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Mauvaise fréquence

Sorti le 02/05/2012, compilé dans le Volume 21

Histoire :

Les yeux de Dolémi se rouvrent sur un plafonnier mobile, fixé à une toile de tente, qui l’éclaire maladroitement d’une lumière blafarde. Elle plisse les paupières, prise d’une migraine immédiate, et tente de rassembler ses idées tout en se redressant maladroitement. Elle se tient assise sur un lit de camp, disposé au milieu d’une dizaine d’autres dans une large et haute tente de couleur sable. Le reste du mobilier, posé à même le sable du désert, semble faire de ce lieu une salle de soin de fortune. La jeune combattante de la DERIBEDO est quasiment nue. Des sous-vêtements blancs à la neutralité dénué du moindre goût esthétique, lui ont été enfilé avec, semble-t-il, un certain empressement, vu comme la lanière gauche de son soutien gorge est entortillée, et la baleine du même côté, lui remonte violemment dans la poitrine. Elle réajuste maladroitement cet habillage sommaire, avant de se redresser. Elle se sent visiblement mieux. Sur sa peau extrêmement rougie a été étalé une sorte de crème translucide épaisse à l’odeur mentholée, croisement peu ragoutant entre de la bave et de la sueur. Il apparaît clair à Dolémi que cette pâte lustrée, aussi dégoûtante puisse-t-elle paraître, a nettement atténué la gravité de ses brûlures solaires tout en réhydratant quasi totalement sa peau. Aussi, tente-t-elle d’éviter au maximum de retirer de cet étrange cataplasme, tout en se dirigeant vers le côté de la tente où ses affaires personnelles semblent avoir été disposées. Elle retrouve avec soulagement sa calebasse, sur laquelle elle passe une main compatissante.

(Dolémi) : Raupo… j’espère que la chaleur ne t’a pas trop fait souffrir.

(Nor) : Avec qui parles-tu ?

Dolémi se redresse en sursaut, relevant immédiatement la tête vers l’étagère sur laquelle est lascivement allongé le chat ailé de Kyl. Dolémi lui lance un regard torve, tentant de dissimuler au maximum la méfiance qui y règne.

(Dolémi) : Où est-on ?

Nor se redresse sur ses pattes et s’étire langoureusement avant de prendre le temps de répondre à sa compagne de route.

(Nor) : Dans un camp de fortune du clan Scarlett Hill, d’après ce que j’ai compris. Ton état nécessitait une halte avant de rejoindre Adra’Haar… mais il semble que tu ailles mieux, à présent.

(Dolémi) : Le clan Scarlett Hill ? Comment ça ?

(Nor) : Nous avons été retrouvés… et sauvés… par ces braves miliciens.

(Dolémi) : Je vois…

Sans ajouter le moindre mot, la jeune femme passe la lanière de sa calebasse autour de son épaule avant de se diriger vers la sortie de la tente, se souciant bien peu de son habillement des plus sommaires.

(Nor) : Attends… où vas-tu ?

Dolémi se retourne vers lui d’un air surpris.

(Dolémi) : Où veux-tu que j’aille ? Retrouver Kyl, lui dire que je suis prête à reprendre la route.

Nor pousse un petit feulement amusé, où se lit une pointe de dérision ironique.

(Nor) : Et tu compte le balader encore combien de temps, comme ça ?

(Dolémi) : Mais qu’est ce qui te prend, au juste ? C’est quoi ton problème ? Au début, tu semblais te réjouir de tout, tu encourageais même Kyl dans notre quête, tu l’as poussé à rejoindre la cause de la DERIBEDO. Et maintenant, on dirait que tu fais tout pour mettre un frein à notre avancée…

(Nor) : Les chemins qu’emprunte Kyl et les décisions qu’il prend me conviennent tant qu’il ne va pas à l’encontre de l’idéologie qu’il s’est fixé. Au-delà de ça, j’ai le sentiment que plus il reste en contact avec toi, plus il s’éloigne du but qu’il se doit d’atteindre.

Dolémi dépose sa calebasse au sol. Elle a du mal à dissimuler la colère qui lui monte aux joues, et qui aurait bien du mal à les rendre plus rouges qu’elles ne le sont déjà, étant donné les coups de soleil écarlates qui y resplendissent.

(Dolémi) : Quel but ? Celui de la haine, dont tu lui bourre le crâne depuis le plus jeune âge ? Est-ce que tu crois lui rendre sincèrement service en le poussant continuellement vers ce destin de solitude et de rancœur ? J’espère bien qu’à mon contact, il se rendra compte de la vérité au sujet du monde qui l’entoure, et des gens de bien qui le peuplent, hommes comme femmes.

La jeune femme baisse les yeux, ravalant sa colère, avant de réajuster sa calebasse sur son épaule et de se diriger à nouveau vers la sortie de la tente. Au moment de la franchir, elle tourne une dernière fois un regard de reproche vers le chat ailé, qui ne l’a pas quitté une seconde des yeux.

