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Bain de sang

Sorti le 24/10/2011, compilé dans le Volume 20

Histoire :


Engal presse comme il peut sur la blessure de Samantha, mais un épais afflux sanguin sillonne entre ses doigts tremblants de panique. La jeune-femme est déjà livide et sa respiration est haletante. Oy est tombée agenouillée aux côtés de sa « mère », lui tenant la main en pleurant silencieusement, son expression témoignant de son incompréhension des évènements. Lars baisse la tête, le regard sombre et profondément attristé.

(Lars) : C’est de ma faute… tout ça, c’est de ma faute…

Une gifle violente vient lui remettre les idées en place, le précipitant au sol. Lars écarquille les yeux, portant la main à sa joue rougeoyante et endolorie. Krokador le surplombe alors, la main encore figée dans son geste.

(Krokador) : T’laisse pas aller à raconter des idioties, Lars. On va encore avoir b’soin d’toi.

En effet, car le véhicule de transport de troupes de l’escadron écarlate vient de marquer l’arrêt, une dizaine de mètres en amont du groupe de fuyards, et une dizaine de mages de combat en descendent rapidement, accompagnés du laborantin de la LA². Engal leur lance un regard tout à la fois courroucé et inquiet, avant de reporter son attention sur Oy, qui a l’air totalement perdue.

(Engal) : Oy !! OY !!

À l’audition de son nom, la jeune fille semble revenir à elle, s’extirpant du malaise mental dans lequel la vision de sa « mère » cruellement blessée l’a plongée. Engal lui fait un signe de tête en direction de la blessure sanguinolente de Samantha.

(Engal) : Je veux que tu appuie aussi fort que tu le peux sur sa blessure, d’accord ? Même si c’est dégoutant, ok ? Elle doit perdre le moins de sang possible. Je vais essayer de faire vite.

Sans rien répondre, Oy s’exécute, analysant rapidement la situation d’un œil trop expert pour une jeune fille normale, et applique une pression immédiatement adaptée dans une position des mains nettement meilleure que celle, paniquée, qu’employait Engal jusqu’à présent. Le mage lui lance un regard surpris et légèrement dubitatif, mais ne s’attarde pas en question. Il se redresse et se saisit de son épée, avant d’aller tituber pour rejoindre Krokador et Lars, qui vient de se relever.

(Engal) : Je sais pas pour vous, mais moi je suis dans un état pitoyable… j’étais déjà bien au-delà de mes limites avant même de vous rejoindre…

(Lars) : Je suis physiquement épuisé, et ça fait des jours que je n’ai pas dormi…

(Krokador) : Moi ça va encore, j’ai d’l’énergie à r’vendre.

Les soldats d’Eidolon s’approchent d’un pas lent et méfiant, prenant immédiatement une posture de combat adaptée. Leurs mains gantées crépitent déjà d’énergie flamboyante.

(Krokador) : J’vais tenter d’les estourbir un peu, d’les désordonner. Ça, j’le fais bien. Essayez  d’en profiter pour les prendre à r’vers.

Engal pousse un soupir, mais hoche tout de même la tête face à cette stratégie suicidaire. Lars, quant à lui, reste rationnel, et retient Krokador par l’épaule alors qu’elle s’apprête à se jeter dans les bras de la mort, un sourire confiant aux lèvres.

(Lars) : Ce sont des mages de combat, pas des laborantins stupides. Ces types sont des combattants expérimentés. Tu vas te faire tuer.

Krokador déloge alors son épaule d’un mouvement rapide, et tourne un visage souriant vers Lars, comme si elle espérait encore le rassurer en cet instant dépourvu d’espoir.

(Krokador) : J’suis une héroïne. Tout s’passera bien, forcément.

Cette attitude positive laisse Lars sans voix, et semble rasséréner Engal qui part d’un éclat de rire optimiste. À cette attitude nonchalante, les mages de combat répondent par l’activation de leurs sorts de feu. Lars pousse un soupir et hoche la tête, dégainant sa Dagensäge avec force et conviction. Krokador se met en position de combat, se mordant la lèvre d’une dent acérée afin de faire couler un filet de sang sur sa langue, ce qui semble la mettre dans un état d’excitation avancé. Déjà, les tatouages triangulaires de ses joues commencent à s’agiter et à s’allonger vers le bas de son visage.
Du côté des soldats d’Eidolon, le laborantin a un mouvement de recul face à l’expression profondément bestiale de la jeune fille, qu’il ne connait à présent que trop bien.

