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Succès en demi-teinte

Sorti le 01/06/2011, compilé dans le Volume 19

Histoire :


L’aurore est en train de poindre à l’horizon, illuminant les reflets chromés des buildings d’Hydrapole, majestueux et miroitants. Devant le QG de l’Aritark, défiguré sur son côté droit pas les décharges d’aura perpétuées par Le Rouge et Rillian, Dalan se tient calmement, les bras croisés, les bords larges de son chapeau voilant son visage dur d’une ombre inquiétante. Il contemple le lointain, semblant attendre le retour des machines tueuses qu’il a envoyé quelques temps plus tôt à la poursuite de Vladimir.

(Quicksilver) : Ils ne reviendront pas…

Dalan tourne la tête vers l’origine de la voix qui l’a interpelé. Quicksilver se tient contre le muret d’enceinte du parking, au niveau de l’entrée principale, à quelques mètres à peine du chef de la Ligue Noire. Son corps n’est qu’à moitié recomposé, l’autre partie étant constituée d’un mercure agité, semi-liquide, qui peine à maintenir une forme humaine concrète. On voit que la structure de son organisme est en lutte pour se reconstituer en un tout solide. Dalan fronce les sourcils, plongeant son regard dans les yeux fatigués de Quicksilver.

(Dalan) : Vous êtes dans un état pitoyable. Et vous revenez les mains vides.

(Quicksilver) : C’est toujours mieux que vos N-Kar… eux, ne reviendront pas du tout.

Une lueur de surprise point dans les yeux de Dalan, mais il tente de masquer son expression derrière un écran de fierté.

(Dalan) : Comment serait-ce possible ?

(Quicksilver) : Vous n’avez pas vu qu’il avait un allié… peut être qu’il n’était pas seul.

Le chef de la Ligue Noire toise son acolyte du regard, affichant un sourire narquois.

(Dalan) : Vous n’en avez pas la certitude ?

(Quicksilver) : Je n’aurais pas pu le voir de mes yeux : c’est Morlan qui m’a mis dans cet état.

Le fait que Quicksilver prononce ces paroles sans témoigner la moindre honte, ni même une légère pointe d’hésitation, semble faire gonfler la colère sous les traits de Dalan.

(Dalan) : Je croyais vos capacités plus au point. Tout du moins vous pensais-je capable de maîtriser un pauvre réploïde.

(Quicksilver) : Il utilise sa tête. Il n’a pas été stupide au point de m’affronter loyalement. Mais je reconnais totalement mon échec et la supériorité dont il a fait preuve face à nous cette nuit.

Le sourire de Dalan se déchire en une expression cruelle. Sa rage boue en lui, prête à exploser. Il la contient avec difficulté, mais reste malgré tout d’une apparence calme et détendue.

(Dalan) : C’est vous seul qu’il a vaincu. Ne me mettez pas dans le même panier.

Quicksilver hausse les épaules. A ce mouvement, un morceau de mercure se décroche de la droite et ruisselle jusqu’à la base de sa hanche avant de se solidifier, réintégrant avec difficulté le reste de l’organisme.

(Quicksilver) : Je ne vois pas où vous imaginez la moindre part de succès de votre côté. Morlan a réussi à effacer une grosse partie des sauvegardes de recherche de l’Aritark… dont celles qui restaient de l’époque où il la dirigeait. Et il est parvenu à vous échapper, tout en trouvant le soutien de gros calibres. A mon avis, nous ne le saisirons plus aussi facilement à l’avenir.

(Dalan) : Détrompez-vous.

Le chef de la Ligue Noire détourne son regard sombre de son homme de main, le replongeant dans la contemplation de l’aube. Un léger sourire se dessine sur son visage, où la colère commence à s’atténuer, l’effet de surprise de l’échec (apparemment total) étant passé. Quicksilver le regarde sans rien ajouter. Visiblement, pour lui, le cas de Vladimir Morlan est définitivement plié et il apparaît clair qu’il souhaiterait éviter de recroiser le professeur à l’avenir…

(Dalan) : C’est vrai que la perte des N-Kar Slice est ennuyeuse. Même s’il ne s’agissait que de prototypes inachevés, ils ont quand même coûté près de trente millions chacun…

Il hausse les épaules d’un air légèrement dédaigneux, comme s’il riait lui-même de la peccadille que représente la perte d’un investissement de cent vint millions de Lupis… une somme pourtant astronomique, cela va sans dire.