(Dolémi) : Je croyais te connaître, Nor, mais je me trompais. Je pensais que tu vivais en harmonie avec Kyl, mais tu me donne de plus en plus l’impression d’être une sorte… de parasite. Si tu l’aime, rends-lui service : cesse de le pousser à la haine, et aide-le à s’ouvrir aux autres.

Sans ajouter un mot de plus, Dolémi quitte la tente médicale du camp 2, laissant Nor dans la solitude et le silence profond qui semblent le mieux définir ses pensées, à ce moment précis. Le chat plisse les paupières, son expression prenant quelque chose de sauvage, et de vaguement menaçant.

(Nor) : Mais alors, il n’aura plus besoin de moi…

La grande tente d’infirmerie, située au sommet d’une large dune de sable épais, presque rocailleux, surplombe le camp 2, vaste entremêlas de gardes-vent, d’appareils de télécommunication vétustes, et de matériel militaire jeté pêle-mêle dans tous les coins. Dolémi se dirige instinctivement vers un grand chapiteau ouvert sur les côtés, sous lequel sont disposés de nombreuses tables, et qui doit certainement servir de réfectoire. Elle croise de nombreux miliciens qui posent sur elle un regard souvent surpris, parfois légèrement tendancieux. Elle arrive finalement à retrouver Kyl, assis à une table, en train de rire à gorge déployée face à deux membres du clan Scarlett Hill n’ayant pas l’air de moins s’amuser que lui. Lorsqu’il la voit arriver, il rougit légèrement tout en lui faisant signe d’approcher.

(Kyl) : Je sais que tu ne supporte pas les vêtements, mais quand même, Dolémi…

L’un des deux miliciens émet un sifflement satisfait face à la plastique de la jeune femme, avant de courtoisement dénouer sa cape rouge et de lui offrir afin qu’elle s’en recouvre. Dolémi ne se fait pas prier, et s’enroule dans la cape comme dans un poncho. Elle tourne toutefois un regard surpris vers Kyl, qui n’a pas l’air de comprendre l’étonnement de son amie.

(Dolémi) : Ils me sifflent et me dévorent du regard, et tu reste calme ?

Les deux miliciens échangent un regard circonspect avant d’éclater d’un rire gras de soldat, bientôt rejoints dans leur hilarité par Kyl, qui invite d’un geste Dolémi à s’asseoir à côté de lui. La jeune femme est abasourdie devant le comportement amical et non agressif de son camarade de route, mais s’exécute, plus par réflexe qu’autre chose.

(Kyl) : Pourquoi je m’énerverai contre eux ? Je les connais assez bien maintenant pour savoir qu’ils n’ont aucune mauvaise arrière-pensée.

Dolémi affiche un petit sourire satisfait, en croisant les bras sur sa poitrine d’un air triomphale.

(Dolémi) : Et peut être aurais tu pu en dire autant sur la majorité des gens que tu as sans doute injustement « corrigé » depuis le début de notre voyage, non ?

Kyl hausse les épaules, comprenant tout à fait où elle veut en venir, mais faisant semblant de ne pas saisir l’allusion. D’un geste de la main, il indique ses deux partenaires de tables, membres virils et solides du clan Scarlet Hill.

(Kyl) : Voici Pergus et Sal’Leaz, les deux membres du clan Scarlett Hill à qui nous devons la vie.

Pergus est un soldat robuste aux cheveux blonds coupés extrêmement courts. Il semble presque chauve à la lueur du jour. Il porte une paire de lunettes de soleil à monture épaisse, et ne se défait jamais d’un étrange sourire en coin dévoilant une canine des plus aiguisées, lui donnant une allure canine presque bestiale. Sal’Leaz, pour sa part, a des cheveux noirs retombant en petites mèches folles sur son visage maigre et creusé par la fatigue. De petite taille, très mince, il semble néanmoins tout en muscles. Dolémi leur offre un sourire de gratitude sincère, inclinant la tête pour accentuer son geste.

(Dolémi) : Merci énormément à vous deux… nous serions sans doute morts si vous ne nous aviez pas retrouvé.

(Sal’Leaz) : Pour ça, il y avait de grandes chances, je ne vous le cache pas. Mais nous ne faisions que notre travail, vous savez… le quotidien est malheureusement trop souvent marqué par ce genre de choses pour nous.

Dolémi affiche une mine surprise face à cette déclaration, reprenant soudain un air plus sombre et plus sérieux.

(Dolémi) : Vraiment ? Il y a si souvent que cela des attaques d’Arkon’Ahnsen dans le désert Arkonnen ? 

(Pergus) : Plus souvent qu’on ne le voudrait, en fait… seulement, jamais avec une telle ampleur, ni sur des voies de chemin de fer. Ça, ça doit être la première fois depuis au moins quarante ans.

(Dolémi) : C’est bien ce qu’il me semblait… les systèmes de Jahlen’Baa de la région d’Adra’Haar sont réputés pour repousser les créatures géantes du désert en dehors des zones habitées, ou à forte fréquentation.