(Laborantin) : Méfiez vous de la gamine !! C’est une vraie bête sauvage. Vous pouvez tous les tuer, mais essayez de garder le LARS en vie.

Le soldat qui semble être le chef d’escadron à en voir l’insigne étoilé qui trône fièrement sur son poitrail, se retourne vers lui en lui offrant un regard haineux où se lit une profonde expression de dégoût.

(Soldat) : Pour nous autres, soldats d’élite de l’ADM, il n’y a pas pire honte que de nous voir attribuée cette mission de capture d’une de vos immonde création technologique. Alors ne vous avisez surtout pas de commencer à nous donner des ordres, sinon j’ignorerai les ordres du colonel Mullen, et j’éclaterai votre petite gueule de fouine, quitte à aller en cour martiale.

Ayant lâché ces mots fort aimables, le chef d’escadron fait un signe de main à ses hommes, ignorant l’expression à la fois terrorisée et éhontée du laborantin, qui fait quelques pas en arrière avant de s’en retourner piteusement vers le véhicule de transport de troupes.
Aux ordres de leur leader, les mages de combat lancent immédiatement leurs sorts de feu en direction du trio de combattants. Engal réagit immédiatement en pointant son épée au dessus de lui.

(Engal) : H’Aloescar !! Bouclier scintillant !!

Une sphère crépitante d’énergie électrique jaillit depuis la pointe de l’épée d’Engal, l’englobant entièrement, ainsi que ses compagnons, dans une bulle de plasma. Les sorts de feu s’abattent avec violence sur la sphère, la recouvrant d’une muraille de flammes brûlantes. Engal pousse un hurlement de douleur tout en maintenant ce sort alors qu’il n’a plus l’énergie suffisante pour employer sa magie. Tous ses muscles sont secoués par des tremblements violents et il est à deux doigt de perdre connaissance, mais il serre les dents avec force et courage, luttant pour maintenir son sort encore un peu. Finalement, la pluie de flammes s’arrête enfin et Engal peut relâcher sa protection. Littéralement épuisé, le mage apparait au milieu d’un écran de fumée… mais il apparaît seul.

(Soldat) : Hein ?! Où sont les deux autres ?

(Soldat 2) : C’était un leurre ! Attention !!

En effet, Krokador et Lars ont jaillit hors de portée des flammes au moment même où Engal activait son bouclier scintillant, ce qui leur a permis de passer totalement inaperçus afin de prendre les soldats à revers. Krokador réapparaît la première, déchainant un coup de poing (ou plutôt de griffes) enragé dans le visage de l’un des soldats, qui est projeté au sol sous la violence du coup. Lars quant à lui, balance sa Dagensäge de toutes ses forces, tentant de trancher le dos de l’un des mages de combat. Mais ces soldats entraînés ne sont pas nés de la dernière pluie : il esquive aisément l’attaque d’une roulade au sol avant de se redresser en enchaînant sur un coup de pied qui vient s’abattre avec fracas dans la gorge de son adversaire. Lars s’écrase au sol, le souffle coupé, une marque violacée inquiétante grossissant déjà au niveau de sa pomme d’Adam. Engal apparaît totalement estomaqué face à ce retournement brutal de situation et son regard s’assombrit soudainement, comme s’il se réveillait d’un coup du rêve naïf qu’avait représenté leur possibilité d’en réchapper. Krokador, quant à elle, écarquille les yeux en voyant Lars au sol.

(Krokador) : Lars !!

