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Illusion et renversement

Sorti le 18/07/2007, compilé dans le Volume 3

Histoire :

Les couteaux de Willem sont prêts à déchirer la silhouette de Vladimir. Les lames se plantent dans la peau et déchirent la chaire. Le tueur semble être ravi du résultat et affiche un sourire sadique.

(Willem) : Alors tu en penses quoi ? C’est à ton goût ?

Mais il s’arrête soudain dans une expression dépitée, se rendant compte que quelque chose ne va pas. Il n’y a pas de sang. Willem relève la tête, pour voir la silhouette de Vladimir, intact, qui le regarde avec toujours la même assurance, sans bouger. Willem recule d’un ou deux pas, semblant chercher les traces de blessures sur le corps de son adversaire, puis passe lentement la main pour toucher ce Vladimir immobile. Sa main passe au travers.

(Willem) : Bordel de merde, un bloc-mirage !!

Le tueur roux balance un énorme coup de pied dans les pieds de l’hologramme, dénichant en réalité un boitier noir de forme circulaire qui va alors s’éclater contre le mur de la ruelle. L’hologramme disparaît alors immédiatement sous les yeux de Willem, qui, frustré, tourne la tête de gauche à droite pour chercher où se cache le vrai Vladimir.

(Willem) : Montre toi ! Tu ne peux pas être loin : il faut rester à environ dix mètres d’un bloc-mirage pour faire parler l’hologramme et lui commander des mouvements.

Le tueur s’avance un peu plus dans la ruelle, flanquant un violent coup de pied enragé dans une poubelle à proximité, qui se vide de son contenu sur les pavés qui composent le sol.

(Willem) : Raaah !! Comment t’as pu placer cette merde sans même que je m’en rende compte ??!

Soudain, la voix de Vladimir résonne dans la ruelle, Willem écarquille les yeux en l’entendant dans son dos et se retourne vivement vers elle. Le tueur peut constater que le professeur pointe vers lui une arme à feu modifiée, qu’il semble scruter d’un œil avisé sans donner l’impression d’écouter ce que lui dit son adversaire.

(Vladimir) : Le tout c’est que tu ne saches pas à partir de quel moment tu as commencé à poursuivre un hologramme, car son réalisme est tel que tu ignore qu’il en est un tant que tu ne l’as pas touché…

Willem affiche un sourire haineux et provoquant.

(Willem) : Tu me fais marrer. Depuis quand les hologrammes se déplacent ?

(Vladimir) : Depuis que j’ai modifié des blocs-mirages, les dotant de moteurs internes assez puissants pour les faire se déplacer à distance, de manière téléguidée.

(Willem) : Je vois… « Le pouvoir de la science peut tout » ou une connerie du genre ?

Vladimir hoche la tête de droite à gauche pour répondre négativement.

(Vladimir) : Non… l’esprit peut tout. Il peut tout savoir ou tout ignorer. Assez malléable pour se laisser influencer par une simple illusion, comme tu viens de le vivre.

Willem se replace en position de combat d’une manière désinvolte, faisant le sourd à ce que lui dit Vladimir, mais il s’arrête immédiatement en entendant le déclic de la détente de l’arme à feu de son adversaire qui n’a pas bronché et montré un seul signe d’inquiétude depuis qu’il s’est montré.

(Vladimir) : Je n’ai pas pris un garde du corps personnel pour rien… je savais que de me déplacer seul pouvait être dangereux. Il était logique de ne pas venir désarmé, de ce fait. Je sais m’en servir, alors sois prudent : ce sera toujours plus rapide que tes couteaux. 

(Willem) : C’est ce que tu crois.

Avec une rapidité déconcertante, le rouquin bondit sur le côté en un magnifique salto, censé esquiver un éventuel coup de feu, tout en envoyant ses armes acérées à l’intention de son adversaire. Les deux couteaux font mouche et Willem atterrit gracieusement au sol, relevant la tête pour voir le résultat de son attaque.

(Willem) : Qu… ?

Vladimir n’a pas bougé d’un centimètre, et Willem se rend soudain compte qu’aucun coup de feu n’a retentit et que ses couteaux sont plantés dans le mur derrière le professeur.

(Willem) : Bordel, encore un hologramme !

Comme pour répondre à cette interjection, l’image de Vladimir se distille telle une vague dans l’air et finit par disparaître. Il ne reste qu’un petit boîtier noir circulaire déposé au sol émettant encore une petite lueur. Sans prêter attention à la machine, le tueur tourne la tête de droite à gauche, de manière folle.

(Willem) : T’es où ? Arrêtes de jouer aux cons, sale lâche ! Et pourquoi tu te barres pas, en fait ? T’as eu mille fois la possibilité de le faire !!

La voix de Vladimir sort du vocodeur de la petite boîte noire circulaire pour répondre à son adversaire.

