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Acharnements

Sorti le 16/10/2011, compilé dans le Volume 20

Histoire :

Dans une projection impressionnante de sable et de fumée, Clès est propulsé contre le mur d’enceinte de la « gueule de chien ». Il le percute violemment du dos, avant de retomber sur ses deux jambes. Le souffle court, il redresse la tête, un épais liseré de sang s’écoulant depuis son front entaillé jusqu’à ses lèvres. Ces-dernières, affichant un sourire des plus sinistres, s’entrouvrent pour laisser jaillir une langue trop longue pour la normale, qui vient lécher le liquide rouge et chaud. Clès se campe alors à nouveau sur ses deux jambes, braquant Ebony et Ivory vers le nuage de fumée au travers duquel apparaît bien vite Vastor, ses quatre lames virtuelles bourdonnant au bout de ses bras extrêmement mobiles. Le capitaine de bataillon est toujours entouré de sa bulle de protection, qui se trouve une fois de plus recouverte d’une multitude de pentacles, laissés par les impacts de balles d’Ebony.

(Clès) : Tu commence à me plaire, je l’avoue. Mais tu n’as visiblement pas retenu la leçon de tout à l’heure.

Concluant ses paroles par la gestuelle, Clès braque Ivory et tire un coup net, sans aucune forme de sommation. Les yeux bleus de Vastor se plissent dans un mouvement de malice. À l’instant où Clès presse sur la gâchette, le capitaine de bataillon déploie subitement sa bulle de protection virtuelle, qui prend alors une dimension nettement supérieure, s’éloignant de lui jusqu’à rejoindre son adversaire quasiment au contact. Trop tard pour faire machine arrière : le coup de feu est tiré. Les pentacles explosent en chaîne les uns après les autres, soufflant Clès dans leur mouvement de destruction. Isolé au centre d’un périmètre suffisamment large, Vastor n’est nullement inquiété par les détonations. Sa bulle virtuelle se désintègre sous la grêle explosive, mais il a su tendre un piège habile qui a eu un effet saisissant sur son ennemi : Clès gît à plat ventre une dizaine de mètres plus loin, dans un état peu reluisant. Vastor pousse un petit ricanement métallique avant de rejoindre sa proie d’un pas lourd. Il dématérialise l’un de ses sabres au moment de son approche afin de pouvoir saisir Clès par la tête de ses griffes libres. Il le soulève alors du sol comme s’il ne pesait pas plus lourd qu’une poupée de chiffon, le retournant face à lui pour contempler son visage recouvert de poussière et de sang.

(Vastor) : Leçon retenue. Maintenant, meurs.

Les trois sabres restants se braquent tous en direction d’un Clès apparaissant inconscient, et s’apprêtent à frapper un coup mortel. Mais les yeux de la future victime s’ouvrent alors soudainement, affichant une expression de sauvagerie surprenante. Vastor a le temps de remarquer, pendant une fraction de seconde, deux étranges tatouages en forme de lignes pointues, remontant depuis la gorge de Clès, jusqu’à ses joues. Puis ce-dernier braque Ebony et Ivory droit en direction des deux pupilles humaines de son adversaire, qui s’écarquillent alors dans un mouvement de panique. Le corps mécanique de Vastor se plie littéralement en deux vers l’arrière, esquivant ainsi la double salve de balles, mais permettant également à sa proie de se déloger de son emprise. Clès n’a pourtant pas une seconde de répit : le corps robotique de Vastor répond parfaitement à ses besoins, et il se contorsionne sur lui-même, lui faisant regagner une posture offensive en l’espace d’une seconde. Clès esquive un triple moulinet de sabres virtuels d’une roulade bien placée, avant de bondir jusqu’au rempart de la « gueule de chien ». Le combattant de la DERIBEDO affiche un sourire où apparaissent des dents nettement plus aiguisées qu’auparavant. L’attitude générale de l’individu semble d’ailleurs nettement plus sauvage. Sa respiration haletant ressemble à celle d’un loup, et son regard cruel dégage une aura de plus en plus reptilienne. D’un mouvement habile des mains, où se lit toute la grâce et l’aisance de l’expérience, il déchargent Ebony et Ivory avant d’y enclencher deux nouveaux jeux de balles.

(Vastor) : Quelle genre de bête es-tu ?

(Clès) : Du genre qu’on ne trouve quasiment plus. Mais dans le monstrueux, tu n’es pas mal non plus.