Cette faute d’inattention lui coûte cher : le soldat qu’elle a projeté au sol lui assène un violent coup de bâton de duel à l’arrière du crâne, ce qui la fait chuter à son tour au sol. Un autre mage en profite alors pour faire craquer un sort de feu entre ses doigts, le lançant sans une once d’hésitation droit sur la jeune héroïne. Krokador tente d’esquiver en bondissant en arrière, mais le sortilège éclate juste devant son visage, la balayant avec une redoutable violence. La jeune fille est envoyée balader par l’explosion sur plus de cinq mètres dans une série terrifiante de tonneaux. Son corps fumant s’arrête finalement face contre terre. La lutte du trio aura finalement été de courte durée. Engal plisse les paupières, prêt à accepter la fatalité de ce destin, qui se voit représenté par le bruit caractéristique de nouveaux sorts de feu en préparation. Deux boules enflammées sont tirées en même temps : l’une fondant droit sur lui, l’autre visant à achever Krokador sans autre forme de procès. N’ayant plus même la force de tenter une esquive, Engal voit arriver sur lui la sphère de flammes rougeoyante. Il a une ultime pensée pour Samantha, qui gît une quinzaine de mètres dans son dos, avant de fermer les yeux. Une détonation retentit alors. Et rien. Engal écarquille les yeux, s’étonnant de se trouver toujours vivant. Face à lui, là où arrivait la boule de feu, ne se trouve plus qu’une gerbe éparse de braises qui retombent mollement tout autour de lui. Il tourne alors la tête vers Krokador, et constate, presque sans surprise, que Clès vient de faire son arrivée. L’un de ses pistolets est braqué vers lui, encore fumant du tir qu’il a effectué pour désintégrer en plein vol le sort de feu. La boule de flammes destinée à tuer Krokador a, pour sa part, été bloquée par l’immense épée du combattant de la DERIBEDO, qui sourit calmement, affichant une expression de cruauté serpentine. Il fait un signe de tête à Engal, avant de reporter son attention sur les gardes de l’escadron écarlate, ébahis.

(Clès) : Désolé d’interrompre votre petite fête, mais je suis venu chercher Engal Cipheri.

Engal affiche une mine agacée à l’audition de son nom, et semble trouver un léger regain d’énergie dans l’intervention inattendue de son adversaire de la « gueule de chien ».

(Engal) : Mais enfin, qu’est ce que tu me veux encore ?

(Clès) : Pourquoi je te recherche ? C’est une bonne question, je l’admets. J’y répondrai dès que j’en aurais fini avec… ça.

