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Condamné

Sorti le 11/05/2011, compilé dans le Volume 18

Histoire :



Rillian voit arriver sur lui son ancien ami, le corps débordant d’aura, cette vapeur quasiment imperceptible tournoyant autour de lui comme une sorte de chaleur brûlante. Le garde chromatique reste figé sur ses jambes, le visage impassible. Une forte conviction se lit dans chacun de ses mouvements. Il se tient prêt à encaisser tout ce qui viendra. Le Rouge fond sur lui à la vitesse de l’éclair, propulsé par l’aura qui entoure ses jambes, poussant ses muscles au-delà des capacités humaines normales. Rillian tend ses deux mains devant lui, concentrant ce qu'il lui reste de force pour tenter un dernier contre. Bien que chargés d’aura, ses bras se referment sur du vide : Le Rouge s’est accroupi au sol, esquivant l’ultime assaut de son ennemi comme un rien. D’un geste brusque, il se redresse soudainement, son crâne venant percuter la mâchoire de son adversaire avec une force inouïe. Rillian est propulsé en l’air, une gerbe de sang s’échappant de sa bouche, la lèvre inférieure fendue. Le combattant n’a cependant pas l’occasion de retomber au sol, car les griffes d’acier de Le Rouge lui agrippent la cheville. Ce-dernier fait tournoyer sa prise autour de lui avant de la relâcher violemment en direction du bâtiment. Rillian atterrit brutalement à l’intérieur du bureau totalement dévasté où il croyait avoir mis fin à la vie de son adversaire. Le corps pétri de douleur, le garde chromatique tente tant bien que mal de se redresser sur son séant, soutenant son corps sous ses coudes. Il voit alors une ombre fondre sur lui : Le Rouge, toutes griffes dehors, prêt à les abattre sans hésitation au travers de sa gorge si ouvertement offerte. Rillian ferme les yeux, sentant sa dernière heure arrivée. Un choc sourd se fait entendre et il sert les dents, son destin apparemment scellé. Mais rien. Ni choc, ni blessure, ni douleur, ni mort. Presque timidement, il rouvre les yeux derrière ses lunettes de soleil noir dont le verre gauche est fendu de haut en bas. Le Rouge le surplombe, son bras ganté de métal lui frôlant la joue droite avant de continuer jusqu’au sol où ses griffes se sont fichées. L’aura tourbillonnant de cet extraordinaire adversaire commence à se dissiper peu à peu. Il affiche un sourire calme et réconfortant à son ancien ami.

(Le Rouge) : Tu es stupide. Je t’ai dis que je refusais de te tuer.

Rillian fronce les sourcils, pris de colère par l’inconscience dont fait preuve Le Rouge au beau milieu de ce combat.

(Rillian) : C’est toi qui est stupide si tu crois que ça va se finir comme ça.

Le garde chromatique saisit le bras de son adversaire au creux de son coude et exerce une pression visant à le lui briser tout en précipitant son propriétaire au sol. Mais Le Rouge est plus rapide : de sa main libre, il envoi un poing magistral au beau milieu du visage de Rillian, propulsant ce-dernier au sol. Le verre de ses lunettes explosé, Rillian dévoile deux pupilles jaunes, à la beauté confondante.

(Le Rouge) : Je t’ai toujours dis de ne pas avoir honte de tes yeux.

(Rillian) : Imbécile !

N’en démordant pas, Rillian projette un violent coup de pied dans le ventre de son adversaire, qui est éjecté en arrière sous la force de l'attaque, tombant au sol sur le dos. Rillian se redresse comme il peu, exténué, mais est bien vite arrêté par le son inattendu qu’il entend : Le Rouge se tordant de rire au sol, les bras repliés sur ses côtes.

(Le Rouge) : Hahahaha ! Même maintenant, tu te bagarres toujours comme dans la cour de récréation. Hahaha !

Sans même le vouloir, Rillian affiche un sourire en coin face à l’euphorie incontrôlable de son adversaire. Se redressant sur ses jambes, il titube une seconde avant de retrouver son équilibre. Un épais filet de sang lui coule du nez. Le Rouge se redresse à son tour, encore agité de quelques rires incontrôlables.

(Rillian) : Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de drôle…

(Le Rouge) : Laisse-tomber. Ce n’est pas grave.

Voyant que son ennemi a calmé sa crise de rires, Rillian se prépare à se remettre en position de combat. Cette fois ci, Le Rouge affiche une expression lassée.

