celle qu’il employait jusqu’ici. Raven semble reconnaître cette posture de combat.

(Raven) : Cette garde… Chudan no Kamahe (1). Tu as des bases de combat au sabre en réalité… je ne l’aurai pas cru en te voyant te battre auparavant.

Subitement et sans prévenir, ni ajouter un seul mot, Almee se jette à l’encontre de son adversaire, lançant un grand mouvement horizontal de son sabre en direction de la gorge de son adversaire, prêt à le décapiter. Raven plaque de justesse son katana de manière verticale pour contrer l’attaque dans un crissement d’acier et Almee se retire immédiatement, repartant vers l’arrière pour préparer un nouveau coup. Raven semble de plus en plus étonné, et son excitation est palpable, même si son visage est masqué.

(Raven) : Une fondamentale Tsuki (2) en Morote (3) à présent… tu n’es pas un débutant, n’est ce pas ?
 
(Almee) : Peut être pas.

(Raven) : On va vérifier ça tout de suite.

Raven s’approche d’un pas lent vers Almee, maintenant sa garde bien haute, prudent dans ses mouvements maintenant qu’il voit le réel niveau d’Almee. Ce-dernier se remet en garde, et s’avance vers son adversaire, tournant autour de lui par le côté droit. Soudain, à la vitesse de l’éclair, Raven se jette sur Almee, faisant subir un mouvement circulaire à son katana, du bas vers le haut. Almee le bloque de son sabre avec un geste précis et repart immédiatement sur une contre attaque Tsuki, comme la première fois. Raven est contraint de se laisser tomber en arrière pour ne pas voir sa tête se détacher du reste de son corps et peut sentir le sabre de son adversaire frôler son masque blanc dans une gerbe d’étincelles.
L’homme à l’armure cybernétique se replie alors gracieusement en arrière et se remet immédiatement en garde.


(Raven) : Ton niveau est tout à fait excellent. Pourquoi ne pas l’avoir employé dès le début ? Tu n’aurais peut être pas toutes ces blessures à l’heure actuelle.

(Almee) : Je ne pouvais pas.

(Raven) : Et pourquoi pas ?

Almee affiche un visage encore plus sombre, scrutant les moindres mouvements de son adversaire, voir si l’intérêt qu’il lui porte n’est pas uniquement destiné à distraire sa garde. Mais apparemment non.

(Almee) : Ce que j’avais dans la nuque s’appelle un « inhibiteur de comportement ». Le professeur a dû me l’implanter il y a quelques années car certains de mes pairs ont eu des bugs et se sont mis à tuer n’importe qui.

(Raven) : Des bugs ? Mais bon sang… t’es un robot ?

Le regard d’Almee devient encore plus sombre.

(Almee) : Non… je suis… j’étais un homme.

[Flash Back]
Almee, en costume et cravate, est assit seul dans un petit cabinet tout en bois où des banquettes en velours rouge occupent chaque murs, à l’exception d’une porte. Le jeune homme a l’air particulièrement paniqué, se tortillant les doigts dans tous les sens. La porte s’ouvre soudain et un homme grand, un peu trapu, aux cheveux noirs et portant une moustache de mousquetaire, fait son entrée dans le cabinet. Il referme la porte derrière lui et scrute Almee de ses yeux perçants. Almee tourne vers lui un regard implorant.

(Almee) : Père, je…

Le visage de celui qui semble être le père d’Almee ne montre aucun signe d’attendrissement et son expression reste sévère. Almee baisse la tête, les larmes aux yeux.

(Père d’Almee) : Le juge ne veut rien entendre.

Des larmes se mettent à couler des yeux du jeune garçon qui tremble comme une feuille.

(Père d’Almee) : Cependant, il reste une échappatoire…

Almee se retourne vivement vers son père et agrippe ses vêtements d’une manière suppliante.

(Almee) : Tout ! Je ferai tout pour y échapper !!

Le père d’Almee baisse la tête vers son fils, toujours sans afficher une expression de tendresse à son égard, et fait un léger mouvement du torse pour qu’Almee le lâche. Toujours en pleurs, Almee se replace calmement sur la banquette et son père se tourne vers la porte qu’il ouvre et passe la tête à l’extérieur.

