Ordo Xenos » Les Chapitres » Chapitre 2

.:: Chapitre 2 ::.
Sayam Laderton

Sorti le 15/02/2007, compilé dans le Volume 1

Histoire :

Adra’Haar, la ville du désert, où tous les magiciens sont libres. La ville fondée sur le contrôle et la puissance de la magie. Une ville surpuissante qui souffre également de son refus d’accepter la technologie. Ainsi, de par sa position géographique, une ville si forte est anéantie par son manque d’eau potable. Aucun moyen d’irrigation, un réseau d’égout dysfonctionnant, et une aridité à toute épreuve. Les mafias se livrent à un véritable trafic d’eau au sein d’une ville grouillante de monde, dirigée par un Archimage tout-puissant… en réalité manipulé par onze clans mafieux internationaux surpuissants, le conseil des Onze Mandragores.
L’un de ces clans, celui du puissant Seigneur Laderton, détient le monopole du trafic d’eau dans toute la région d’Adra’Haar, et son immense villa qui surplombe la ville en témoigne avec allégresse. Une immense piscine, des jeux d’eau, des fontaines. Un micro monde aquatique qui contraste de façon presque insolente avec la vision en contrebas d’une ville qui meurt de soif.
Au bord du grand bassin, une jeune femme ouvre soudainement les yeux, se rendant compte qu’elle a la tête complètement plongée dans l’eau. Elle la sort brutalement, reprenant son souffle de façon saccadée. L’eau trouble du bassin se stabilise doucement et la jeune femme peut y voir le reflet que l’eau lui renvoi. De longs cheveux fins, couleur ambrée, contrastant à merveille avec ses joues fines et blanche et son regard candide, d’un bleu azuré. Elle plonge délicatement la main dans l’eau pour en troubler la surface et effacer cette image qui lui est apparue.
A quelque mètres de là, assis dans une chaise pliante, un vieil homme lit un journal, ses yeux fins et encore vifs bougeant rapidement au rythme de la lecture. De longs cheveux grisonnant, coiffés vers l’avant pour masquer une calvitie pourtant évidente, témoignent de l’importance qu’a encore le vieil homme pour son aspect. C’est le chef du clan Laderton, le Seigneur Louis Laderton en personne. A ses côtés, son garde du corps, dans un complet noir et portant des lunettes et une coupe de cheveux règlementaires de la même couleur, garde les yeux fixés sur la jeune femme qui s’amuse à présent à s’éclabousser bruyamment avec l’eau du bassin.
Le chef de clan essaye d’attirer l’attention de son garde du corps sur le gros titre du journal.

(Laderton) : « Un autochenille transportant des matériaux high-tech à destination d’Hydrapole  attaqué en plein désert. La totalité de la marchandise a été volée et l’équipage massacré. ». Voyez-vous, Ulrich, ce qu’apporte la technologie ? Le malheur…

(Ulrich) : Monsieur, ne disent ils pas s’ils ont suspectés des coupables ?

(Laderton) : Ils soupçonnent l’Ordo Arakis, mais je vois mal cette organisation criminelle s’attaquer à une chose aussi dérisoire qu’une autochenille. Ils visent plus gros d’habitude. Peu importe, cela fera les pieds à ces maudits techno-partisans d’Hydrapole.

Il tend le journal replié de travers à Ulrich, qui s’applique alors à le remettre dans le bon sens, puis il tend les mains vers la jeune femme qui s’ébat avec toujours autant d’entrain dans l’eau.

(Laderton) : Sayam ! Allez viens, ma fille.

La jeune femme, répondant en fait à ce prénom de Sayam, se redresse calmement du bord du bassin, et marche dans la direction de son père, avant de s’asseoir devant lui et de lui tendre l’une de ses jambes nue, à la douceur et à la finesse incroyable. Le vieil homme sort une petite seringue de la poche pectorale de sa chemise et l’injecte dans la chaire de sa fille. Ulrich tourne la tête vers cet acte étrange, ne comprenant pas trop la manœuvre.