(Le Rouge) : Ça suffit, j’ai autre chose à faire.

(Rillian) : Ce combat ne sera pas terminé tant que l’un de nous deux sera en vie.

Le Rouge pousse un soupir de lassitude avant de faire rentrer ses lames rétractables à l’intérieur de ses gantelets métalliques dans un crissement d’acier.

(Le Rouge) : C’est dommage, parce que tu ne peux pas me battre, et je refuse de te tuer. Qu’est ce que tu réponds à cela ?

(Rillian) : D’où tiens-tu que je ne peux pas te battre ?

Le Rouge affiche une expression équivoque, comme pour souligner la fausse naïveté de son adversaire.

(Le Rouge) : Tu n’as plus d’aura. Et moi je n’hésiterais pas à puiser sur mes forces vitales. A moins que tu te sentes capable d’un tel sacrifice, ce combat est terminé.

Rillian fronce les sourcils, visiblement hésitant. Le Rouge comprend son intention et l’arrête immédiatement, dressant devant lui un index d’acier.

(Le Rouge) : N’y pense même pas.

(Rillian) : Pourquoi serais-tu le seul à consentir à te sacrifier par dévotion ? Ta cause n’est pas plus légitime que la mienne.

(Le Rouge) : Mais toi, tu as encore un avenir devant toi. Ne le sacrifie pas pour moi.

Rillian penche la tête sur le côté, visiblement dubitatif.

(Rillian) : Mais de quoi est ce que tu parles depuis tout à l’heure ? Tu as dis que tu étais « déjà mort ». Je croyais que tu essayais de me déstabiliser, mais je doute de plus en plus.

Le Rouge apparaît soudainement beaucoup moins détendu, un frisson parcourant son échine. Il hausse les épaules d’un air légèrement dédaigneux, tentant de dissimuler au maximum son appréhension.

(Le Rouge) : Si tu souhaites tant ma mort, inutile de te salir les mains…

Rillian ne répond rien, l’expression de son regard suffisant à convaincre son interlocuteur de lui révéler ce qu’il lui cache encore. Le Rouge baisse la tête, comme s’il était honteux de ce qu’il s’apprête à dire. Un voile d’ombre lui masque les yeux.

(Le Rouge) : Syndrome de Rosa Leora. Il me reste maximum huit ou neuf mois. 

Rillian reste totalement impassible, mais il ne peut masquer l’expression de surprise et de désarroi qui se lit dans ses yeux, maintenant que ses lunettes ne font plus écran. Le Rouge n’en est pas sûr, mais il croit déceler un surplus d’humidité au creux de ce regard. Il n’a pas le temps de vérifier que Rillian a détourné la tête, regardant de l’autre côté. Le garde chromatique pousse un soupir avant de commencer à marcher en direction de l’ouverture pratiquée dans le mur. Au moment où il passe à côté de Le Rouge, celui-ci lui agrippe le bras. Les deux hommes sont quasiment dos à dos, regardant chacun dans la direction opposée.

(Le Rouge) : Que vas-tu leur dire ?

(Rillian) : Un mort ne pose pas de question.

Un léger sourire se dessine sur le visage de Le Rouge. Son gantelet métallique relâche le bras de Rillian, mais ce mouvement est difficile et légèrement tremblant. Rillian jette un coup d’œil derrière lui, observant la nuque de celui qu’il était venu tuer.

(Rillian) : Et toi ? Quelle est cette fameuse cause à laquelle tu désires offrir tes derniers moments ?

(Le Rouge) : J’aimerais vraiment tout te dire… tu le mérites.

Le Rouge se retourne vers Rillian, les deux hommes se faisant à nouveau face, à présent. La seule différence étant qu’à présent, il n’y a plus aucune hostilité entre eux.

(Le Rouge) : Malheureusement, ta fidélité à Auri’Ehl me force à faire preuve de prudence. Je ne peux pas risquer qu’il soit informé de quoique ce soit concernant ma mission.

Rillian montre un signe d’agacement face à cette nouvelle remarque faite à l’encontre de l’Archimage. Cependant, Le Rouge ne revient pas sur ses mots, fixant Rillian avec conviction. Celui-ci pousse un soupir et hoche la tête, se détournant une nouvelle fois de son ancien ami.

(Rillian) : Je vois.

