Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 20

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Un brin d'esprit

Sorti le 20/06/2007, compilé dans le Volume 3

Histoire :

Telziel se repousse violemment en arrière en prenant appui de son pied contre l’un des barreaux qui maintiennent la rambarde. Le barreau se tord sous la force de cette action et lorsque la masse d’arme d’Osmosis s’abat juste entre les jambes de son adversaire, le barreau de maintien explose sous le choc.

(Telziel) : Merde !!

La passerelle se détache alors complètement du côté droit, faisant chuter les combattants vers une mer de flammes qui ravage le sol du hangar. Telziel se rattrape de justesse au bord de la passerelle renversée, et se rend compte que son poids s’est considérablement alourdi puisque son adversaire s’est accroché à sa jambe pour ne pas tomber. Tenant sa masse d’arme grâce à ses pieds, le membre de l’Ordo se tient à la cheville de l’inspecteur avec son unique main valide. Sous le poids considérable de l’homme machine et de son arme énorme, Telziel hurle de douleur.

(Telziel) : Lâche moi, espèce d’imbécile !!

(Osmosis) : C’est absolument hors de question.

Un câble d’environ trois mètres de long se déroule du moignon mécanique d’Osmosis. Par un puissant mouvement du torse, qui manque de peu de faire lâcher prise à Telziel, il envoi ce câble s’enrouler autour de l’un des barreaux de maintien encore entier, en vu de s’y hisser.

(Telziel) : Fais pas ça ou bien tout va s’écrouler… et nous avec !

(Osmosis) : Si je dois mourir, tu y passeras avec moi !

Telziel se met à agiter sa jambe en tous sens pour faire chuter son adversaire, mais ce dernier le tient solidement. Osmosis lâche alors prise, se maintenant uniquement grâce à son câble. Par miracle, le barreau autour duquel ce-dernier est enroulé tient bon. Telziel pousse un soupir de soulagement qui est de courte durée, car son terrible adversaire s’est saisit de la masse d’arme avec sa main à présent libérée, et la brandit en vue de l’abattre sur l’inspecteur.

(Telziel) : Qu… ?!

(Osmosis) : Dis moi adieu maintenant !

Soudain, un nouveau baril explose, faisant lâcher un barreau à la passerelle, qui se penche alors encore plus vers l’abîme de flammes. Sous l’effet du choc, Osmosis perd son allonge, ce qui permet à Telziel de gagner un peu de temps. L’inspecteur jette un œil autour de lui et voit que le fond du hangar, où le corps de Miguel repose dans une marre de sang, n’est pas encore atteint par les flammes.

(Telziel) : Avec un peu de chance, cette passerelle pour me porter là bas.

Hésitant d’abord, Telziel lâche finalement sa main gauche pour venir chercher son pistolet dans son holster. Osmosis, qui commence à nouveau à se stabiliser au bout de son câble, fixe son œil fou vers son adversaire et éclate de rire.

(Osmosis) : Bwahahaha ! Tu sais bien que ces balles ne peuvent rien contre moi. Et inutile d’essayer de tirer sur mon câble : il est en acier… ça ne lui fera rien !!

Telziel lui lance un regard méprisant.

(Telziel) : Ce tir n’est pas pour toi, ni pour ton stupide câble. A mon avis tu devrais faire preuve d’un peu plus d’esprit, car tu ne fais que te pousser vers la mort depuis tout à l’heure, à prendre des risques inconsidérés.

(Osmosis) : Pauvre merdeux. Tu te crois plus malin que moi ?

Telziel détourne son regard de l’œil fou d’Osmosis en soupirant.

(Telziel) : On sera fixé dans deux minutes…

L’inspecteur vise la barre de maintien principale de la barrière avec son revolver, tremblant un peu et ayant du mal à viser de la mauvaise main. Osmosis écarquille son unique œil en voyant ce que manigance l’inspecteur.

(Osmosis) : Pauvre abruti !

L’homme machine, à présent stable au bout de son câble, brandit sa masse d’arme et l’abat violemment vers Telziel. L’inspecteur fait feu au même moment et le maintien principal éclate sous le tir parfait dont il vient de faire preuve. Le bras d’Osmosis est arrêté sous la violence du choc et sa masse d’arme tombe dans les flammes.

(Osmosis) : Non !! Mon bras !!

La passerelle, ne tenant plus que sur un barreau, chute complètement à la verticale et se balance violemment vers le fond du hangar. Telziel lâche prise à ce moment, retombant lourdement au sol, au côté du cadavre de Miguel. Osmosis se lâche en même temps, tombe un peu en arrière de l’inspecteur, très près des flammes, se brûlant un peu le visage.

(Osmosis) : Argh !!

Telziel se redresse vivement et se retourne vers son adversaire qui affiche une expression de pure furie en pivotant son visage vers lui. De l’unique bras qu’il lui reste, il pointe Telziel du doigt.

(Osmosis) : Tu m’as fais perdre mon bras… tu vas mourir.

(Telziel) : C’est le sort que tu me réservais depuis un moment, non ?

Sans rien répondre, Osmosis se met à courir vers Telziel, boitant un peu de sa jambe mécanique qui s’est abimée lors de la chute. Arrivant au niveau de Telziel, il lance son câble dans sa direction, et celui-ci s’enroule autour du cou de son adversaire. Telziel essaye de se démêler, mais Osmosis est déjà devant lui, le saisissant de son unique main valide pour le retourner dos contre lui et l’étrangler à l’aide de son câble. Etouffant et éructant, Telziel commence à manquer de plus en plus de force.

