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Katana et parchemin

Sorti le 27/06/2007, compilé dans le Volume 3

Histoire :

Almee arrive au magasin de récupération au moment où Vladimir est en train d’en sortir, suivit de prêt par le vendeur, un homme assez mûr aux cheveux grisonnant et mal rasé. Le professeur se retourne vers le vendeur qui lui sert vigoureusement la main.

(Vendeur) : Donc livraison dans trois jours au maximum, et dans la plus grande des discrétions, comme à votre demande. 

(Vladimir) : Merci beaucoup.

Le vendeur incline légèrement la tête en guise de salutation et pénètre dans sa boutique, satisfait de cette superbe affaire qu’il vient de faire. Vladimir se retourne vers Almee, lui lançant un regard dur.

(Vladimir) : Tu as pris ton temps.

(Almee) : Désolé. J’ai vu un superbe katana en vitrine pas trop loin, et j’ai perdu du temps à l’admirer.

Vladimir affiche une expression de doute, décroisant ses bras lentement et se rapprochant du réploïde.

(Vladimir) : Depuis quand tu t’intéresses aux armes toi ?

(Almee) : Voyons, prof, tu vas pas croire que je bavais devant cette arme dans l’optique de te la planter dans le cœur. Tu as dis toi-même que tu m’avais débuggé. 

Le professeur pousse un soupir en baissant la tête, montrant une mine légèrement attristée.

(Vladimir) : Je ne disais pas ça pour ça. Tu me prends pour un paranoïaque ou quoi ?

(Almee) : Ben alors ?

(Vladimir) : Je me disais que comme tu m’as tout de même sauvé la vie, en empêchant le crash de l’aérotrain, tu méritais une récompense.

Le visage d’Almee s’éclaire soudain, et un sourire radieux s’épanouit sur son visage blafard.

(Almee) : Tu vas m’acheter le katana ?

Vladimir se contente de répondre par un clin d’œil. A peine Almee l’entraperçoit qu’il saute au cou du professeur en hurlant de joie. Morlan pousse un nouveau soupir, restant assez froid avec sa création, malgré ce contact.

(Vladimir) : C’est bon, c’est bon. N’en fais pas toute une histoire… tu restes vraiment un gamin, au fond.

Almee tourne vers lui une mine effrontée en plissant les yeux, son sourire toujours affiché sur son visage.

(Almee) : Ben j’espère bien. 

Le duo se dirige donc d’un pas léger vers le magasin d’antiquités, dont la devanture laisse à penser qu’il en est lui-même une. Vladimir lance un regard douteux sur la devanture tandis qu’Almee se penche sur la vitre pour pointer le katana du doigt.

(Almee) : Le voilà, avec le râtelier et tout. 

(Vladimir) : Bien.

Le professeur pousse la porte de la boutique, qui fait retentir un petit carillon de cristal. L’intérieur est assez dégagé, les objets étant rangés sur des étagères qui occupent tous les murs de la salle. Derrière un comptoir vitré sous lequel repose des ossements divers et étranges, le vendeur du magasin relève la tête vers Vladimir et Almee, qui s’avancent vers le centre de la pièce. Il a l’air d’un rat de bibliothèque, très maigre. Ses yeux, petits et vifs, alourdis par de grosses rides et camouflés derrière des lunettes à montures d’acier, sont la seule trace de vitalité dans son visage cadavérique sur lequel se dessine un rictus plus effrayant qu’accueillant. Il affiche un sourire à l’intention de ses deux clients en contournant le comptoir et s’arrête devant eux.

(Menfis) : Bonjour à vous, je suis Alexandre Menfis, propriétaire de cette boutique d’antiquités.

(Vladimir) : Bonjour, à vous. Je voudrai avoir plus de renseignements sur…

Almee le coupe brutalement, trop fou de joie pour se retenir plus longtemps.

(Almee) : Le magnifique katana que vous avez en vitrine.

Le sourire de Menfis s’élargit et il tape dans ses mains en se dirigeant d’un pas leste vers la vitrine, tandis que Vladimir lance un regard sévère à Almee que celui-ci feint d’ignorer. Menfis s’arrête devant le râtelier du katana qu’il tourne avec précaution vers ses clients, d’un geste précis et méticuleux.

(Menfis) : Ce katana se nomme Hisagumo. Il appartenait à un brigand qui terrorisait les voyageurs traversant le désert Arkonnen… Lorsqu’on abattu ce truand et le mit en terre, ce katana arriva en possession de mon oncle et j’en ai hérité. C’est une très belle pièce, que je n’avais jamais réussi à vendre jusqu’à maintenant. Vous savez, avec toutes ces nouvelles armes technologiques, les gens n’ont plus grand-chose à faire des sabres de ce type…

Vladimir jette un œil d’inspecteur sur l’arme se rapprochant le plus près possible pour l’observer sous toutes ses coutures. Après une minute de ce jeu, il se redresse et semble pensif pendant quelques secondes.