Lâchant ce dernier mot sur une note effroyable, Clès tourne un visage terrifiant en direction des soldats qui ne peuvent empêcher un tressaillement de les saisir. Ils se reprennent cependant bien vite, et chargent tous leurs plus puissants sorts à l’attention de ce nouvel importun. Clès jette un coup d’œil par-dessus son épaule pour voir Krokador qui repose au sol, derrière lui. Celle-ci redresse la tête, dévoilant un visage recouvert de blessures mais où se lisent toujours confiance absolue et rage de vaincre. Le combattant de la DERIBEDO lui offre un sourire troublant car véritablement honnête et dépourvu de malice. Krokador pivote légèrement la tête, intriguée par cet homme qui vient de faire son apparition sans même qu’elle ne s’en rende compte, et sans trop savoir pourquoi, elle lui rend son sourire. Clès s’élance alors à la vitesse de l’éclair, s’éloignant de la jeune héroïne pour qu’elle ne soit pas prise dans le feu nourri qui jaillit des mains des mages en direction de leur nouvelle cible. Mais le combattant échappe bien vite à leur vision tant il est véloce, et c’est sous le fracas des explosions enflammés que le couperet tombe. Un bruit qui fend l’air, suivi d’un choc violent : l’épée de Clès vient de refaire son apparition, seule, plantée en diagonale dans le sol à un mètre derrière un soldat. Celui-ci entrouvre la bouche, sans doute pour se demander d’où peut provenir cette arme, mais en guise de mots, c’est un flot de sang noir et épais qui s’écoule. Le mage écarquille les yeux, et sans même comprendre ce qui lui arrive, il décède, la partie supérieure de son corps se désolidarisant du reste dans une cascade rouge carmin. Les soldats n’ont pas même le temps de saisir l’horreur qui vient de se produire que Clès apparaît soudainement au milieu de deux d’entre eux, serpent silencieux en chasse, bondissant sur ses proies lorsqu’elles s’y attendent le moins. Les bras tendus de chaque côté de son corps, il tient entre ses mains les instruments mortels de sa composition macabre. Ebony et Ivory viennent embrasser les tempes des deux soldats du bout de leurs orifices chromés, et dans un souffle, le sourire aux lèvres, Clès appui simultanément sur les deux gâchettes, renvoyant la tête de ses victimes à leur poussiéreux état originel. Les deux mages s’effondrent au sol, un nuage vaporeux et ensanglanté venant remplacer pour un bref instant leurs boites crâniennes à jamais disparues. Krokador ne peut réprimer un haut le cœur à la vision d’une telle boucherie mais, imperceptiblement, une sorte d’excitation bestiale commence à la gagner, et sans qu’elle comprenne véritablement pourquoi, elle entre peu à peu dans l’état de transe qui caractérise ses combats : ses canines s’allongent, tout comme ses ongles, ses pupilles se dilatent, son regard devient furieux et les tatouages de ses joues s’allongent vers le bas de son visage.
Un état d’excitation enragée similaire se produit chez Clès, comme lors de son combat contre Vastor. Alors qu’il effectue une magnifique parade pour esquiver une boule de feu pourtant tirée quasiment à bout portant, ses dents s’effilent, et son regard devient encore plus sournois qu’à l’habituelle. Les deux longs tatouages sombres rejaillissent de sous son col blanc, commençant à gagner du terrain sur ses joues pâles et creuses. Ebony et Ivory viennent respectueusement se placer contre la gorge et le ventre de l’instigateur de la dernière attaque ayant visé leur propriétaire, et font feu dans une sorte de détonation joyeuse. La tête du soldat est littéralement arrachée au reste de son corps qui, pour sa part, est projeté à plus de trois mètres, à moitié déchiqueté par le tir qui lui était destiné. Une dizaine de secondes se sont écoulés, et déjà quatre morts ensanglantés viennent grossir le rang des pertes de l’escadron écarlate. Le soldat au bâton, qui a précédemment malmené Krokador, fait une habile et discrète passe d’arme qui lui permet de se positionner dans le dos de Clès. Il lui glisse son bâton par-dessus les épaules et l’immobilise en le plaquant contre son buste tout en le maintenant fermement des deux mains. Le chef de l’escadron tente alors d’en profiter pour lancer un sort de feu à bout portant contre le terrifiant combattant qui a décimé une bonne partie de ses hommes. Malheureusement pour eux, Clès se laisse entraîner dans un état de fureur bestiale quasiment incontrôlable, où son sourire désincarné, et pourtant horrifiant, apparaît encore comme la seule trace perceptible d’humanité. Avec une aisance surnaturelle, il prend appui des deux pieds contre le poitrail du chef d’escadron pour se projeter en pirouette au dessus du soldat qui le maintenait par derrière, désarmant ce-dernier de son bâton, au passage. Il atterrit accroupi dans son dos tout en saisissant la poignée de son énorme épée, qui ne semblait attendre que ça, puis se redresse lestement, tout en produisant un puissant moulinet de son arme démesurée. Le soldat est littéralement balayé, projeté en l’air en tournoyant sur lui-même, l’une de ses jambes se séparant du reste de son corps dans une gerbe de sang. Hurlant de peur et de douleur, le malheureux mage retombe vers le sol, qu’il n’atteindra pourtant jamais : Clès le réceptionne au vol en lui passant sa lame au travers du corps. Celle-ci rejaillit de l’autre coté dans un effluve ensanglanté pour s’arrêter à cinq centimètres du visage horrifié et blême du chef d’escadron qui observe d’un œil vitreux cet appendice mortel sorti tout droit du plastron de son malheureux subordonné. Alors qu’il s’apprête à crier ses ordres au reste de ses hommes, la lame de Clès se fend d’un sourire immonde et baveux, bardé de crocs acérés, et ses paroles deviennent alors des hurlements d’horreur… puis de douleur, lorsque la mâchoire improbable de cette créature métallique vient se refermer sur son visage avec une avidité féroce. C’en est trop pour le reste des soldats qui, privés du commandement de leur chef, servant actuellement de plat de résistance à une épée vivante, décident d’eux-mêmes de battre en retraite dans une fuite des plus désordonnée. Clès hausse les épaules et, pour rigoler, fait nonchalamment feu dans leur direction, arrachant tout de même le flanc de l’un des fuyards qui tombe raide mort au sol.
Un seul des soldats tente encore de faire preuve d’un minimum de professionnalisme en entrainant Lars avec lui dans sa fuite, le jeune homme étant bien trop épuisé et blessé pour tenter une quelconque riposte. Cependant, il n’a pas le temps de faire plus de cinq mètres que Krokador, sortie de nulle part, bondit sur son dos, lui enserrant la taille de ses jambes avant de lui attraper la tête à deux mains. Le mage écarlate pousse un hurlement de panique à la vision du visage horriblement bestial de Krokador, qui n’a plus l’air d’être vraiment elle-même, comme si la vision du carnage perpétré par Clès avait éveillé chez elle un état second des plus terrifiants. Elle écarte la bouche en grognant, dévoilant une série de crocs plus tranchants les uns que les autres, qu’elle abat avec une violence animale sur la jugulaire de sa proie. Lars et Engal restent estomaqués face à l’ensemble de ce spectacle, cette débauche de violence qui, en l’espace de moins d’une minute, a transformé cette partie de la lande en un abattoir sur ciel ouvert. Alors que Krokador s’apprête à arracher la gorge de sa victime d’un ultime coup de dents, Clès se jette sur elle et la saisit sous les épaules avant de retomber plus loin, l’arrachant à sa prise sur le soldat, qui chute au sol en état de choc, une fontaine de sang jaillissant de son cou meurtri. Krokador, toujours déchaînée, retourne sa rage contre celui qu’elle considère comme un nouvel aggresseur : Clès. Les deux combattants monstrueux luttent dans un corps à corps désordonné, fait de coups de griffes et de morsures, Clès tentant de maîtriser la jeune fille, celle-ci voulant le réduire à l’état de viande froide éventuellement comestible. Finalement, le combattant de la DERIBEDO parvient à plaquer la furie sur le dos, la coinçant sous le poids de son propre corps. Cet immobilisme imposé ne parvient cependant pas à calmer la bête féroce qu’est devenue Krokador, qui mord et griffe dans le vide en éructant. Clès, dont les propres attributs bestiaux commencent à s’effacer, plonge alors son regard dans celui de la jeune fille, et par un miracle indescriptible, parvient à le capter. À ce simple contact visuel, l’agitation féroce de Krokador s’évanouit, et elle reste prostrée, le souffle court et l’air hagard.