(Vladimir) : Parce que je ne sais pas réellement où se trouve votre tireur, et je ne sais pas si vous avez d’autres alliés non plus.

(Willem) : Stratégie défensive… en gros tu te planque et tu attends ?

(Vladimir) : Oui. Ca a le mérite de fonctionner, tant que je t’occupe avec mes blocs-mirages.

(Willem) : Ca, ca va pas marcher mille fois, espèce de… 

Le tueur de l’Ordo n’a pas le temps de finir sa phrase qu’une détonation retentit dans la ruelle et qu’il est violemment projeté au sol sous la force d’un tir. Une violente douleur s’éveille dans son épaule où une balle de calibre inconnu vient de se planter. Un filet de sang s’écoule de cette blessure tandis que Willem roule sur le côté et se redresse vivement au couvert d’un mur pour se mettre à l’abri, cherchant du regard d’où a bien pu partir ce tir.
Il écarquille les yeux en voyant une extrémité noire fumante placée sur la carlingue du bloc-mirage.


(Vladimir) : Oui… je ne les ai pas seulement modifié pour qu’il puisse se déplacer… maintenant ils peuvent aussi attaquer.

Willem pousse un juron étouffé en plaquant sa main sur son épaule. Il pose la tête contre le mur et ferme les yeux pour réfléchir.

(Willem) : Essayons quelque chose.

Le tueur se redresse sur ses jambes en prenant appui contre le mur et sort de sa cachette en courant rapidement pour se mettre à couvert d’un autre mur situé en face, passant de ce fait devant le bloc-mirage qui ne témoigne aucun signe d’activité. Il s’arrête dans cette nouvelle cachette pour reprendre son souffle.

(Willem) : Ok. C’est bien ce que je pensais.

Il ressort de son couvert et s’approche à pas lents du bloc-mirage, restant tout de même sur ses gardes. Aucun son ne s’en échappe. Il suffirait à Vladimir d’appuyer sur un bouton pour envoyer Willem voir du côté des morts. Mais rien ne se passe alors que le rouquin, se tenant toujours l’épaule, s’arrête juste devant le bloc-mirage et y balance un coup de pied rageur qui le retourne sur le dos.

(Willem) : Ok. Ces saletés ne peuvent tirer qu’un coup. Ca me semble logique étant donné leur taille.

Les yeux azurés de Willem se redresse alors vers la façade de la maison voisine et se plissent d’un air malicieux.

(Willem) : Monsieur le professeur, j’ai compris où tu te caches maintenant.

La lame de Raven va trancher la nuque d’Almee, qui dans un sursaut qui tient plus du reflexe qu’autre chose, tend son bras droit, dégoulinant de sang, vers le haut, bloquant l’arme de Raven dans un tintement métallique. L’homme masqué semble étonné et retire son arme qui a tout de même fait une belle entaille à la chaire d’Almee avant de se retrouver bloquée par de l’acier. Un flot de sang assez important s’écoule de cette nouvelle blessure et Almee se remet sur ses deux jambes en agrippant son katana, d’un air fatigué.

(Almee) : De justesse.

Tandis que le réploïde, le regard vitreux, se retourne vers son adversaire, ce dernier s’est déjà remit en position de combat, son sabre pointé de manière menaçante vers le jeune garçon.

(Raven) : Etonnant… je ne savais pas que les techno-partisans allaient jusqu’à se greffer un squelette d’acier.

Les yeux d’Almee se plissent, démontrant une certaine fureur qui n’y était pas lisible avant…

(Almee) : Je ne suis pas un techno-partisan…

Almee approche alors sa main de sa nuque et semble y chercher quelque chose, sous ses cheveux trempés de sueur. Il la retire alors vivement, dans une petite gerbe de sang.
Le réploïde, semblant faire abstraction du grand nombre de blessures qui l’étreignent de partout, se jette à l’encontre de son adversaire, faisant tournoyer habilement son sabre avant de rencontrer la lame de son adversaire. Celui-ci ploie légèrement sous ce coup dont la force semble être supérieure aux précédents.


(Almee) : … je suis une techno-victime.

(Raven) : Quelle force… tu n’es plus le même garçon qu’il y a un instant, dis moi.

Almee repousse son adversaire, qui atterrit deux mètres en arrière après un gracieux bon d’esquive. Raven scrute alors ce qu’Almee tient en main et qu’il semble avoir arraché de sa nuque. C’est une sorte de puce, recouverte de sang. De la nuque d’Almee s’écoule un filet de ce même liquide. Dans un geste rageur, Almee réduit cet étrange appareil en miettes, affichant en même temps un visage qu’il n’avait jamais eu jusqu’alors, semblant plus vieux, plus mature, mais aussi plus sombre…

Chapitre 23 Chapitre 25

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