(Laderton) : C’est bien, Sayam.

Pour finir dans l’étrange, Laderton reconduit sa au bassin et lui passe deux lourdes chaînes autour des poignets, chaînes de près de trois mètres chacune, reliées aux bords pavés de la piscine. Le vieil homme revient vers sa chaise pliante et constate l’expression surprise de son garde du corps.

(Laderton) : Un problème, Ulrich ?

(Ulrich) : Non, monsieur… je me demandais simplement pourquoi vous attachiez mademoiselle Sayam.

Laderton jette un regard emplis de tristesse vers sa fille, qui recommence à s’éclabousser d’eau, malgré l’entrave des chaînes.

(Laderton) : Je ne peux pas veiller constamment sur elle, et il lui est vital de rester à proximité de l’eau.

Ulrich lui lance un regard incrédule, qu’il essaye pourtant de masquer au mieux. Le vieillard comprend que son garde du corps se demande s’il n’a pas des rapports un peu étranges avec sa fille.

(Laderton) : J’aime ma fille Ulrich, plus que tout. Je ne fais que la protéger.

Cependant, Ulrich n’a pas le temps de répondre à son chef, car une balle de pistolet lui passe au travers du crâne dans une détonation sinistre, éclaboussant de sang le visage de Louis Laderton, qui ne comprend rien à ce qui vient de se passer, se contentant de tendre les bras vers le corps inanimé qui vient de s’effondrer sous ses yeux en ouvrant la bouche d’incompréhension puis la refermant sans sortir le moindre son. Sayam a tourné la tête vers son père au moment de la détonation, puis, sans rien ajouter, recommence à s’asperger d’eau.
Un quatuor d’hommes vêtus de parkas aux motifs militaires, de cagoules et de gilets par balle se tient à la porte menant vers l’intérieur de la résidence. Le canon du revolver de l’un d’entre eux est encore fumant, et le sang présent sur leurs poignards laisse augurer du sort qu’ils ont réservé au reste du personnel de Lord Laderton.
Les hommes étranges descendent les escaliers en direction du vieil homme qui ne peut reculer, tétanisé par la peur et la surprise.


(Laderton) : Je… je ne comprends pas… que… que voulez vous ?

L’un des hommes s’avance vers Louis Laderton d’une manière orgueilleuse, soufflant au travers de sa cagoule.

(Terroriste) : Voilà donc le salaud qui a le monopole de l’eau alors que les habitants de notre chère ville d’Adra’Haar meurent de soif.

Il tend son poignard recouvert de sang vers la piscine où batifole tranquillement Sayam, étrangère à la situation.

(Terroriste) : Je vois que t’en fais un bon usage, de toute cette eau qui nous revient, papy !

(Laderton) : Cette eau, je l’ai payé !

Le terroriste abaisse son poignard et jette un regard meurtrier au vieillard qui lui tient finalement tête de manière arrogante.

(Terroriste) : Mauvaise réponse.

Le poignard de l’homme se plante dans le cœur de Louis Laderton qui crache une gerbe de sang en s’agrippant au poignet de son assassin pour ne pas s’écrouler par terre. Il ne pousse pas un cri, et continue à plonger son regard dans celui du terroriste alors qu’il lui donne ses dernières volontés.

(Laderton) : Ne… faîtes pas… de mal… à ma… fille…

Il s’écroule alors, les yeux révulsés, sans vie, sur les pavés de la cour, aux côtés du cadavre de son garde du corps, dans une marre de sang. Le terroriste tourne la tête vers Sayam, qui n’a pas bronché et continue à les ignorer, puis vers ses compagnons.

(Terroriste) : Voilà donc la mignonne que l’on doit épargner. Je vais me faire une joie de m’occuper d’elle. Héhé.