Le Rouge observe calmement son ami franchir l’ouverture déstructurée pratiquée dans le mur sans dire le moindre mot. Au moment où il s’apprête à son tour à se mettre en marche, un sifflement strident se fait entendre en provenance de l’étage supérieur. Voyant Rillian redresser la tête vers le bâtiment, au loin, il comprend qu’il n’a pas halluciné. D’un pas rapide, il le rejoint sur le parking humide, levant la tête pour regarder dans la même direction que lui. Il a à peine braqué les yeux en direction du deuxième étage que quatre silhouettes longilignes aux reflets métalliques jaillissent du bâtiment à la vitesse de l’éclair. Leur vitesse est telle qu’il est impossible de distinguer leurs traits. La lueur de la lune se reflète sur leurs corps fins et brillants comme l’argent. Ces ombres furtives atterrissent quelques mètres plus loin dans un silence inquiétant, reprenant leur course folle en direction de la sortie du parking. Rillian reste perplexe face à cette apparition fugace.

(Rillian) : Qu’est ce que c’était que ça ?

Le Rouge fronce les sourcils, visiblement inquiété par cette apparition de mauvais augure.

(Le Rouge) : Quelque chose me dit que je ne vais pas tarder à le savoir.

Et sans attendre une seconde de plus, il commence à courir aussi vite qu’il le peut à la suite des quatre choses inconnues et inquiétantes qui ont jailli du bâtiment, sans doute à la poursuite du Signe qu’il se doit de protéger, Vladimir Morlan. Cependant, le combattant n’a pas fait dix mètres qu’il se met à tituber avant de s’effondrer lourdement au sol, immobile. Réagissant plus vite qu’il ne l’aurait voulu, Rillian se précipite aux côtés de Le Rouge, semblant étonné lui-même de l’inquiétude qu’il ressent pour son ancien ami.

(Rillian) : Lestrad !!

(Le Rouge) : Ne… ne m’appelle pas… comme ça… tu… tu sais bien que… que… je ne… supporte pas… ce nom…

Les griffes de Le Rouge se plantent dans le macadam tant sa frustration est grande. Son corps parcouru de tremblements est incapable de se relever seul. Rillian le soulève par-dessous les épaules, tentant de le redresser.

(Rillian) : Tu as trop puisé sur tes forces vitales, espèce d’idiot.

(Le Rouge) : Il… il faut absolument… que… que j’aille… le secourir…

Rillian jette un regard en coin pour lire l’expression de certitude qu’affiche Le Rouge. Les yeux froncés, les dents serrées, il fait preuve d’une conviction effarante malgré la sueur qui lui coule du front et la douleur qui martèle chaque centimètre de son corps. Rillian voit quelque chose dans le regard de Le Rouge, une demande… qui n’a rien de suppliante, qui pourrait presque passer pour un ordre, tant elle est empreinte de volonté.

(Rillian) : Tu te fiches de moi, j’espère ?

(Le Rouge) : Pas… pas le moins… du monde…

Vladimir longe le mur d’une étroite ruelle, beaucoup trop étroite, d’ailleurs, pour sembler fréquentable en temps normal. Visiblement, le professeur s’applique à passer par les endroits les plus discrets possibles afin de masquer sa progression. Il s’arrête l’espace d’un instant, jetant un regard de gauche à droite avant de souffler. D’une main tremblante, il vient effleurer son pectoral gauche, au niveau de son cœur qui a été remplacé par une trappe contenant une batterie. Là où il aurait du ressentir un battement cardiaque, il sent à présent le bourdonnement sourd d’un courant électrique. Ses doigts agités par la crainte se crispent, agrippant son haut avec force. Un tremblement convulsif le gagne tandis que son regard se perd dans le vague. Ses yeux deviennent de plus en plus humides. Il est sur le point de craquer. D’un geste vif, il tourne la tête de gauche à droite, tentant de reprendre ses esprits.

(Vladimir) : Non, non. Il faut que je me reprenne.

Ajoutant les gestes à la parole, il s’extraie de l’étroite ruelle, aboutissant sur une avenue plus large où de nombreux véhicules antigrav circulent. Il tente de trouver un passage piéton du regard, mais une voix sombre et malheureusement familière l’interpelle.

(Quicksilver) : Je crois que vous vous êtes perdu, professeur Morlan. Laissez-moi-vous raccompagner.