Vastor ne répond rien, se contentant de reprendre une posture offensive tandis qu’un obus de mortier à charge magique s’abat  une dizaine de mètres derrière lui, réduisant un groupe d’N-Kar à l’état de pièces détachées.

(Clès) : Tu es sans doute l’adversaire le plus redoutable que j’aie jamais affronté et j’aurais aimé pouvoir aller au bout de notre petit jeu. Malheureusement, je ne peux laisser prendre plus longtemps de l’avance au sorcier.

Alors qu’il prononce ces mots, sa respiration semble se calmer. Son dos se redresse, lui redonnant une attitude plus humaine, ses pupilles se dilatent et ses dents retrouvent leur longueur normale. Les tatouages étranges repartent lentement dans l’autre direction, disparaissant sous le col montant de son long manteau blanc. Bien vite, il a reprit toutes ses caractéristiques originelles, et il se contente d’adresser un petit signe de main à son adversaire avant de pointer Ivory vers le ciel et de faire feu. À nouveau, c’est une chaîne magique de couleur bleutée et à l’aspect fantomatique qui en jaillit, montant jusqu’au sommet du rempart d’acier de la « gueule de chien » jusqu’à se ficher à son sommet. Une expression furieuse se lit dans le regard de Vastor, mêlé d’une pointe de déception.

(Vastor) : Je ne te laisserai pas fuir !!

Et la machine humaine se met à sprinter d’un pas aussi rapide que lourd en direction de Clès, préparant une attaque conjointe de tous ses sabres. Au moment où il l’a presque rejoint, une masse sombre et métallique vient percuter le capitaine de bataillon dans le dos, le déstabilisant suffisamment pour permettre à Clès de prendre de la hauteur et de se hisser hors de portée. L’épée vivante de Clès pousse un grognement moqueur à l’intention de celui qu’elle vient de frapper avant de bondir, tournoyante, en direction de son propriétaire. Lorsque le combattant de la DERIBEDO la saisit par la garde, elle a reprit l’apparence d’une épée normale (aussi normale que puissent la laisser paraître ses dimensions colossales). Clès offre un clin d’œil complice à son adversaire furieux, gagnant à toute vitesse le sommet du rempart. Vastor tourne vers lui le cercle central de son plastron, y faisant briller une lueur orangée avant de tirer une salve de lasers. Tous les projectiles s’abattent en vain contre la palissade : Clès a déjà disparu de l’autre côté. Visiblement frustré de s’être vu faussé compagnie par ses deux cibles désignées, le caractère acharné du capitaine de bataillon le contraint à pousser un hurlement enragé et à agir avec impulsion : il retourne toute la violence de sa frustration, ainsi que sa rage colérique, contre les rangs de mages de combat de l’escadron écarlate, pour débuter un massacre en règle venant confirmer l’euphémisme dont avait fait preuve le généralissime Whyze lorsqu’il avait souligné le caractère redoutable d’Urijani Vastor.

À l’extérieur de la « gueule de chien », le tumulte généré par ce déchaînement de violence enragée n’est pas passé inaperçu aux oreilles des mages restés en faction devant l’entrée principale. La garde rapprochée du colonel Mullen encadre ce-dernier, générant des sorts de protection et des magies offensives de grande puissance. Sur la lande s’abat alors un silence, tel qu’il met mal à l’aise toutes les personnes en présence par son immédiateté et son caractère annonciateur de malheurs. Les décombres fumants du char Tesla volent alors en éclats, produisant une nouvelle explosion titanesque à la violence inouïe, qui contraint les mages de combat à battre en retraite. Au travers des flammes, profitant de la soudaine et éphémère perte de coordination des troupes d’Eidolon, Vastor et ses N-Kar jaillissent de la « gueule de chien », déversant sur leurs ennemis un feu nourri dévastateur. Pour les deux camps, cet assaut est destructeur. Dans sa course, Vastor traverse un véhicule de transport de troupe, le fendant en deux de ses lames virtuelles pour produire une nouvelle explosion qui le met à l’abri de la plupart des tirs ennemis, et lui permet de battre en retraite vers le Nord. Voyant cela, Mullen affiche un sourire désincarné, retirant de son fourreau sa magnifique rapière ouvragée.

(Mullen) : Finalement, j’aurai eu le plaisir de te dégainer.