(Père d’Almee) : Monsieur Morlan… vous pouvez venir, si vous le voulez bien.

Morlan, un peu plus jeune, les cheveux plus courts et des lunettes sur le nez, fait son entrée dans le cabinet. Almee lui lance un regard douteux, emplis de larmes.

(Morlan) : Bonjour, Almee…
[/Flash Back]

Almee ferme ses yeux d’un air triste, son expression adulte toujours sévèrement imprimée sur son visage. Il rouvre sa main lentement, et pose les yeux dessus, constatant le sang qui la recouvre.

(Almee) : Ce sang n’est pas synthétique.

(Raven) : Gamin… tu n’es pas un de ceux qu’on nomme les « réploïdes » ?

A l’audition de ce nom, Almee redresse son visage vers son adversaire, le fusillant du regard, mais comme rien dans l’attitude de Raven ne semble montrer de l’agressivité sur le moment, il se décide à hocher la tête en guise de réponse.

(Raven) : Je vois… un prototype avancé, dans ce cas. Nous avons aussi un réploïde dans notre organisation. Il s’appelle Osmosis. Mais c’est un des premiers prototypes qui aient été « créé »… à l’époque ils ne demandaient pas l’avis des cobayes avant de remplacer leur cerveau par un ordinateur et leurs membres par des pièces de métal… des soldats sur le point de mourir. Ils leur faisaient subir ça, leur disant par la suite que c’était le seul moyen de les sauver. Mais au final, ils n’étaient que des expériences.

(Almee) : On ne peut pas vraiment dire que j’ai eu le choix, moi non plus.

(Raven) : C’est embêtant…

Raven se remet en position de combat, saisissant cette fois-ci son katana à deux mains, comme l’avait fait Almee avant.

(Raven) : En d’autres circonstances, nous aurions pu nous entendre.

Almee se remet en position de combat à son tour.

(Almee) : Je n’en doute pas.

(Raven) : Offre moi au moins un beau combat, en guise de compensation.

Almee affiche un sourire réel, montrant enfin le vrai visage derrière le réploïde.

(Almee) : Sans cette puce, je redeviens vraiment moi… et mes capacités martiales ne sont plus limitées. Tu auras un beau combat, mais ne t’attends pas à avoir la victoire.

Almee ne peut pas le voir, mais derrière son masque, Raven sourit. Excité, car il n’a pas affronté un adversaire digne de son talent depuis longtemps. Les deux adversaires prennent leurs appuis, et dans un tumulte de métal éblouissant, se jette à l’assaut l’un vers l’autre.

Tapis au coin d’une fenêtre, à l’intérieur d’une pièce sombre, Vladimir jette des regards inquiets vers la ruelle qui se trouve en contrebas. Les murs sont délabrés et les planches de bois qui composent le sol sont si vieilles qu’elles pourrissent par endroits. Le professeur voit distinctement les restes de son premier bloc-mirage, en miettes, encore fumant du coup de feu qu’il a tiré.

(Vladimir) : Pff… j’aurai dû les faire un poil plus gros et implanter un chargeur de cinq balles, plutôt qu’une. Je serai tranquille à l’heure actuelle.

Le professeur jette un regard circulaire dans la ruelle, semblant chercher Willem du regard. Il sue à grosses gouttes et ses yeux sont encore rouges à cause du fumigène.

(Vladimir) : Merde, mais où il se planque ?

(Willem) : C’est moi que tu cherches ?

Vladimir écarquille les yeux et se retourne d’un geste brusque vers l’origine de cette voix qu’il commence à connaître très bien. Willem est bien là, devant la porte ouverte de la pièce, se tenant l’épaule d’une main ferme, un filet de sang s’écoulant entre ses doigts, un poignard dans l’autre main. Il affiche une mine décontractée pour l’état dans lequel il se trouve, et une allure toujours aussi désinvolte.

(Willem) : Mon flair a encore eu raison…

(1) : Une des gardes de base du Kendo
(2) : Au Kendo, c’est une frappe très dangereuse et une des seules qui se lance à l’horizontal. On ne l’apprend pas aux débutants.
(3) : Au Kendo, on parle de Morote pour une personne qui tient son sabre à deux mains. Si ce maintien permet une meilleure prise en main du sabre, il devient en revanche bien plus dur à manipuler.

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