La poigne de fer de Quicksilver s’abat violemment sur l’épaule de Vladimir. L’homme mercure, qui est apparu sans un bruit dans son dos, affiche une expression sombre sur son visage à la pâleur encore plus effroyable qu’à l’habituelle. Vladimir ne manque pas de remarquer que quelque chose semble le turlupiner. Le professeur fait un brusque mouvement vers l’avant, s’arrachant de l’emprise de Quicksilver, perdant au passage un morceau de sa veste. L’homme de main de Dalan le suit du regard, fronçant les sourcils d’un air menaçant.

(Vladimir) : Comment avez-vous fait pour me retrouver aussi vite ?

Quicksilver affiche un petit sourire en coin, visiblement satisfait.

(Quicksilver) : Allons-bon, ne me sous-estimez pas… vous répandez l’aura de cet acrobate comme une piste de miettes de pain. Je peux détecter les émanations magiques sans mal. Vous trouver était un jeu d’enfant, cette fois.

Vladimir fait quelque pas en arrière, jetant des regards affolés de gauche à droite. De nombreux passants transitent par cette avenue, et la circulation est dense. Le nombre de civils est particulièrement important. Quicksilver semble le remarquer, mais plutôt que de s’en inquiéter, il se contente de sourire froidement.

(Quicksilver) : Vous n’allez pas déclencher un esclandre en pleine rue, pas vrai ?

(Vladimir) : Si esclandre il y a, vous en serez la cause.

Les regards des deux hommes se croisent et une lueur de défi se dessine à ce contact visuel. Les paroles prononcées par Vladimir lorsqu’il était de l’autre côté de la porte blindée résonnent aux oreilles de Quicksilver. L’homme de main de Dalan serre le poing de rage… une coulée de mercure glisse entre ses doigts, se solidifiant sur le dos de sa main.

(Quicksilver) : Je déteste les gens qui voient clair en moi. Je vous rendrais service en vous tuant sur le champ. Ce sort sera plus enviable que celui que Dalan vous réserve.

(Vladimir) : Le même que le vôtre ?

La fureur de Quicksilver éclate comme un barrage cédant sous la pression d’un torrent en furie. Il abat son poing recouvert de mercure solidifié en direction de Vladimir. Celui-ci fait un bond en arrière, profitant de la vitesse que lui confère son nouveau corps pour esquiver l’attaque. Le poing de Quicksilver vient s’abattre dans un réverbère qui éclate littéralement sous le choc, sa structure longiligne retombant lourdement en direction de la route. Une voiture antigrav est aplatie sous le choc, plaquée au sol par la force de l’impact. Sa conductrice, visiblement intacte, hurle de terreur. A la vue de l’accident, la plupart des civils commencent à paniquer, les plus curieux s’approchant pour voir ce qui se passe, les autres fuyant à toutes jambes. Vladimir, lui, ne perd pas une seconde, voyant son salut dans cette chute de réverbère. Avec une extrême agilité, il bondit sur ce-dernier, s’en servant comme d’un pont de fortune pour passer au dessus de la circulation, qui commence à s’accumuler en bouchon en raison de l’accident. Quicksilver affiche un sourire machiavélique à la vue de cette tentative de fuite. De sa course ultra rapide, il franchit la route avant de placer un coup de poing terrifiant dans le réverbère, le cassant une nouvelle fois en deux. Vladimir est précipité au sol et retombe lourdement sur le capot d’une voiture antigrav qui est littéralement aplati sous le choc. Cette fois, les badauds laissent la terreur prendre le pas sur la curiosité, et s’enfuient en courant, appelant à l’aide. Vladimir tente de se redresser, se dépêtrant de la carcasse de la voiture dans laquelle il est engoncé. Quicksilver est déjà face à lui. Le professeur s'immobilise et le toise du regard.

(Vladimir) : Encore quelques secondes et la moitié des N-Kar de la zone seront là.

(Quicksilver) : Pourquoi viendraient-ils ?

Vladimir fronce les sourcils, ne comprenant pas la certitude qui anime son adversaire.

(Quicksilver) : Ne les avez-vous pas conçus, professeur ? Ou devrais-je plutôt dire : ne les avez-vous pas conçus lorsque vous étiez le dirigeant de l’Aritark ?

Un frisson parcourt l’échine de Vladimir à cette question rhétorique, tandis qu’il comprend soudainement ce que son ennemi veut lui dire.

(Vladimir) : Dalan… Dalan a un contrôle sur les N-Kar, c’est ça ?

Le petit sourire affiché par Quicksilver suffit à répondre à cette question.