L’antigrav de Samantha file à toute blinde vers l’Est, tentant de semer son poursuivant tout en regagnant Eidolon. Sur le siège passager à gauche du conducteur se tient Engal, qui tente tant bien que mal d’effectuer un bandage sur la plaie sanguinolente de son bras meurtri, malgré les soubresauts provoqués par la conduite paniquée de Samantha. À l’arrière, serrés les uns contre les autres, se tiennent Lars, Oy et Krokador, affichant des expressions quasiment comiques étant donné la situation. Krokador, qui n’est visiblement pas accoutumée aux véhicules, se cramponnent farouchement à tout ce qu’elle peut, perdant toute caractéristique héroïque tant son expression est paniquée.

(Krokador) : Et d’où c’est qu’on s’rend comme ça ?

(Samantha) : À Eidolon. J’espère. Si ces types ne nous ont pas abattus avant !

Lars affiche une expression désolée en se saisissant la tête entre les deux mains.

(Lars) : Tout ça c’est de ma faute. Vous ne devriez pas vous retrouver dans cette situation.

(Engal) : Excusez-moi de débarquer, mais il se passe quoi exactement ? J’aimerais bien qu’on m’explique avant de tomber dans les pommes !

Samantha tourne un œil vers lui et constate le carnage éhonté qu’Engal ose appeler des soins portés à une blessure. Elle tente de se saisir du bandage pour lui enrouler correctement, mais le véhicule fait une embardée à ce geste, et c’est Engal qui le redresse d’un mouvement rapide porté au volant, soutenu par un hurlement de panique de la part de tous les passagers.

(Samantha) : Désolée…

(Oy) : Maman, s’il te plaît, garde tes mains sur ce volant.

(Engal) : Oui… c’est gentil de vouloir m’aider, mais je préfèrerais qu’on arrive en un seul morceau.

(Krokador) : Tourne toi, qu’j’te donne un coup d’main.

Et sans se méfier le moins du monde d’une parfaite inconnue, Engal se tourne comme il peut vers la banquette arrière, tendant son bras dégoulinant de sang en direction de Krokador, qui s’applique alors du mieux qu’elle peut à effectuer les premiers soins. Lars, pour sa part, semble très touché du soutien gratuit et peu conventionnel qu’il vient de trouver auprès de tous ces gens, aussi éclectiques puissent-ils sembler. Son esprit légèrement libéré de la pression et de l’adrénaline d’une fuite éperdue où il se retrouvait seul contre tous lui permet de remettre en avant ses autres priorités. Les larmes lui montent aux yeux tandis qu’il plaque une main contre sa bouche.

(Lars) : André… il doit être arrivé à Eidolon, lui aussi.

Oy tourne vers lui un visage curieux et troublé, comprenant que le jeune homme vient de penser tout haut.

(Oy) : Qui est André ?

Lars semble surpris de la question, comprenant tout à coup qu’il a effectivement parlé à haute voix. Au travers du rétroviseur, il peut voir le regard intrigué de Samantha posé sur lui.

(Lars) : C’est le seul exemplaire de Logiciel Synthétique à Réflexion Accrue. Dans leur grand humour, les scientifiques de la LA² l’ont appelé André… vous savez, à cause de la racine du nom : Andros, qui veut dire « homme », dans le sens de l’humanité. Ils sont pitoyables de mauvaise foi. Moi je n’ai eu droit qu’à un surnom issu de mon nom de code.

(Engal) : Et qui est quoi, exactement ? J’aime bien savoir comment mes compagnons d’infortune s’appellent.

(Lars) : Lars… on m’appelle Lars…

Samantha fronce les sourcils, tentant de creuser l’écart qui maintient le véhicule les poursuivant hors de portée de tir.

(Samantha) : Attends… si j’ai bien compris ce que tu nous as dis, tu es une sorte d’androïde ?

Lars ne manque pas de remarquer l’expression légèrement piquée d’Engal à l’audition de ce dernier mot, que le mage tente alors de faire passer comme lié à la douleur de sa blessure en poussant un râle quasiment théâtral qui ne parvient même pas à tromper Oy.

(Lars) : Pas exactement…

Le jeune homme semble hésiter quelques secondes, comme s’il cherchait ses mots.

(Lars) : En fait, je suis un être humain modifié artificiellement et génétiquement. J’ai été conçu naturellement, mais on m’a « manipulé » dès ma naissance. Mon nom, Lars, vient des initiales de mon prototype de fabrication : Logiciel Androgénétique à Réflexion Solitaire. Je suis le seul logiciel humain de la LA à jouir de cette « Réflexion Solitaire ». Ce qui m’a permit de m’enfuir de là-bas.

