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Négociations conflictuelles

Sorti le 04/07/2007, compilé dans le Volume 3

Histoire :

Menfis lance un regard abasourdi vers Almee, ne sachant pas très bien si ce qu’il vient d’entendre est sérieux.

(Menfis) : Né… négocier ?

(Almee) : Oui, et je vous le conseille.

L’antiquaire lance un regard assassin à Almee, sentant une menace pourtant non présente dans les propos du jeune garçon, ce qui est peut être dû à la manière froide dont il les prononce.

(Menfis) : Et pourquoi, je vous prie ?

Almee répond de manière neutre, sans même altérer son expression face au ton pourtant sifflant de son interlocuteur.

(Almee) : Comme vous avez pu l’entendre lors de ma conversation avec mon… père… des personnages haut placés convoitent cette carte avec autant d’acharnement que nous. Si nous prenions sur nous d’aller rapporter à ces personnes que ce parchemin est en votre possession, je crois qu’ils n’auraient pas besoin de débourser le moindre centime pour se l’approprier. Un mandat d’état est facilement obtenu par les monopoles technologiques d’Hydrapole auprès du gouvernement de la cité-état, et puisqu’Idlow est sous sa juridiction, vous ne pourriez pas vous y soustraire, sinon vous deviendriez un hors la loi, selon l’article 451 alinéa B du code pénal d’Hydrapole.

Menfis affiche une expression de surprise face au débit inaltérable et si parfait de son interlocuteur tandis que Vladimir croise les bras, de plus en plus satisfait d’avoir amené son réploïde avec lui. L’antiquaire rougit, constatant de l’efficacité des arguments de celui qu’il voyait comme un gamin, mais ne lâche pourtant pas le morceau.

(Menfis) : Je vois que vous connaissez bien votre leçon, petit futé, mais vous apprendrez donc maintenant qu’un mandat d’état ne justifierait rien en ce qui concerne cette carte, puisque j’en ai l’exclusivité, de par sa valeur d’héritage… selon l’article 322 alinéa C du code pénal d’Hydrapole. Trouvez autre chose.

Almee n’altère en rien son attitude, croisant les bras d’un air fier en soutenant le regard hautain de son interlocuteur.

(Almee) : Je vois… alors peut être qu’un mandat d’état touchant tout le reste de vos produits ferait suffisamment pression pour que vous concédiez à vendre cette carte à quelqu’un qui serait d’accord d’y mettre un prix ?

Menfis s’apprête à répondre quelque chose sans réfléchir vraiment à ce que vient de dire Almee, puis s’arrête soudain, la bouche ouverte, et réalise qu’il risque réellement de perdre toute sa marchandise. Il referme la bouche, lançant un regard de colère sur ses clients et relâche un peu la pression qu’il faisait sur le parchemin dans son délire de protection.

(Menfis) : Cent mille…

(Almee) : Cinq mille.

Menfis se braque, écarquillant les yeux à l’audition d’un prix aussi dérisoire.

(Menfis) : Quatre vingt mille.

(Almee) : Cinq mille cinq cent.

(Menfis) : Soixante mille, pas moins.

(Almee) : Cinq mille finalement, et c’est ma dernière offre avant que nous ne repartions à Techma-1 informer Monsieur Opitz de la présence en cette boutique de ce fameux parchemin qu’il recherche depuis si longtemps.

(Menfis) : Bon, alors quarante mille… c’est un prix risible pour ce parchemin.

Almee tourne la tête de gauche à droite en signe de dénégation et agrippe la manche de Vladimir pour l’emmener avec lui en direction de la sortie. Menfis lance un regard terrorisé vers ce gamin au moment où il ouvre la porte du magasin, faisant retentir le carillon. Sans pouvoir se contrôler, Menfis tend la main pour retenir ses clients en criant.

(Menfis) : Nooon !! D’accord pour cinq mille !!

Vladimir pousse un soupir de satisfaction tandis que son réploïde laisse retomber la porte, qui fait à nouveau retentir le carillon, et se retourne vers Menfis. Vladimir, satisfait, mais sans pour autant montrer sa joie, reprend le dialogue.

(Vladimir) : J’achète.

Menfis baisse la tête d’un air complètement abattu et se dirige vers le comptoir d’un air dépité, y dépose la carte à côté du katana et invite ses clients à le suivre d’un nonchalant signe de la tête. Vladimir se dirige vers le comptoir, bientôt suivit par son réploïde.

(Menfis) : Ca fera donc six mille deux cent Lupis.

(Vladimir) : Je peux payer par carte ?

(Menfis) : Oui, je ne prends rien d’autre de toute manière.

Menfis cherche l’appareil à carte sous le comptoir d’un air rageur tandis que Vladimir tourne un visage souriant vers son réploïde.

(Vladimir) : Tu compte arrêter de me surprendre un jour ?