Sal’Leaz hausse les épaules, indiquant qu’il ne saurait en dire plus sur la question, mais Pergus, visiblement plus au fait du fonctionnement des Jahlen’Baa que son confrère, se penche en avant, joignant les mains sur la table pour accentuer l’effet de révélation de ce qu’il a à déclarer.

(Pergus) : Normalement, ce système est infaillible.

D’un geste de la main, le milicien invite ses interlocuteurs à porter leurs regards sur une sorte de grande éolienne en acier, recouvertes de plaques de taule, qui jaillit du centre du camp 2 comme une grossière épine de métal. Des parchemins noués à des cordelettes rouges, usées par les années d’exposition aux vents capricieux de cette région du désert, sont fixés aux trois longes pâles de tungstène, qui tournoient lentement au gré du vent, n’émettant qu’un faible grincement quasiment inaudible à l’oreille humaine.

(Pergus) : Les parchemins sont des enchantements syllabaires qui émettent une fréquence sonore inaudibles aux êtres humains, mais que la plupart des bêtes du désert ont en horreur. Le vent souffle toujours dans le désert, ne serait-ce qu’un peu, et il suffit d’une petite brise pour porter cette fréquence sur des kilomètres à la ronde. C’est le principe des Jahlen’Baa, et c’est sur cette méthode à priori sûre que nous vivons à l’abri de la faune locale depuis des décennies… les déserts d’Adra’Haar sont des régions pour le moins hostiles… si les Jahlen’Baa ne fonctionnent plus, on risque de passer un sale quart d’heure.

(Kyl) : Et vous avez pu vérifier l’efficacité de ceux qui vous ont fait défaut ? C’est peut-être juste une faille accidentelle, par laquelle les vers se sont faufilés.

Pergus hausse les épaules d’un air dubitatif.

(Pergus) : J’aimerais que ce soit si simple, mais je ne suis pas non plus expert en la matière. Aux dernières nouvelles, les Arkon’Ahnsen progresseraient toujours en direction d’Adra’Haar. On attend de nouvelles directives qui ne devraient pas tarder à tomber.

Un petit attroupement de soldat commence à se réunir en direction d’une zone dégagée du camp 2. Sal’Leaz donne un coup de coude à son camarade afin d’attirer son attention.

(Pergus) : Eh bien, quand on parle du loup.

(Sal’Leaz) : Le capitaine Taylor vient d’arriver. Il va sans doute vouloir nous débriefer au plus vite.

Sal’Leaz se redresse, bientôt suivi dans son mouvement par Pergus. Les deux miliciens saluent amicalement Dolémi et Kyl, avant de s’éloigner d’un pas rapide en direction de l’emplacement où les autres membres du clan Scarlett Hill se pressent en masse. Kyl tourne un regard légèrement inquiet en direction de Dolémi, tentant d’en diminuer l’impact d’un sourire rassurant.

(Kyl) : Tu es sûre que ça va aller ? Tu devrais peut-être te reposer encore un peu.

(Dolémi) : Je me sens mieux, ne t’en fais pas… mais je tiens tout de même à m’excuser.

Kyl semble surpris par cette remarque, mais n’a pas besoin de demander de quoi Dolémi veut parler pour se voir expliciter la suite.

(Dolémi) : Je voulais tellement prouver que j’étais capable de m’en sortir seule dans cette mission que… que je vous ai mis inutilement en danger, toi et Nor… J’ai bien failli nous tuer…

Kyl se laisse aller à un rire clair qui, à lui seul, a déjà quelque chose de réconfortant.

(Kyl) : Allons, allons, ne te laisse pas aller pour si peu. Si ça te tracasse vraiment, sache que je ne dirais rien à ton père au sujet de nos petits déboires désertiques.

Dolémi lui offre un sourire de gratitude, bien que cela soit évidemment le cadet de ses soucis.

(Dolémi) : Oui, tu ferais bien… je crois qu’il ferait une syncope sinon.

Kyl reprend finalement un air plus sérieux avant de se redresser, s’abreuvant d’une longue gorgée d’eau tout en effectuant ce mouvement. Il tend ensuite sa gourde à Dolémi, qui l’accepte d’un hochement de tête, avant de boire à son tour, plus doucement, avec encore quelques difficultés.

(Kyl) : J’ai demandé à Nor de veiller sur toi le temps que je fasse un peu le tour du camp. Ça a été ?   

Dolémi hésite un instant avant de répondre, mais cette hésitation suffit à Kyl pour comprendre que c’est un mensonge qui va sortir de la bouche de son amie en guise de réponse.

(Dolémi) : Oui, oui. Très bien, ne t’en fais pas.

Elle ne semble cependant pas vouloir lui laisser le temps de s’interroger à ce sujet, et lui fait un signe du bras en direction de l’attroupement de miliciens.

(Dolémi) : Et si nous allions voir ce que ce capitaine Taylor a à dire ? De toute manière, maintenant, nous ne repartirons pas pour Adra’Haar sans escorte.