Les autres terroristes rigolent de manière sadique en suivant leur chef qui se dirige vers le bassin où est enchaînée Sayam. Sayam se rend soudain compte que quelque chose cloche lorsqu’elle voit le sang de son père s’écouler entre les dalles du pavé et venir souiller l’eau du bassin dans lequel elle s’amusait jusqu’à présent. Ses yeux changent d’expression, passant d’abord de la stupéfaction à la fureur. Le terroriste est juste dans son dos et agite son poignard de manière menaçante en ricanant.
Mais Sayam n’a pas envie de jouer. Elle fait un bon prodigieux au-dessus de l’homme et enroule la chaîne de son poignet droit autour du cou de l’assassin de son père. En atterrissant accroupie dans son dos, elle tire violemment sur sa chaîne, du mieux qu’elle peut, et brise la nuque de son agresseur dans un horrible son de craquement. Elle n’a pas un seul regard pour celui qu’elle vient de tuer, son corps convulsé par des spasmes s’écroulant dans son dos.
Les trois assassins restant dégainent alors leurs armes à feu en direction de la jeune femme dont le regard est empli d’envie de meurtre, d’autant plus qu’à présent retourné, elle voit le cadavre de son père et du garde du corps.
Elle fonce vers le seul qui est à sa portée (ses chaînes ne faisant que trois mètres de long). Un coup de feu résonne, mais le coup est manqué. La vitesse de la jeune femme est surnaturelle. Le tireur se rend à peine compte qu’une chaîne est enroulée autour de son bras. D’un geste vif, Sayam tend son arme et le bras se brisent dans des éclatements d’os. Un autre terroriste pointe son arme dans le dos de Sayam, profitant de l’immobilité de la jeune femme suite à sa dernière attaque, mais se prend un magistral coup de pied en pleine mâchoire qui l’envoi voler dans le bassin. Le dernier terroriste, sortant son poignard, entaille la hanche de la jeune femme qui recule alors en gémissant de douleur. Le terroriste au bras brisé, toujours entravé par la chaîne de Sayam, appelle à l’aide son compagnon.


(Terroriste) : Raaargh, défaite cette chaîne !! Gyaaargh !

Le visage en sang, le terroriste qui a volé dans le bassin s’approche du maintien de la chaîne qui brise le bras de son coéquipier et le fait éclater d’un coup de pistolet. La chaîne saute en l’air et libère le bras droit de Sayam. La chaîne pendant au bout de son poignet, la jeune-femme l’utilise comme un fouet pour frapper celui qui vient de la libérer par « mégarde » le renvoyant nager dans le bassin. Par ce même mouvement, elle envoi le terroriste, dont le bras est toujours entravé dans sa chaîne, voler violemment contre le mur d’enceinte.
Le seul terroriste encore debout se jette sur le pistolet que son équipier a fait tomber lorsqu’il a été renvoyé dans l’eau et fait feu sur son adversaire. Sayam esquive le tir d’une roulade habile, envoyant un coup de fouet qui désarme son ennemi. Au même moment, le reste des terroristes, au nombre de cinq, arrive à l’extérieur.
Paniquée par le bruit tonitruant des armes et par l’arrivée de nouveaux adversaires, sa hanche souffrante, Sayam décide de prendre la fuite. De toutes ses forces, elle tire sur la chaîne de gauche et arrive à briser son maintien, puis elle s’enfuit en sautant par-dessus le mur d’enceinte de la cour, ses chaînes bringuebalantes derrière elle.
Elle atterrit sur une légère pente assez raide, tapissée d’arbres de petite taille. Ne pouvant contrôler sa course, elle percute un arbre qui l’envoi balader sur le côté et la sonne sévèrement. Ses chaînes s’entortillent dans des branches et elle se retrouve suspendue au bout de ses chaînes, à moitié assommée, à un mètre du sol. En face d’elle, la route qui descend vers Adra’Haar et les hangars où les stocks d’eau sont dissimulés.
Elle constate alors avec effroi l’arrivée de ses adversaires, qui ont fait le tour de la propriété, et qui la surprennent complètement immobilisée sur cet arbre…

Chapitre 1 Chapitre 3

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