(Clès) : Calme toi. Garde ce secret pour toi… Je comprends parfaitement quels sont ces sentiments qui te traversent. Toi et moi nous avons les mêmes problèmes.

Le corps de Krokador semble réagir à la voix étrangement calme et rassurante de Clès, qui affiche une expression de gentillesse et d’honnêteté qu’on ne lui connaissait pas jusqu’alors. Les marques de bestialité de la jeune héroïne disparaissent à leur tour et il ne reste bientôt plus aucune trace de sa crise d’agressivité aigüe, en dehors du sang qui souille toujours sa bouche et son menton.

(Clès) : Moi qui pensais être le dernier…

(Krokador) : Qui… qui êtes vous ?

Clès entrouvre la bouche pour répondre, mais il n’en a pas l’occasion. Une détonation retentit soudainement dans la steppe et le combattant de la DERIBEDO est fauché par un tir qui le saisit au niveau du ventre, le faisant lourdement tomber sur le côté dans un cri de surprise mêlé de douleur. Tous les acteurs encore en présence écarquillent les yeux et portent leur attention sur l’origine du tir : le laborantin. Celui-ci tient fermement Lars d’un bras callé sous la gorge, et de l’autre main il porte un revolver encore fumant. Il tremble comme une feuille mais ne semble pas manquer de détermination. De ce fait, il braque son arme contre la tempe de Lars, comme s’il mettait un point final à toute cette agitation.

(Laborantin) : Maintenant vous allez me laisser partir avec lui… sinon… sinon de toute manière il y passera !! C’est clair, bande de monstres ?!!

Et Lars ferme les yeux en comprenant que cette fois-ci sa fuite éperdue est bel et bien finie.

Chapitre 175 Chapitre 177

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