(Dalan) : Ils ont au moins pu accomplir une partie de leur mission.

Dalan sort de sa poche un petit boîtier à l’apparence très banale. Il ne ressemble guère plus qu’à une plaquette de plastique munie d’un petit écran rétro-éclairé. Celui-ci présente une unique barre de chargement, pour l’instant quasiment vide. Dalan la contemple en haussant un sourcil. Un sourire hautain se dessine sur ses lèvres, comme s’il toisait insolemment Vladimir par le biais de ce petit appareil.

(Dalan) : Le projet Renaissance a été implanté avec succès. Si tout se passe comme je le prévois, Vladimir Morlan nous reviendra bientôt de lui-même… et de son plein gré.

Quicksilver baisse légèrement la tête, fronçant les sourcils. Il essaie visiblement de cacher à Dalan l’expression de dépit incontrôlable qui s’imprime sur son visage. Quelque part, l’homme-mercure est déçu que Dalan n’ait pas totalement perdu contre son plus grand ennemi.

(Quicksilver) : Je vois…

Lorsque Vladimir pense retrouver ses esprits, il se trouve entièrement nu, flottant dans un abîme obscur, où il n’est pas capable de discerner le haut du bas. Il tourne sur lui-même lentement, flottant en état d’apesanteur. Malgré l’étrangeté de la situation, il ne semble pas surpris de se retrouver là. Il plisse lentement les paupières, et laisse son corps aller à la dérive dans cet espace entièrement sombre, où il ne peut rien discerner en dehors de sa propre personne, qui lui apparaît dans son entièreté, comme si elle était totalement éclairée alors même qu’aucune source de lumière ne soit visible aux alentours. Vladimir ouvre la bouche pour prononcer des mots, mais aucun son ne sort. Le professeur n’est pas capable de savoir s’il est sourd ou muet, ou bien les deux à la fois. Mais visiblement, ce soudain handicap ne semble pas le travailler plus que ça, son expression restant totalement neutre, apaisée.

(Vladimir) : *Je suis sans doute mort. C’est aussi simple que ça.*

Alors qu’il affiche un léger sourire d’abandon face à cette idée, il aperçoit soudain un point pâle se détacher dans l’environnement ténébreux, quelque part derrière lui. Cette chose étrange se rapproche de plus en plus vite de lui, se précisant peu à peu sous la forme d’une silhouette humanoïde. Vladimir plisse les paupières, tentant de garder son calme à l’approche de cette entité. Il a l’étrange certitude, sans savoir pourquoi, que cet être n’a rien à faire ici. Il tente une nouvelle fois de parler pour interpeler cet individu flottant vers lui, mais c’est un nouvel échec sonore. La silhouette se précise sous la forme d’un homme nu à la teinte très pâle, assez musculeux mais également très maigre, totalement imberbe : pas de cheveux, ni même de sourcils. La seule caractéristique précise de l’individu est l’expression de rage effroyable qu’il affiche. Les dents serrées, sa bouche tendue en un rictus atroce, les veines de son front ressortant, battantes et énormes, il a l’apparence d’un diable farouche, d’une sombre entité aux intentions néfastes. Sans savoir pourquoi, son instinct parlant pour lui, Vladimir panique totalement à l’approche de cet homme et tente de fuir comme il peut au milieu de cet espace infini et sombre. Mais son corps ne répond plus à ses gestes, il est totalement incapable de bouger, bloqué dans une position qui le place directement face à l’horreur humanoïde qui s’approche de plus en plus de lui. Un son vient trancher le voile de silence qui caractérisait jusqu’à présent l’acoustique générale des lieux : un rire horrible, fou et sadique, provenant de la gorge gonflée de l’homme pâle. Vladimir tente de hurler de frayeur, mais même ce simple réflexe lui est impossible. Les deux mains de l’homme, énormes et crispés, viennent se resserrer autour du cou du professeur, qui se trouve totalement incapable de se débattre, incapable de faire le moindre mouvement. Il commence à sentir qu’il étouffe, et le rire de son agresseur lui déchire les tympans, lui faisant perdre totalement la maîtrise de ses sens. Bien vite, Vladimir sans que sa conscience l’abandonne et qu’il est sur le point de céder… céder à ce que l’homme pâle attend de lui. Il entrouvre une nouvelle fois la bouche, tentant de hurler dans un ultime mouvement de résistance futile et…

(Vladimir) : NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!