Oy apparaît subitement très intéressée, saisissant naturellement les liens très étroits (et tout à la fois si éloignés) qui rapprochent sa situation à celle de ce garçon.

(Oy) : « Là-bas » ? Où ça ? Comment c’était ?

Lars affiche une grimace de mauvaise volonté, comme si se souvenir de la LA² était pour lui une véritable souffrance.

(Lars) : Je préfère ne pas en parler. Les laborantins m’ont toujours considéré comme un échec… ils ont attribué ça au fait que j’étais « semi-humain ». C’est la raison pour laquelle ils ont créé André : un logiciel à « Réflexion Accrue », entièrement synthétique, pour sa part.

(Krokador) : Et c’t’André ? C’t’un ami ? Vous d’viez vous r’trouver à Eidolon ?

Lars plisse les yeux, apparemment peiné de devoir parler d’André.

(Lars) : La LA² travaille en étroite collaboration avec un groupuscule militaire en quête de pouvoir, nommée « L’Armée des Steppes ». Le but des laborantins est de créer une armée parfaite, remplie de soldats puissants et obéissants, mais surtout capables de se sacrifier sans réfléchir sur le champ de bataille, tout en pouvant, si le besoin s’en fait ressentir, prendre certaines initiatives.

(Samantha) : Je savais la LA² sinistre, mais je ne m’attendais quand même pas à ça…

L’intonation sombre dans la voix de Samantha vient prouver que ce n’est pas par simple mouvement de compassion pour Lars qu’elle prononce cette phrase, mais parce qu’elle le pense vraiment. Lars saisit la nuance, et affiche un sourire de gratitude avant de reprendre son explication.

(Lars) : Ils ont presque atteint leur but. André est quasiment parfait, du moins sur le plan de la capacité à prendre des décisions… mais les scientifiques ont commis une grosse erreur : l’élever avec moi. Grâce à ma capacité à comprendre et à analyser les choses librement, sa « Réflexion Accrue » lui a permit de comprendre les atrocités que la LA² avait commise sur moi, et sur tous les autres. Cela lui a donné un caractère rebelle et libertaire… et nous avons réussis à nous enfuir. Je lui donnais des ordres quand il le fallait, pour pallier à son manque relatif de volonté.

(Oy) : Mais vous avez été séparés ?

Lars hoche la tête, prenant un air grave.

(Lars) : Je ne doute pas des capacités d’André pour s’en sortir, mais j’espère qu’il n’est pas retombé entre les mains de la LA² ou de l’Armée des Steppes. À Hydrapole, la LA² a ouvert une nouvelle base entièrement dédiée à remettre André dans ce qu’ils appellent « le droit chemin »… c’est vous dire à quel point ils tiennent à l’avoir.

(Krokador) : Et toi alors ? Pourquoi t’pourchassent-ils ?

(Lars) : Je suppose qu’ils espèrent profiter de l’ascendant que j’ai sur André pour me forcer à contribuer à leur lavage de cerveau… mais je suis une priorité secondaire. Ils n’hésiteront pas à me tuer, s’ils ne peuvent m’attraper.

Engal pousse un ricanement sombre en se retournant vers l’avant, son bras emballé par Krokador avec un soin plutôt surprenant étant donné les circonstances.

(Engal) : Et je suppose qu’ils voudront nous zigouiller aussi, pour t’être venu en aide.

(Lars) : Je suis vraiment désolé… mais il y a de grandes chances que ce soit dans leurs intentions, en effet.

Engal affiche alors un sourire carnassier, comme si ce que venait de dire Lars était exactement ce qu’il avait eu envie d’entendre.

(Engal) : Parfait ! Dans ce cas, il n’y a aucun mal à ce que je fasse ça !

Engal se hisse par la fenêtre ouverte côté passager, et extraie son buste à l’extérieur de l’antigrav, se tournant vers l’arrière pour faire face au véhicule militaire les poursuivants. Le pilote de ce-dernier semble remarquer le mouvement du mage, et fait un signe de tête à son comparse de droite. Celui-ci se saisit alors d’un mégaphone et se hisse à son tour à la fenêtre du véhicule.

(Soldat) : Arrêtez-vous ! C’est un ordre de l’escadron écarlate. Vous êtes en train de venir en aide à un ennemi des Armées Sénatoriales. Nous ne ferons pas d’autres sommations.

(Engal) : Cause toujours. SHAROZ’LEONA !!