(Kyl) : Et quoiqu’il en soit, je crois que je ne tenterais de toute façon plus l’aventure.

Le capitaine Taylor est un homme grand et fin, au visage constamment buriné par une expression de sévérité n’appelant aucune discussion. Il a des cheveux bruns foncés, dont les pointes s’éclaircissent étrangement, tirant presque sur le blond en bout de mèches. Ils débordent de sous sa casquette de commandement, frappé de l’écusson du clan Scarlett Hill, une goutte de sang encadrée d’une paire d’ailes angéliques. Il porte l’uniforme d’officier du clan : une tenue militaire des plus stricts, teintées par endroits d’un rouge cramoisi, contrastant de manière violente, mais flatteuse, avec des broderies blanches occupant la quasi-totalité des bordures. Ses mains sont engoncées dans des gants de tissu blanc, et il porte un pantalon serré de la même teinte, qui disparaît, juste en-dessous des genoux, sous de hautes bottes de cuir noir à larges revers, sanglées de boucles d’acier. A sa taille est attaché un fourreau, duquel dépassent la garde et le pommeau d’une épée finement ciselée. À son épaule gauche est attachée, par une broche en or, la cape rouge traditionnelle du clan Scarlett Hill, la même dans laquelle s’est enroulée Dolémi quelques minutes auparavant. Le capitaine Taylor est debout sur la balustrade arrière d’une barge de transport à l’allure antique, encroutée jusqu’à la carlingue dans un agglomérat de sable compacte, et dont on peine à croire qu’elle puisse encore ne serait-ce que démarrer.

(Taylor) : La chambre clanique est inquiète de la situation. Ils veulent savoir s’il y a un danger pour la capitale. J’ai besoin d’estimations claires, pas de suppositions. Que les responsables techniques achèvent les analyses de fréquence des Jahlen’Baa, afin qu’on puisse déterminer d’où vient l’avarie, et qu’on l’a résolve au plus vite.

Un milicien lève la main dans l’assemblée, demandant à prendre la parole. Taylor la lui offre d’un mouvement du menton.

(Milicien) : J’avais cru comprendre que les fréquences étaient brouillées par un signal parasitaire.

(Taylor) : C’est ce qu’on a suspecté en premier lieu, mais il est finalement apparu que les Jahlen’Baa émettent la fréquence habituelle. Il y a bien un signal corrompu qui semble être émis en sus du nôtre, mais il ne provient pas de nos installations.

Au même moment, un grondement sourd vient secouer toute l’assemblée, et le sable du désert se met à rouler sur lui-même, comme soumis à une faible secousse, qui ne prendrait cependant jamais fin. Taylor se tourne vers le Sud, portant son regard en direction de l’épicentre du grondement. L’ensemble des miliciens opère le même mouvement, tout comme Kyl et Dolémi qui, même s’ils sont restés à part, ne perdent pas une miette du spectacle sidérant qui s’opère sous leurs yeux. À environ cinq cent mètres au Sud du camp, au fond d’une cuvette sablonneuse s’étendant à perte de vue en direction de la ligne d’horizon, des dizaines d’Arkon’Ahnsen de tailles diverses, allant du plus raisonnable au tout simplement monstrueux, viennent de jaillir du sous-sol, à la manière d’un obscur banc de baleines terrestres. Des geysers de sables volent sous leur avancée massive et rapide, et de plus en plus de créatures font leur apparition, dévoilant leur immonde apparence au grand jour. Des regards paniqués apparaissent sur les visages déconfits des miliciens du clan Scarlett Hill qui observent, impuissant, la levée totalement insensée d’une armée de créatures sauvages à la puissance destructrice gigantesque, se dirigeant inexorablement vers la capitale du désert : Adra’Haar.

(Taylor) : Nom de…

Le capitaine, complètement étourdi par ce qu’il vient de voir, se tourne en direction de ses hommes, reprenant soudainement ses esprits.

(Taylor) : À toutes les unités d’intervention, montez sur vos Lizzkits et foncez en direction d’Adra’Haar. Tentez de couper le chemin de ces vers à coups de charges sismiques. Vous ralentirez au moins leur progression. Opérateurs radios, transmettez immédiatement à Adra’Haar les informations relatives au visuel que nous avons actuellement. Une fois ceci fait, contactez derechef  les onze autres camps et demandez un départ massif en direction d’Adra’Haar, afin de soutenir l’effort des miliciens du camp 2. Exécution.

Si l’apparition terrifiante des Arkon’Ahnsen avait suffit à faire naître la panique dans le cœur de Kyl et Dolémi, l’agitation soudaine qui gagne le camp 2 à la suite des ordres du capitaine Taylor achève de leur confirmer que la situation, au-delà d’être grave, est sans doute critique. Kyl se précipite vers Pergus et Sal’Leaz, qui se sont immédiatement dirigés vers leurs Lizzkits, ces sortes de créatures insectoïde dociles, à l’apparence inquiétante.

(Kyl) : Les gars… je peux vous aider ?!