Le visage de Madner et de Dolémi se tournent face à ce hurlement survenu dans leur dos. La jeune fille laisse même échapper un petit cri de surprise. Un choc sourd se fait entendre : Farim, le scientifique ami de Vladimir, qui travaillait avec lui à Techma-1, est tombé à la renverse sous la surprise, atterrissant à même le sol sur son séant. Vladimir vient de se redresser dans un mouvement vif accompagnant son cri d’horreur. Son rythme cardiaque battant à la chamade, tout son corps tendu vers l’avant est parcouru de tremblements nerveux. Le professeur jette des regards affolés tout autour de lui. Il se trouve assit dans un lit, callé contre le mur de ce qui ressemble à une très modeste auberge de périphérie d’Hydrapole. Au travers de la fenêtre filtre la lumière du petit jour. Kyl, assit à une table de l’autre côté de la pièce, contemple le professeur d’un air méfiant. Il caresse de sa main droite Nor, qui est allongé sur ses genoux, la gauche étant utilisée pour soutenir sa tête. Visiblement, il est le seul à ne pas avoir été surpris par le réveil brutal de Vladimir. La panique de ce-dernier ne se calme pas immédiatement étant donné la foule de visages inconnus qui l’entourent. Son regard inquiet passe de l’un à l’autre, tentant de remettre des noms dessus sans y parvenir, menant le professeur à se demander s’il a même jamais vu ces personnes. Finalement, lorsqu’il remarque la présence de Farim, son anxiété parvient à se calmer, sa panique se muant en une expression de surprise tout à fait antithétique avec son état précédent.

(Vladimir) : Farim ? Mais… mais que fais-tu là ?

Farim se redresse en souriant. Il passe rapidement sa main dans ses cheveux pour les remettre en ordre, la chute les ayant quelques peu agité.

(Farim) : Ces gens m’ont appelé… pour… pour aider à te remettre en état…

L’expression de Farim change alors radicalement, passant à l’inquiétude la plus profonde.

(Farim) : Mon dieu Vladimir, mais comment en es-tu arrivé là ?

(Vladimir) : Ça, je te l’expliquerai plus tard. En attendant, je voudrais bien savoir quel lien tu as avec ces gens.

(Madner) : Il n’en a aucun.

Madner croise ses bras musculeux à l’extrême sur son torse bombé, prenant une longue inspiration avant de faire un pas en avant, sortant de l’ombre pour permettre à Vladimir de mieux voir les traits de son interlocuteur.

(Madner) : Nous étions inquiets face à votre état, et nous avons trouvé le numéro du professeur Alegias dans votre portefeuille. Vous aviez griffonné « à contacter en cas de soucis » à côté… alors on s’est dit…

Farim Alegias affiche un sourire face aux explications tordues de Madner, reportant son attention sur son ex-collègue pour énoncer la suite avec plus de clarté.

(Farim) : Je suppose que c’était un papier qui datait encore de ta petite excursion à Idlow… Ils ont eu de la chance que ce ne soit pas simplement le numéro de la pizzeria du coin. Beaucoup de chance d’ailleurs que ce soit moi qu’ils appellent, vu ton état…

Vladimir se détend quelque peu, portant son attention sur Madner. Même si le professeur reste visiblement méfiant, il lui offre un sourire de gratitude.

(Vladimir) : Vous avez fait ce qu’il fallait, merci. Madner, je présume ?

(Madner) : En effet, professeur Morlan. Le Rouge a dû vous parler de moi, je suppose ?

Vladimir hoche doucement la tête. Il se sent excessivement faible d’un coup, comme si la tension qu’il avait ressentie à son éveil avait achevé de le priver de ses dernières forces.