Un arc électrique jaillit du bras meurtri d’Engal, celui-ci serrant les dents face à la vague de douleur générée par cette attaque. La foudre s’abat à quelques mètres devant le véhicule militaire, ne l’inquiétant aucunement. Samantha attrape Engal par la ceinture d’une main, l’autre restant rivée au volant. D’un mouvement sec, elle le contraint à regagner place à l’intérieur de l’antigrav.

(Samantha) : C’est inutile. Tant que nous sommes hors de portée de tir, tu ne les atteindras pas plus qu’eux ne le pourront.

Engal se contente de maugréer un instant avant de croiser les bras d’un air boudeur, visiblement blessé de ne pouvoir se montrer plus utile.

(Engal) : Si je n’avais pas épuisé quasiment toutes mes réserves, je leur aurais envoyé un comité d’accueil à ma façon. 

(Samantha) : En attendant ce n’est pas le cas, alors tiens toi tranquille. Ça t’apprendra peut être à ne pas présumer de tes forces en partant lutter seul contre tout un escadron blindé de l’armée d’Hydrapole.

Alors qu’elle achève sa phrase, une salve de tirs de mitrailleuse lourde vient froler l’habitacle de l’antigrav, faisant sauter la charnière de la porte latérale gauche. Krokador pousse un cri de surprise tandis que la porte se décroche et chute lourdement au sol, partant en une série de tonneaux fracassés jusqu’à disparaître de son champ de vision. Il n’y a plus rien à présent entre elle et l’environnement extérieur, qui défile à toute vitesse.

(Samantha) : Nom de…

(Engal) : Ah les enflures !! Tu parles d’un bataillon magique, ils savent se servir de ces babioles technologiques quand le besoin s’en fait ressentir !!

(Lars) : Avec ces mitrailleuses, vous n’êtes plus hors de portée. Tout ça, c’est de ma faute… livrez-moi à eux…

(Oy) : PAS QUESTION !!

Le cri poussé par la jeune fille semble surprendre tout le monde, à commencé par sa « mère ». Celle-ci hoche la tête en affichant un léger sourire.

(Samantha) : Il est un peu trop tard pour revenir en arrière de toute façon.

Samantha tente maladroitement de piloter en zigzaguant afin d’esquiver au mieux une nouvelle salve de tirs, mais cela ne fait que permettre au véhicule poursuivant de se rapprocher. Bien vite, l’esquive devient impossible, et un tir nourri transperce la vitre arrière. Lars, Oy et Krokador tentent de se plaquer au sol comme ils peuvent, mais ils ne manquent pas de remarquer le sang qui a giclé sur le pare brise avant. Une balle a traversé l’épaule de Samantha, et la jeune femme est déjà livide, tandis qu’elle tente de maintenir la conduite de l’antigrav.

(Engal) : Samantha !!

(Oy) : Maman !!

Une épaisse fumée noire jaillit alors de l’arrière du véhicule, signe que des éléments importants de l’antigrav ont été touchés. Samantha manque de peu de sombre dans l’inconscience, son épaule perdant une quantité importante de sang. Engal, apparaissant pour la première fois au bord de la panique, tente de presser sur la blessure de son amie aussi fort qu’il peut pour contenir l’hémorragie. Malheureusement, Samantha n’est plus en mesure de maintenir la conduite… l’antigrav fait une embardée contre une dune pierreuse, bondissant par-dessus en ripant sur le côté droit, avant de se retourner violemment pour achever sa course au bout d’une longue glissade de près de vingt mètres. Le véhicule, qui n’est à présent guère plus qu’une épave fumante, s’arrête à deux pas à peine d’un point d’eau stagnante et marécageux. Krokador s’extraie sans peine par l’ouverture du flan gauche, étant donné qu’il n’y a plus de porte. Elle ne semble pas avoir souffert outre mesure de l’accident. Elle extraie Oy du véhicule en la soulevant par les aisselles. Cette-dernière, bien que visiblement choquée, n’est pas blessée non plus. Lars apparaît à son tour, la moitié gauche du visage recouverte de sang, et le bras sévèrement tuméfié. Enfin, Engal fait exploser ce qu’il reste du pare-brise avant du véhicule d’un coup de pied rageur avant de s’en extraire, tenant entre ses bras une Samantha inconsciente.
Derrière eux arrive déjà le véhicule de l’armée d’Eidolon, avec à son bord le laborantin de la LA², dont l’acharnement a fini par payer.

Chapitre 174 Chapitre 176

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