Sal’Leaz lui lance un regard surpris, tout en sanglant d’un geste expert la selle de sa créature volante.

(Sal’Leaz) : Eh bien, je suppose… viens nous aider à transporter les chariots de charges sismiques, afin qu’on en affrète un maximum à nos Lizz’.

Kyl hoche brièvement la tête avant de partir à la suite de Pergus, qui s’est immédiatement dirigé vers la tente du stock d’explosifs. Dolémi est restée figée au milieu de ce fourmillement d’activité, comme si elle ressentait inexplicablement, au moyen d’une intuition farouche quasiment animale, que quelque chose est sur le point de sérieusement dérailler. Son instinct la pousse soudainement à se tourner vers les opérateurs radios, qui viennent de se poster en masse derrière leurs consoles de transmission.

(Dolémi) : Non !! ATTENDEZ… !!

Mais c’est trop tard, sous l’urgence de la situation, les opérateurs se mettent tous à émettre en même temps, libérant sur le camp 2 un piège mortel. Au moment même où les premières fréquences radios se mettent à jaillir hors des communicateurs, les Lizzkits s’emballent. Les années d’expériences de Sal’Leaz ne suffisent pas à le prémunir de l’attaque surprise qu’il subit sur le champ, et qui fait de lui la première victime parmi les miliciens du camp 2 : sa fidèle monture se retourne contre lui, l’envoyant au sol d’un mouvement brusque de ses lourdes pattes filamenteuses avant de lui arracher la moitié de l’épaule, ainsi que le bras droit, d’un coup de dents brutal. Le milicien n’a pas même le temps de crier de douleur que la mort le gagne. Pergus et Kyl tournent vers lui un regard où se lisent surprise et douleur, avant que la totalité des Lizzkits se mettent à bourdonner en tous sens, attaquant sans prévenir toute personne se trouvant sur leur chemin. Le chaos ne tarde pas à régner au milieu du camp 2, les miliciens, pris au dépourvu, tombant rapidement les uns après les autres. Pergus et Kyl, retranchés dans le stock d’explosifs, tentent de contenir l’avancée de plusieurs bêtes bourdonnantes aux crocs et aux griffes acérées, tandis que Dolémi se précipitent d’un pas de course vers la tente des transmissions, où les communications se sont démultipliées au moment de l’attaque des montures contre leurs propriétaires.

(Dolémi) : Cessez les communications !! Coupez tout !!

Le capitaine Taylor, présent sous cette tente, se précipite vers elle en lui lançant un regard dur.

(Taylor) : Mais qui êtes vous ? Qu’est ce qu’un civil fait ici ?!

(Dolémi) : Peu importe tout ça !! Coupez les communications. C’est vous qui émettez le signal parasite !!

(Taylor) : Quoi ?!!

Sous l’excitation et la panique, Dolémi laisse choir son poncho, dévoilant à tous sa tenue extrêmement légère. Mais elle ne semble n’en avoir rien à faire. Elle sert les poings et continue à hurler, espérant se faire entendre du plus grand nombre.

(Dolémi) : Le signal parasite !! Il provient de vos fréquences radios !! Elles ont dû être piratées à votre insu. Ce sont vos fréquences qui rendent ces créatures folles furieuses.

Taylor écarquille les yeux, comprenant tout à coup que Dolémi peut bien avoir vu juste dans tout cela. Il se tourne en direction de ses opérateurs, prêt à leur indiquer l’ordre de cesser toute émission, mais il n’en a pas le temps, car un tremblement de terre extrêmement violent vient ravager l’ensemble du camp. Tout semble s’effondrer dans le plus grand chaos autour des miliciens et des personnes présentes dans l’enceinte. Kyl et Pergus, aux prises avec les Lizzkits, ont une chance de tous les diables que les charges sismiques ne sautent pas d’elles-mêmes sous les vibrations tonitruantes de ce soudain mouvement de la plaque tectonique. La dune surplombant le campement, sur laquelle est fièrement dressée l’infirmerie, s’effondre en une véritable cascade de sable, ensevelissant la moitié du camp 2 sous sa coulée, tout en provoquant la mort horrible de nombreux miliciens. Dolémi et Taylor jaillissent de sous la tente de communication à moitié effondrée, l’air hagard. Ils se précipitent vers l’accotement rocheux offrant une visibilité parfaite sur la cuvette. Les tremblements du sol sont si puissants qu’ils parviennent à peine à se mouvoir, le sable provoquant des mouvements d’aspiration au niveau de leurs pieds. Le désert lui-même semble se retourner sous l’avancée de quelque chose d’absolument énorme. D’effroyablement gigantesque. Sous les yeux écarquillés de tous ceux qui ont le courage ou la force de l’observer, la cuvette en contrebat semble soudainement aspirer par le sous-sol, comme si une poche d’air énorme venait de se former sous la surface du sable. Sur près de cinq kilomètres de diamètre, le désert s’affaisse en un siphon géant, où le sable s’écoule à la manière d’un torrent tumultueux. Bien vite, l’effet gagne la portion de terrain occupée par le camp et les dunes sablonneuses ainsi que l’accotement rocheux sur lesquels il repose commencent à s’affaisser et à glisser vers cet épicentre tourbillonnant. Taylor se tourne vers Dolémi et l’agrippe par le bras.