(Quicksilver) : Quel dommage que nous vivions dans une ville où l’assistanat est tel que plus personne n’est en mesure de prendre sciemment des décisions susceptibles de dénouer des situations telles que celle-ci.

Une ombre glisse sur le regard de Vladimir, son visage pâle soudain envahi par une fureur brûlante et impressionnante.

(Vladimir) : On a remplacé mes organes et mon système nerveux par un assemblage de pièces high-tech. Mon cœur est à présent une batterie susceptible de se vider à tout moment, me plongeant dans un coma artificiel. Ma vie ne sera plus jamais la même. Alors croyez-moi, je saisis parfaitement les limites de ma propre culpabilité. Je n’ai pas besoin de votre petit discours pseudo-éthique.

Vladimir se redresse soudainement, profitant de ce que son adversaire ne trouve rien à répondre pour prendre un peu d’avance sur ses prochains mouvements.

(Vladimir) : Et vous, quelle est votre excuse ? Par quoi Dalan a-t-il remplacé votre cœur pour faire de vous la machine sans âme que vous êtes devenu ?

La rage de Quicksilver éclate alors totalement, submergeant tous ses autres sentiments, à commencer par la raison. Il redresse ses deux poings en l’air, prêt à les abattre sur Vladimir pour le réduire en charpie… mais par ce mouvement, il laisse une ouverture totale au professeur, qui n’attendait que cette occasion. La poigne de fer de Vladimir se desserre de ce qu’il maintenait fermement depuis le début de la conversation : le réservoir de carburant du véhicule éclate sous la pression, répandant de partout un liquide à la forte odeur de méthane. Le professeur se jette sur le côté, évitant d’un fil l’attaque de Quicksilver, dont les deux poings de mercure solidifié viennent s’abattre droit dans le moteur. Une explosion tonitruante retentit alors, envoyant la carcasse de la voiture antigrav à près de cinq mètres de hauteur dans une impressionnante gerbe de flammes. Soufflé par l’explosion qui est venu le frapper de plein fouet, Quicksilver est envoyé baladé dix mètres plus loin, comme s’il n’était qu’un pantin désarticulé. Ses bras, totalement ravagés par l’explosion, ne sont plus que deux moignons de mercure dégoulinant. Son corps achève sa chute sur le toit d’une autre voiture qui s’écrase totalement sous son poids. Petit à petit, la masse de Quicksilver s’enfonce au creux de l’impact, se liquéfiant peu à peu. Vladimir, qui a été projeté au sol sous la puissance de l’explosion, prend le temps d’observer une impressionnante quantité de mercure s’écouler de la carcasse de ce véhicule totalement ravagé, avant de se relever et de prendre ses jambes à son cou, ne perdant pas une minute de plus.
Le mercure qui dégouline de tous les interstices de la voiture antigrav sur laquelle Quicksilver a atterri commence à se rassembler lentement. Soudain, une main jaillit de la flaque ainsi formée, venant s’agripper au macadam avant de tirer avec difficulté le reste d’un Quicksilver chromé. Visiblement, son corps a du mal à se reconstituer, les dégâts lui ayant été infligé apparaissant considérables. La moitié de son torse est ressortie de la flaque, se recomposant lentement, s’effondrant parfois à moitié avant de se remodeler. Une forme apparaît alors au coin de l’avenue, attirant son attention. Une expression d’effroi mêlée de colère se dessine sur le visage pourtant encore instable de l’homme de main de la Ligue Noire. Ce qui s’approche de lui, lentement, avec résolution, est son clone de mercure, celui que Le Rouge avait fait exploser en mille morceaux… et le voilà, revenant avec une obéissance toute mécanique, auprès de son maître, prêt à reprendre place au sein de son organisme de métal liquide. Quicksilver hoche la tête de gauche à droite, tentant de se presser pour s’extraire de sa flaque, ne parvenant toutefois pas à gagner en vitesse.

(Quicksilver) : Non… dégage… n’approche pas !

Mais le clone de métal ne répond plus aux ordres de son maître : sa mission achevée, il revient automatiquement à lui, chargé de toute la douleur qu’il doit lui transmettre. L’expression parfaitement neutre de cet être dénué de sentiments est effrayante. Il n’est plus qu’à quelques pas de Quicksilver, qui peine encore à extraire ses cuisses de la flaque en recomposition.

(Quicksilver) : Non… Pas maintenant ! PAS MAINTENANT !!

Chapitre 160 Chapitre 162

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