(Vladimir) : Oui, il m’a dit que ce serait vous qui me protégeriez. Je suppose qu’étant donné que je suis toujours entier, et pas entre les mains d’Albertus Dalan, je dois vous remercier pour ça aussi ?

(Madner) : Vous pouvez aussi remercier Dolémi, ma fille, et Kyl, qui a donné un bon coup de main.

Dolémi se contente de secouer la tête pour saluer le professeur, tandis que Kyl agite mollement sa main libre, la fatigue accumulée au cours de cette nuit blanche agitée se lisant dans chacun de ses mouvements.

(Vladimir) : Merci… à vous tous. J’ai bien cru que cette fois, c’était la fin… et quelque part, je l’aurai presque préféré.

Farim baisse la tête, comprenant la détresse de son ami étant donné son état et la transformation cruelle qu’il a subie. Alors qu’il s’apprête justement à le questionner sur ce sujet, Vladimir reprend la parole à l’attention de Madner.

(Vladimir) : D’ailleurs, où est Le Rouge ? Est-ce qu’il va bien ? Il est revenu ?

Madner hoche la tête en souriant d’un air confiant, visiblement touché de voir que le professeur s’inquiète du sort du combattant, alors même qu’il ne le connaît que depuis peu.

(Madner) : Oui, ne vous inquiétez pas… il est en train de parlementer avec l’un de ses amis dans la chambre d’à-côté. Il sera bientôt auprès de vous pour vous rassurer.

(Vladimir) : Bien, je préfère ça. J’aime pas trop qu’on risque sa vie pour moi, habituellement. Et j’ai hâte d’entendre la raison de votre intérêt à mon égard.

Farim coupe court à cette amorce de discussion, prenant sur lui pour l’interrompre, trop curieux de savoir ce qui est arrivé à son ami

(Farim) : Attends un peu ! Tu me dois des explications, d’abord. Que t’est-il arrivé, Vladimir ? Qui t’a mis dans cet état ?!

(Vladimir) : Farim… malgré toute l’amitié que je te porte, je préfère ne pas t’en dire plus au sujet de ceux qui sont responsables de ces… changements. Je ne veux pas que cette histoire se retourne contre toi, tu y as déjà été trop mêlé.

Farim fronce les sourcils, se sentant à la fois blessé de se voir cacher la vérité, et touché de l’attention que lui porte Vladimir.

(Farim) : Eh bien peu importe qui est responsable de ça, mais c’est un vrai enfoiré. Vladimir, ils n’ont pas achevé totalement ta transformation en réploïde. Ils n’ont fait que des modifications de base, comme s’ils cherchaient uniquement à t’handicaper.

(Vladimir) : Je me doutais bien que ce n’était pas normal… la batterie est merdique, ça je peux déjà te l’affirmer, et je crois qu’ils n’ont volontairement pas terminé les reconnexions cardio-vasculaires. Mon rythme cardiaque s’emballe au moindre effort.

Farim pousse un soupir en affichant une mine désolée, posant une main pleine de sollicitude sur l’épaule de son ami.

(Farim) : Un vrai travail de tâcheron… mais je pense que c’était volontaire. Les robots qui t’ont attaqué ont abimé les transmetteurs de la batterie avec une décharge, c’est pour ça que tu as perdu conscience.

(Vladimir) : Ceux qui ont fait ça n’ont pas gâché le travail. Ils m’ont volontairement attribué ces handicaps afin d’avoir une meilleure emprise sur moi, me contrôler plus aisément.

Il redresse son visage fatigué vers Madner, et ce-dernier peut alors y lire une vraie expression de gratitude.

(Vladimir) : Si vous ne les aviez pas arrêté, ils m’auraient ramené là-bas… et je ne serais sans doute plus là, à l’heure qu’il est. Ou tout du moins, plus sous cette forme. Je vous en dois une. Dites moi ce que vous attendiez de moi, je tâcherai de vous aider au mieux à mon tour.

Madner se frotte le crâne d’un air gêné, visiblement peu à l’aise en raison de la présence de Farim qui ne devrait pas avoir à entendre les motivations de la DERIBEDO. Il semble chercher une bonne excuse pendant quelques secondes avant de finalement en trouver une plus ou moins valable.

(Madner) : Attendons Le Rouge pour ça, d’accord ?