(Taylor) : Montez à bord de la barge !! Et déployez le système antigrav !!

Il la pousse en direction du véhicule qui, quelques secondes encore auparavant, était posé au sol, avant que ce sol lui-même ne se dérobe sous lui. Dolémi ne se fait pas prier, ne voyant elle aussi le salut qu’au moyen d’un objet capable de les mettre au-dessus du niveau de ce glissement de terrain. Elle se précipite vers la barge, qui est en train de glisser au milieu du sable, le long de l’accotement rocheux, devenu un véritable toboggan géant. D’un mouvement sec, elle fait sauter le bouchon de sa calebasse, dont jaillit soudain une fibre blanche extra-fine qui va s’accoler à toute vitesse à la carlingue de l’appareil. Par un effet d’aspiration, la fibre s’enroule à l’intérieur de la calebasse, tractant Dolémi jusqu’à la barge, à présent quasiment en chute libre. L’accotement rocheux prend en effet une fin en à pic quelques mètres plus loin, et la rivière de sable s’écoule à présent de ce sommet, comme une véritable cascade tumultueuse, jusque dans la cuvette en contrebat, près de deux cents mètres en-dessous.

(Dolémi) : Une caldera !! C’est une caldera souterraine qui vient de lâcher !!

Dolémi s’accroche aux manettes de la barge au moment où celle-ci bascule dans le vide. La jeune fille a juste le temps d’entendre son propre hurlement de terreur avant de parvenir à faire partir le moteur du véhicule et à déployer ses réacteurs antigrav, stoppant nette sa chute libre. Le souffle court, elle s’autorise à lancer un regard terrifié face à ce qui s’ouvre en contrebat, juste sous sa ligne de vision. Une masse noire et opaque est en train de se redresser au centre du tourbillon géant de sable. Et cette chose, quoique ce soit, rend la notion de gigantisme obsolète. Des cris de terreur font revenir Dolémi à la réalité, et elle a juste le temps de voir un groupe de plusieurs miliciens glisser sur sa droite, au milieu de débris du camp 2, englués dans une marée de sable s’écoulant à toute vitesse en direction du vide. La jeune femme manœuvre habilement l’appareil pour réceptionner la dizaine de miliciens sur sa plateforme de transport. Ces-derniers, incrédules face au fait d’être encore en vie, n’en sont pas moins prompts à retrouver leur calme et leur sang froid de soldats. L’un d’eux se penche par la lucarne ouvrant sur le poste de pilotage de l’appareil.

(Milicien) : Bravo, jeune fille. Mais remontez maintenant, la quasi-totalité du camp va être emportée. Il y a encore des gars coincés là-haut !!

Dolémi hoche la tête avant de faire bifurquer les manettes de commande vers le haut, menant la barge à se hisser à la verticale, afin de la remettre à hauteur de ce qui, quelques instants encore auparavant, était une surface de désert plane sur laquelle se dressait un imposant campement militaire. Un bourdonnement entêtant se fait alors entendre, tandis qu’une éclaboussure de sang vient jaillir dans le dos de Dolémi, par l’ouverture de la lucarne. L’un des miliciens qu’elle a sauvé vient de se faire déchiqueter le torse par un Lizzkit en furie. Son corps désarticulé chute lourdement en contrebat, avant de disparaître dans l’écoulement de sable. Les autres miliciens présents sur la barge commencent à faire parler leurs meilleurs sorts, afin de repousser les imposantes bêtes volantes, ne se doutant pas encore de l’horreur titanesque qui est en train de se dresser au centre de la caldera effondrée. Dolémi déplace la barge en direction des tentes encore fixes, qui glissent néanmoins de plus en plus en direction des rapides sablonneuses menant droit au vide. Elle entend la voie forte et impartiale de Taylor criant des ordres à des hommes qui doivent certainement combattre à ses côtés.

(Taylor) : Retraite !! Retraite !! Montez tous sur la barge, dépêchez vous.

Des coups sourds se font entendre à l’arrière de la cabine de pilotage, tandis que les miliciens encore en vie, bondissent les uns après les autres sur la plateforme de transport de la barge. Dolémi est rassurée quand elle voit Kyl monter à bord, aux côtés de Pergus. Nor est là, lui aussi, accroché à l’épaule de son maître, une expression réellement inquiète imprimée sur son faciès félin. Au-dessus de la barge, c’est un véritable essaim de Lizzkits qui tournoie follement, faisant parler griffes et crocs de manière erratique, semant la mort par vagues chaotiques. D’un mouvement habile, mais ô combien risqué, Taylor vient s’installer aux côtés de Dolémi dans la cabine, faisant fi du vide qu’il est contraint d’enjamber pour la rejoindre.