(Vladimir) : Il a l’air authentique.

(Almee) : Il l’est.

Menfis semble vexé.

(Menfis) : Bien sûr qu’il l’est, je ne vends pas de la camelote.

Vladimir réfléchit encore un moment, puis fini par reprendre la parole, alors qu’Almee commence à craindre que son créateur ne change finalement d’avis.

(Vladimir) : Je le prends, il est à combien.

(Menfis) : Mille deux cent Lupis.

Vladimir sort son portefeuille de sa poche, d’un air triomphal.

(Vladimir) : C’est un prix honnête.

Menfis affiche un sourire satisfait en soulevant le râtelier sur lequel est déposé le katana dans son étui, afin de l’amener sur le comptoir de verre où il fera payer Vladimir. Par ce mouvement un peu brusque, il fait tomber au sol le fameux rouleau qui était déposé à côté, attirant l’attention du prof dessus. Alors que l’antiquaire se dirige vers le comptoir, croyant Vladimir sur ses talons, ce-dernier se penche sur le parchemin, écarquillant les yeux, n’étant pas sûr de ce qu’il voit. Puis soudain, comme frappé par la certitude, il se jette à genou au sol et ramasse le rouleau de parchemin qu’il déroule avidement.

(Vladimir) : J’y crois pas… j’y crois pas…

Surpris pas cette action incongrue de la part d’un homme habituellement aussi calme et rangé, Almee s’agenouille à ses côtés pour voir ce dont il s’agit. Le vendeur, également attiré par le mouvement, dépose le katana sur le comptoir et revient d’un pas rapide vers Vladimir. Il affiche une expression d’effroi en voyant l’objet qu’il tient en main et lui retire vivement, avec un maximum de précautions.

(Menfis) : N’y touchez surtout pas avec vos doigts, sa valeur est inestimable.

Vladimir se redresse sur ses deux jambes.

(Vladimir) : Je le sais bien. Il me la faut.

Menfis montre une expression stressée, limite effrayée, il ne sait pas s’il doit accepter ou non, serrant précieusement le rouleau contre son torse, comme pour le protéger d’un assaut de convoitise de Vladimir. Ce-dernier montre pourtant une réelle envie et un visage qu’Almee n’avait jamais vu chez lui, une excitation sans pareille qui le fait suer à grosses gouttes.

(Almee) : Quelle est ce parchemin ?

Vladimir lui répond, sans même le regarder, le regard figé sur le rouleau que Menfis sert toujours comme un nourrisson qu’il protégerait des loups.

(Vladimir) : Sur ce parchemin est reproduite une carte, nommée Symbolique Alpha, qui contiendrait des coordonnées spécifiques menant à un endroit caché dont on ignore tout… Il y à trois ans, alors que je venais de rentrer au service de Techma-1, j’ai eu l’occasion de lire un dossier perdu de Monsieur Opitz, qui avait été confondu avec ma fiche de prestation… il traitait de ce document introuvable qu’il cherchait avec avidité… ce sujet me passionne depuis lors… si tu savais de ce dont parlait ce dossier… mais si j’avais su que je le trouverai ici… jamais je n’aurai pensé…

(Almee) : De quoi parlait le dossier ?

Vladimir daigne alors tourner un visage sombre vers Almee, soudainement dénué de l’excitation qui était pourtant encore présente en lui il y a une seconde.

(Vladimir) : De l’Apocalypse, Almee… la fin du monde.

Menfis recule d’un pas, affichant un sourire félon sur son visage maladif et charnu. Le voyant s’éloigner ainsi, Vladimir reporte son attention vers lui, laissant l’effet de ses paroles agir sur Almee que la précédente révélation du professeur a légèrement bouleversé, et à la fois excité.

(Almee) : La fin… du monde ?

Le professeur s’est redressé vers Menfis, prenant l’air le plus sérieux dont il dispose.

(Vladimir) : Vendez la moi, je vous en prie…

(Menfis) : Son prix est hors d’atteinte pour vous.

(Vladimir) : Dîtes toujours.

Menfis hésite une seconde, jette un œil au parchemin, semblant le jauger une ultime fois, puis souffle entre ses dents.

(Menfis) : Cent vingt mille Lupis.

Vladimir écarquille les yeux, donnant l’impression qu’on vient de lui jeter un saut d’eau froide au visage.

(Vladimir) : Combien ? Mais c’est abusé !!

(Menfis) : C’est le prix.

Almee s’invite soudainement dans la conversation. Prenant un ton mûr et assuré que Vladimir reconnaît comme étant celui du réploïde, plus que du jeune garçon.

(Almee) : Vous ne la vendrez jamais à personne à ce prix… vous le savez aussi bien que nous, votre boutique n’est pas assez cotée pour qu’un millionnaire vienne s’y perdre.

Menfis semble jauger les paroles d’Almee, perdant son sourire perfide.

(Menfis) : Et alors, vous me proposez quoi, jeune homme ?

(Almee) : Négocions.
 

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