Le poing de Rillian s’abat avec force, mais sans violence, contre la table de bois derrière laquelle il est installé. Le Rouge se tient à quelques mètres de lui près de la fenêtre, lui tournant le dos. Sa silhouette finement musclée est mise en valeur par les reflets ambrés du soleil montant.

(Rillian) : C’est pour cette prophétie à deux sous, sans fondements, que tu es prêt à risquer tes derniers mois de vie ?! Je m’attendais à une cause autrement plus noble, venant de toi !

Le Rouge hausse les épaules. Rillian ne peut pas le voir, mais un léger sourire nostalgique se dessine sur les lèvres de son interlocuteur.

(Le Rouge) : Je me doutais que tu ne serais pas facile à convaincre. Tu es toujours aussi obtus.

Rillian a quitté ses lunettes noires aux verres cassés, dévoilant ses yeux d’un jaune étrange et sauvage. Il fronce les sourcils d’un air dur, s’apprêtant à enfoncer le clou.

(Rillian) : J’avoue que je suis déçu. Tu voulais me cacher ce grand mystère, mais je ne vois qu’une bande de ploucs dégénérés qui s’agitent aux quatre coins de Kiren pour du vent. Si une telle catastrophe devait vraiment arriver, les astronomanciens d’Adra’Haar l’auraient prévu depuis longtemps.

(Le Rouge) : Une force maléfique est à l’œuvre. Quelque chose couve dans le giron des grandes nations de Kiren. Une chose qui me fait penser que les dirigeants savent tout et tentent de profiter de la situation d’une manière qui m’échappe. Nous ne savons pas concrètement sous quelle forme ce fléau s’abattra. La seule chose dont on est sûr, c’est que c’est lié au passage de la comète de Lorston.

Rillian pousse un soupir moqueur en s’adossant à sa chaise. Il balaye l’air d’un mouvement dédaigneux de la main.

(Rillian) : Mais tu t’entends ? Mon pauvre, je crains que tu n’ai perdu l’esprit…

Le Rouge se retourne vers son ami d’enfance, lui offrant un sourire plein de confiance qui semble le bouleverser l’espace d’un instant.

(Le Rouge) : Je te connais. Tu aimes jouer aux durs, mais tu n’es pas aussi catégorique que tu le prétends. Seulement, tu ne peux pas admettre qu’une telle chose arrive. Je le comprends, c’est humain… c’est aussi pour ça que la DERIBEDO agit dans l’ombre. On ne veut pas être à l’origine d’un mouvement de panique, ou de contestation généralisée. S’il ne se passe rien tant mieux, mais nous aurons pris toutes les précautions.

Rillian hoche la tête de gauche à droite en fronçant les sourcils, une expression exaspérée imprimée sur le visage. Le Rouge hausse les épaules, ne le laissant pas reprendre la parole.

(Le Rouge) : Écoute, la seule chose qui importe, c’est que tu me déclares mort auprès de l’Archimage. Je ne me ferais plus remarquer pour le peu de temps qu’il me reste à vivre. Si je t’ai expliqué mon ultime quête, c’est par respect pour toi… pas pour te convaincre.

(Rillian) : Je te connais, moi aussi. Si tu m’as révélé tout ça, ce n’est pas uniquement par respect. Tu attends autre chose de moi.

Le Rouge affiche un sourire en coin, visiblement gêné qu’on ait vu si clair dans son jeu.

(Le Rouge) : Effectivement, tu me connais bien…

(Rillian) : Alors, qu’est ce que tu me veux ?

(Le Rouge) : C’est une simple mesure de sécurité. La maladie dont je suis atteint est très capricieuse et fluctuante, alors au cas où je venais à mourir plus tôt que prévu…

Le Rouge laisse s’écouler un temps avant de se décider à prononcer le reste de sa phrase. Rillian, comprenant qu’il s’agit là d’une demande officielle et importante, ne s’impatiente pas de cette attente et reste d'un calme respectueux. Le Rouge plisse finalement les yeux, poussant un soupir avant de déclarer sa demande.

(Le Rouge) : … j’aimerais que tu finisses cette ultime quête à ma place.

Chapitre 163 Chapitre 165

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