(Taylor) : Sortez nous d’ici, jeune fille, ou il n’y aura bientôt plus personne à sauver.

(Dolémi) : Compris, capitaine !!

Et la barge file à toute vitesse au-delà des restes du camp 2. Les Lizzkits, rendus fous et inconstants par les fréquences pirates sur les lignes de transmission d’Adra’Haar, ne partent pas à la poursuite des trente-deux survivants, et commencent à s’attaquer entre eux, se dévorant mutuellement dans une folie furieuse presque indécente tant elle est violente. La barge survole alors le siphon gigantesque qui s’est creusé au milieu du désert, et Dolémi ne peut s’empêcher de regarder en contrebat, certaine, avant même d’opérer son mouvement, que ce qu’elle va voir va achever de la terrifier. Les cris de quelques miliciens à l’arrière et leurs commentaires paniqués justifient déjà à eux seuls les craintes qu’elle à observer ce qu’elle a pourtant déjà entrevu quelques instants auparavant, et qu’ils sont à présent nombreux à pouvoir regarder, les yeux écarquillés, le souffle coupé.

(Taylor) : Mon Dieu…

La chose qui s’extraie furieusement du centre du siphon est une sorte d’Arkon’Ahnsen stupidement gigantesque, recouvert d’un minerai aussi noir que la nuit, miroitant d’éclats de cristal, sans doute du diamant, aussi incroyable que cela puisse paraître. Sa structure externe s’est fossilisée au fil des siècles qu’il a passé sous terre, quasiment immobile, lui conférant un exosquelette composés de roches et de minéraux plus solides encore. Le dos de la créature est d’ailleurs recouvert de piquants, qui ne sont en vérité que des stalagmites. Sa gueule béante est un abîme sans fond, bardé de dents irrégulières et poussiéreuses. Son souffle puissant exhale une odeur de vieillerie, de craie, et s’accompagne de véritables geysers de sable. Soudain, son corps longiligne se fend en de multiples endroits, la croute de terre l’entourant laissant apparaître une multitude de pattes puissantes et arachnoïdes, lui conférant l’apparence répugnante d’un mille-pattes géants. Taylor plisse les paupières tandis que la bête gigantesque, en contrebat, pousse un hurlement assourdissant en retombant lourdement sur ses membres chitineux qui se mettent lentement en mouvement, la menant à prendre la direction du Sud.

(Dolémi) : Mais quelle est cette… cette chose ?!

(Taylor) : C’est un Maligoth.

Pergus, qui était jusqu’alors accoudé à la lucarne donnant sur l’habitacle de pilotage aux côtés de Kyl et Nor, passe soudain sa tête au travers, une expression terrifiée et incrédule imprimée sur le visage.

(Pergus) : Vous plaisantez ?! Ils ont tous disparus. L’Archimage Akham a donné la chasse à tous les Mange-Monde de Khemry il y plus de trois siècles. Aucun n’a survécu !!

(Taylor) : Visiblement, l’un d’eux était simplement resté en sommeil… une sorte d’hibernation, dont cette fréquence pirate a néanmoins réussit à l’extirper.

Kyl se penche à son tour par la lucarne, lançant un regard circonspect à Dolémi, dont les mains sont tellement resserrées sur les manettes de commande que ses articulations sont devenues blanches.

(Kyl) : Génial… absolument génial… c’est pas que je trouve ces discussions zoologiques inintéressantes, mais on fait quoi maintenant ?

(Taylor) : Maintenant ? On est dans l’incapacité de contacter Adra’Haar ou les autres camps de miliciens… alors on fonce vers la capitale dans l’espoir de pouvoir les prévenir avant que ces saloperies soient sur nos murailles.

Taylor tourne le visage vers Dolémi, qui acquiesce sans rien répondre de plus. Elle pousse la manette des gaz et la barge s’envole au maximum de sa vitesse en direction de la capitale du désert, Adra’Haar.