(Osmosis) : J’aurai voulu t’offrir une mort plus spectaculaire. Je ne comprends pas comment un minable dans ton genre a pu me causer tant de problèmes…

Dans un dernier sursaut d’énergie, Telziel, sans même voir s’il vise le bon endroit, relève le bras gauche qui tient toujours son revolver. Osmosis tourne alors bêtement la tête vers ce-dernier, plus par reflexe qu’autre chose, callant de ce fait son œil mécanique juste contre le canon de l’arme. Sans perdre une seule seconde, Telziel appui sur la détente et la balle, déviée par le champ de force, éclate à l’intérieur du canon dans une explosion assourdissante. Telziel est projeté vers l’avant et tombe lourdement à plat ventre. Le câble s’est déroulé de son cou, et sa main gauche, qui tenait son arme, est complètement ensanglantée.
Soudain, il entend les hurlements de colère d’Osmosis, et se retournant sur le dos dans un effort très douloureux, il peut voir ce qui arrive à son adversaire. Ce-dernier est penché vers l’avant, plaquant sa main contre le côté gauche de son visage où se trouvait avant un œil mécanique, mais où il ne reste maintenant qu’un cratère noirci d’où s’échappe des étincelles et de la fumée opaque.


(Osmosis) : Gwaaaargh !! Tu as fais exploser mon œil.

Telziel affiche un vague sourire de satisfaction en se remettant sur ses deux pieds, de manière assez hasardeuse, titubant légèrement, souffrant des nombreuses blessures et ecchymoses qui recouvrent son corps.

(Telziel) : A bout portant, même ta protection pare-balles était inefficace à cet endroit. Il ne m’a fallu que ma cervelle et un poil de chance pour que ce coup marche…

(Osmosis) : Je vais te l’éclater, ta cervelle… et tu pourras ramper au sol pour la lécher ! Oui, la lécher !! Pourriture !!

Telziel se baisse, soulève l'ourlet de son pantalon et sort un revolver de petit calibre d'un mini holster enroulé autour de sa cheville, se redresse et le pointe vers son adversaire qui tourne un visage empli de haine vers lui.

(Telziel) : Lèches plutôt ça.

Une détonation retentie dans l’enceinte du hangar. Une gerbe de sang vole dans les flammes et y disparaît en une fumée noire et opaque, consumée par la chaleur. Osmosis porte la main à sa poitrine, à l’endroit où se trouve son cœur, affichant une expression de surprise en baissant son visage pour constater un petit trou d’où s’échappe son sang. Il relève un visage blême vers l’inspecteur, entrouvre les lèvres, sans qu’un seul mot ne sorte de sa bouche, et tend la main vers lui, avance de deux ou trois pas, puis s’effondre au sol, raide mort.
Telziel se détourne du cadavre d’Osmosis et tourne la tête de droite à gauche, ne voyant que les flammes qui se rapprochent de plus en plus de lui.


(Telziel) : Finalement, je vais y passer moi aussi…

Il fixe alors son visage dans une direction et un léger sourire s’affiche sur son visage.

(Telziel) : …Ou peut être pas.

En effet, une porte de service blindée et fermée d’un cadenas est bien camouflée derrière l’une des deux grosses cuves fumantes, qui commence à être rongée par les flammes. Telziel se déplace jusqu’à celle-ci et pointe son arme vers le cadenas.

(Telziel) : Ca devrait le faire sauter.

Il presse sur la détente. Rien ne se passe. Telziel affiche alors une expression de panique en laissant tomber le chargeur de son arme, se rendant compte avec effroi qu’il est vide.

(Telziel) : Merde… ça c’est pas de bol!! Où peut être la clé ??

L’inspecteur tourne la tête avec affolement dans toutes les directions, ne voyant que des flammes, des flammes et des flammes… et soudain le cadavre de Miguel. L’inspecteur revient en trainant la patte vers le mort et se baisse à son niveau pour fouiller ses poches d’un air paniqué.

(Telziel) : Allez, allez… dis moi que tu as la clé, mon pote.

Son visage s’illumine alors qu’il extrait un trousseau de clés de la poche ventrale de la salopette de Miguel. L’inspecteur se redresse et avance en boitant vers la porte de service blindée, alors que les flammes ont à présent recouvert le cadavre d’Osmosis. Avec calme, il introduit les clés jusqu’à tomber sur la bonne, ouvre la porte et se retrouve dans une antichambre qui donne juste sur l’extérieur : une cour encadrée par d’autres hangars, où sont stationnées des voitures de service. Il se précipite au-dehors, trempé de sueur, recouvert de son propre sang et de bleus, l’air épuisé, titube jusqu’au milieu de la cour et s’effondre au sol, ne pouvant même plus bouger le petit doigt.

(Telziel) : Bordel… alors c’est ça, la force de l’Ordo Arakis ?

L’inspecteur ferme les yeux en entendant arriver au loin les sirènes des pompiers et se laisse aller à un repos salvateur, resserrant fermement de ses doigts ensanglantés l’appareil photo empli de preuves qu’il a dans la poche…

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