Almee se contente de sourire pour toute réponse au moment où l’antiquaire ressort de sous le comptoir un vieux modèle de lecteur à carte dans lequel Vladimir introduit son moyen de paiement avant de taper les numéros sur le clavier digital. Au moment même où il va valider son code, Menfis retire l’appareil des mains de Vladimir d’un geste brusque et tend vers lui un fusil de chasse, qu’il avait sorti de sous le comptoir en même temps que le lecteur.

(Menfis) : Alors, qui arnaque qui maintenant ? Hmm ? Hahaha !

Vladimir affiche une expression mi-courroucée, mi-effrayée, analysant toutes les possibilités de fuites ou de négociations, et constatant avec effroi que chacune d’entre elles le voit mourir d’un coup de fusil en pleine tête, il se met soudainement à pâlir. Le vendeur tourne la tête vers le lecteur à carte, pianotant quelques touches.

(Menfis) : On va vérifier à combien monte le contenu de votre compte en banque et on va lui faire subir une petite liposuccion, d’accord ?

(Almee) : Pas d’accord.

Menfis écarquille les yeux en se rendant compte qu’Almee est apparu dans son dos alors qu’il ne l’a même pas vu bouger. D’un rapide coup du tranchant de la main dans la nuque de l’agresseur de son « père », Almee le met à terre sans autre forme de dialogues.
Tremblant encore légèrement, mais néanmoins stoïque, Vladimir pousse un soupir de soulagement en récupérant sa carte. Il se saisit ensuite du parchemin qu’il enfourne délicatement dans la poche de sa veste, le laissant dépasser de moitié pour garder un œil dessus.


(Vladimir) : Bien joué, mais ne perdons pas de temps.

Almee hoche la tête et accroche son katana, bien rangé dans son étui de bois vernis, après l’avoir détaché de son râtelier poussiéreux. Vladimir se tourne vers lui, commençant à marcher vers la sortie.

(Vladimir) : C’est bon, tu as tout ?

(Almee) : Oui. Dommage que ça se soit passé ainsi.

Vladimir affiche un léger sourire, qui semble faux et empli de tristesse.

(Vladimir) : Ca se passe presque toujours comme ça.

Le duo se dirige vers la porte de sortie en passant devant la vitrine pleine de pièces authentiques. Soudainement, celle-ci éclate sous les tirs précis d’un auto-gun. Almee a juste le temps de se jeter sur Vladimir et de le tirer en arrière pour le mettre hors de portée des tirs multiple qui retentissent à présent, d’une précision pourtant assassine. L’air hagard, le professeur se redresse sur son séant, son réploïde l’ayant devancé, debout sur ses deux jambes, fixant la ruelle d’un air calme, mais très sérieux.

(Vladimir) : Qu’est ce que c’est que ce bordel ?

Comme pour répondre à cette question, un fumigène est balancé au travers de la vitre brisée, atterrissant en plein milieu du magasin pour y rependre une âpre fumée grise et opaque. Vladimir ferme les yeux par reflexe et se met à tousser presque immédiatement. Almee, sur qui le fumigène n’a aucun effet, saisit son concepteur par la taille et le fait passer sur ses épaules avant de sortir avec lui du magasin et de le reposer délicatement sur le sol pavé de la rue, tout en restant au couvert du toit de la bâtisse.

(Vladimir) : Teuheu ! Ne nous sors pas, le tireur va nous avoir si on reste dehors. Teuheuteuh !

(Almee) : Ne t’inquiètes pas, prof. Selon l’angle d’inclinaison des balles lorsqu’elles ont brisées la vitrine, je juge à 95% que le tireur ne peut pas nous atteindre là où nous sommes actuellement.

Peu rassuré par cette dernière remarque, Vladimir recule et se colle contre le mur du bâtiment d’où s’échappe des volutes de fumée grise.

(Vladimir) : Et les 5% restant, tu les as pris en compte ?

(Voix) : Ce ne sera pas la peine…

Sur le côté droit, au travers de la fumée qui s’est élevée dans la rue, deux silhouettes apparaissent. Leurs traits se distinguent de plus en plus jusqu’à laisser apparaître un type en complet bleu débraillé et aux cheveux roux, et un homme en armure cybernétique portant un masque et un katana à sa ceinture : Willem et Raven de l’Ordo Arakis. Almee lance un regard étrange à Raven, le reconnaissant.

(Almee) : Toi ?

(Vladimir) : Tu le connais ?

Raven et Willem s’arrêtent à environ deux mètres d’Almee et de Vladimir, qui ne comprennent rien à ce qui se passe. L’homme en armure cybernétique sort son katana de son étui dans un mouvement leste et pointe la lame resplendissante vers le visage d’Almee.

(Raven) : Ne t’inquiètes pas, gamin… on ne vous fera aucun mal si tu me donne gentiment le parchemin.

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