La ville du désert, magnifique et gigantesque, est d’ailleurs à mille lieux de se douter qu’à une cinquantaine de kilomètres au Nord de ses portes, une véritable armée biologique, composées de créatures monstrueuses et gigantesques, est en train de se former. Dans les rues d’Adra’Haar, tout le monde est en liesse. Dans la culture guerrière des habitants du pays désertique, une entrée en conflit se doit d’être fêtée comme il se doit. Or, Adra’Haar vient précisément de rejoindre Eidolon dans son conflit ouvert contre Hydrapole, et cette déclaration de guerre se doit d’être fêté. À cette occasion, un immense défilé militaire parcourt les longues et sinueuses avenues de la mégalopole du désert, démarrant depuis les portes de la ville, remontant les taudis, les faubourgs, jusqu’à atteindre la base du mont Séruphante, le long duquel se dressent les quartiers résidentiels populaires, puis bourgeois, jusqu’à la ville haute, riche et noble, dominée en son sommet par le magnifique palais de l’Archimage. Auri’Ehl se tient d’ailleurs fièrement sur le balcon cérémonial du palais, surplombant toute la cité d’une hauteur vertigineuse. D’ici, la route empruntée par le défilé est entièrement visible, sorte de lacet ondulé en demi-boucles, serpentant jusqu’à ses pieds. L’Archimage est tout sourire. Son peuple, accoutumé à la guerre, le salut dans l’allégresse, oubliant l’espace d’un court instant les honteuses inégalités sociales qui sont l’apanage d’Adra’Haar, et forment sa malheureuse, mais néanmoins concrète, politique sociale. Le défilé est un apanage de couleurs de chatoiements, de dorures, de profusions. Les soldats des différents régiments sont vêtus de leurs costumes traditionnels, hauts en couleur. Au milieu de ce marasme culturel, où chaque militaire semble vouloir démontrer l’apanage de son clan d’affiliation, afin de le faire briller aux yeux de l’Archimage et de la populace, le petit escadron de la Brigade Inquisitoriale d’Adra’Haar semble quelque peu jurer, avec ses couleurs sombres, plus discrètes. Néanmoins, les gens les salue avec allégresse, leur faisant un accueil tout aussi chaleureux qu’aux autres groupements du défilé, ce qui n’est pas sans créer quelques tensions entre factions rivales, voyant d’un mauvais œil la domination de la Brigade dans le secteur des forces de l’ordre d’Adra’Haar. Depuis la terrasse ouverte de son appartement, donnant sur l’avenue centrale du quartier populaire, Zerkim a une vue parfaite sur le défilé. Les cheveux au vent, il est accoudé à une colonnade, servant d’ouverture sur le balcon. Un verre de Dariik bien serré en main, il observe d’un œil inquiet ce défilé, véritable démonstration de force, et sorte de rituel à l’entrée en guerre, devenu bien trop récurrent à ses yeux.

(Zerkim) : Vers quel genre de chaos se dirige-t-on cette fois ?

(Luna) : Sans doute le pire qui soit.

Zerkim jette un regard en arrière, voyant arriver vers lui Luna depuis la pièce attenante de l’appartement. La jeune femme, ancienne membre de l’Ordo Arakis, porte ses cheveux lâchés et se montre beaucoup plus à l’aise dans les vêtements décontractés qu’elle porte à présent. Un pantalon de toile noir et moulant, auquel sont fixés les fourreaux de ses hachoirs par deux cordelettes de cuir croisées, recouvre ses longues jambes galbées. Elle porte un bustier sans manche à dos nu, fixé autour de son cou par un col montant. De couleur vert foncé, avec un imprimé de bambous et de fleurs de lotus occupant son côté droit, il est également assez moulant, sans paraître pour le moins provoquant. La jeune femme s’avance jusqu’au bord du balcon, jetant un regard blasé sur le défilé.

(Luna) : C’est si ouvertement provoquant… espère-t-il vraiment faire oublier au peuple que cette nouvelle marche vers la guerre ne va faire qu’accentuer sa misère ?

Zerkim hausse les épaules, visiblement peu concerné par la question.

(Zerkim) : Va savoir. Ça fait longtemps que j’ai cessé de chercher à comprendre la logique de mes compatriotes. Les habitants d’Adra’Haar sont d’une nature violente. Ils préfèreront toujours une bonne guerre à la justice sociale. C’est dans notre nature.

(Luna) : La tienne aussi, alors ?

Zerkim fronce les sourcils face à l’allure provocatrice de Luna, qui le toise d’un air un peu trop taquin.

(Zerkim) : Peut-être bien, mais ne joue pas à la plus fine avec moi. N’oublie pas que ton passé de criminelle est loin d’être effacé, et que tu resteras hors de ta cellule uniquement dans la mesure où tu me seras utile pour retrouver Maximillien Telziel.

Luna hausse les épaules, baissant les yeux en un mouvement vexé.

(Luna) : Tu es si à cheval sur tes principes. Ne t’en fais pas, je ferais mon possible pour t’orienter sur ce que je peux t’apprendre à ce sujet.

(Zerkim) : C'est-à-dire pas grand-chose.

(Luna) : Je te l’ai dis, ce n’est pas moi qui connaît bien les Alchimistes de Khemry, mais un ami qui, j’en suis sûr, m’aidera si je le lui demande.

Zerkim pousse un soupir en croisant les bras, attendant la suite qui, tardant à venir, se doit d’être amené sur demande.

(Zerkim) : Et vais-je enfin avoir le loisir de savoir de qui il s’agit ?

(Luna) : Maintenant que tu as manœuvré pour m’éviter d’avoir des ennuis majeurs avec tes collègues de la Brigade, oui.

Zerkim écarte lentement les mains en plissant les sourcils, invitant son interlocutrice à parler.

(Luna) : Raven. Lui aussi a quitté l’Ordo Arakis. Son frère fait partie des Alchimistes de Khemry. Je sais qu’il se trouve à Hautensberg en ce moment. Il t’aidera, si je le lui demande.

 

Chapitre 185 Chapitre 187

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